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CrystalEagle
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4,0
Publiée le 23 juillet 2026
Sous la rigolade, c'est un enterrement. Celui d'une corporation liquidée par la loi Marthe Richard, où Bernard Blier, taulier déclassé, erre dans ses chambres à thème devenues musée du mauvais goût pendant que le Gabin prend le soleil sous les tropiques. Tout est déjà là dans cette scène avec Françoise Rosay, où deux vieux du milieu se racontent l'ancien temps comme des anciens combattants. La rigolade s'arrête une minute, et on entend le vide et pourtant rien n'y est triste ! C'est exactement ce qui m'a conquis, au lieu du polar, ils ont choisi la langue.
Je me suis régalé de ce festival de menteurs où chaque camp fait marcher l'autre, parce que le faux billet n'est qu'un prétexte. Ce que ces gens fabriquent vraiment, c'est de la confiance truquée, chacun gravant sa propre légende. Ici, le péché mortel n'est pas de voler mais d'être con, et « si la connerie se mesurait, il servirait de mètre étalon » n'est pas une vanne isolée (et une répluque cultissime au passage), c'est la constitution du film et c'est joussif. Maurice Biraud ne tombe pas parce qu'il est malhonnête (tout le monde l'est) mais parce qu'il est vaniteux, faux jusqu'à ses chaussures italiennes fabriquées à Grenoble. En face, une aristocratie du métier qui juge sur la compétence et la parole tenue, et qui a tout compris depuis longtemps : « les bénéfices, ça se divise, la réclusion, ça s'additionne » (encore culte!). Je trouve l'annecdote sympa de comprendre que « Cave », c'est le nom que les malins collent aux besogneux, et tout le film consiste à leur renvoyer l'insulte dans la figure, les combinards en costume et les notaires marrons démontés par le graveur, seul type de l'histoire qui sache faire quelque chose de ses mains. Le coup de force : des brandits sans arme ! La violence est passée tout entière dans la langue, on n'y tue pas, on humilie, la réplique fait le mort. On me dira que c'est un film calibré qui ne tient que sur les mots d'Audiard et le numéro de ses acteurs, et c'est vrai.
Gilles Grangier filme son vieil ami à hauteur d'homme, et c'est peut-être le plus beau cadeau qu'on ait fait à Gabin : il n'a plus rien à jouer, il lui suffit d'être là. Une masse tranquille posée au centre du plan, autour de laquelle les autres s'agitent, plaident, transpirent, lui écoute et tranche. Et pourtant, même pour moi le grand admirateur de Gabin, le vrai patron ici, c'est Blier. Le seul à porter un homme ridicule sans jamais s'en excuser : un perdant qui ne le sait pas encore, une pincée de lâcheté, un fond de nostalgie qu'il n'avoue qu'à moitié. Gabin tire le film vers le mythe, Blier le retient au sol, et c'est cet équilibre-là qui tient tout. Ils s'étaient déjà croisés sur Le Jour se lève, Les Misérables, Le Président ; ici c'est la septième et la dernière fois, et ça se voit qu'ils étaient heureux d'y être, dans ce Paris du XXe encore villageois, effacé depuis. Un au revoir joyeux à un monde qui n'est plus là pour l'entendre.
Par rapport aux dernières fois où j'ai vu le film il y a 20 ans, je dois dire qu'il a un peu vieilli. Gabin en quelques années a vraiment vieilli et il remplit à la perfection le rôle du dabe.
Audiard est au top de sa forme dans ce film, il est difficile de faire mieux et sa contribution au film rend ce dernier un classique du genre. Maurice Biraud que j'ai toujours apprécié est finalement loin d'être un cave. Il aurait mérité plus de films.
Loin des polars noirs, c'est selon moi une comédie de ''voyous''. La réalisation n'a rien d'exceptionnelle mais les acteurs, les dialogues sont tellement bons qu'on peut regarder ce film 10 fois sur une vie sans jamais se lasser et je dois être à ma quatrième fois. J'ai encore pris beaucoup de plaisir à le voir.
Porté par les dialogues inimitables de Michel Audiard et un casting de légende, "Le cave se rebiffe" est l'une des comédies les plus savoureuses et intelligentes du cinéma français. Le film de Gilles Grangier est une démonstration éclatante de ce que le cinéma populaire peut produire de plus drôle et de plus jouissif.
Le film est avant tout un triomphe d'écriture. Les dialogues de Michel Audiard ne sont pas de simples lignes de texte, ils sont une symphonie. Chaque réplique est une pépite, un mélange parfait d'argot parisien et de tournures littéraires qui claque comme un coup de fouet. Ciselée, percutante et devenue culte, la verve d'Audiard est le véritable personnage principal du film, transformant chaque scène en un moment de pur génie comique.
Cette partition magistrale est interprétée par un casting de "monstres sacrés" en état de grâce. Jean Gabin est impérial, campant "le Dabe" avec une autorité naturelle et une malice réjouissante. Face à lui, Bernard Blier est tout simplement irrésistible en truand nerveux et un peu dépassé. Leur duo est l'un des plus mémorables de l'histoire du cinéma français, et ils sont entourés de seconds rôles tout aussi parfaits.
L'intelligence du film est de se présenter comme une parodie savoureuse du film de gangsters. Ici, les truands sont plus occupés à négocier et à se chamailler qu'à sortir les armes. Le crime est traité comme une entreprise, avec ses bilans et ses investissements, ce qui crée un décalage comique permanent. Le tout est servi par un scénario malin et une mécanique bien huilée, où la petite arnaque se transforme en un plan d'une ingéniosité diabolique, jusqu'à un dénouement particulièrement savoureux qui donne tout son sens au titre.
"Le cave se rebiffe" est bien plus qu'une simple comédie. C'est une leçon de cinéma, un festival d'acteurs et une fête de la langue française. Un classique intemporel et jubilatoire.
Du bon polar bien de chez nous en noir et blanc. Avec des dialogues cousus main par l'Audiard inspiré du petit Simonin ! Et des artistes à la Gabin, Blier et Maurice Biraud... Faut pas rater ça !
Ce film fait partie de mes préférés avec Gabin. Il faut dire qu’il y est grandiose, plein de mauvaise foi, face à un Blier non moins excellent, plein de mauvais goût. (La visite du “logis” de Blier, ancien “établissement” de 17 chambres fermé par les autorités, et à la décoration très personnelle, est d’ailleurs un moment d’anthologie.) Tout est parfait dans ce film: le noir et blanc est sublime, le scénario est malin, et les dialogues d’Audiard sont truculents. Les acteurs sont tous déments: Maurice Biraud, le cave du titre, Martine Carol qui assume pleinement une certaine vulgarité, en concurrence direct avec Ginette Leclerc, Frank Villard… Mais celle qui emporte tout, c’est Françoise Rosay, magistrale et inoubliable malgré deux petites scènes, excusez du peu. Un très bon film de gangsters, sauce comique. On rigole, on jubile et on dit merci.
Polar comique et franchouillard, doté d'une belle brochette d'acteurs et d'imparables dialogues signés Audiard, dont lui seul avait le secret. Un bon film avec les excellents Gabin et Blier en tête d'affiche.
Le Dabe (Jean Gabin) descend à l'hôtel Napoléon ce qui de prime abord, a forcément attiré mon attention. Plus tard il négocie, et je saurai m'inspirer de sa détermination dans mes prochaines négociations : "Ah messieurs, mettons-nous bien d'accord une fois pour toutes. Je n'ai pas l'habitude de donner mon concours dans les fêtes de charité. J'ai des exigences, vous êtes libres de les accepter ou non. Mais si vous acceptez, mettez-vous dans la tête que mon pourcentage ne sera remis en question à aucun moment de l'opération. J'en fait une question de principe." Dans la même veine, Michel Audiard au dialogue est ici particulièrement inspiré. "Si la connerie se mesurait, il servirait de mètre étalon." Ou encore lorsque le Dabe dit au cave (Maurice Bidaud) : "Ne pas reconnaître son talent, c'est favoriser la réussite des médiocres." Ou bien aussi lorsque le Dabe dit à Charles Lepicard (Bernard Blier) : "Depuis Adam se laissant enlever une côte, jusqu'à Napoléon attendant Grouchy, toutes les grandes affaires qui ont foiré étaient basées sur la confiance." Bref, c'est un festival de répliques subtiles, ciselées pour ces immenses acteurs emmenés dans un scénario malin à une époque où l'on ne faisait pas dans la dentelle, mais dans le solide. Conclusion sur cette citation de La Fontaine : "Bien mal acquis ne profite jamais." De belles références qui invitent à la réflexion…
ce film est bon surtout dans le scénario mais malheureusement le film a beaucoup vieilli . mais sinon cela reste bon surtout Jean gabin et Bernard blier qui porte le film sur leur épaule .
Un film de Gilles Grangier qui demeure très plaisant malgré un scénario convenu, notamment grâce aux dialogues de Michel Audiard ainsi qu’à sa distribution dont un duo Gabin/Blier qui s’en donne à cœur joie.
Un classique. Bouquin de Simenon, réalisation grangier et dialogue sur mesure daudiard pour une distribution prestige (Gabin, Blier, biraud, rosay en tête). C'est gouaillard, râleur, de mauvaise fois. Le vieux paris, la magouille bon marché et du culte à chaque scène où répliques. Bravo !
Petite déception sur cette comédie légère au final qui mise davantage sur les situations humoristiques que sur le fond. C’est une parenthèse entre le film de gangster et la comédie pure. Je trouve les seconds rôles plutôt moyens.
Jean Gabin et Michel Audiard dans tout leur art dans cette comédie/film noir. Le fait que l'on ajoute une morale à la fin "bien mal acquis ne profite pas" est purement second degré, le dabe et le cave ont fort mal acquis leur argent. un classique à voir et revoir (en version non colorisée, c'est un blasphème ce machin)
Ce film de Grangier est tout simplement un classique incontournable en matière de dialogues car Audiard livre ici une performance inégalée (la scène entre Gabin et Rosay est immense). La distribution est excellente (Carol et Biraud sont sensationnels). Une oeuvre intemporelle.
Evidemment, avec Audiard aux dialogues on sait qu'on aura droit à au moins quelques phrases cultes, et on est ici bien servi ! Sans parler du casting, avec mention spéciale pour Maurice Biraud parfait dans le rôle titre, presque à contre-emploi au vu de son parcours. Pour le reste, un bon film à revoir de temps en temps, qui passe bien, je dirais sans prétention mais avec un scénario très bien ficelé, pas très éloigné de "Mélodie en sous-sol" dans l'esprit. Score d'affinité avant ma critique : 71, c'est plutôt ça, j'aurais même mis un peu plus, sauf peut-être à cause de la musique parfois pénible.
Je crois que quand j'ai vu ce film pour la première fois, c'était mon tout premier film avec Jean Gabin. Depuis, je le revois toujours avec grand plaisir! C'est d'abord et avant tout pour le plaisir des dialogues et des phrases cultes comme savait les écrire Michel Audiard! Il y a dans ce film, des échanges et des punchlines qui sont du grand Audiard! Si on ajoute à ça les personnages de Jean Gabin, de Bernard Blier, et même de Frank Villard c'est un vrai petit bonbon. spoiler: Sans parler de sa fin bien sur!