Le Masque du démon
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Jean Mariage
Jean Mariage

1 abonné 99 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 15 janvier 2026
Le masque du démon est le premier film officiel de Mario Bava, alors considéré comme le chef opérateur le plus inventif et le plus talentueux du cinéma italien. Le film a, au départ, été voulu par les producteurs pour répondre au succès des films d’épouvante anglais de la Hammer et il s’inspire en partie de leur esthétique, mais aussi de certains tableaux de Caspar Friedrich, peintre allemand de mouvance romantique.
Ce qui est très étonnant dans Le masque du démon c’est qu’il y a un grand sens du classicisme joint à une étonnante capacité d’expérimentation, assez rare dans un film de genre tourné en 1960. Cela n’échappera pas aux deux plus prestigieuses revues cinématographiques de l’époque, les Cahiers du Cinéma et Positif, revues pourtant peu enclines, à cette époque, à s’intéresser au cinéma de genre. Le film fera carrément la couverture de la revue Positif et on pourra lire dans les Cahiers du Cinéma que Mario Bava est le cinéaste qui « nous prouve enfin que la peur n'exclut pas la beauté » et qu’il est un « auteur immédiat avec l’âme d’un peintre ».
Il faut bien dire que le film est d’une splendeur visuelle assez incroyable. Les mouvements de caméra sont magnifiques, on notera notamment celui de la première scène où Katia (Barbara Steele) joue du piano, ainsi que le sidérant panoramique à 360° lors de la première arrivée des docteurs dans la crypte, tour de force assez étonnant puisque les sources d’éclairage, pourtant bien présentes, n’apparaissent jamais dans le champ de la caméra.
Mais le plus beau dans le film est évidemment son noir et blanc superbe, inspiré notamment par l’expressionnisme allemand, où Bava est au sommet de son art en ce qui concerne le clair-obscur. Le réalisateur est surtout connu pour son génie de la couleur mais force est de constater ici qu’il excelle aussi dans le noir et blanc et que, Dieu merci, c’est en noir et blanc que le film a été tourné. Car les producteurs le voulaient au départ en couleur mais Bava a réussi à imposer le noir et blanc, notamment pour pouvoir réaliser l’effet de vieillissement instantané d’un personnage en un plan, admirable trucage réalisé par la méthode d'un maquillage qui s'accentue selon un éclairage rouge ou bleu, qui lui ne se voit pas à l'écran. Bava avait d’ailleurs déjà utilisé cet effet dans le film Les vampires de Riccardo Freda, dont il était le chef opérateur et qu’il avait d’ailleurs terminé car Freda, caractériel, était parti en claquant la porte avant la fin du tournage.
Au-delà de ses qualités plastiques, « Le Masque du démon » travaille de manière très troublante la figure du double et de la transmission du mal. Le dédoublement incarné par Barbara Steele, à la fois Katia et Asa Vajda, renvoie à une vision profondément pessimiste de l’hérédité et du passé, où la faute originelle ne cesse de resurgir sous des formes séduisantes. Bava associe ainsi le mal à une beauté vénéneuse, érotisée, presque hypnotique, qui rompt avec la dichotomie morale classique du cinéma d’épouvante. Le film met en scène une féminité à la fois désirable et menaçante, inscrite dans une logique de retour du refoulé, où l’Histoire, la superstition et la violence patriarcale se cristallisent dans le corps féminin. Cette ambiguïté, très moderne pour l’époque, contribue largement au pouvoir de fascination durable du film et explique pourquoi « Le Masque du démon » continue d’irriguer tout un pan du cinéma fantastique contemporain.
Hector de Troie
Hector de Troie

1 abonné 65 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 23 février 2026
Regardant pas mal de Gialli en ce moment, j'ai entendu parler d’un film ayant marqué le genre, la transition entre les films Gothiques de la Hammer et le Giallo, Le Masque du démon, Black Sunday ou La maschera del demonio !

On assiste ici à la reprise d’une histoire adaptée d’un conte de vampire russe de Gogol, Vij, dont Bava ne gardera pas grand chose. On est ici dans une histoire classique gothique type Hammer.

Qu’est ce qui change ? L’ambiance est à la fois gothique classique, mais quelque chose dérange un peu plus; l’image est si belle, paraît si réelle. On sent une patte de l'expressionnisme allemand dans les regards, d’ailleurs ici tout passe par les yeux, les apparences….

Ce qui change surtout c’est la violence graphique, les masques et ce qu’ils infligent est vraiment terrifiant, tout comme la renaissance de la sorcière (synopsis).

Alors oui, le dragon sur la tenue de Iavoutitch fait vraiment Kitsch et c’est dommage, mais globalement, c’est vraiment une réussite !

Le masque du démon, chaînon manquant entre les films gothiques et ceux du Giallo puis plus tard les slashers ? Peut être bien, même si on est plus vers la Hammer que vers Argento, mais on sent une patte différente, un frémissement...
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 12 décembre 2024
Sorcières la puissance invaincue des femmes. Pour son premier film officiel Mario Bava frappe un grand coup.
Pascal
Pascal

254 abonnés 2 408 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 11 octobre 2023
Considéré par certains commentateurs comme une des meilleures réussites de Mario Bava, " le masque du démon" qui ressort en salle à l'occasion d'une rétrospective consacrée au cinéaste italien spécialisé dans le fantastique et le giallo a ( selon moi) très mal vieilli.

Ce film de genre qui repose sur un scénario vu et revu ( une sorcière revient sur les lieux de son sacrifice ayant eu lieu dans un passé lointain pour se venger) est grandement desservi par une photo et des décors vraiment ratés.

La post production n'est pas au point et Barbara Steele ne convainc presque jamais malgré son indéniable potentiel et (à mes yeux) seul intérêt du film.

On sauvera aussi quelques scènes ( surtout concentrées dans la seconde partie) qui se laissent voir.

Réservé aux amateurs inconditionnels du genre ou aux curieux. La comparaison avec " Nosferatu" de Murnau ou même de "Vampyr" de Dreyer est écrasante pour ce " masque du démon".
Charlotte28
Charlotte28

203 abonnés 2 831 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 23 septembre 2023
Légende vampirique mêlée aux codes de l'horreur traditionnelle, ce drame romantique manque parfois de cohérence mais opte pour d'intelligents effets spéciaux et instaure avec brio une atmosphère surnaturelle funeste qui étend son ombre sur le château maudit. Alors que le jeune docteur et le frère manquent cruellement de charisme l'héroïne incarne parfaitement l'ambiguïté de son personnages entre fascination et inquiétude. Démoniaque!
Marco Braggaar
Marco Braggaar

1 critique Suivre son activité

4,0
Publiée le 17 août 2023
Premier film de Mario Bava, son plus grand chef-d'œuvre...
Malgré le temps je trouve que ce film n'a pas mal vieilli il est d'ailleurs pour moi l'un des plus grands films italiens jamais réalisé !
Avec son style gothique, noir et blanc et satanique nous nous plongeons immédiatement dans le cinéma d'horreur italien des années 60 (que j'appellerai timidement un Giallo) accompagné de Barbara Steele (grande actrice dans le cinéma d'horreur des ces années là) qui joue très bien au passage je vous le recommande si vous êtes fan du genre vous ne serez pas déçu !!
Hotinhere

790 abonnés 5 464 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 30 avril 2023
Un conte macabre à l’ambiance gothique en clair-obscur visuellement sublime, mais aux effets assez kitch ajd qui font plus sourire que terrifier !
Roub E.

1 306 abonnés 5 373 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 17 avril 2023
Un petit bijou de film d’horreur gothique. Jouant à merveille avec son noir et blanc, ses ombres, ses décors et même un peu de sang (en tout cas beaucoup pour un film du début des années 60). Le film se réapproprie et renouvelle le genre vampirique tout en gardant des balises connues. Sûrement le meilleur film de Mario Bava que j’ai vu à ce jour.
konika0
konika0

37 abonnés 778 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 9 mars 2022
Masque de beauté.
Mario Bava est vraiment un cinéaste italien de son temps. Il a touché à à peu près tout, du western au péplum en passant par le fantastique voire même tout ça à la fois. Il semblerait que le Masque du Démon soit son 4ème film bien qu’il soit le premier dont il est crédité. On pourra donc le voir comme une déclaration d’intention.
Ça commence par la mise à mort d’une noble accusée de sorcellerie. Deux siècles plus tard, son tombeau est visité par hasard par deux médecins qui passaient par là. En profanant la tombe, ils réveillent la belle endormie. Et ça, il fallait pas, vu que celle-ci avait promis de revenir se venger. Dont acte.
L’introduction est tout un programme. De la musique macabre au décor gothique en passant par la torture de la condamnée, on est directement dans le bain. Immédiatement, ça fait penser à l’ambiance de la Hammer, la sagesse britannique en moins. La mise en scène baroque installe tout de suite une atmosphère intrigante et les plans surprennent constamment par leur jeu de profondeur ou de construction de l’image. On aimera particulièrement la lumière très contrastée qui rappellera parfois l’expressionnisme allemand. A l’interprétation, c’est plutôt réussi si on fait abstraction des bizarreries d’époque (mais dans quelle(s) langue(s) tout ça a-t-il été shooté?). Barbara Steele étire toute sa drôle de pomme, belle dans un sens, intrigante à coup sûr. Elle porte réellement sur elle l’ambiance étrange du film. Quant à l’intrigue, si elle reste classique, elle est contée avec vigueur et énergie, ménageant ses effets et allant à l’essentiel. Au final, les choix esthétiques forts de Bava sur ce film préfigurent sûrement un certain nombre de ses films à venir. Un très bon moment donc et un jalon intéressant par dessus le marché.
ronny1
ronny1

55 abonnés 913 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 6 décembre 2019
« Le masque du démon », premier long métrage que Mario Bava réalisa seul, tente une synthèse entre le gothique flamboyant italien et les films victoriens de la Hammer, mais sans les couleurs flamboyantes de Jack Asher. A la place un noir et blanc très travaillé avec des contrastes profonds, rappellant au passage qu’avant d’être un metteur en scène, Bava était un grand directeur de la photographie. Eclairagiste et superviseur des effets spéciaux, il livre ici une pellicule ciménatographiquement novatrice, égalant du premier coup les réalisations de la Hammer. Le film doit également beaucoup à la sexy brune Barbara Steele à la beauté ténébreuse et particulière, dont c’est le premier grand rôle au cinéma (après sept rôles très mineurs en Grande Bretagne). Elle devint du jour au lendemain la star incontestée du cinéma d’épouvante et le fantasme de millions d’hommes, malgré un jeu assez limité. Elle est le joyaux central d’un film à la mise en scène tendue et au montage accéré comme une lame de rasoir, sans temps mort pour ne laisser aucun répit au spectateur, même si la tension est nettement inférieure au « Cauchemar de Dracula », que Terence Fisher réalisa deux ans plus tôt. Le succès et la renomée du film empêchent encore de nos jours une vision objective de l’œuvre du cinéaste italien. C’est une erreur, car le meilleur restait à venir car Mario Bava est, à mon sens, un des metteurs en scène les plus mésestimé du cinéma.
Eowyn Cwper
Eowyn Cwper

163 abonnés 2 040 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 12 novembre 2018
Au début de sa carrière, Mario Bava était déjà à fond dans le genre giallo, fût-il en noir et blanc. C'est, en plus, un film d'horreur, mais la vraie horreur est dans le vieillissement effroyable qui a affligé cette pauvre œuvre. Fruit d'une collaboration anglo-italienne située en Moldavie dont chaque gond grince (et je parle du tournage et de la production, pas des décors), l'histoire avance au même rythme que ses morts « jaillissant » d'une tombe avec force crochements de doigts et une inefficacité dont on a du mal à imaginer qu'elle était encore invisible à l'époque.

C'est de l'horreur sans horreur, où l'on porte autant de masques qu'on les parodie par expressions, mais au moins avec quelque astuce ; quand on parvient à oublier l'ambiance noire superposée au noir et blanc et à la péremption du Masque du Diable, on nous donne à voir deux ou trois maquillages acceptables, des caméras qui prennent le temps de se mouvoir doucement pour créer une ambiance qui ne tienne pas de la parodie, et des trucages variés –  comme le ralenti – qui sont là aussi vecteurs d'atmosphère. Mais quelle horreur, ces acteurs qui anticipent leurs cascades, et dont le moindre geste irréaliste a dû être scripté ! C'est très dur à regarder, et très ennuyeux.

septiemeartetdemi.com
Marc L.
Marc L.

68 abonnés 1 828 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 4 avril 2018
Ce classique incontournable du cinéma fantastique de l’après guerre sonna aussi le coup d’envoi de la florissante carrière d’un de ses artisans européens les plus talentueux et les plus généreux. Jusqu’alors, Mario Bava, directeur de la photographie en vue, était venu en renfort de réalisateurs absents ou défaillants, ce qui lui avait valu la confiance des studios italiens qui décidèrent de lui confier son propre film. Déterminé à frapper un grand coup tout en assouvissant une passion sincère pour le fantastique, Bava décida de réaliser un film de sorcières et de revenants vampiriques, inspiré d’une légende slave rapportée par Nicolas Gogol (et récemment ré-adaptée en blockbuster russe sous son titre original, “Viy’). Le cinéaste cherche par tous les moyens à se distinguer de ses pairs : alors que la mode est au Technicolor, Bava tourne dans un noir et blanc magnifique, en hommage aux Monster-movies classiques des années 30 qu’il vénérait. Surtout, il tire le meilleur parti du peu de budget accordé à ce genre de productions : chargé et luxueux au possible, diffusant une atmosphère d’épouvante gothique tout bonnement incroyable, le résultat possède une personnalité et une esthétique qui lui sont propres, sans commune mesure avec l’autre référence vampirique de l’époque, le célèbre (mais faiblard) Dracula de Terrence Fisher sorti deux ans plus tôt. Il refuse également toute tentative d’humour déplacé, comme s’il avait déjà conscience de travailler là sur un Classique voué à résister au passage du temps et se tient à l’écart de toute héroïsation ou sentimentalisme trop appuyé chez ses personnages. En revanche, en bon italien adepte de certains excès graphiques, Bava concocte quelques images plus choquantes que ce que le public du début des années 60 était accoutumé à voir, comme ce sang qui gicle alors que l’on cloue le masque de bronze sur le visage de la sorcière, ou lorsque celle-ci entrouvre les pans de son manteau, dévoilant un corps en état de putréfaction avancé : cela valut au film d’être partiellement censuré aux Etats-unis et même banni pendant une poignée d’années en Angleterre. Mais ce qui contribua clairement à établir la légende et la pérennité du film fut la décision de Bava d’engager la débutante Barbara Steele pour le double-rôle principal de ce ‘Masque du démon’, sur la seule foi de sa beauté atypique : même si cette dernière mit du temps à admettre et à apprécier l’hommage, vexée du peu d’intérêt que suscitèrent ses passages ultérieurs chez de grands auteurs, elle reste considérée encore aujourd’hui comme la première grande star féminine du cinéma fantastique.
Cinéphiles 44

1 666 abonnés 4 646 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 22 juillet 2017
Entre la Roumanie et l'Ukraine, nous voici plongés dans la Moldavie du XVIIème siècle. La princesse Asa Vajda est soupçonnée de sorcellerie et sera, avec son amant, marquée au fer rouge avant de se voir planter un masque avec d’énormes pointes. Plusieurs siècles plus tard, deux docteurs découvrent le cercueil de la sorcière et la réveille par inadvertance. Celle-ci n’a qu’une chose en tête, se venger. Avec sa double casquette de réalisateur et directeur de la photographie, Mario Bava produit un noir et blanc impeccable en jouant sur les ombres et les lumières. En mêlant le gothique avec les histoires de vampires, le cinéaste délivre une histoire peut-être trop complexe pour être captivante. Mais il faut souligner l’excellent jeu de Barbara Steele dans ce double rôle et l’incroyable effort entreprit sur les décors lugubres et envoûtants.
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ourouty
ourouty

12 abonnés 144 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 29 novembre 2016
quel plaisir de revoir en version restauré le chef d'œuvre de mario Bava!!: Que d'invention et de génie dans ce travail photographique en noir et blanc de ce maitre du gothique!
Barbara steele est toujours aussi magnifique et magnétique. Un seul bémol : impossible de savoir quelle en est la version originale? est ce en anglais ? en italien? le doublage est défaillant dans tous les cas!
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 16 octobre 2016
Je m’attendais à un film un peu plus marquant , l’ambiance du tout début m’a tellement plu que je m’attendais à la retrouver d’avantage dans la suite du film , ce qui n’est pas vraiment le cas puisque le cadre change quelque peu ( deux siècles étant censés être passés , les personnages ne sont pas les mêmes ) ; Globalement , les décors et le « sale » sont plutôt réussis , certaines images sont inoubliables , le personnage le plus terrifiant je pense est l’amant de la sorcière ; Ce film a énormément inspiré Sleepy Hollow , c’est flagrant quand on le visionne et ça donne envie de voir/revoir ce dernier car il peut proposer un film plus percutant mais qui reprend l’atmosphère quand même assez unique qu’a réussi à créer Bava dans son premier film ( 1er film « à lui » semble t’il ) . Je me répète mais la scène d’ouverture est vraiment anthologique
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