La construction narrative en mode kaléidoscopique qui permet l’observation en temps réel de tous les points de vue des acteurs de cette page noire de l’histoire irlandaise est le principal élément qui a fait de Bloody Sunday un véritable coup de génie dans l’art délicat de la reconstitution historique. Paul Greengrass a donné ainsi à son récit un aspect proche de celui des documentaires qu’il avait précédemment réalisé, avec un dynamisme virulent nécessaire au réalisme choquant de la brutalité dépeinte ici. Cette œuvre poignante nous propose avec brio une immersion totale au cœur de cette démonstration que la violence humaine est plus la conséquence d’un ensemble d’événements regrettables que d’une haine viscérale entre deux camps opposés. Le parti pris pour les manifestants catholiques semble être moins un choix politique qu’un contre-pied à la version officielle cherchant à innocenter l’armée britannique.
La première moitié, ou ce qui fait à peu près une première moitié, en fait franchement un peu trop avec ses 10000 fondus au noir et on a un peu de mal à pleinement se concentrer sur l'histoire et les personnages, même si le charisme certain de James Nesbitt, qui joue le protagoniste, parvient in-extremis à éviter qu'on se désintéresse trop vite de l'ensemble. Cela aurait été dommage car une fois que la seconde moitié débute, "Bloody Sunday" dégage la force qu'on attend d'un tel sujet à travers une retranscription des événements tragiques très réaliste, documentaire, comme si on était véritablement parmi les manifestants et le massacre qui a lieu par la suite ; et on a encore une preuve que la connerie humaine n'a pas de limites. En tous les cas, Paul Greengrass, en dépit des défauts inévitables de vouloir parfois trop en faire très typique d'un quasi-débutant réalisateur de cinéma, réussit à poser son style à travers ce film coup de poing.
Tension, réalisme sont les maitres mot de ce film où l'on revit de l'intérieur ce Dimanche terrible. On comprend ce qu'il c'est passé, chapeau très bon film.
L'impressionnante reconstitution du massacre de Londonderry le 30 janvier 1972,par Paul Greengrass,laisse K.O debout.Evènement dont tout le monde a entendu parler,mais sans connaître forcément les tenants et les aboutissants,il représente un sommet d'intolérance,de haine et l'impossible réconciliation de 2 peuples,les catholiques et les protestants,censés battre le même pavillon au sein de l'Irlande du Nord."Bloody Sunday" ressemble à un reportage pris sur le vif,tellement il est criant de vérité,avec le goût appuyé de Greengrass pour la caméra à l'épaule,et un montage extrêmement nerveux.Cette journée était à la base une marche en faveur des droits civiques,mais l'armée terriblement à cran,fera éclater cette poudrière...Greengrass à le mérite de suivre des personnages dans les 2 camps,et de confirmer que l'agitation collective n'aurait jamais du dégénérer à ce point-là(13 morts).Les conséquences furent désastreuses:recrudescences des forces de l'IRA,et des paras absous de toute responsabilité.En tout cas,la tension du film n'a aucun équivalent dans le cinéma actuel,en contant une situation évolutive heure par heure,et un contrôle qui a complètement échappé aux forces en présence.Lion d'Or à Berlin 2002,cette oeuvre coup de poing,parvient à rester quasi-impartiale,tout en étant un film de guerre décoiffant et une réflexion sur les massacres évitables.
Le film aurait pu difficilement être mieux fait pour relater les événements de Bloody Sunday. Le film est d'un réaliste troublant, on croirait presque voir un documentaire. La manière de filmer, caméra à l'épaule renforce cela et nous fait vivre l'histoire de plein coeur. Le film, comme la musique de U2 qui est un des symboles de cette histoire, donne une vraie leçon de vie.
Il n'y a pas de films historiques plus efficaces que celui qui nous transporte directement dans la période et les faits montrés, par son réalisme épatant celui-ci en fait partie. Paul Greengrass nous fait ressentir tout le stress, toute la fureur des personnes présentes ce jour-là.
Un film impressionnant, bouleversant. Le parti pris de Paul Greengrass (celui de tourner caméra à l'épaule) est ici une réussite insolente, pour nous rapprocher au plus près de l'horreur, celui de ce sombre "bloody sunday" encore dans beaucoup de nos mémoires. Ce devoir de mémoire qui aurait pu se révéler d'un ennui assez insoutenable est en réalité une véritable lecon de cinéma, qui nous prend aux tripes pour ne plus les lacher pendant 1h40. Rarement l'impact des balles sur des personnages ont eu une telle résonnance dans un film. On est à plusieurs reprises terrifiés de ce qui se passe devat nos yeux, la monstruosité humaine, l'intolérance poussé a son paroxysme, avec comme peine finale la mort. Toutefois, Paul Greengrass, qui n'est néanmoins pas neutre sur la question (comment pourrait on l'être devant des monstres pareils) a eu l'intelligence de montrer le point de vue des deux cotés, et ainsi le fait que ce soit bien l'engouement collectif qui soit à l'origine de tels ravages. En tout cas, dans le registre réaliste et impressionnant, il me parait difficile de faire mieux que ce Bloody Sunday. A noter la remarquable prestation de James Nesbitt dans le role du député irlandais. Tout simplement magistral.
J'ai rarement vu film plus réaliste que celui-ci. Construit tel un documentaire, ce long métrage effraie tellement par son objectivité et son ton sans concession qu'on pourrait presque le nommer "docu-fiction". Filmé de manière nerveuse, caméra au poing, "Bloody Sunday" marque irrémédiablement le spectateur. Pas uniquement par le climat de violence civile qu'il dépeint habilement mais par l'irrespect des droits humains et l'impunité des forces de l'ordre et de l'armée qu'il dénonce ouvertement. Ne quittez pas la salle avant la fin du générique... Un film indispensable.
Bloody Sunday tout le monde ne connait pas forcément. Mais une fois que l'on connait cet évènement, plus rien n'est pareil. Le 30 janvier 1972 est une date marquant une manifestation qui s'est très mal finit. Le film raconte chronologiquement les évènements de cette journée effrayante. Mais le pire c'est que la reconstitution de ces évènements n'est pas fictionnel, cela s'est vraiment passé. Un certain aspect documentaire est développé dans le film, et qui ajoute au travail de mémoire ce jour si particulier. Intéressant, palpitant, révoltant, cruelle, émouvant, tragique, réelle, pragmatique, telle sont les adjectifs définissants au mieux ce film. La dernière scène du film est d'une puissance... Quand arrive le générique on sait que l'on vient de voir quelque chose de fort.
Fan de U2, fan de cinéma, citoyens, ce film est à voir absolument.
L'histoire qui se rapporte au film ne m'a pas vraiment intéressé mais j'ai trouvé que le film a mis beaucoup de temps à aller à l'essentiel mais lorsque qu'il l'a fait il était assez bon.