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fooker95
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1,0
Publiée le 15 janvier 2023
Il faut regarder ce film sans a priori quant au prétendu génie de Bergman, qui en a tout de même montré beaucoup dans Fanny et Alexandre. Malheureusement on est ici plus proche du Doutage de Milenie de Gouinaloue que du grand film. La proportion écrasante de plans fixes, la sophistication littéraire du texte qui est aussi lourde que peu vraisemblable, l'absence d'histoire, la bande son qui semble écrite par un gosse qui plagierait Boulez, les moments oppressants et absurdes insérés selon le délire narcissique de l'artiste entre guillemets, tout y est. Arnaque.
"Persona" est une oeuvre tout à fait atypique dans l'oeuvre de Bergman. Déja, pour son ancrage violent et brut dans le présent. Les images de la guerre du Viêt-Nam qui passent sur le poste de télévision de Liv Ullman et l'évocation des trains de la mort font basculer Bergman dans le monde réel. L'introduction qui fait presque guise d'avant-programme, de film dans le film, semble être un pied de nez aux spectateurs. Ne vous attendez pas (plus?) à ce que je vous donne des films sur le silence de Dieu, à ce que je me morfonde dans une description de la Foi (la trilogie de la Porte semble avoir été un point d'orgue). Cette fois Bergman s'attaque à l'humain, avec tout ce qu'il a d'imparfait, de mystérieux, d'envoûtant, d'érotique voire de pervers. La confrontation entre deux immenses actrices (Ullman et Bibi Andersson) nous donne des sommets; une scène en particulier retient l'attention, celle durant laquelle la jeune infirmière (Andersson) s'expose devant sa patiente dans un vertigineux face-à-face. Et puis surtout, Bergman brouille les pistes. Celle de la pellicule déjà, qu'il brûle sans aucun scrupule, comme si cette histoire était trop puissante pour qu'elle puisse être contée. Mais c'est aussi une page, un tableau qui brûle. La place de l'Art (Ullman interprète une artiste qui ne peut plus jouer) tient une place primordiale dans ce film: doit-il remplacer la télévision, les bandes comme dirait Herbert Marcuse? Et surtout, doit-on croire tout ce que l'Art nous dit, alors que Bergman lui-même nous trompe sans vergogne dans un final en forme d'apothéose? Superbe film.
L'œuvre de Bergman peut paraitre très difficile d'accès de par ses sujets abscons, la plupart du temps nébuleux.
Le film Persona peut s'étiqueter quant à lui dans la catégorie de film psychologique, voir même métaphysique. Les métaphores ne se cachent jamais bien loin. Dès le début du film on trouve une scène où un jeune garçons, dans un hôpital, subjugué par l'image géante d'un visage féminin. Cette scène ne posera pas de souci de compréhension à un spectateur averti, et connaissant un peu l'auteur Suèdois, qui comprendra que Bergman pointe ici du doigts l'importance de la figure maternelle dans notre psychologie. On notera d'ailleurs l'absence de l'homme, oui le vrai le bonhomme, qui en tant que gentleman (une fois n'est pas coutume ) laisse la beauté féminine menée le film...Tout est un peu comme ça dans la mise en scène de Bergman, ce qui donne un ton intéressant, avec des angles originaux, et uniques. Un plan restera gravé dans ma mémoire pour la situation dans laquelle il m'a mis : Pendant que les 2 actrices lorgnent in-amoureusement le spectateur en brisant avec fracas le 4em mur, j'ai eu le sang qui s'est glaçé d'un coup. Vrrrrr ! J'en ai encore des frissons.
Le sujet est des plus intéressant. Est-on tous sain d'esprit ? Quels événements nous pousseraient au mutisme, au rejet de soi ? Le tourment nous guette, et il se transmet.
A conseiller aux fans de Mulholland drive. On voit d'où vient l'inspiration de David Lynch. Et comme dans Mulholland drive, l'interprétion des 2 actrices est excellente.
un film d'une poésie et d'une esthétique incroyable, aux personnages complexes, qui finiront par se confondre visuellement et interprétant une histoire apparemment simple sur la recherche identitaire de deux femmes/mères.Tourné uniquement avec 4 acteurs (l'infimière et la comédienne, et deux seconds rôles le mari de l'infimière et son médecin chef), le film est élaboré autour d'une mise en scène sobre où chaque mot, chaque son, chaque geste ou expression corporelle (et surtout faciale) a sa place et est mis en relief par les plans. les jeux de lumières et d'obscurités ont également beaucoup d'importance. L'introduction marque de prime abord avec ses scènes qui se succèdent de manière anarchique, les unes sanglantes, les autres dérangeantes (notamment l'égorgement du mouton ou les mains clouées) ou banales, interrompues par des flash de lumières et nous plonge d'ors et déjà dans un voyage onirique et poétique, mais nous fait également pressentir une certaine violence. une fois encore c images ne sont pas introduites par hasard, puisque nous les retrouverons au moment de la césure du film. En conclusion, même si le coté un peu "intello" ou cinéphile averti peut décourager certains d'entre nous ce film vaut plus que la peine d'être vu ne serait ce que pour sa beauté visuelle .
Film d'une intelligence rare ! Au moyen d'un long monologue le réalisateur parvient à maîtriser les émotions du spectateur. On ne s'ennuie pas et on a même envie de le revoir dès l'instant où le film se finit
Une oeuvre difficile à juger. La première partie lente et austère se révèle assez ennuyeuse. Tout bascule dans la seconde moitié du film qui devient alors un quasi thriller psychologique teinté de fantastique et reste captivant jusqu'à la fin.Héritier de Bunuel annonciateur de Lynch le film de Bergman malgré son austérité ne laisse pas insensible tant il est semé d'indices que le spectateur devra déchiffré.Il est en outre magnifiquement filmé dans un noir et blanc qui joue avec les contrastes comme rarement vu sans oublier la magnifique prestation de ces deux actrices principales.
Persona, d'Ingmar Bergman raconte l'histoire d' Alma, une infirmière volubile (Bibi Andersson) s'exilant dans une maison du bord de mer, seule avec sa patiente (Liv Ullmann). Celle-ci est une célèbre actrice qui, lors d'une représentation de Phèdre, a été soudain frappée de mutisme. Les deux femmes vont s'aider par leur caractère diamétralement opposé et nouer peu à peu une relation trouble... Comme souvent chez Bergman, le film offre plusieurs lectures, servies par multitude de symboles.
La première est celle, linéaire, du scénario: Il raconte la dynamique de rapprochement-répulsion de deux femmes qui ont besoin l'une de l'autre, s'aiment et se détestent. Bergman ne livre pas ici une histoire vraisemblable et l'on se demande souvent si ces deux femmes n'en forment pas qu'une. L'histoire est donc une intéressante enquête psychologique (Persona et Alma sont les deux composantes de la personnalité pour Carl Jung), qui n'appelle pas forcément à une réponse claire et permet d'observer deux jeux d'actrices magnifiques.
La deuxième est plus autobiographique. Il raconte l'amour du réalisateur pour le cinéma et sa volonté d'arriver un jour à une oeuvre parfaite. On le voit par exemple en enfant essayant de toucher un écran de cinéma qui, trop blanc, rend flou le film qui y est projeté. Cette partie intéressera qui voudra mais il n'empêche qu'encore une fois, le film du suédois demande au spectateur un réel effort de compréhension.
Hallucinant! Le maître suédois Ingmar Begman expose ici deux femmes, en apparence normales mais qui, comme tout être, a des réactions et des pensées au delà de la normalité. Captivant
Film à part entière dans la grande carrière du cinéaste, Persona a quelque chose qui nous frappe et ne peut pas nous laisser insensible. Véritable réflexion sur le cinéma et l’être humain, Bergman, dès son introduction trouble, choque, nous laisse pensif. Mais pas le temps de réfléchir à cette 1ère séquence, car une fois l’histoire commencée tout va se mettre en place : ces deux femmes, Bibi Anderson l’infirmière et Liv Ullmann l’actrice de théâtre devenue muette, vont se retrouver dans un cadre paradisiaque, l’île de Faro, avec le réalisateur suédois aux manettes. A partir des travaux, basés sur le psychanalyste Jung, Bergman va travailler son film en mettant en avant l’inconscient, la dualité représenté par une mise en scène où son montage, sa musique, ses décors coïncident parfaitement avec son sujet. Mais même si l’histoire semble simple, cerner ce film demandera sans doute plus d’un visionnage, comme moi. La place du cinéma a, évidemment, son importance particulière car c’est une pellicule qui, en quelque sorte, ouvre le film puis le ferme. Il joue beaucoup des interdits: déchirure de l’écran, regard caméra, entre autre, et des effets : fondus, effets de flou, répétition. Souvent analysé, commenté, il est un des piliers du cinéma suédois et celui de Bergman, une œuvre à part qui mérite toute notre attention, d’une part, par sa somptueuse photographie et d’autre part, par le talent indéniable de ces deux grandes actrices qui frappe par leur justesse et la richesse de ce qu’elle peuvent renvoyer par la parole pour l’une et le regard pour l’autre. A redécouvrir dans sa magnifique édition restaurée.
Un film à revoir. Je trouve le style de Ingmar Bergman très moderne bien que ce soit en noir et blanc. Il a inspiré de nombreux réalisateurs tels que David Lynch, Mulholland Drive à quelques caractéristiques de Persona. duel féminin, jeux de rôles, fiction ou réalité.
Une tragédienne perd la parole suite à un traumatisme. A l'hôpital psychiatrique, une infirmière se prend d'amitié pour elle. Petit à petit, la relation s'inverse, la tragédienne "vampirise" psychiquement l'infirmière. Elle se guérie en faisant remonter à la surface les angoisses souterraines de l'infirmière. Les deux femmes finissent par ne faire qu'une seule et même personne. Ce film est d'une intelligence exceptionnelle. On en sort vraiment bouleversé.
Ce film ne m’a pas simplement parlé, il m’a traversée comme une lame. Deux femmes, deux visages, et pourtant une seule respiration. Elisabet ne parle pas, Alma parle trop, et moi, je me suis reconnue dans les deux.
Il y a en moi ce silence lourd d’Elisabet : ces choses que je garde, ces vérités que je refuse de dire, comme si les mots pouvaient les salir. Et il y a en moi la voix d’Alma, bavarde, fragile, qui se donne trop vite et qui finit par se perdre dans le regard de l’autre.
Quand leurs visages se sont mélangés à l’écran, j’ai eu peur. J’ai senti que cette fusion, je la connaissais. Quand on s’attache trop à quelqu’un, on se dissout, on devient son reflet, et on oublie ses propres contours. Persona m’a montré cette peur que j’ai d’être avalée par l’autre, de ne plus savoir où je commence et où je finis.
Le film n’explique rien, il expose. C’est cru, c’est nu, comme si Bergman avait filmé l’âme sans maquillage. J’ai eu mal, j’ai eu froid, mais j’ai aussi ressenti une vérité : nous portons tous un masque. Et parfois, ce masque colle tellement à la peau qu’il devient notre visage.
Entre rêve et réalité, on entre dans la psychologie des personnages qui relèvent des questions sur l'amour, l'avortement ou encore la maternité. Des images incroyables et un jeu d'acteurs remarquable. A voir de toute urgence.