Pour le coup, c'est un film qui fait avec une image sale. C'est un parti prit très déstabilisant. Je ne suis pas spécialement surpris par ce film, au final. Même si il y a beaucoup d'élément qui rendent le film assez unique je trouve que ça reste un film d'Haneke en dessous du reste, un peu comme avec le Temps du Loup; un peu moins tout de même que Le Temps du Loup. En tous cas, d'un point de vue de l'émotion ça ne fait pas beaucoup d'étincelle. Il y a de la force par endroit mais c'est assez inégal. Sans parlé du fait que la violence apparait comme une case à cochée. C'est un film qui est intéressant pour un point en particulier, les choix de mise en scène. D'où sa récompense à Cannes. On a un film qui n'est pas beau, il n'est pas moche non plus. Caché est surtout quotidien dans son imagerie. La beauté surgit dans la simplicité de ces plans qui se veulent en permanence intrusif. L'idée voyeuriste d'Haneke d'ailleurs, ne fonctionne que partiellement. spoiler: Jai eu le sentiment que c'était le film lui même qui interagissait avec ses personnages, comme si c'était haneke qui envoyait les VHS et les dessin. En fin de compte je me suis dit que le tout est très artificiel.
Je ne sais pas trop, c'est un film que je trouve réussi par endroit mais pas dans son scénario. A moins que je ne l'ai pas compris.
Un film techniquement maîtrisé au scénario original, poussant - avec sa fin ouverte - l'interprétation jusqu'à l'insoluble : il n'en fallait guère plus pour emporter l'adhésion du jury cannois.
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0,5
Publiée le 12 octobre 2020
Il y avait une dichotomie dramatique entre le besoin de révéler cette histoire et la lenteur de la progression réelle de l'histoire. J'accepte que chaque scénario qui se développe n'a pas besoin d'avoir une conclusion ou que la conclusion qui est donnée en est une avec laquelle je dois être d'accord mais d'accorder une licence à ce style particulier de narration et ensuite pour qu'il ne raconte pas l'histoire mais la laisse complètement ouvert et c'est un exercice de frustration. L'histoire donnée selon laquelle une reconnexion tardive avec un événement de votre enfance conduirait un homme d'âge moyen à se suicider devant vous n'a aucune crédibilité. Il nous reste la conclusion que la personne qui filme sa vie était elle-même très bien mais quelle perte de temps. Être détenu dans un état d'attention captive pendant deux heures et se faire dire ensuite que ce n'était qu'une grosse blague pour le public n'est pas acceptable. Caché est sans aucun doute le plus mauvais film des carrières de Daniel Auteuil et Juliette Binoche réunis...
Caché plonge le spectateur dans la première du film dans la trame d'un thriller classique. Une famille bourgeoise parisienne reçoit soudainement puis de manière régulière des dessins macabres et des enregistrements vidéos de plusieurs heures de la façade de la maison. C'est extrêmement bien mené, efficace, et on en vient même à penser - à tort - qu'Haneke nous fait un cadeau avec ce début de polar. On commence à se complaire dans un sentiment de frayeur mêlé d'excitation vu et revu au cinéma, mais après tout si c'est Haneke, allons-y ! Évidemment, et on se sent presque coupable de s'être laissé avoir, Caché sort des sentiers battus assez rapidement et se dessine alors en filigrane un deuxième niveau de lecture. Le propos du film prend contre toute attente un tournant politique et historique, avec notamment comme évènement central les sévices de la police française exercés sur les manifestants algériens le 17 octobre 1961. Caché, c'est en fait la réminiscence de souvenirs que Georges (Daniel Auteuil) s'était efforcé d'oublier avec le temps, bien qu'inconsciemment rongé par la culpabilité. Malheureusement, le temps et le silence ne résolvent pas tout, et le cheminement du film amène Georges à se confronter brutalement à son passé. Dans une certaine mesure et à plus grande échelle, on peut voir chez le personnage de Georges une personnification de la nation française, qui s'est longtemps terrée dans le silence vis-à-vis des exactions commises à l'égard des communautés maghrébines. La fin du film, ouverte à la réflexion et qui ne dévoile pas l'identité de l'expéditeur des cassettes vidéos, rappelle l'habitude du réalisateur à se détourner des faits et à se concentrer sur l'essentiel : ici l'intérêt d'une parole libératrice qui permet de lever le voile sur un passé bien trop longtemps occulté.
Je suis loin d'être un connaisseur assidu du cinéma de Michael Haneke. Ma seule expérience avec l'oeuvre du cinéaste autrichien se résumait jusqu’à maintenant à *Funny Games* (1997), dont la facette angoissante et innovante avait étonnement du mal à me faire réagir. C'est donc pendant une belle-après-midi nuageuse que je découvre *Caché*, prix de la mise en scène à Cannes 2005 !
Dans des airs d'introduction à la *Lost Highway* de David Lynch, *Caché* raconte l'histoire de Georges Laurent (Daniel Auteuil), un célèbre animateur de télévision français spécialisé dans la littérature. Il mène une vie aisée et paisible avec sa petite famille jusqu'au jour où une mystérieuse cassette arrive devant chez lui. Les bobines de celles-ci montrent la famille Laurent filmé à leurs insu devant leurs maison parisienne. L'harcèlement continue inévitablement et pousse Georges, en dépit de l'aide de la police, à découvrir qui lui envoie ces mystérieuses vidéos.
Le scénario intriguant et profondément stressant à sa surface, continue encore de faire durer le mythe cinématographique de Haneke basé sur le choc et le malaise. Au cœur de sa grande et moderne maison de banlieue parisienne, Georges Laurent mène paisiblement sa vie journalistique dont le succès et la gloire lui ont souris. La culture édifiante de sa famille est montrée comme une imposante vague maladive, à l'image de cette immense bibliothèque qui prend tout le salon. Une classe sociale élevée donc, où Michael Haneke y dépeint un portrait presque neutre et fade. Ne tournent t'ils pas en rond dans cette vie aseptisée ? Une interrogation édifiante représentée par ces nombreuses scènes de Pierrot Laurent, le jeune fils unique, répétant les mêmes gestes sans arrêt à la piscine et finissant par gagner une compétition singularisée par des aller-retours dans une grande piscine monotone.
Évidement, en tant que point d'orgue rapidement posé, Michael Haneke met à mal cette famille représentative des hautes sphères de la capitale. A travers ces étranges cassettes, c'est la vie privée et le ressenti d'être intouchable qui sont remisent en compte. Et durant l'avancé du récit, c'est le passé de Gorges Laurent lui-même qui est convoqué pour un retour sombre sur des heures tristes. Dans une réflexion Bourdieusienne, la culture, l'école et l'instruction sont l'images de la réussite et de l'élévation. A travers cette réflexion, Michael Haneke pose le destin du personnage de Georges, immobilisé par l’égoïsme de son enfance.
Haneke choque et nous sort véritablement de notre zone de confort, à l'image de ce chevauchement incongru de deux scènes, dont la profondeur se joint fortement à l'idée de *Caché* : le passage de la délicatesse d'un dîner mondain rythmé à base de conversation littéraire et de petits fours, à une scène de décapitation de poulet au cœur d'une vieille ferme. Les plans fixes et rallongés permettent d'édifier la pensée absurde et malsaine de Haneke, et de mettre en lumière un Daniel Auteuil meilleur que jamais.
Mais encore une fois, Haneke peine à me convaincre au niveau de sa réputation. On sent que *Caché* est une oeuvre intelligente et maîtrisée, mais qui n'atteint pas non-plus cette ligne marquante où séjourne dans le même style un *Festen* de Thomas Vinterberg par exemple. **Pour conclure de manière bien simpliste mais vraie : *Caché* plaît, mais sans plus.**
Haneke est un metteur en scène au talent indiscutable. De plus, son nouveau film, plus encore que ses précédents, a deux niveaux de lecture. Une dont l’histoire très forte et très intelligemment racontée peut se lire de manière individuelle, intrinsèque aux personnages mêmes. L’autre lecture qui est suggérée par le jeu des répliques est une lecture politique qui touche la question de la responsabilité collective ; ici du peuple français s’agissant de son passé néo-colonial. Tout cela semblerait fort louable si ce n’était cette fâcheuse tendance chez Haneke de raconter une histoire dans le seul but de bien triturer là où ça fait mal à la conscience collective (ici française) puis finalement de laisser en plan cette conscience se débrouiller à imaginer une fin à son histoire. Une telle attitude n’est pas saine en ce sens qu’elle incite plutôt à l’auto flagellation et qu’elle ne laisse de place ni à l’espoir, ni à la reconnaissance mutuelle, encore moins au pardon et certainement pas à la reconstruction. On ne fait pas de l’art qu’avec de bons sentiments, certes. Mais lorsqu’on tente de faire de l’art en cloisonnant le regard et l’imaginaire du public dans la boue, on n’est plus dans l’art mais dans la propagande idéologique.
Je suis un peu surpris des notes très divisées sur ce film ; ce dernier m'a beaucoup plu. L'intrigue de base est très intéressante. Un couple reçoit de manière anonyme des vidéos de l'extérieur de leur maison, le tout accompagné par des dessins évoquant l'enfant du mari. Cet harcèlement ne semble motivé par aucun souhait de vengeance et le couple est impuissant face à ce procédé. Cet harcèlement pousse le mari à creuser au fond de lui-même et de son passé. spoiler: Manifestement, le film se fait beaucoup éreinter pour son final qui n'offre aucune résolution à l'enquête que nous suivons. C'est certes frustrant, mais c'est une impression d'autant plus riche qu'elle est partagée avec les personnages. Et jamais l'angoisse à laquelle sont confrontés les protagonistes dans un thriller n'est autant palpable pour le spectateur du fait de ce choix de ne pas conclure l'enquête.
Daniel Auteuil est très convaincant dans le rôle principal. Juliette Binoche est toujours aussi impeccable dans son interprétation. Le film a quelques petites longueurs mais sinon le concept est suffisamment fort pour tenir en haleine. Je ne vois pas vraiment ce qu'il y a de si dérangeant dans ce film.
Je dois être un extra terrestre mais je n'ai eu aucun mal à rentrer dans l'univers du réalisateur... si vous savez lâcher prise, vous n'aurez aucun mal à rentrer dans cet univers... Après on aime ou on n'aime pas ces atmosphères.. Moi Mais déjà, détendez vous un petit peu et ensuite et seulement ensuite, vous pouvez regarder CACHE :)
Très tardivement je découvre ce film car vivant sur un territoire noyé par le cinéma américain. Je me suis empressé de lire les critiques négatives tant ce film dérange par son originalité… je ne fus bien entendu pas déçu de son impact! Satisfait car beaucoup ne l'aime pas… Mais effrayé en même temps par les propos offensants… haineux… Je suis d'accord avec Vincent Cassel qui conteste l 'expression "7e art" car selon lui le cinéma n'est pas de l'art mais du divertissement. Et je nuancerais ses propos en disant que "Caché" c'est de l'art contemporain. En grand professionnel du cinéma, l'artiste Hanecke joue et bouscule les codes du cinéma et bouscule notre sensibilité, nous perturbe… Grand Merci Monsieur pour moment hors du commun, c'est du grand art !!! Et il faut en avoir pour faire un pareil film à l'époque du divertissement industrialisé. Ma grande peur est que de pareils œuvres disparaissent devant le poids du business du divertissement… que j'apprécie également.
J'adore comment Haneke n'apporte aucune résolution sur le papier en passant tout par l'image, un thriller épuré de mécanisme huilé mais bourré de tension glacée où le personnage de Daniel Auteuil le parcourt entre réminiscence traumatique et quotidien anxiogène. Avec en plus quelques petits éléments qui se faufilent pour brosser le tableau d'un foyer de la petite bourgeoisie sans histoire face à une épreuve qu'il n'arrive à maitriser, sorte de retour brutal à la réalité.
Très bon déroulement du film jusqu’à la fin que le spectateur doit imaginer, c’est dommage on est passé à deux doigts d’ un bon film. Cette absence de fin est elle une tendance ? Si c’en est une il faut penser à la changer car il n’y a rien de plus frustrant pour le spectateur que je suis....