A chaud, j’avais l’intention de mettre une note plus basse. Je sortais en effet du film en étant mitigé. J’étais déçu par le manque de rythme de l’ensemble. Mais, dans le même temps, j’ai trouvé que la psychologie des personnages était particulièrement fine.
Avec le recul, j’ai finalement revu ma copie. En fait, j’ai compris que le rythme très lent était voulu par le réalisateur pour que l’on se concentre sur les personnages et sur ce qu’ils avaient à dire. Également, ce rythme permettait de ressentir l’ennui des personnages durant leur journée de colle. C’est très fin et c’est une carte assez risquée qu’a joué John Hugues.
Mais cela fonctionne puisque l’on se concentre sur les adolescents enfermés un samedi dans leur lycée. Chacun a sa propre personnalité : le chahuteur, le sportif, la fille à papa, la gothique et le scientifique.
Dit comme ça, on pourrait penser que ce sont des caricatures. C’est d’ailleurs ce que l’on ressent au début du film. Mais c’est pour mieux casser la carapace par la suite et démontrer que chacun est beaucoup plus complexe que ne le laisse penser son apparence, son assignation sociale ou sa réputation.
Et tous vont se livrer, petit à petit, à des confidences, sur leur vie privée, sur leur quotidien, sur leurs problèmes, sur leurs souhaits …
Rarement un film aura aussi bien capté la psychologie adolescente. Si John Hugues avait choisi un rythme soutenu, on serait sûrement passé à côté de cela et donc du message principal du film.
Si le film n’a pas reçu de grandes récompenses, il a reçu la plus belle de toute à mon sens : son inscription au National Film Registry de la bibliothèque du Congrès, sorte de conservatoire des films qui ont marqué la culture américaine. La liste est ahurissante et « The Breakfast Club » ne dépareille pas.
Certes, le film n’a pas que des qualités. On pourrait notamment citer la qualité de jeu aléatoire des acteurs, qui ont tendance à surjouer, mis à part Emilio Estevez (le sportif) et Anthony Michael Hall (l’élève brillant) qui font preuve d’une intensité et d’une subtilité certaines. On pourrait également citer la problématique relation entre
Claire (la fille à papa) et John (le chahuteur) puisque ce dernier harcèle sexuellement celle-ci mais elle tombe pourtant amoureuse de lui
.
Néanmoins, à mon sens, « The Breakfast Club » est le teen movie qui a le mieux su capter l’essence de l’adolescence et ne pas la travestir avec des fantasmes ou des incompréhensions d’adultes. Il aura définitivement marqué le genre et, en cela, mérite son statut de film culte.