1628 notesEn savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné
131 critiques spectateurs
5
28 critiques
4
47 critiques
3
28 critiques
2
16 critiques
1
10 critiques
0
2 critiques
Trier par :
Les plus utilesLes plus récentesMembres avec le plus de critiquesMembres avec le plus d'abonnés
Filtrer par :
Toutes les notes
Babijs
1 abonné
8 critiques
Suivre son activité
5,0
Publiée le 27 septembre 2023
Quand les cahiers du cinéma s’extasient sur un film d’un metteur en scène qui n’est pas directement de leur cru ou qui ne revendique aucun avant-gardisme, il est préférable de rester discret mais Bon Voyage est d’une telle beauté, d’une telle intelligence, avec une mise en scène qui scotche et une interprétation admirable ! Adjani sort le grand jeu ; rythme, autodérision, beauté, elle est magistrale dans un rôle pas totalement sympathique ni politiquement correct. Attal, Beranger, Ledoyen…il faudrait tous les citer car ils sont tous formidables.
Ce film frise l'excellence tant par le scénario bien construit, réaliste spoiler: (il y a bien eu de l'eau lourde qui a transité par le collège de France, puis a suivi les chemins de l'exode, mais pour se retrouver en Auvergne) , les reconstitutions de l'ambiance, de l'anxiété, de la cacophonie qui régnait durant cette période, jusqu'aux embouteillages générés par l'exode. Tout sonne juste ou presque. Les acteurs sont très impliqués et semblent y croire. Un bon moment de cinéma qui nous ramène en juin1940. A voir par les amateurs de film sur la 2ème guerre mondiale, les comédies dramatiques et d'action (si, si il y en a aussi!)
Après quelques années de silence, Jean-Paul Rappeneau revient en 2003 avec un film qui nous plonge dans un tourbillon d’actions et de rebondissements invraisemblables. Situant son récit en 1940, soit juste avant l’Occupation allemande, le réalisateur tisse en arrière-plan une toile historique captivante. Au-delà des enjeux politiques de l’époque, il développe une galerie de personnages dont les intérêts secrets se partagent entre amour, insouciance et devoir. Autour de Grégori Derangère (dont la carrière restera discrète malgré son César du meilleur espoir masculin), la distribution envoie du lourd (Isabelle Adjani, Gérard Depardieu, Virginie Ledoyen, Yvan Attal, etc.). On peut reprocher au scénario d’abuser des rencontres fortuites mais cela crée un rythme soutenu. Bref, un divertissement efficace plus romantique que dramatique.
16 219 abonnés
13 170 critiques
Suivre son activité
4,0
Publiée le 3 décembre 2021
La bonne surprise française de 2003, la voilà! Un casting quatre ètoiles (Adjani, Depardieu, Ledoyen, Attal...) pour un voyage rèjouissant et rocambolesque sous la direction de Jean-Paul Rappeneau! De Bordeaux à Vichy, de la capitale à la forêt landaise en passant par les grands palaces et les plages du sud-Ouest, c'est un peu "La grande vadrouille" sur fond d'aventures, d'espionnage, de lègèretè et de romanesque! On sent l'admiration du cinèaste de Cyrano de Bergerac" pour le cinèma de divertissement et d'action! L'histoire est entraînante, passionnante à suivre au rythme rapide et soutenu! 3 Cèsars à la clè dont le meilleur jeune espoir masculin pour Grègori Derangère qui peut dèsormais jouer dans la cours des grands! Belle rèussite en tout cas d'un Rappeneau qui y met tout ce qu'on peut mettre et dont le film reste attachant de bout en bout! Plus une musique de Gabriel Yared...
Jean-Paul Rappeneau a longtemps été l’un des chouchous de la critique française. Sa courte filmographie (8 films en cinquante ans de carrière), les acteurs reconnus qui l’ont accompagné tout au long de celle-ci (Yves Montand, Jean-Paul Belmondo, Catherine Deneuve, Juliette Binoche ou Gérard Depardieu) ont fait que son cinéma de pur divertissement a été reconnu comme fréquentable par l’intelligentsia parisienne. Le succès quasi planétaire et largement mérité de « Cyrano de Bergerac » en 1990 l’a ensuite rendu intouchable. En somme, tout l’inverse d’un Gérard Oury plus prolixe, lui aussi versé dans le divertissement, mais toujours regardé du coin de l’œil avec une certaine condescendance. C'est surtout le rythme animant ses films qui lui a apporté une forme de reconnaissance liée à une qualité jusqu'alors vue comme l'apanage quasi exclusif du cinéma hollywoodien. Sans doute ses plus grandes réussites comme « Les mariés de l’an II » (1971) « Le sauvage » (1975), « Cyrano de Bergerac » (1990) en ont largement bénéficié. Mais au moins une fois sur deux, le résultat est beaucoup moins convaincant, le fameux rythme en question favorisant le cabotinage de certains acteurs qui profitent de l’emballement général organisé pour se croire en roue libre. Les scénarios de Rappeneau montrent alors leurs faiblesses, accumulant les poncifs téléphonés et les comportements stéréotypés. Le temps qui passe montre désormais que des films comme « La vie de château » (1966), « Tout feu, tout flamme » (1982) ou « Bon voyage » (2003) font grise mine face à la production d’un Gérard Oury ayant la modestie de s’en remettre à des gags éprouvés et interprétés par des acteurs dont le jeu est encadré par un réalisateur vigilant. Justement, « Bon voyage » est l’exemple type du film qui ressemble à une fausse bonne idée. Cette revisite générale de la France de l’occupation bardée de clichés tous plus éculés les uns que les autres, démontre que peut-être Jean-Paul Rappeneau restait trop longtemps sans tourner, ne remettant pas assez souvent son métier sur l’ouvrage. Le quatuor amoureux constitué d’Isabelle Adjani, Gérard Depardieu, Virginie Ledoyen et Grégori Derangère, finit complétement essoré à force d’être ballotté par un déchaînement d’événements bizarrement aussi attendus qu’improbables. A vouloir ne jamais laisser respirer ses acteurs, Rappeneau les mène au bord de l’asphyxie. Le spectateur a de son côté sans doute décroché depuis longtemps, laissant le réalisateur conclure seul et péniblement ces presque deux heures où les acteurs semblent tous avoir envie de piquer un 100 mètres. Avec au sommet Peter Coyotte que l'on est allé débaucher uniquement pour améliorer ses performances de jogger. Si tout le monde avait passé la guerre à courir de la sorte, des collabos aux résistants, le conflit se serait vite terminé faute de combattants. Drôle de vision de la Seconde Guerre Mondiale ! Forcément les acteurs n'ayant jamais le temps de reprendre leur souffle, ils peinent à défendre leur rôle. Seul Depardieu impérial tire son épingle du jeu. Le réalisateur a voulu placer Isabelle Adjani en vedette, pensant peut-être que le temps s’était arrêté depuis « Tout feu, tout flamme », pour l’actrice prodige du cinéma français qui refusant de vieillir à l’écran cherche pathétiquement à retrouver celle qui emportait tout sur son passage d’ « Adèle H » (François Truffaut en 1975) à « Camille Claudel » (Bruno Nuytten en 1988). Lui comme elle, n’y seront pas parvenus avec ce film qui interroge sur la manière dont les réputations se construisent au sein d’un cinéma français qui une fois la confiance accordée à du mal à la remettre en question et inversement. Pour ce qui est de la Seconde Guerre Mondiale fictionnelle mieux vaut se ressourcer en regardant « La grande vadrouille » qui ciblant bien mieux ses effets, n’a pas pris une ride.
Tout commence par le coup de téléphone passé par une actrice célèbre, Viviane (Isabelle Adjani), à un ancien amant, Frédéric (Gregori Derangère) qui est resté amoureux d’elle : elle souhaite se débarrasser du corps d’un homme, mort chez elle dans des circonstances que Frédéric ignore encore. Par un malheureux concours de circonstances, il est accusé du meurtre, mais parvient à s’échapper de prison et gagne Bordeaux où tout le monde s’est rassemblé, dans la crainte de l’arrivée des allemands à Paris. Il fait plusieurs rencontres sur son chemin (Virginie Ledoyen, Yvan Attal entre autres). C’est bien interprété, plutôt bien, riche en rebondissements, rythmé. Isabelle Adjani est un peu agaçante mais c’est son personnage qui veut ça. Malgré tout, cela reste une histoire assez classique de l’occupation en France avec ceux qui résistent, ceux qui collaborent avec les allemands et ceux qui laissent faire passivement. Ce film a le mérite de montrer les différents types de personnes qu’on pouvait sans doute croiser à l’époque, sans faire dans le pathos par rapport à la difficulté du moment. Je ne me suis pas ennuyée mais il ne me marquera pas.
Je mets cinq. J'aurais mis 4 ou 4,5 si la note n'était pas si scandaleusement basse. 2,7 pour ce film? Et 4,5 pour une série assez minable et vulgaire que Game of throne?
Rappeneau est un agitateur, mais sa foule n’a pas besoin d’être vraie : ce n’était pas pour rien que son Cyrano avait fait fureur.
Bon Voyage se situe à l’époque et à l’endroit où un voyage était à la fois le plus nécessaire et le moins envisageable : le début de l’Occupation. C’est un véritable petit moteur que le réalisateur a monté, entre la pression des forces de l’Axe sur Paris et le carburant des petits problèmes.
Les explosions ne sont pas celles de bombes, même si l’histoire est entre autres basée sur une sombre intrigue impliquant de l’eau lourde, car elles consistent un feu d’artifices permanent d’acteurs qui arrive à faire oublier que Depardieu est Depardieu (lui qui est très difficilement dissociable, pour ainsi dire, de son ”personnage réel”). Le reste du casting, à l’exclusion d’Adjani qui est presque aussi lourde que l’eau (même si ça fait partie de son personnage), participe bellement à ce ballet de mouvements et de pensées où soudain la Guerre réelle resurgit : pas celle des champs de bataille, mais celle dont les politiques sont responsables sans que cela leur occupe pour autant toute une vie, bref : la guerre omniprésente, oui, effrayante aussi, mais pas de bombes, ni de pertes, ni d’esprits saturés comme l’Histoire le fait croire ; plutôt beaucoup de banalités.
Cette ambiance est reconstruite si loin de son contexte que c’en est ébourriffant, si tant est qu’on l’a remarquée, puisque le divertissement est lui aussi de redoutable facture. Non content d’être crédible et feel good (un paradoxe, vu le sujet), l’œuvre est grisante politiquement à la fois que dans les intérêts minables qui se rencontrent et s’entrechoquent jusqu’à créer un réseau reliant les hautes sphères aux modestes survivalistes avec ce sens de la tension historique dont Rappeneau a le secret.
Touffu, toujours étayé par une musique un peu répétitive mais qui contribue à la densité générale, le film ne perd pas le nord : l’Angleterre, bastion que De Gaulle s’en va tenir après avoir été aperçu dans une voiture à peine plus longtemps que Pétain, domine des intrigues mondiales tellement ramenées à taille humaine qu’on peut facilement croire que le régisseur a tenté de les ridiculiser. Mais non : c’est une création très fournie, indépendante, réaliste et qui parvient à plaire.
Franchement je ne vois pas ce qu'on peut reprocher à ce film choral réalisé de main de maître, Aucun temps mort, aucune longueur, aucun blabla, l'action est trépidante et la caméra aussi. Le montage est parfait. La mise en scène de certaines scènes est époustouflante, comme la bagarre dans le grand restaurant. Côté distribution on a un sans-faute, on a reproché le jeu d'Adjani alors qu'elle est parfaitement dans son rôle, Ledoyen est bien malgré le sérieux imposé par le rôle, Depardieu est toujours impeccable, quant au peu connu Gregori Derangere, il est parfait. Alors évidement c'est du cinoche, et on a le droit de s'étonner du nombre de rencontres fortuites, mais on est ici plus proche du film d'aventures que d'un film réaliste sur cette période, (on n'est pas chez Melville), il faut donc faire avec et on n'est pas déçu. La musique est bonne… seul petit reproche : on a le droit de trouver le final un peu gnangnan.
Quel rythme échevelé!!! Rappeneau nous emmène vraiment dans un tourbillon de vie où l’amour peine à trouver sa place. Une galerie de personnages qui tournent et virevoltent à outrance parfois tant l’action ne se pose que lors des baisers amoureux. L’histoire est trépidante et originale.
"Bon voyage" (2003) rediff sur Numéro 23 le 03.11.2015 Il manque un "je ne sais quoi" pour faire de ce film quelque chose d'exceptionnel. Alors qu'est-ce qui freine mon enthousiasme ? Une longueur interminable de son enregiqstrement ? Un peaufinage excessif de l'intrigue ou un manque de simplicité ? Il faut en effet savoir que Jean-Paul Rappeneau (83 ans en 2015) n'aura réalisé que 8 films durant sa longue carrière : on est loin du travail à la chaîne. Quand on voit le budget dépensé pour ce film-ci et le retour sur investissement (740 000 entrées) ça n'a pas dû être le jackpot pour la production ! Probablement que l'avalanche de scénaristes (cinq ici, y compris Rappeneau) aura été néfaste à la fluidité de l'écriture et à sa compréhension. Pourtant, toutes les bonnes fées du cinéma s'étaient penchées sur le berceau de ce film : un budget loin d'être ridicule, d'excellents décors, un casting exceptionnel (couronné de "césars") avec un Depardieu grandiose, une musique talentueuse... Malgré quelques petites erreurs de trucage, presque inévitables dans des films d'époque, on sent que le souci du détail et de la perfection est constant : c'est ainsi que Martin Grangé nous a permis de retrouver de superbes véhicules d'époque, rarement vues, et qui n'arboraient pas le flambant-neuf des véhicules sortis d'usine, mais une légère patine du temps ! Las, le perfectionnisme est parfois l'ennemi principal des créateurs... Il ne faut quand même pas hésiter à savourer ce film ! willycopresto
C’est du Rappeneau. C’est à dire du bon cinéma français à l’ancienne, travaillé, stylé mais aussi divertissant. Une superbe reconstitution d’époque avec des décors et des costumes somptueux pour ce moment troublé de l’histoire de France. Film d’aventures et de romance également avec un casting haut de gamme et tout ce qui ce fait de mieux : Depardieu, Adjani, Ledoyen et bien d’autre. Du bon et beau cinéma français avec des moyens qui se voient à l’écran.
Pour moi un des tout meilleurs film d'aventure, oui d'aventure, tout y est, une époque vraiment troublée, une histoire d'espionnage, le rôle plus distinct à l'époque des hommes et des femmes, du romanesque, des personnages bien joués et bien campé par de très bon acteurs, bref un film épique avec un grand É, et je ne m'en lasse pas.