Le roman de Jean Freustié se déroule durant la Première Guerre Mondiale et la bonne idée est de la transposer dans une troisième Guerre Mondiale imaginaire. Jean-Marie Desprée, chirurgien de son état, s’est engagé dans une antenne chirurgicale militaire mobile quelque part en Europe.
Jean-Marie Desprée, sous les traits d’Alain Delon, se comporte comme Alain Delon qui fait du Delon minimum : visage froid et fermé, de brefs sourires en coin. Le sourire s’élargira petit à petit, parfois un tantinet crispé pour ne pas trahir son côté ténébreux sympa-malgré-tout pour une jeune infirmière nommée Harmony (Véronique Jannot ) avec un « Y » à la fin.
La grande majorité du récit se déroule au sein de l’antenne chirurgicale offrant un décors limité mais réussi ; la guerre est hors champ, elle est traduite par les nombreux ballets des hélicoptères qui déposent les blessés, brûlés pour la plupart. L’horreur de la guerre est aussi illustrée dans la campagne au cours d’une sortie.
Je n’en dirai pas plus.
Il y a des acteurs qui vous bouleverseraient rien qu’en lisant le bottin, ici, même Delon ne parvient pas à valoriser quelques lignes de dialogue pompeusement creuses.
Plus tard, « Les Inconnus » diront « Ah, la guerre c’est pas bien ». Faisaient-il référence au film ? J’en doute.
Ces dialogues signés Pascal Jardin donnent un sacré coup de vieux à ce « Toubib ».
A l’heure d’aujourd’hui, il y a encore plaisir à écouter Jacques Prévert, Jean Aurenche, Michel Audiard voire Jean-Loup Dabadie pour la grande majorité de leurs films.
Quant à la toute fin du film, tellement prévisible, elle en est ridicule, la faute à une post-synchronisation qui n’aide pas, elle participe à creuser davantage des rides à ce « Toubib ».
Bref, pas le meilleur Delon.
Je me console en voyant des acteurs dans l’ombre de Delon comme Jean-Pierre Bacri, Bernard Le Coq par exemple. Encore quelques films, ils prendront la lumière.