Persona
Note moyenne
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Shawn777

827 abonnés 3 991 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 14 décembre 2021
Je précise tout de suite que je ne suis pas là pour analyser ce film, réalisé par Ingmar Bergman et sorti en 1966, tout simplement car cela a déjà été fait et je n'ai pas la prétention d'apporter une quelconque analyse scientifique, ou alors, ce serait de la branlette intellectuelle. Du réalisateur, j'ai déjà vu "Cris et chuchotements" (que j'avais d'ailleurs beaucoup aimé, bien plus que celui-ci), je sentais donc le trip intello et contemplatif venir, avec une certaine appréhension (on a toujours peur de passer pour un débile devant ce genre de film si on ne rentre pas dans le délire). Le film a en effet tout du film d'auteur cliché : c'est en noir et blanc, c'est lent, c'est contemplatif et il y a une femme qui regarde la pluie en fumant. Et je dois reconnaitre que je ne suis pas vraiment parvenu à complètement rentrer dans le film, dans cette histoire s'apparentant à une séance de psychanalyse vue de l'extérieur. Au début, je n'ai pas tellement compris où le film voulait en venir ou même aller, on suit ces deux femmes dont l'une ne parle pas et l'autre parle trop, c'est certes poétique mais ça va cinq minutes, surtout que je suis quelqu'un de très cartésien qui aime avoir rapidement des réponses. C'est donc en vitesse que je file lire des analyses (très branlettes intellectuelles avec de longues pages qui ne racontent, au final, pas grand-chose et qui ne cessent de vanter le génie du réalisateur) et c'est là que je tombe sur cette théorie de Jung sur laquelle le film s’appuierait. Je ne vais pas l'expliquer ici, vous trouverez des critiques qui en parlent en détail, mais en gros, on serait grosso-modo dans un délire schizophrénique, ce qui est plutôt intéressant ! Cela permet, dans un premier temps d'éclairer un peu l'intrigue et puis ça la rend aussi plus pertinente (on sort un peu du mélodrame classique quoi). Mais seulement, le problème, c'est que, si on ne connait pas cette théorie, on se tire un peu une balle dans le pied car le tout devient beaucoup moins accessible et plus flou. Mais bon, même en ayant cette théorie en tête, je ne peux pas dire que j'ai complètement adhéré au film non plus, c'est certes intéressant mais je ne vais pas vous cacher que je me suis un peu ennuyé sur la fin, trouvant tout ça, au bout d'un moment, plutôt longuet. Je reconnais cependant que le film n'a effectivement pas prit une ride, il reste par ailleurs toujours aujourd'hui une claque esthétique ; les plans, les ombres, les cadrages, tout est très travaillé ! Concernant les acteurs, nous retiendrons principalement Liv Ullmann et Bibi Andersson qui jouent très bien. "Persona" est donc un film qui ne reste effectivement pas mal dans l'ensemble mais, en revanche, je ne partage pas l'avis de la majorité le considérant comme un chef-d’œuvre du septième art.
Parkko
Parkko

194 abonnés 2 020 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 20 août 2011
C'est un film intéressant, aussi bien dans son scénario mystérieux que dans sa mise en scène très expérimentale et qui sied parfaitement au sujet du film je trouve. A noter également une très bonne interprétation de Liv Ullman et de Bibie Anderson (en même temps, je pense que c'était indispensable pour ce film, une interprétation en demi-teinte aurait vraiment été plus que regrettable). Après ce n'est pas ma sensibilité cinématographique première. Y a un côté un peu lourd, je trouve, chez Bergman, qui ne me parle pas complètement.
annatar003
annatar003

74 abonnés 852 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 15 mars 2013
Difficile d'écrire une critique sur une œuvre telle que "Persona", tant les messages véhiculés par celle-ci sont puissants et formidablement retransmis à l'écran. Car sous cette mise en scène carrément marginale et son synopsis "simpliste" en apparence se cache une psychanalyse, un sentiment masqué en une étude poussée de l'être humain. Tout comme il le fit dans "Le Septième Sceau" sorti quelques années auparavant, Ingmar Bergman s'attelle une fois de plus à la lourde tâche de confronter les différentes représentations de la vie qu'ont ses personnages. Ne s'étalant pas sur une ribambelle de characters, le metteur en scène suédois choisit cette fois-ci ses acteurs, ou devrais-je plutôt dire ses actrices, avec sélectivité. Ne comptant que quatre noms au casting, "Persona" est surtout et avant-tout le récit de la relation évolutive qui relie deux jeunes femmes.
L'une est une actrice célèbre, l'autre est infirmière...Tout démarre lorsque cette-première se cloître dans le mutisme parfois hystérique que personne ne semble comprendre. Prénommée Elisabeth, cette femme aux motivations longtemps énigmatiques se voit interprétée avec beaucoup de consistance par Liv Ullmann. Se devant de n'utiliser que les expressions de son visage ainsi que sa gestuel, l'actrice donne corps et âme à cette femme déchirée ainsi qu'aux tourments qui l'habitent. De l'autre côté de la balance on retrouve Bibi Andersson dans la peau d'une jeune fille à la vie toute tracée que tout prédestine à la "banalité". Personnage très intéressant de part sa fragilité qui se mue en force, Alma bénéficie surtout d'une comédienne impressionnante dont la présence et la réussite polyvalente clame des qualités personnelles remarquables.
S'ouvrant sur les thèmes de l'amitié, de la jalousie pour bifurquer sur les sentiers de l'amour et du conflit, "Persona" témoigne du résultat de l'absence de communication entre deux êtres. Car pendant que l'une joue la carte du silence, l'autre pose le jeu de la confidence qui conduira inexorablement vers une rivalité et un rapport dominant/dominé en perpétuelle changement.
Force est effectivement d'admirer la vérité émanant des scènes parfois complexes de ce chef-d’œuvre philosophique dont s'inspirera certainement David Lynch lors de l'écriture de Mulholland Drive. Bien entendu, parmi les atouts de "Persona" on compte également la mise en scène expérimental de son auteur. Brisant tous les codes cinématographiques d'hier et d'aujourd'hui, Bergman enchaîne les effets photographiques, les plans inédits ainsi que les procédés osés qui confèreront à son enfant des allures d'OVNI dans un monde où tout tend vers la conformité.
En résumé, "Persona" est un film à la richesse infinie qui subjuguent par sa témérité autant que par son impact psychologique. Muni de dialogues enivrants, d'un duel d'actrices mémorable et d'un caractère pour le moins unique, cette production suédoise vous marquera comme jamais un film ne l'avait fait auparavant.
Nitnelav
Nitnelav

15 abonnés 160 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 3 septembre 2025
Persona est un film marquant, mais aussi difficile à apprécier pleinement. J’ai été impressionné par la mise en scène très épurée et par la force des images, qui restent en tête longtemps après. Les actrices sont incroyables et portent le film avec une intensité rare.

Mais en même temps, j’ai trouvé que l’approche trop intellectuelle m’a parfois coupé du plaisir de spectateur. Le film semble vouloir plus illustrer une théorie que raconter une histoire. Résultat, il y a des passages fascinants, mais aussi des moments où j’ai décroché.

Au final, c’est une expérience unique, intrigante, mais qui m’a laissé partagé. Pas un mauvais film, loin de là, mais pas non plus une œuvre dans laquelle je me suis senti pleinement embarqué.
Appeal
Appeal

181 abonnés 569 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 18 janvier 2013
Persona développe un sujet très intéressant. S'inspirant très largement du travail de Carl Jung, Ingmar Bergman nous présente un huit clos entre deux femmes qui chacune, par leur personnalité marquée, vont incarner ce concept. L'une recherche sa propre image extérieur, quitte à projeter sur l'autre ses propres sentiments, et qui n'hésite pas à se dévoiler pour obtenir le regard d'autrui; tandis que l'autre femme, bloquée dans son mutisme, cherche au contraire à se débarrasser de sa personnalité extérieure, mais dont les intentions profondes sont finalement beaucoup plus obscures, ce qui montre en réalité une volonté d'afficher une image public bien différente que ce que la personnalité intérieure pourrait afficher.

Les deux actrices jouent assez bien, même si Liv Ullmann n'a pas grand chose à faire. C'est surtout Bibi Andersson qui est convaincante. On peut remarquer le travail d'écriture fournit pour les monologues récités par Andersson. Pour ce qui est du travail de la mise en scène et du montage, je suis plus réservé. Le huit clos est très bien construit, notamment dans la première partie à l'hopital ou les murs immaculés donnent l'impression d'un lieu vide et froid, où seuls les personnages qui l'animent donnent vie au lieu. Le huit clos se retrouve à la mer dans la proximité des jeunes femmes, très bien filmée par Bergman. Le suèdois use et abuse des gros plans sur les parties des corps qui représentent le mieux l'émotion à saisir : sur le visage bien évidemment, ou plus encore sur les yeux; mais aussi sur les bras, les mains ou les jambes, la tête ou le buste, tout est savamment choisie pour se concentrer sur l'expression des personnages, d'autant plus nécessaire que Bibi Andersson se cherche encore et Liv Ullmann est totalement muette.

Mais parfois, j'ai eu la désagréable impression de "trop" voir ces plans. Je ne sais si c'est parce qu'il expérimente, ou parce que c'est fortement nécessaire dans son expression; ou encore s'il n'y a pas une petite dose de "m'as-tu vu que je maitrise la caméra", ce que je ne retiens pas comme option parce que je ne veux pas croire que Bergman se met au niveau de la bassesse de certains réalisateurs actuels comme Joe Wright; toujours est il que la mise en scène n'est pas vraiment naturelle, non que l'histoire soit surnaturelle ni que les actrices jouent de façon théatrale, mais nous n'arrivons pas à oublier la présence de la caméra, les mises au point se voient trop, si bien que, plus que l'appréciation du plan en lui-même, on se prend à imaginer comment Bergman a placé sa caméra dans le lieu où il se trouve, ce qui est a mon sens très mauvais (nous ne sommes plus concerné par les plans eux mêmes). Il y a quelque chose de l'ordre de la démonstration technique qui ne m'a pas plu, qui m'a rappelé parfois les erreurs de la nouvelle vague française, et cette volonté de détacher le montage et la mise en scène du récit. Au dela de ça, le film est parfois un peu long, et si la progression est marquée, visible, 1h20 sont déjà suffisant, car le huit clos et (presque) l'unique monologue qui nous accompagne tout le long devient éprouvant à cause du format de film. Probablement qu'en roman, le ressenti serait plus naturel. Mais en conclusion, je ne douterai pas de l'intérêt de ce Persona tout du moins sur l'intelligence de l'histoire et de la construction d'une relation complexe entre deux personnages.

Deuxième expérience avec Bergman moins concluante que ma première (Les Fraises Sauvages), reste que je commence déjà à cerner un peu la construction de ses oeuvres, notamment des profils psychologiques de ses personnages, qui est originale. J'y retournerai probablement.

http://www.senscritique.com/film/Persona/critique/17548529
scorsesejunior54
scorsesejunior54

181 abonnés 694 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 13 novembre 2007
C'est beau quand même un artiste au sommet de sa créativité vous ne trouvez pas ? Ingmar Bergman, illustre cinéaste suédois réalisait en 1966 l'un de ses plus célèbres films avec "Persona", oeuvre atypique, superbe et passionnée dans le parfait courant du fameux cinéma Européen de ces années-là dominé notamment dans une thématique comparable par le maestro Antonioni. L'audace de laquelle firent preuve tous ces auteurs au style radical et expérimental allait ici trouver son apogée (on peut d'ailleurs s'amuser à relever les éléments retenus au cours des essais précédents des grands "rivaux" de Bergman pour former une peinture magnifique et lucide de la douleur existentielle). I.B. a parfaitement réussi dans "Persona" à combiner cette frontière obsédante entre "coeur" et "cerveau", abandonnant l'aspect visuel glacial du "Septième Sceau" sans pour autant en délaisser les côtés plus psychologiques. Il se permet une ouverture à l'abstraction déroutante et sublime, usant d'objets en apparence anodins pour en retenir les formes les plus frappantes. La modernité de son montage subjugue, la précision de ses plans laisse sans voix. Liv Ullman campe à la perfection l'anti Bibi Anderson, le duo interprétant deux protagonistes blessés à la facade opposée. L'introspection est puissante, Bergman mélangeant souvenirs, phantasmes, affabulations dans un huis-clos étouffant (chapeau le tour de force technique !). C'est cru, explicite, dérangeant mais toujours dans une optique de progression croissante. La photographie est irréprochable, jouant elle aussi un rôle important dans l'impact incontestable qu'exerce "Persona" sur le spectateur. Ce chef-d'oeuvre sur l'humiliation et la solitude signé Ingmar Bergman restera longtemps dans ma mémoire, certaines séquences en particulier d'un désespoir envoûtant, splendide. Extraordinaire, tout simplement. A voir obligatoirement ne serait-ce qu'une fois dans sa vie...
Max Rss
Max Rss

258 abonnés 2 330 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 23 septembre 2012
Ce film étrange d'Ingmar Bergman débute avec des séquences pour le moins intriguantes, notamment celle où le jeune garçon survole de sa main le visage d'une femme.
Une infirmière doit s'occuper d'une comédienne de théatre qui vient de se glisser dans la peau d'une personne apathique et muette. Mais cette femme silencieuse est pour l'infirmière qui s'en occupe un excellent moyen de confession, celle-ci allant même à raconter une relation sexuelle intense sur une plage avec des garçons inconnus. L'infirmière se révèle être une jeune femme profondément meurtrie. Mais Bergman ne pouvait pas s'en arrêter là: vient l'arrivée d'une lettre révélant les confessions et à partir de là, c'est la crise relationnelle qui débute. L'actrice simulant le mutisme serait-elle une manipulatrice? C'est fort possible. "Persona", film psychologique respirant la solitude, le psychisme humain, abordant même la schizophrénie dépeint comment deux femmes qui à la base semblent totalement différentes, se ressemblent en réalité. Deux femmes qui portent en elles de très lours secrets. Le maître Bergman, signe un film puissant servi par les deux beautés que sont Bibi Andersson et Liv Ullman...
Arthur Debussy
Arthur Debussy

193 abonnés 777 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 22 avril 2017
Il est difficile de caractériser par des mots un film aussi novateur, à la fois extrêmement rationalisé (comprenez pas un son ou une image qui ne soit à sa place) et extrêmement sensitif, du fait d'un emploi virtuose des possibilités du cinématographe. Ingmar Bergman est au sommet de son art avec ce long métrage parfaitement maîtrisé de la première seconde du générique de début à la dernière de la fin. La forme est heurtée, violente, puissante, mais elle suit sans interruption son objectif : créer un ressenti particulier chez le spectateur, la conscience du public n'ayant peut-être jamais été aussi prégnante dans un film que dans «Persona». Pour cela Ingmar Bergman déstructure la narration, emploie des images subliminales, exploite au maximum la suggestion de la vue et de l'ouïe,... Tout son talent est à l'oeuvre et condensé, c'est ce qui rend ce film si exceptionnel. Riche d'interprétations et de significations, esthétiquement parfait, ce film est aussi la rencontre impressionnante de deux formidables comédiennes, Bibi Andersson et Liv Ullmann ici dans un de leurs plus grands rôles. Grande source d'inspiration, de David Lynch à Woody Allen, «Persona» reste indépassable («Mulholland Drive» ne lui arrive pas à la cheville) grâce à sa modernité, à sa perfection formelle, à sa profondeur thématique et à sa poésie. Un des films les plus aboutis de toute l'histoire du cinéma, l'un des plus grands tout simplement. Un chef-d'oeuvre éternel. [4/4] http://artetpoiesis.blogspot.fr/
caro18
caro18

215 abonnés 2 213 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 14 janvier 2014
Deux femmes que tout oppose cohabitent...d'un ennui mortel.
weihnachtsmann

1 632 abonnés 5 767 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 23 décembre 2017
Un objet cinématographique assez fascinant. L’enfant qui était posé sous le linceul met ses lunettes pour voir et le film est sur l’écoute d’un silence imperturbable. Cinéma de l’expérimentation et du cérébral. Comment Bergman filme un cerveau qui réagit aux émotions d’une voix.
Surprenant et majestueux stylistiquement.
velocio

1 554 abonnés 3 535 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 13 février 2018
Deux actrices fabuleuses, une photo et une lumière extraordinaires, avec un tel accompagnement, il était difficile de se louper pour le réalisateur. Malgré un scénario minimal il réussit à intéresser le spectateur en ajoutant sa contribution : une mise en scène très travaillée.
Redzing

1 460 abonnés 4 975 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 15 août 2025
Le montage introductif frénétique, mêlant pénis en érection (!), projecteur, exécution animale, ou images dérangeantes de corps, rappelle le cinéma expérimental des années 1920. La suite s'assagit (un peu) avec une intrigue dramatique. Une infirmière, Alma, est chargée de veiller sur Elisabet, une actrice qui a mystérieusement choisi de rester mutique (tout en continuant à réagir ou écrire).
"Persona" a beau être relativement court (1h24), c'est un film très dense, à tous les niveaux. Très cruel et noir sur le fond, très chargé en thématiques psychologiques ou philosophiques. Il a d'ailleurs été décortiqué par moult analystes, au point d'être surnommé "le Mont Everest de l'analyse filmique" !
L'historien du cinéma Peter Cowie a par ailleurs déclaré "tout ce que l'on peut raconter à propos de "Persona" peut être contredit, le contraire sera vrai aussi"... Vous l'aurez compris, loin de moi l'ambition d'encapsuler toute l'idéologie du film dans cette humble critique. Ni même la prétention d'avoir tout saisi.
Tout juste me risquerai-je à dire que "Persona" évoque pêle-mêle le sexe, la maternité, l'individualité, et l'identité (entre autres). Alma parle, Elisabet écoute et analyse plus qu'elle ne le laisse paraître. Les deux femmes se ressemblent, voire sont complémentaires. Finalement, l'une a-t-elle absorbée l'autre, tel un vampire ? Sont-elles en réalité deux aspects d'une même personne ? L'actrice représentant la persona, soit le masque, de l'infirmière ? Les embryons et pistes et les interprétations pleuvent.
Le tout porté par deux superbes actrices, et par une photographie noir et blanc absolument magnifique. Jouant sur les gros plans de visages contrastés, le décalage avec cet environnement marin ouvert qui n'a en fait rien d'apaisant. Et des trouvailles visuelles expérimentales, outre l'intro frappadingue. Quelques incursions en cours de métrage, des superpositions étranges sur la fin, ou un même monologue montré à deux reprises, de deux points de vue.
"Persona" est donc une œuvre immensément riche, et marquante visuellement. Qui a indéniablement inspiré d'autres cinéastes. David Lynch étant le plus évident, mais loin d'être le seul.
Hotinhere

803 abonnés 5 523 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 19 avril 2026
Ancêtre de Mullohand drive, un drame psychologique fascinant qui explore l’âme humaine à travers la relation troublante et fusionnelle entre une actrice devenue soudainement muette et son infirmière interprétées par deux grandes actrices. Dommage que la fin soit très confuse, certainement voulue par le réal.
Ti Nou

631 abonnés 3 926 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 24 septembre 2025
Un film expérimental, très esthétique, très léché où deux personnalités opposées (une mutique et une exubérante) vont se rencontrer dans un exercice psychanalytique. Peu narratif, "Persona" aurait pu tomber dans une insupportable logorrhée mais, grâce à la qualité de sa mise en scène, il n’est jamais ennuyeux.
QuelquesFilms.fr

365 abonnés 1 780 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 19 septembre 2025
C'est l'histoire d'une double crise d'identité. D'abord celle d'Elisabet, l'actrice, qui, dans une dialectique indépassable de la vérité et du mensonge, se mure dans le silence. Ensuite celle d'Alma, l'infirmière, qui éprouve pour Elisabet un mélange d'admiration et d'amour, s'identifie à elle jusqu'à se considérer comme son double, se confie à elle jusqu'à se découvrir perçue comme un objet d'étude, jusqu'à se sentir dépossédée d'elle-même. Entre réalité et fantasme, désir et frustration, fusion et opposition, Ingmar Bergman noue et dénoue une intimité féminine de manière impressionnante : sensuelle, troublante, cruelle, puissante. Le fond, nourri par d'abondants dialogues, est très intense et très riche, tout empreint de concepts issus de la psychanalyse jungienne : le concept de persona, désignant la figure extérieure, le masque social, qui donne son titre au film ; le concept d'alma, désignant l'âme intérieure, le subconscient, qui donne son nom à l'un des personnages. Le récit est une illustration incarnée du conflit entre persona et alma, source de souffrances, selon Jung. Une illustration incarnée par deux des actrices fétiches du réalisateur suédois, Bibi Andersson et Liv Ullmann, excellentes, dans un rapport de force qui évolue. Une illustration qui essème en réflexions souvent profondes et cinglantes (dont Bergman a le secret) sur le métier d'acteur, le désir féminin, la maternité... On ne va pas dire que c'est plaisant, mais c'est incontestablement brillant. La forme du film, quant à elle, joue sur plusieurs registres. Le début surprend et déroute par sa veine expérimentale, son assemblage hétéroclite de scènes et de vignettes, façon surréaliste. La suite est d'une grande épure en matière de décors et de mouvements de caméra, mais d'une sophistication superbe dans le travail du noir et blanc, dans la composition de certains plans et dans les jeux graphiques sur les visages des protagonistes, fascinants.
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