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Un visiteur
3,0
Publiée le 19 août 2019
L’austérité morbide du cinéma de Bergman (ou ce que j’en connais) me laisse froid, malgré l’indéniable beauté des images et la précision des plans. Ici s’y ajoute avec plus de force qu’ailleurs une aura de mystère qui donne au film une étrange modernité. Sans doute même un certain avant-gardisme. En même temps, le film est bien de son époque, obsédé par l’indicible et travaillé par des grilles de lecture psychanalytiques qui irriguent cette plongée quasi-expérimentale dans l’inconscient d’une relation torturée entre deux femmes. J’admire la confiance finalement assez rare qui est placée dans les moyens propres au cinéma, mais le résultat ne me parle pas vraiment.
Suite à son internement psychiatrique, Bergman a une illumination créative, et Persona prend vie. Ce film d'une grande virtuosité est écrit avec les nerfs et le cœur ! Les deux actrices filmées aux plus près des visages sont d'une intensité saisissante. L'histoire est avant tout une relation fusionnelle, où une infirmière tente d'aider (ou de sauver) une actrice qui du jour au lendemain est devenue muette. Comment la relation entre ces deux femmes va t-elle évoluer ? Que vont-elles exprimer comme secrets ? Pour le découvrir, plongez dans le tourbillon Bergmanien.
Sur le fond comme sur le forme ce film est incroyable, il est l'archétype même du style Bergman (des gros plans expressifs, des images qui laissent des traces, ...). Une beauté formelle qui ne casse pas l'histoire qui est d'une profondeur philosophique et psychologique rarement atteinte au cinéma. Deux actrices envoûtantes, des poussées surréalistes et des bribes de cinéma expérimentale. Une musique (et des sons) flippante, un film qui est génial.
Dans ce film sorti en 1966, Ingmar Bergman offre une mise en scène étonnante et complètement révolutionnaire pour l’époque. C’est déroutant mais parfaitement innovant avec une magnifique photographie de l'île de Farö, au milieu de la mer Baltique (lieu récurrent dans les œuvres du cinéaste suédois). Sous la forme d’un huis clos dramatique, l’histoire expose la relation fusionnelle entre une infirmière (Bibi Andersson) et sa patiente (Liv Ullmann) plongée dans un profond mutisme. Cette rencontre destructrice parvient à transmettre des émotions sensorielles telles que l’attirance psychique et physique, le désir de maternité, etc.. Bref, une œuvre qui explore les abîmes de l’âme humaine avec une densité parfois assommante.
Un drame captivant qui laisse place à diverses interprétations ; en effet, plusieurs sujets sont abordés explicitement et ouvertement : le mutisme, la culpabilité, la passion amoureuse, le trouble de l'identité... Dans ce film, ingmar Bergman, comme à son habitude, symbolise la mise en scène et la magnifie : un noir et blanc sublime, de belles prises de vue. Deux personnages énigmatiques dont la personnalité est tantôt fragile tantôt ambiguë.
L’art de Bergman (adepte de l’abstraction lyrique) a une place bien à part dans le cinéma mondial. En effet, celui ci adopte une manière de tourner absolument fascinante (voir « making of » de Sarabande »), tout en fausse légéreté, en intelligence et avec beaucoup de talent et de goût. « Persona » est un film totalement original si il est placé dans un contexte classique, cependant quand on le compare aux autres films de Bergman, « Persona » est loin d’être le plus étonnant du point de vue de la mise en scène. Ce qui constitue un des faits remarquables de ce scénario reste tout d’abord l’ampleur des thèmes proposés. En effet, « Persona » évoque tout d’abord dans sa première séquence un nombre invraisemblable de thèmes variés : en passant de la mécanique et de la technique qui permettent au cinéma d’exister, la séquence de l’hopital parle également de la mort (les corps d’hommes et de femmes âgés étendus sur les lits), mais également celui de l’enfant et des relations entre l’enfant et sa mère (Plan célèbre ou l’enfant caresse l’image de sa mère). C’est donc immédiatement des sujets forts qui sont mélés, la vie, la mort, grandir, à travers le son de la mécanique.
On pourrait éventuellement y voir une définition du cinéma : ensemble de techniques permettant (bien sur artificiellement) la naissance, le développement et la mort. Si l’on peut facilement comprendre la difficulté du sujet choisi pour ce film (histoire banale mais mettant en jeu des thèmes cruciaux), il est finalement plus compliqué de comprendre ce que Bergman a finalement voulu nous dire avec ce film. Si Bergman, tout comme Bunuel, ne souhaitait pas donner une explication scientifique à son film, certains éléments du scénario poussent tout de même le spectateur à la recherche de la signification de ce qu’il voit. En effet, que peut vouloir signifier la répétition de certaines scènes, le passage brutal au flou, ou encore l’apparition d’un écran blanc ? La force de Bunuel était de pouvoir transporter son spectateur sans que celui ci ne se pose de question, Bergman ici n’y parvient pas. Peut être, comme dans « 2001: l’odyssée de l’espace » de Kubrick, Bergman cherche à ce que son spectateur refléchisse à sa propre théorie et sa propre vérité sur le film… En tout cas, le message reste, tout de même, très ambigu. Comme souvent chez Bergman, le jeu d’acteur est très qualitatif. En effet, celui ci adopte une manière de diriger ses acteurs tout à fait remarquable (ambiance très décontractée hors des tournages et proximité forte avec les acteurs). Le duo Bibi Andersson et Liv Ullman est très convaincant et fonctionne à merveille dans des situations difficiles, des gros plans et même des monologues. Le jeu associé des deux femmes est très important dans la mesure ou il va permettre le développement d’une ambiance qui va se faire de plus en plus pesante…
La force de Bergman (certainement la plus développée dans « Cris et chuchottements ») peut consister en la manière dont celui ci définit son cinéma. Quelque chose qui se pratiquer avec beaucoup de coeur et d’ambition (d’où sa phrase célèbre « Il faut réaliser chaque film comme si il s’agissait du dernier). Cette implication du metteur en scène permet au film d’adopter une ambiance particulière très propre à la psychologie de Bergman. Cette ambiance, c’est elle qui fait tout dans le film : elle dirige les acteurs (en leur indiquant comme jouer), elle établit la structure du film (fondu au noir ou au blanc dans « Persona ») ou encore influence le début ou la fin du scénario.
« Persona » est un Bergman marquant; non pas pour le scénario, brillant certes mais peut être trop subjectif ou prétentieux; mais bien pour sa mise en scène. C’est sa mise en scène qui va permettre à Bergman de traiter ces sujets difficiles et c’est également sa mise en scène qui va donner cette ambiance particulière au film le rendant marquant.
Bergman nous livre ici un film sombre sur la relation qui unie une infirmière et sa patiente murée dans le silence. Merveille de mise en scène, ce film se présente comme un huis clos tournent uniquement autour des 2 personnages, développant leur relation en profondeur. Face a Bibi Andersson poignante, Liv Ulmann livre une performance magnifique sans jamais prononcer un mot. La violence du film se fait discrète mais perturbante, pesant sur tout le film comme une menace. On retiendra aussi la première séquence du film, véritable petit film expérimental, œuvre allumée de Bergman. Au final, on a affaire à un grand Bergman, magnifique et difficile.
Incroyable film dans lequel Ingmar Bergman évoque l'introspection de soi, la quète d'identité, le repli sur soi, le besoin de communiquer, les fantasmes. Sous ses allures de film "médical" se cache en fait un film experimental,les derniers plans du film sont sublimes et la scène répétée de "Quel genre de mère/femme suis-je ?" atteint des sommets de maestria autant visuelle que psychologique. Le duo Bibi Andersson et Liv Ullmann est magnifique de sensualité et en parfaite osmose. Le premier film d'Ingmar Bergman que je decouvre et je ne suis pas déçu.
Encore une fois je suis ébloui par la qualité des images et la direction d'acteurs, Bibi Anderson et Liv Ulmann magnifiques dans des scènes très subjectives. Pour l'histoire, dans un premier temps ça reste assez cohérent ensuite Bergman brouille les cartes, il en profite au final pour garder quelques as dans la manche ce qui n'aide pas vraiment à la lecture du jeu.
Réalisé en 1966 par Ingmar Bergman, Persona est un film profondément novateur qui en a inspiré plus d’un et qui reste encore aujourd’hui un chef d’oeuvre incontesté du 7° art. A la fois âpre et douloureux, mais néanmoins envoûtant, il navigue perpétuellement entre rêve et réalité, monde intelligible et monde sensible. Les magnifiques gros plans qui parsèment l’œuvre, la poésie des images et des sons semblent nous raconter les maux d’une femme tiraillée entre ce qu’elle « est » en elle-même et sa présence au monde extérieure. Elle ne se reconnaît pas en ce qu’elle est extérieurement. Le film, doté d’un très fort aspect expérimental, est évidemment à interpréter comme bon nous semble. C’est l’œuvre d’un homme fatigué (Bergman a parlé de ‘thérapie’ pour ce film), à l’image d’Alma qui explose, cognant et griffant, hurlant qu’il y a trop de mots, trop de pensées qui nous traversent. Des mots et des pensées peut-être trop contradictoires, « ce n’est pas cohérent » dit Alma avec frayeur ; de même, la scène dans laquelle les héroïnes répètent le mot « rien » traduisent une peur du néant, de l’irrationalité de la vie. Bergman ajoute à cela de nombreux autres thèmes et motifs, comme le sexe et la mort, ou encore le jeu de l’actrice comme le jeu de l’humain en société, qui, avec en plus deux actrices sublimes et une beauté formelle incroyable, font de Persona un chef d’œuvre complexe, bouleversant, indispensable et unique.
Quel film étrange mais néanmoins magnifique que ce "Persona". Le synopsis est d'une simplicité biblique, et le film est en même temps impossible à résumer. Est-il juste incompréhensible ou chacun peut-il le comprendre à sa façon ? Je l'ignore. Si les choses se compliquent à la moitié du film, la première partie de "Persona" (je ne parle même de l'introduction, extraordinaire) est absolument remarquable : c'est un pur huis clos, avec deux personnages dont l'une refuse de parler. Pendant une demi-heure, Bibi Andersson parle, il ne se passe vraiment pas grand chose d'autre, et ça n'en demeure pas moins passionnant, et ce pour plusieurs raisons : Andersson livre une prestation remarquable ; la mise en scène de Bergman est excellente, inventive, nouvelle pour l'époque, tout en demeurant d'une discrétion à toutes épreuves. "Persona" peut dérouter, comme tous les Bergman, mais c'est assurément un grand film.
Que de choses spécial regorgent de ce film. À commencer par l'ouverture de l'oeuvre sur des extraits historique du cinéma, sur des oeuvres du début du XXeme siècle et on a même un extrait d'un film de Méliès pendant le film. Première chose que je n'ai pas comprise...
On parle d'une relation entre deux femmes dont une qui ne parle pas et c'est très intéressant mais cela m'a rendu totalement hermétique à l'histoire. Je ne suis jamais rentré dans le film. On a quelques scènes que j'ai trouvé vraiment excellentes et la vision de Bergman est assez dingue. Je parle notamment ici de l'image. La direction artistique très singulière en noir et blanc avec des mouvements souvent très lent, que ce soit à la caméra ou dans le jeu. Tout est très mystérieux.
Je pense que c'est un film que l'on peut adorer comme on ne trouver absolument aucun intérêt. Peut être faut-il le voir plusieurs fois pour saisir toute sa subtilité ou peut être ne suis-je pas encore prêt à aimer ce genre d'œuvre, comme je n'étais pas prêt il y a 5 ans à admirer le talent des films de Alfred Hitchcock (exemple au hasard).
Dabord ce film en noir et blanc est visuellement très beau grâce à des jeux de lumière et aux gros plans des visages des 2 actrices Bibi Anderson et Liv Ullmann. Sinon Persona raconte lhistoire de 2 femmes dont la personnalité déteint lune sur lautre. Lune des 2 femmes Elisabeth Vogler est devenue muette durant et depuis la représentation dune pièce de théâtre « Electre ». Lautre femme est Alma son infirmière qui laccompagne au bord de la mer afin de la faire sortir de son mutisme. Pendant leur séjour, les 2 femmes se confrontent et sopposent mais une fois que les masques tombent, la maladie de lâme dune finira par toucher lautre à telle point que les 2 femmes finiront par se ressembler. Daprès le psychanalyste Jung, Persona désigne la part de la personnalité qui organise le rapport de l'individu à la société, la façon dont chacun doit plus ou moins se couler dans un personnage socialement prédéfini afin de tenir son rôle social (définition de Wikipédia). Dans Persona de Bergman tout en faisant allusion à la théorie de Jung, lindividu se réalise par interpénétration avec son contraire tout en se « contaminant » psychiquement. Epatant et étrange.
Persona est le film le plus ambitieux de Bergman, car il s'y révèle ascétique et tente de cerner ce qui fait l'identité et la relation avec l'individu. Une femme, actrice de théâtre, mère, sombre dans le mutisme, refusant de n'être que celle que les autres voient. Une infirmière ne comprend pas le sens de certains de ses actes et s'interroge sur la cohabitation de plusieurs identités en elle. Elles s'isolent sur une île, où leurs identités et leurs visages (qui correspondent aux identités dans notre subconscient) se mélangent, s'enlacent. La peur et la confusion gagnent du terrain... Ce qui est épatant, c'est de voir, comme dans le Septième sceau ou encore Fraises sauvages, comment Bergman trouve systématiquement des solutions cinématographiques incroyables à chaque situation. Le moins accessible de l'auteur, mais pour peu qu'on soit attentif, il se révèle passionnant de la première à la dernière seconde, avec toujours la même modernité des dialogues et la grande précision de la direction d'acteurs. Un film qui a encore beaucoup à offrir après le premier visionnage.