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Un visiteur
0,5
Publiée le 9 juillet 2011
Nulàchierissime ! Où est-ce que Paul Greengrass (responsable des médiocres Jason Bourne tant adulés) est allé chercher des acteurs aussi pourris ? C'est des clochards qu'il a trouvés dans la rue ou quoi, comment on peut surjouer à ce point ? Et puis c'est quoi cette manière complètement racoleuse et vulgaire de parler d'un évènement historique ? Toute la mise en scène est si peu subtile, c'est honteux ! On est tellement dans le pathos qu'on dirait une parodie ! On est censé être horrifié et on rigole, bordel ! Le pire, c'est la scène où le pauvre vieux Barney se fait tirer dessus et se traîne sur le sol, tout couvert de sang ! Et les braves innocents révoltés contre les méchants méchants qui voient tout ça et se demandent : Mais non ! Ils vont quand même pas tuer Barney, c'est impossible ! Et si, ils le dégomment, le vieux Barney ! Les infâmes salauds ! Et ça pleure et ça crie ! Ça s'arrache les cheveux de douleur, non mais ça va ! Et dire que ce film est réputé ! C'est ça que les gens aiment, les oeuvres aseptisées ! Alors faut pas s'étonner d'entendre U2 à la fin...
Même s'il s'inspire directement d'une oeuvre fictionnelle (le roman "Eyewitness Bloody Sunday"), Paul Greengrass adopte un style se rapprochant le plus possible du réel en filmant caméra épaule. Cherchant à capter la réalité et l'exactitude dans la reconstitution de l'évènement, le réalisateur nous propose un montage alterné entre chaque camp (militaires, manifestants, jeunes). Ces passages d'un groupe à l'autre sont marqués par un fondu au noir et par le suivi d'un personnage spécifique au coeur de l'action. Preuve de son engagement a chercher ce qui s'approche le plus de la vérité, le réalisateur organise la confrontation des points de vue s'écartant du manichéisme par la même occasion pour former une sorte de puzzle où chaque personnage apporte une part de vérité. Le regroupement des points de vue semble apparaître clairement au moment le plus critique de la journée où les trois personnages principaux (Ivan, Gerry,et le jeune militaire éffrayé) se retrouvent à quelques mètres les uns des autres et où il n'y a plus de fondus au noir, la reconstitution du "Bloody Sunday" est complète. Comme pour ancrer son film dans la réalité, le réalisateur fait continuer l'h(H?)istoire pendant le générique et même au delà avec la chanson de U2 "Bloody Sunday" chantée durant un live.On dépasse alors le cadre d'un film en empiétant sur l'écran noir (synonyme de retour a la réalité). Que ce soit pendant un live est à mon avis très important, Paul Greengrass voulait qu'on entende un public, qu'on entende la réalité résonner, comme une sorte de mise en abime du spectateur. Malgré son désir de recomposer la vérité et le réalisme du moment on ne doit pas oublier de remarquer que Paul Greengrass n'est pas objectif, pour lui le coupable est clairement l'Armée. Le choix des passages concernant Ivan ou Gerry sont fait pour toucher le spectateur (relations amoureuses, moments de doutes etc). Cela ne nuit nullement à la qualité du film mais c'est important de savoir ça.
Le dimanche 30 janvier 1972, un évènement très grave a eu lieu en Irlande du Nord. Cet évènement est le point central de ce long-métrage réalisé par Paul Greengrass. Nous y suivons Ivan Cooper, militant pour les droits civiques en Irlande du Nord. Lors d'une marche pacifique pour l'égalité des droits entre les protestants et les catholiques, tout dégénère, l'armée britannique tire sur la foule. En tout, il y aura eu 14 victimes. Aucune arme ne fut trouvée du côté des manifestants. Bloody Sunday est le nom qui a été donné à ce triste jour. Le dimanche sanglant. Inutile de préciser que ce film est choquant et perturbant. La réalisation renforce le réalisme de ces scènes. En voyant ce film, on réfléchit encore plus à la bêtise de l'être humain. Pourquoi ces soldats ont-ils fait feu alors qu'on leur disait que les manifestants n'étaient pas armés? Pourquoi certains manifestants ont-ils chahutés et lancés des pierres sur ces soldats? Triste, je n'ai pas d'autres mots pour définir cet acte.
Habillement porté à l'écran, personnellement je ne connaissait pas la complexité de ce dimanche 30 janvier 1972. Et bien cela est rétabli grâce à ce super film.
Une grosse claque! Une mise en scène géniale! Vous serez scotché du début à la fin en suivant le parcours de quelques personnages pendant cette journée catastrophique qu'il ne faut pas oublié et le film non plus, vous ne l'oublierez pas. Une journée dramatique superbement mise en scène qui vous fait ressentir toute la tension des événements. A VOIR ABSOLUMENT
Une plongée en immersion dans cette journée tragique du 30 janvier 1972 connue sous le nom de Bloody Sunday. Ce récit chronologique décrit les faits en étant au plus près de l'action et en alternant les scènes dans les deux camps opposés, celui des paras anglais et celui des manifestants de la ville de Derry (Irlande du Nord) Cela ressemble plus à un reportage, tourné sur le vif caméra au poing, qu'à un documentaire qui viendrait chercher à apporter des explications au contexte. A partir de là, au spectateur de se faire sa propre opinion, même si elle est forcément orientée entre ces militaires british aux fusils d'assaut et ces civils irlandais désarmés. I cant' believe the news today...
La mise en scène de Paul Greengrass assure à "Bloody Sunday" une crédibilité et un réalisme proche d'un documentaire. Volontairement mal assurée, sa caméra évite en revanche de tomber dans l'excès si à la mode du tremblotement continuel. Assez neutre dans un premier temps, le procédé est ensuite d'une efficacité redoutable, tandis que l'on est (forcément) révolté par ce que l'on voit. La conférence de presse finale mais froid dans le dos, et le film se conclut magnifiquement, avec une phrase dont les mots persiste un moment encore dans les esprits. Le choix de prendre des acteurs peu ou pas connus se révèle payant, malgré la timidité de certains interprètes. Greengrass a depuis réutilisé sa recette avec bonheur pour "Vol 93".
Paul Greengrass immortalise le "Bloody Sunday" avec son film au réalisme extrême doublé d'une mise en scène immersive: caméra portée plus ou moins agitée selon l'intensité de l'action, montage parallèle selon les différents clans (Irlandais, armée,...), musique inexistante, violence réaliste, bruitages extraordinaires, acteurs amateurs,... Bloody Sunday nous fait vivre cette manifestation de Janvier 1972 en temps réel (Préparation de la manifestation, la manifestation sanglante et les retombés tragiques de la manifestation) tout en restant objectif mais en démontrant les faits tels qu'ils le sont historiquement. Un très bon film se terminant sur la très belle musique de U2, "Sunday, Bloody Sunday".
Paul Greegrass parvient à mêler dans ce Bloody Sunday événement politique et caméra à l'épaule de manière plus efficace que dans Green Zone, plus aboutie que dans United 93. Le déroulement de cette tragique journée est filmé à travers différents points de vues: manifestants pacifiques, soldats de l'armée anglaise et casseurs Irlandais essentiellement. Le spectateur peut donc connaître leur ressenti, accéder à leurs émotions. Le film se révèle particulièrement poignant lorsqu'il adopte le point de vue d'Ivan Cooper, chef de file du mouvement irlandais, confronté à la violence de ce qui était supposé être une marche pacifique. Le film n'attend pas la moitié de sa durée pour intéresser le spectateur, comme c'était le cas pour United 93: dès le départ, le ressenti des personnages et les informations sur le contexte politique rendent Bloody Sunday prenant. Contrairement à dans Green Zone, il parvient à se montrer harmonieux pour ce qui est de la part entre la fiction et la réalité, assurant à la fois un certain suspense et un intérêt historique certain. Le style haché et elliptique de Greengrass rend le début du film assez pénible à voire, néanmoins il parvient à immerger le spectateur dans l'intensité de l'action comme très rarement; c'est particulièrement efficace lors des répressions, la mise en scène fait subir au spectateur toute leur brutalité et leur intensité. On regrettera malgré tout une narration mal rythmée, avec quelques longueurs et des temps forts assez mal disposés, qui instaure une certaine distance entre les personnages et le spectateur. L'absence presque totale de musique accentue les quelques longueurs du film (notamment vers la fin), tandis que certaines (assez rares) scènes sont presque vides de tout intérêt (je pense à ces miliaires qui établissent leur stratégie pour coincer les manifestants). De plus, le contexte de discrimination anti-catholique est trop rapidement expliqué, et les conséquences du Bloody Sunday partiellement décrites. Au final, Bloody Sunday atteint deux objectifs majeurs en faisant vivre au spectateur l'horreur de cette journée; le premier: lui faire prendre conscience de l'injustice de la répression qui a eu lieu ce jour-là. Le second est de dénoncer en quelque sorte de manière universelle toute répression armée, les événements rapportés dans le film peuvent sans problème être rapprochés des massacres perpétrés par les armées qui ont eu lieu (et continuent à avoir lieu) dans les pays d'Afrique et du Proche Orient. Un bon documentaire sur cette manifestation sanglante donc on ressort secoué, pas un chef d'oeuvre.
Paul Greengrass a peut-être trouvé le remède contre la bêtise, en la filmant à l'état brut, à la manière d'un documentaire coup de poing. Certainement ce qu'il y a de plus militant et efficace contre la forme la plus détestable de l'être humain.
Remarquable plongée dont la force réside dans l'habile réalisation. La photographie est superbe, et les images prises "à l'épaule" sont mises en valeur par un rythme scénaristique maîtrisé. Très (probablement trop) engagé, Bloody Sunday parvient à l'efficacité escontée.
Paul Greengrass est bel et bien l'un des maîtres actuels de la caméra au poing. Pour son second long-métrage, lauréat de l'Ours d'or à Berlin, le cinéaste avait choisi de retracer la journée du "Dimanche Rouge" irlandais de Derry. Dès les premières minutes la virtuosité technique du metteur en scène explose. Ce dernier, de par le réalisme saisissant qu'il orchestre, parvient même à prendre le pas sur le témoignage historique. En effet, dès lors liés à un destin qui n'était pourtant point le notre au départ, nous ne sommes ainsi plus de simples témoins ou des figurants mais bel et bien des acteurs. Nous vivons et évoluons à l'intérieur de son giron, comme si cette triste journée du 30 janvier 1972 s'était brutalement rallumée en l'espace d'un peu moins de deux heures. Mais au delà de la tension exceptionnelle et l'apanage ultra-percutant que déploie le film, c'est en résumé la colère qui domine à présent ; comme un sorte de cri violent mais désespérément silencieux qui sommeille cependant en chacun de nous. Essentiel.
Un film qu’on peut qualifier de film pour l’histoire. Avec brio Paul Greengrass parvient à nous montrer la situation de Derry en ce début des années 70, et par là même, celle de l’Irlande du Nord. On perçoit l’extrême état de tension des esprits de part et d’autre et la volonté pour les plus extrémistes des deux partis d’en découdre. Caméra à l’épaule le réalisateur nous fait vivre au plus prés les évènements et tout particulièrement la fusillade qui coûta la vie à 14 civils non armés. Il est impressionnant de voir à quel point l’Irlande du Nord de cette époque ressemblait à une nation occupée ou tout du moins en état de guerre, et à quel point le gouvernement britannique était au abois au point de faire maintenir l’ordre, tâche normalement dévolue à la police civile, à des soldats armés. Le résultat hautement prévisible de cette politique est un massacre effroyable de civils. Cet état de fait conjuguait à impunité dont ont bénéficiés les soldats impliqués, décorés qui plus est, ne rend que plus évident la recrudescence des engagements des jeunes d’Irlande du Nord dans l’IRA. Le meneur de la manifestation, Ivan Cooper, l’avait bien compris quand il déclarait que le gouvernement britannique venait de donner ça plus grande victoire à l’IRA, j’ajouterais sans qu’elle ait eu à combattre ! Un film émouvant et nécessaire pour le devoir de mémoire et de justice (toujours déniée à l’heure actuelle) aux victimes et pour comprendre la difficulté qu’a eu la mise en place d’un règlement pacifique du conflit.
Du meilleur cinéma issu de la télévision britannique. Le décor historique et social est parfaitement campé, c’est d’une totale honnêteté citoyenne et réalisé avec une efficacité dramatique imparable, sauf quelques ajouts sentimentaux qui sentent la grosse ficelle feuilletonesque. C’est indispensable si on s’intéresse à la situation irlandaise des dernières décennies. Évidemment pour l’originalité artistique il vaut mieux voir ailleurs.
Avec ce docu-fiction d'une rare puissance, Greengrass dynamite le genre et entre d'emblée dans la cour des grands. Dans des années, on s'en rappellera encore. Un essentiel.