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Incroyable film dans lequel Ingmar Bergman évoque l'introspection de soi, la quète d'identité, le repli sur soi, le besoin de communiquer, les fantasmes. Sous ses allures de film "médical" se cache en fait un film experimental,les derniers plans du film sont sublimes et la scène répétée de "Quel genre de mère/femme suis-je ?" atteint des sommets de maestria autant visuelle que psychologique. Le duo Bibi Andersson et Liv Ullmann est magnifique de sensualité et en parfaite osmose. Le premier film d'Ingmar Bergman que je decouvre et je ne suis pas déçu.
Persona est peut-être l'un des quatre ou cinq plus grands films de l'histoire du cinéma, en d'autres termes un chef-d'oeuvre absolu, un modèle, une leçon... Bergman nous y délivre ce qui constitue en quelque manière son art poétique, en nous y démontrant par l'image, et non didactiquement par le discours, que le cinéma est selon lui pure poésie (du grec poieïn qui signifie faire, fabriquer, produire!). Persona est donc bien davantage qu'un banal film psychologique ou psychanalytique, même si l'allusion à Jung peut paraître évidente. Le prologue et l'épilogue, ainsi que la brutale interruption centrale, sont là pour nous avertir que l'enjeu est ailleurs. Le réalisateur suédois cherche moins la signification claire d'un contenu univoque que la parfaite adéquation de la forme cinématographique et du contenu auquel celle-ci renvoie. Et la réussite est totale. Pas une image de trop, pas une parole inutile et une musique parfaitement en situation. On ressent intuitivement la participation nécessaire de chaque élément à la cohérence de l'ensemble. On peut ensuite se perdre en conjectures interminables sur la signification exacte de l'histoire d'Elisabeth et d'Alma. Ne s'agit-il pas d'une métaphore visuelle de la quête personnelle d'identité à laquelle chaque personne humaine est confrontée? Elisabeth et Alma ne sont elles pas en définitive un seul et même personnage, la première constituant le masque (persona en latin) de la seconde, comme le suggère la scène formidable où les deux visages sont fondus en un seul? Qu'importe en définitive! L'enjeu pour Bergman (il l'a explicitement avoué!) était de «faire», de créer, autrement dit, de produire de la beauté. Et le pari est tenu. Persona est, en tant qu'objet cinématographique, une merveille, terrible sans doute quant à son contenu, voire excessivement pessimiste, mais intrinsèquement rayonnante. Tout cinéphile se doit un jour de la contempler!
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