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keating
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5,0
Publiée le 29 août 2008
Oui le cinéma est un art majeur ! "Persona" est une oeuvre monumentale réalisée par un Ingmar Bergman probablement au sommet de sa virtuosité. "Persona" est un film qui ne suit aucune règle, où la puissance des images l'emporte sur le scénario. "Persona" est aussi un film d'auteur que l'on ne se lassera jamais d'analyser, tant il ouvre des portes à des réflexions riches et profondes. Des vérités sur la Psychanalyse, Dualité, Le Silence,La Peur De La Mort, mais aussi sur l'Art. Il y a probablement une part d'autobiographie dans ce film qui agit comme une thérapie pour l'artiste torturé qu'est Bergman. Le cinéma ne pourra jamais oublier la mise en scène exceptionelle de "Persona". Une réalisation plus qu'innovante, grâce à un montage d'une modernité subjuguante permettant d'enchainer les plans d'anthologie. "Persona" c'est aussi une photographie de légende, permettant au plan de se rappocher de la peinture par sa beauté. Bergman semble avoir conçu presque toute sa mise en scène sur base des visages. En effet, on retrouve dans "Persona" une virtuosité inégalée pour filmer les visages des personnages. Surtout les deux personnages principaux évidémment, dont l'interpréation s'approche de la perfection. Deux actrices aussi talentueuses que complémentaires, peut être le meilleur échange de regards du cinéma. Vous l'avez compris, il est impossible de parler de "Persona" sans employer de superlatifs. C'est tout simplement parce qu'il s'agit de l'une des plus grandes oeuvres d'art jamais créées...
Bergman signe ici un film très intimiste reposant sur une relation ambiguë entre deux femmes qui semblent si différentes au départ ( l'une est une actrice reconnue mais qui ne parle plus, l'autre est une jeune infirmière bavarde comme une pie) mais qui au final se rapprochent et paraissent presque identiques. Leurs rapports sont complexes, d'ailleurs le film est complexe et interrogateur. Dès l'introduction étrange et malsaine et jusqu'à la fin, le film nous interroge, nous fascine. Je reprocherais principalement à l'oeuvre d'être parfois bancale et un peu froide même si ceci ne s'applique heureusement pas tout le long du film. A noter la mise en scène soignée de Bergman et un duo d'actrices délicieux. Un très bon film à n'en pas douter mais peu accessible.
Un film complexe et tortueux. Bergman est sans doute l'un des réalisateurs qui joue le mieux avec les images, cela en devient presque étourdissant. Brillant ! L'interprétation est quant à elle parfaite. Un chef-d'oeuvre. Inoubliable !
Que Bergman est l'un des réalisateurs qui parvient le mieux à capter cette sensualité qui émane du visage de ses comédiennes, mais que l'on pressent dangereuse et oppressante.
Dans Persona, il existe un lien presque charnel entre les deux femmes, et la transposition psychologique s'opère sur le mode de l'intériorité et de la réciprocité.
Mais la prestation totale, le don mutuel, n'est pas sans poser de questions éthiques auquel Bergman répond par une mise en scène angoissante au possible, voire terrifiante par moments, afin de régir le versant amoral de ce lien unique.
À en voir la puissance des tensions sexuelles ainsi que les multiples expressions de Liv Ulmann, fabuleuse (une aura à la fois envoûtante et terrible émerge de son visage), il ne fait nul doute que Bergman sera le cinéaste de l'implicite et de la suggestion.
À travers Persona, c'est dans cette dimension que s'inscrit, tout du moins, son style : dans une sorte de mesure poétique, et une mysticité appuyées par la mise en scène assez hitchcockienne et la musique, oppressante au possible.
Après un bon début le film devient lassant et mon esprit s'est absenté durant tout le reste de l'oeuvre. On aura l'occasion de voir de belles images (qui ne sauvent malheureusement pas le film de Bergman). Bergman fait semblant de maitriser son film et nous livre quelque chose de trop flou, pas raté, mais flou.
Un film inimaginable! Avant Lynch, Bergman nous prend par la main sur un parcours sinueux pour nous parler d'identité, d'identification, de peur et de désirs. C'est visuellement parfait, en osmose avec le dire, stupéfiant de créativité. Une des plus grandes réussites de l'histoire du cinéma.
PERSONA est un film d'une grande richesse visuelle et psychologique. Après une introduction rappelant les thèmes chers au cinéaste (notamment la religion) et son oeuvre passée, Bergman définit son film comme un poème de cinéma, avec le projecteur qui s'allume et s'éteind au début et à la fin du métrage. C'est surtrout le portrait poignant de ces deux femmes incarnées par Bibi Andersson et Liv Ullmann, deux actrices qui se complètent parfaitement. Bergman les met en scène dans des séquences intriguantes. La meilleure de ces scènes est sans conteste celle où Alma parle à Elizabeth de l'enfant de cette dernière. La scène est répétée deux fois, l'une en filmant Elizabeth et l'autre en filmant Alma. Bien qu'on ait le même texte sur les deux plans, celui-ci s'accorde différemment sur chacune. Cette superbe scène de point de vue se termine par une juxtaposition du visage des deux femmes, montrant le trouble des deux "persona-lités". Parmi d'autres moments d'une force psychologique inouïe, cette scène est sûrement l'une des plus grande du cinéma.
C'est le premier Ingmar Bergman que je vois. Le film parle d'une relation entre une infirmière bavarde qui a besoin d'être écouté et de sa patiente, une célèbre actrice devenu mystérieusement mutique. On est tous un peu mal à l'aise dans les six premières minutes de film, une sorte d'introduction métaphysique et spéciale. En regardant le film, on pense à Jung, le célèbre médecin psychiatre du XXeme siècle, mais aussi au film le plus célèbre de David Lynch, Mulholland Drive. La Persona signifie le masque que porte les comédiens au théâtre, pour donner une apparence à son utilisateur et définit l'acteur le portant. Dans Persona, on peut alors penser que le masque qu'utilises la mutique est son aide soignante. Le caractère des deux personnages est très différent, mais ils ont un point commun : leur manque d'affection..
La photographie du film est très belle, avec un sublime travail de lumière et d'ombres, grâce au noir et blanc, et la mise en scène est très inventive. Quant aux actrices, leur jeu est d'une telle finesse qu'elles exercent leurs rôles à la perfection. Je n'attribue pas la note maximale car je trouve néanmoins qu'il y a quelques longueurs, et les 6 premières minutes trop insignifiantes pour moi. 16/20.
Un classique parmi les classiques... Bergman mélange ici histoire de vampires, schizophrénie, exutoire psychanalytique et histoire d'amour pour nous livre un film intense, maîtrisé, et frôlant parfois le cinéma expérimental. Un bon cru, captivant !
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Persona est un Bergman dans ce qu’il peut avoir de plus extrême, à la fois dans la forme et dans le fond. Extrême aussi dans son ambition, démonter les rouages psychologiques de deux personnes, ce huis clos entre deux femmes, dont une volontairement muette, nous fait passer par tous les états d’émotionnels possibles. Très juste dans son analyse de la psychologique, doc, ce film très exigeant reste tout de même destiné à un public averti. Que demande le peuple ? ‘’Ca n’a pas trop vieilli ?’’ Si l’introduction et la fin du film peuvent paraître marquées années 60, le cœur du film n’a pas pris une ride et n’en prendra pas.
Le chef d'oeuvre du suédois qui a sauvé le réalisateur lui même. Hautement psychologique, "Persona"est le film le plus abstrait du grand cinéaste mais surtout le plus personnel , mettant paradoxalement en avant la thérapie d'une actrice de théâtre ayant refusé toute énonciation de paroles et son infirmière , qui pour l'aider, va peu à peu dévoiler sa propre vie. C'est sur cette toile de fond, qu'est développée le thème de la souffrance humaine, établissement de l'opposition entre le "Persona" , masque social ou l'apparence que chacun se choisit au sein d'une catégorie de société et l' "Alma" , l'état psychique que l'on ne se suppose pas avoir, autrement dit, le subconscient. Bergman exprime une fois de plus, un sujet immense , mais ici c'est au travers de la psychanalyse qui relie deux actrices au summum, dont Bibi Andersson. C'est par rapport à cette réalisation de 1966, que Bergman se délivre et se sauve (à travers son Art, le Cinéma) en établissant son Persona. Malgré une fin personnellement déroutante, "Persona" montre à quel point l'Art peut se révéler à être un exposé salvateur à tout cinéaste. Immense film encore une fois destiné à un public largement ouvert à son cinéma.
Bergman a ce secret de faire se succéder les images les plus incongrues tout en leur assignant la portée la plus métaphysique qui soit. Un art dont seul lui, et quelques autres illustres réalisateurs, possède la clé. Quoiqu'il en soit, Persona, fruit de la psychologie analytique jungienne et du jeu sur les contrastes est d'une subtilité et d'une concision exceptionnelle. Peu de films ont autant expérimentés le champs des possibilités cinématographiques.
Une confrontation psychanalytique qui se met au dessus d'une simple illustration de la vulgate freudienne, jungienne... On a la mise en scène de tout un jeux d'identifications, distanciations, transferts entre deux femmes avec un art du trucage cinématographique utilisé avec le maximum de discrétion et d'économie et un sens achevé de la dramaturgie théatrale. On cotoit le genre fantastique et parfois il affleure, remarquablement dans des séquences oniriques et en la figure du vampire. Un sommet du cinéma.
Bergman réalise là la preuve que le cinéma est un art tant cette oeuvre tétanise de beauté. Les plans subjectifs de Bergman sont des perles d'émotion notamment la scène on l'on entend deux fois la terrible narration d'Alma avec deux points de vue différents. Les plans objectifs ou contemplatifs transmettent ue impression de peinture visuelle où les deux femmes sont en fusion. Les jeux de lumière et d'obscurité façonnent un univers visuel où cohabitent fracture et harmonie, fission et fusion, colère et complicité. Les mouvements génaiux et le placement esthétique des actrices donnent à chaque plans une beauté illuminante et liquéfiante. La musique enrichies les scènes pour les rendre plus profondes en perçant le jeu des acteurs de vérité et de sensibilité. Des images parfois décousues qui se mélangent les unes aux autres avec des mises en abime qui soutiennent une narration esthétique et purement cinématographique. De plus il y a une magistrale césure au milieu du film qui fait basculer la relation psychologique des personnages et qui appuie la profondeur poétique de l'oeuvre en la dramatisant. C'est le moment où Alma ne se considère plus comme sujet mais juste comme un objet. Pour savoir qui se cache derrière le masque de la personne sociale Elisabet choisit d'abanonner l'usage des mots et dans un principe bergsonnien elle accède à la profondeur de son âme en ressentant la fusion de ses sentiments comme le flux unifié de sa conscience.Au contraire Alma "change perpétuellement" et cherche une unification de son moi empirique à travers un sujet transcendantal.Dans ce conflit sur la façon d'accéder à la conscience de son être Elisabet est l'ombre et Alma est la lumière, Elisabet est l'être sous le masque et Alma est le sujet au dessus du masque, de là Bergman va moduler sur l'usage de la parole.Ainsi la parole chez Elisabet est une superficialité qui n'a qu'un usage social alors que chez Alma le language a une fonction unificatrice car il lui rappel ses différents moi.