S'il manque à coup sur un réel scénario, le réalisme de ce tragique événement est assez prenant et intéressant, on sent ainsi peu à peu monter la tension, sans trop en faire non plus dans la violence, juste ce qu'il faut pour en faire un film humain ! Vraiment pas mal !
Le dimanche 30 janvier 1972, un évènement très grave a eu lieu en Irlande du Nord. Cet évènement est le point central de ce long-métrage réalisé par Paul Greengrass. Nous y suivons Ivan Cooper, militant pour les droits civiques en Irlande du Nord. Lors d'une marche pacifique pour l'égalité des droits entre les protestants et les catholiques, tout dégénère, l'armée britannique tire sur la foule. En tout, il y aura eu 14 victimes. Aucune arme ne fut trouvée du côté des manifestants. Bloody Sunday est le nom qui a été donné à ce triste jour. Le dimanche sanglant. Inutile de préciser que ce film est choquant et perturbant. La réalisation renforce le réalisme de ces scènes. En voyant ce film, on réfléchit encore plus à la bêtise de l'être humain. Pourquoi ces soldats ont-ils fait feu alors qu'on leur disait que les manifestants n'étaient pas armés? Pourquoi certains manifestants ont-ils chahutés et lancés des pierres sur ces soldats? Triste, je n'ai pas d'autres mots pour définir cet acte.
Ce qui est certain avec Bloody Sunday c'est que dès les premières minutes on est captivé, et ce jusqu'à la fin. Paul Greengras nous propose d'aborder cet épisode de l'histoire contemporaine de l'Irlande sous plusieurs points de vue avec un réalisme plutôt remarquable. On peut d'ailleurs dire que c'est la caméra du réalisateur et son esthétique documentaire qui ont le premier rôle. J'avoue avoir été surpris par ce film que j'avais hâte de voir. Tout d'abord, j'ai eu l'impression d'être comme un gosse à Eurodisney : on fait la queue, mais on ne s'ennuie pas, puis arrive son tour avec la montée d'adrénaline et quelques minutes après c'est terminé et alors vient la descente. C'est un peu comme ça que j'ai vécu mon immersion dans Bloody Sunday, je suis donc encore un peu secoué. Ensuite je me suis dit que, comme la plupart des français, je n'avais pas connu la guerre, et pourtant j'ai eu l'impression qu'il y avait une justesse qui se dégageait de ce film comme on en voit rarement au cinéma. J'en suis ressorti, pas forcément révolté mais abasourdi par tant de vies gâchées et d'espoir brisé. Le choix de prendre comme référent, le point de vue du député interprété par James Nesbitt, magnifique de force et de fragilité, y est pour beaucoup. Pour finir, je ne m'attendais pas à autant de sobriété et de retenue. Cela donne énormément de force au film et nous laisse libre de nous faire notre propre point de vue. Bref, c'est un grand film à voir pour ses qualités esthétiques, didactiques, émotionnelles....ou simplement parce que c'est génial!!!!
Une excellente évocation de ce jour bien funeste pour l'une des plus grandes démocraties contemporaines. Filmé au plus près des personnages, "Bloody Sunday" se veut un manifeste contre les extrémismes des deux camps dans ce conflit britannico-irlandais. La réalisation est originale et parfaite, avec une alternance entre plans courts et plans longs entrecoupés de fondus au noir. L'interprétation est au diapason, excellente, avec un rôle marquant pour James Nesbitt dans le rôle d'Ivan Cooper. Et puis la force dramatique des évènements suffit à en faire une oeuvre nécessaire.
Wow ! Je ne sais pas par où commencer ma critique, j'en ressors toute chamboulé. Pour commencer, j'ai trouvé le film très poignant, limite révoltant. L'événement a été retranscrit avec un tel réalisme, caméra à l’épaule, comme dans un documentaire. Les acteurs et figurants sont tellement dans leur rôle, ils sont très convaincants, c'est comme si on y était. Bloody Sunday est un beau film sur un fait historique qui a marqué l'histoire de l'Irlande ; un véritable témoignage sur cette tuerie sanglante à Derry en Irlande du Nord en 1972. U2 en a fait une très belle chanson. Un film qui montre à travers son message qu'on écoute pas assez le peuple, que les fautifs dans l'histoire peuvent être le gouvernement ,et que la violence ne résout jamais rien, ça ne fait qu'empirer les choses.
Au départ, je lui aurait à peine donné la moyenne. Puis plus le film avance, plus l'ensemble devient intéressant. Au final, c'est une vraie petite merveille fort passionante qui nous plonge au coeur même du clonflit avec un réalisme saisissant. La mise en place est vraiment crédible, de même que les acteurs, et tout cet ensemble nous pousse à nous intéresser aux tragiques évènements qu'ils retracent. Néanmoins, il est triste de dire, mais il le faut, le cadreur est certainement le premier tombé au combat !
La construction narrative en mode kaléidoscopique qui permet l’observation en temps réel de tous les points de vue des acteurs de cette page noire de l’histoire irlandaise est le principal élément qui a fait de Bloody Sunday un véritable coup de génie dans l’art délicat de la reconstitution historique. Paul Greengrass a donné ainsi à son récit un aspect proche de celui des documentaires qu’il avait précédemment réalisé, avec un dynamisme virulent nécessaire au réalisme choquant de la brutalité dépeinte ici. Cette œuvre poignante nous propose avec brio une immersion totale au cœur de cette démonstration que la violence humaine est plus la conséquence d’un ensemble d’événements regrettables que d’une haine viscérale entre deux camps opposés. Le parti pris pour les manifestants catholiques semble être moins un choix politique qu’un contre-pied à la version officielle cherchant à innocenter l’armée britannique.
Réalisé avant la fin de la deuxième enquête sur "Bloody Sunday", le film prend ici parti pour les catholiques, le réalisateur signe donc un film engagé contre la première enquête qui innocentait l'armée anglaise. La mise en scène "caméra à l'épaule" est très immersive et l'on a même l'impression d’assister à un documentaire. De plus au vu des résultats de la deuxième enquête qui sont tombés en... 2010 (!), on ne peut nier le fait que le film est en fait d'une complète objectivité. "Bloody Sunday" est donc un film nécessaire qui transmet au spectateur tout les sentiments de rage du peuple catholique de l'Irlande du Nord.
J'ai vu un film... incroyable... Déjà, le thème méconnu en France de l'occupation sanglante de l'Angleterre sur l'Irlande, ensuite le traitement visuel, en mode "reportage sur le vif", et enfin les comédiens habités par leurs personnages... On reste stupéfaits, scotchés, ému après avoir vu un tel film... Il faut beaucoup de courage et d'abnégation pour arriver à sortir de la spirale de la violence. Ce film mérite d'être vu et revu... Une grande page d'histoire et une belle leçon de cinéma. Bravo
Un film construit à la manière d'un documentaire fait sur le vif, en lumière naturelle, porté par une image souvent approximative, exagérément chahutée pour faire plus vrai que vrai. Si sur le papier l'idée est louable et le morceau d'Histoire édifiant, on retiendra malheureusement surtout la "shaky cam" de Greengrass, qui malmène le spectateur jusqu'à la nausée. Immersif mais fatiguant.
Greengrass experimente son style caméra à l'épaul/reportage dans Bloody Sunday. Epuré, le film nous fait pénetré dans le conflit même et nous empeche d'en sortir avec une pression en crescendo alimentée par un montage énergique. A chaques fondus j'ai espéré une ellipse qui nous amenerai directement au bilan, à la punition. Celle ci nous ramene néamoins tout le temps au milieu de l'action. Greengrass adapte avec une multiplicité des point de vue une morale qui sonne juste. Il s'agit du "reportage" tardif que l'Irlande méritait.