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Deuxième film de Monsieur Bergman est toujours aussi démentiel
J’ai malheureusement pas très compris l’histoire du film, mais le message du film c’est le masque social  et je trouvais de parler de ça, c’était hyper intéressant mais je trouve ces œuvres-là qui parlent de sujet profond pour moi, c’est les meilleurs au cinéma
Après les acteurs, toujours la même qui jouaient dans sonate d’automne joue une performance historique et démentiel J’adore vraiment cette actrice, elle est hyper forte dans la mise en scène
Après les paysages du film étaient juste magnifique à mort il y avait une scène du j’ai trouvé ça hyper beau genre le moment c’est que bah les deux actrices principales du film marcher et discuter, ils étaient au bord de la plage, envoyé la mer magnifiquement
Bergman est vraiment l’un des meilleurs réalisateur de tous les temps là y a pas de débat.
J’ai malheureusement pas très compris l’histoire du film, mais le message du film c’est le masque social  et je trouvais de parler de ça, c’était hyper intéressant mais je trouve ces œuvres-là qui parlent de sujet profond pour moi, c’est les meilleurs au cinéma
Après les acteurs, toujours la même qui jouaient dans sonate d’automne joue une performance historique et démentiel J’adore vraiment cette actrice, elle est hyper forte dans la mise en scène
Après les paysages du film étaient juste magnifique à mort il y avait une scène du j’ai trouvé ça hyper beau genre le moment c’est que bah les deux actrices principales du film marcher et discuter, ils étaient au bord de la plage, envoyé la mer magnifiquement
Bergman est vraiment l’un des meilleurs réalisateur de tous les temps là y a pas de débat.
Le blanc dévore le noir et les images s'entrechoquent, prêtes à se dévorer entre elles. Je n'avais jamais vu une ouverture frapper si fort. Persona ne prévient de rien : il agresse dès les premières secondes, comme si le cinéma lui-même naissait sous nos yeux, jailli du néant vers la lumière, avant d'y replonger aussitôt. Je comprends alors que rien ne me sera jamais totalement expliqué. Le titre signifie masque en latin ; l'autre personnage porte un prénom qui dit l'inverse, Alma, l'âme. Le masque contre l'âme. La comédienne qui joue ses sentiments contre celle qui se donne tout entière. Qui est qui ? On en perd nos repères et cela finit par tout emporter, comme si le spectateur devenait à son tour une troisième conscience dans cette fusion, le visage qu'on ne montre jamais.
Bergman a connu ce trouble bien avant nous. Hospitalisé, épuisé, il tombe sur une photo de Bibi Andersson et Liv Ullmann, troublé par leur ressemblance. Il écrit le scénario en 14 jours, comme une urgence plutôt qu'un projet de studio, et ça se sent à l'écran. La caméra procède presque à une auscultation. La construction repose sur un déséquilibre presque théâtral. Une femme se tait, l'autre parle sans s'arrêter, la mer en fond, et ce simple face-à-face devient un duel psychologique feutré. Le film en fait parfois trop, il sature de symboles jamais résolus, au point qu'on se demande si Bergman ne joue pas un peu avec son public. Mais cette confusion assumée devient la matière même du film, et je m'y perds avec lui plutôt que contre lui. Le silence de l'une finit par aspirer l'identité de l'autre, jusqu'à cette scène où leurs deux visages se fondent en un seul plan, le fond rejoignant enfin la forme.
La photographie de Sven Nykvist sculpte les visages en très gros plan et efface tout le reste. Il ne reste que la peau et ses tremblements. Chaque ombre semble calculée au millimètre sur les traits des actrices, avec une maîtrise de la lumière qui me rappelle les plus belles heures du réalisme poétique français. La musique, presque embarrassante, gratte, et entretient une incertitude qui ne se dissipe jamais vraiment. Le casting est époustouflant. Bibi Andersson porte tout le poids des mots, et son monologue sur la plage, la trahison, l'avortement, atteint un sommet, comme si le souvenir la traversait en direct. Liv Ullmann doit tout jouer sans une seule réplique, et chaque frémissement de son visage porte le sens à la place de la voix. Les deux actrices triomphent d'un dispositif où Bergman filme si près, et si longtemps, qu'il ne leur laisse plus aucune échappatoire.
Vers la fin, la maternité refusée fait basculer le film. L'abstraction sur l'identité devient une blessure concrète, et Persona cesse un instant de perdre son spectateur pour le frapper en plein cœur. Bergman ne nous laisse jamais reposer sur une seule vérité, tout comme Alma finit par ne plus savoir où s'arrête sa propre identité. C'est peut-être ça, son vrai geste. J'en ressors sans certitude d'avoir tout compris, un peu épuisé par les lenteurs et le mutisme, mais happé malgré moi, avec l'envie immédiate de tout revoir pour m'y perdre encore. 60 ans plus tard, ce masque n'a pas pris une ride.
Bergman a connu ce trouble bien avant nous. Hospitalisé, épuisé, il tombe sur une photo de Bibi Andersson et Liv Ullmann, troublé par leur ressemblance. Il écrit le scénario en 14 jours, comme une urgence plutôt qu'un projet de studio, et ça se sent à l'écran. La caméra procède presque à une auscultation. La construction repose sur un déséquilibre presque théâtral. Une femme se tait, l'autre parle sans s'arrêter, la mer en fond, et ce simple face-à-face devient un duel psychologique feutré. Le film en fait parfois trop, il sature de symboles jamais résolus, au point qu'on se demande si Bergman ne joue pas un peu avec son public. Mais cette confusion assumée devient la matière même du film, et je m'y perds avec lui plutôt que contre lui. Le silence de l'une finit par aspirer l'identité de l'autre, jusqu'à cette scène où leurs deux visages se fondent en un seul plan, le fond rejoignant enfin la forme.
La photographie de Sven Nykvist sculpte les visages en très gros plan et efface tout le reste. Il ne reste que la peau et ses tremblements. Chaque ombre semble calculée au millimètre sur les traits des actrices, avec une maîtrise de la lumière qui me rappelle les plus belles heures du réalisme poétique français. La musique, presque embarrassante, gratte, et entretient une incertitude qui ne se dissipe jamais vraiment. Le casting est époustouflant. Bibi Andersson porte tout le poids des mots, et son monologue sur la plage, la trahison, l'avortement, atteint un sommet, comme si le souvenir la traversait en direct. Liv Ullmann doit tout jouer sans une seule réplique, et chaque frémissement de son visage porte le sens à la place de la voix. Les deux actrices triomphent d'un dispositif où Bergman filme si près, et si longtemps, qu'il ne leur laisse plus aucune échappatoire.
Vers la fin, la maternité refusée fait basculer le film. L'abstraction sur l'identité devient une blessure concrète, et Persona cesse un instant de perdre son spectateur pour le frapper en plein cœur. Bergman ne nous laisse jamais reposer sur une seule vérité, tout comme Alma finit par ne plus savoir où s'arrête sa propre identité. C'est peut-être ça, son vrai geste. J'en ressors sans certitude d'avoir tout compris, un peu épuisé par les lenteurs et le mutisme, mais happé malgré moi, avec l'envie immédiate de tout revoir pour m'y perdre encore. 60 ans plus tard, ce masque n'a pas pris une ride.
Un film fascinant autant qu il est exigeant, il ne cherche pas à divertir mais à nous plonger dans la psyché, à transmettre des émotions, grâce à une mise en scène impeccable, une photographie en noir et blanc d une très grande beauté, des gros plans saisissant sur les regards qui nous entraîne dans une atmosphère presque irréelle.
L histoire paraît simple une relation entre une actrice devenu muette et une infirmière qui prend soin d elle, leur relation fusionnelle au début, va peu à peu être une exploration de l identité, la frontière entre deux personnes qui fait plus qu un.
Le thème du double, du miroir est le plus important du film, car certaines scènes laissent apparaître deux facettes d une même personnalité dans ces 2 femmes. De plus l infirmière se prénomme alma qui peut évoquer l âme, le conflit entre l âme et le masque, et que cette actrice devenu muette à perdu une âme et qui en retrouve un autre à l image de cette jeune infirmière.
Un film fascinant et élégant.
L histoire paraît simple une relation entre une actrice devenu muette et une infirmière qui prend soin d elle, leur relation fusionnelle au début, va peu à peu être une exploration de l identité, la frontière entre deux personnes qui fait plus qu un.
Le thème du double, du miroir est le plus important du film, car certaines scènes laissent apparaître deux facettes d une même personnalité dans ces 2 femmes. De plus l infirmière se prénomme alma qui peut évoquer l âme, le conflit entre l âme et le masque, et que cette actrice devenu muette à perdu une âme et qui en retrouve un autre à l image de cette jeune infirmière.
Un film fascinant et élégant.
Première rencontre avec le cinéma de Bergman, "Persona" m'a laissé une impression contrastée. Le film commence de manière étrange avec un générique et une scène introductive résolument expérimentaux, portés par une musique du même acabit. Cela m'a semblé assez séduisant et de bonne augure pour la suite. On ne saisit pas trop le lien entre cette introduction et la suite du film, mais passons. L'histoire qui nous est racontée est celle d'une actrice, hospitalisée en psychiatrie, manifestement pour dépression. Celle-ci ne parle plus et reste résolument prostrée. Sa convalescence se poursuit dans un village côtier, en tête-à-tête avec son infirmière. Si le début du séjour à la mer est assez ennuyeux, les choses commencent à devenir intéressantes lorsque des frictions émergent entre les deux femmes. Bergman est doué pour créer des atmosphères pesantes, tout en subtilité, il faut bien l'avouer.
Le film prend une tournure encore plus glaçante lorsque l'actrice se met à prendre possession de l'infirmière - à moins que ce ne soit l'infirmière qui se prend pour l'actrice, on ne sait pas trop car Bergman a volontairement voulu laisser planer le doute. Mais au bout d'un moment, je dois avouer qu'il m'a perdue. On finit par ne plus savoir ce qui constitue la réalité, le rêve, les fantasmes ou la folie, et on finit par ne plus accrocher. Dommage, car Bergman est indéniablement un grand cinéaste qui sait comment filmer (les images sont superbes !), créer la tension et diriger les acteurs. Le face-à-face entre Bibi Andersson et Liv Ullmann est saisissant, même si cette dernière ne parle pas pendant tout le film.
Bref, du bon et du moins bon dans ce "Persona", mais une chose est sûre, c'est un film singulier qui mérite un visionnage.
Le film prend une tournure encore plus glaçante lorsque l'actrice se met à prendre possession de l'infirmière - à moins que ce ne soit l'infirmière qui se prend pour l'actrice, on ne sait pas trop car Bergman a volontairement voulu laisser planer le doute. Mais au bout d'un moment, je dois avouer qu'il m'a perdue. On finit par ne plus savoir ce qui constitue la réalité, le rêve, les fantasmes ou la folie, et on finit par ne plus accrocher. Dommage, car Bergman est indéniablement un grand cinéaste qui sait comment filmer (les images sont superbes !), créer la tension et diriger les acteurs. Le face-à-face entre Bibi Andersson et Liv Ullmann est saisissant, même si cette dernière ne parle pas pendant tout le film.
Bref, du bon et du moins bon dans ce "Persona", mais une chose est sûre, c'est un film singulier qui mérite un visionnage.
Expérience de cinéma vertigineuse, Persona dissout les frontières entre identité, langage et représentation. Avec une radicalité formelle saisissante, Ingmar Bergman fragmente le récit pour sonder les zones les plus obscures de la psyché. Le face-à-face entre Bibi Andersson et Liv Ullmann devient un jeu de miroirs troublant, où les personnalités se confondent jusqu’à l’effacement. Les gros plans, d’une intensité presque invasive, transforment les visages en paysages intérieurs chargés de tension. De cette austérité expérimentale naît un chef-d’œuvre fascinant, dont le mystère continue d’alimenter les interprétations les plus diverses.
Persona s’impose comme une expérience de cinéma radicale, qui observe le langage et l’identité se fissurer plutôt que de raconter une histoire. Un film majeur par son geste, mais dont la sécheresse et l’abstraction m’ont tenu à distance.
Né d’une crise profonde d’Ingmar Bergman, Persona se présente d’emblée comme un geste de rupture plus que comme un récit classique. Le film privilégie un dispositif épuré, centré sur les visages, les silences et la matière même du cinéma. Tourné dans des lieux isolés et dépouillés, il demande au spectateur une réelle disponibilité et une acceptation de l’opacité, en s’affranchissant volontairement de toute narration rassurante.
Sur le fond, Persona interroge l’échec du langage et la fragilité de l’identité. Le mutisme et la parole s’y opposent comme deux stratégies face au monde, sans que l’une n’offre de solution. Parler ne garantit ni la vérité ni la communication, et le silence peut devenir un espace de pouvoir, de retrait ou de dissolution du moi. L’identité apparaît alors comme un masque instable, susceptible de se fissurer sous le regard de l’autre.
Le film explore également la relation entre regard, domination et mise à nu. L’asymétrie entre celle qui se tait et celle qui se livre crée une tension sourde, où l’intimité devient un terrain de projection et de contrôle. Bergman ne cherche jamais la résolution, mais observe la manière dont les frontières entre les individus se brouillent, jusqu’à rendre incertaine toute séparation nette entre soi et l’autre.
De mon côté, je ressors de Persona assez perplexe. J’ai le sentiment d’être passé à côté du film lors de ce premier visionnage, au point où une redécouverte ultérieure me paraît presque nécessaire. J’en reconnais pleinement l’audace formelle, l’importance historique et la puissance des thèmes abordés, ainsi que son rôle fondateur dans le cinéma moderne. Mais je n’ai pas réussi à y adhérer autrement que sur un plan intellectuel, ce qui a limité mon engagement émotionnel.
Cette distance tient en grande partie à l’opacité assumée du dispositif. La narration éclatée et le cadre très conceptuel installent une froideur parfois cérébrale. Des choix cohérents et pleinement assumés, mais qui demandent une familiarité avec ce type de cinéma, sans laquelle l’expérience peut rester aride.
Persona demeure ainsi une œuvre essentielle à appréhender pour ce qu’elle a ouvert dans l’histoire du cinéma, mais plus fascinante à analyser qu’à ressentir, du moins à ce stade.
Né d’une crise profonde d’Ingmar Bergman, Persona se présente d’emblée comme un geste de rupture plus que comme un récit classique. Le film privilégie un dispositif épuré, centré sur les visages, les silences et la matière même du cinéma. Tourné dans des lieux isolés et dépouillés, il demande au spectateur une réelle disponibilité et une acceptation de l’opacité, en s’affranchissant volontairement de toute narration rassurante.
Sur le fond, Persona interroge l’échec du langage et la fragilité de l’identité. Le mutisme et la parole s’y opposent comme deux stratégies face au monde, sans que l’une n’offre de solution. Parler ne garantit ni la vérité ni la communication, et le silence peut devenir un espace de pouvoir, de retrait ou de dissolution du moi. L’identité apparaît alors comme un masque instable, susceptible de se fissurer sous le regard de l’autre.
Le film explore également la relation entre regard, domination et mise à nu. L’asymétrie entre celle qui se tait et celle qui se livre crée une tension sourde, où l’intimité devient un terrain de projection et de contrôle. Bergman ne cherche jamais la résolution, mais observe la manière dont les frontières entre les individus se brouillent, jusqu’à rendre incertaine toute séparation nette entre soi et l’autre.
De mon côté, je ressors de Persona assez perplexe. J’ai le sentiment d’être passé à côté du film lors de ce premier visionnage, au point où une redécouverte ultérieure me paraît presque nécessaire. J’en reconnais pleinement l’audace formelle, l’importance historique et la puissance des thèmes abordés, ainsi que son rôle fondateur dans le cinéma moderne. Mais je n’ai pas réussi à y adhérer autrement que sur un plan intellectuel, ce qui a limité mon engagement émotionnel.
Cette distance tient en grande partie à l’opacité assumée du dispositif. La narration éclatée et le cadre très conceptuel installent une froideur parfois cérébrale. Des choix cohérents et pleinement assumés, mais qui demandent une familiarité avec ce type de cinéma, sans laquelle l’expérience peut rester aride.
Persona demeure ainsi une œuvre essentielle à appréhender pour ce qu’elle a ouvert dans l’histoire du cinéma, mais plus fascinante à analyser qu’à ressentir, du moins à ce stade.
L'ambiance est là mais je suis passé à côté. De jolies répliques mais je pense avoir un esprit trop cartésien pour me laisser trimballer de plan en plan n'y voyant aucun intérêt scénaristique particulier. De belles images cependant.
Que de choses spécial regorgent de ce film. À commencer par l'ouverture de l'oeuvre sur des extraits historique du cinéma, sur des oeuvres du début du XXeme siècle et on a même un extrait d'un film de Méliès pendant le film. Première chose que je n'ai pas comprise...
On parle d'une relation entre deux femmes dont une qui ne parle pas et c'est très intéressant mais cela m'a rendu totalement hermétique à l'histoire. Je ne suis jamais rentré dans le film. On a quelques scènes que j'ai trouvé vraiment excellentes et la vision de Bergman est assez dingue. Je parle notamment ici de l'image. La direction artistique très singulière en noir et blanc avec des mouvements souvent très lent, que ce soit à la caméra ou dans le jeu. Tout est très mystérieux.
Je pense que c'est un film que l'on peut adorer comme on ne trouver absolument aucun intérêt. Peut être faut-il le voir plusieurs fois pour saisir toute sa subtilité ou peut être ne suis-je pas encore prêt à aimer ce genre d'œuvre, comme je n'étais pas prêt il y a 5 ans à admirer le talent des films de Alfred Hitchcock (exemple au hasard).
On parle d'une relation entre deux femmes dont une qui ne parle pas et c'est très intéressant mais cela m'a rendu totalement hermétique à l'histoire. Je ne suis jamais rentré dans le film. On a quelques scènes que j'ai trouvé vraiment excellentes et la vision de Bergman est assez dingue. Je parle notamment ici de l'image. La direction artistique très singulière en noir et blanc avec des mouvements souvent très lent, que ce soit à la caméra ou dans le jeu. Tout est très mystérieux.
Je pense que c'est un film que l'on peut adorer comme on ne trouver absolument aucun intérêt. Peut être faut-il le voir plusieurs fois pour saisir toute sa subtilité ou peut être ne suis-je pas encore prêt à aimer ce genre d'œuvre, comme je n'étais pas prêt il y a 5 ans à admirer le talent des films de Alfred Hitchcock (exemple au hasard).
Un film expérimental, très esthétique, très léché où deux personnalités opposées (une mutique et une exubérante) vont se rencontrer dans un exercice psychanalytique. Peu narratif, "Persona" aurait pu tomber dans une insupportable logorrhée mais, grâce à la qualité de sa mise en scène, il n’est jamais ennuyeux.
Ce film ne m’a pas simplement parlé, il m’a traversée comme une lame. Deux femmes, deux visages, et pourtant une seule respiration. Elisabet ne parle pas, Alma parle trop, et moi, je me suis reconnue dans les deux.
Il y a en moi ce silence lourd d’Elisabet : ces choses que je garde, ces vérités que je refuse de dire, comme si les mots pouvaient les salir. Et il y a en moi la voix d’Alma, bavarde, fragile, qui se donne trop vite et qui finit par se perdre dans le regard de l’autre.
Quand leurs visages se sont mélangés à l’écran, j’ai eu peur. J’ai senti que cette fusion, je la connaissais. Quand on s’attache trop à quelqu’un, on se dissout, on devient son reflet, et on oublie ses propres contours. Persona m’a montré cette peur que j’ai d’être avalée par l’autre, de ne plus savoir où je commence et où je finis.
Le film n’explique rien, il expose. C’est cru, c’est nu, comme si Bergman avait filmé l’âme sans maquillage. J’ai eu mal, j’ai eu froid, mais j’ai aussi ressenti une vérité : nous portons tous un masque. Et parfois, ce masque colle tellement à la peau qu’il devient notre visage.
Il y a en moi ce silence lourd d’Elisabet : ces choses que je garde, ces vérités que je refuse de dire, comme si les mots pouvaient les salir. Et il y a en moi la voix d’Alma, bavarde, fragile, qui se donne trop vite et qui finit par se perdre dans le regard de l’autre.
Quand leurs visages se sont mélangés à l’écran, j’ai eu peur. J’ai senti que cette fusion, je la connaissais. Quand on s’attache trop à quelqu’un, on se dissout, on devient son reflet, et on oublie ses propres contours. Persona m’a montré cette peur que j’ai d’être avalée par l’autre, de ne plus savoir où je commence et où je finis.
Le film n’explique rien, il expose. C’est cru, c’est nu, comme si Bergman avait filmé l’âme sans maquillage. J’ai eu mal, j’ai eu froid, mais j’ai aussi ressenti une vérité : nous portons tous un masque. Et parfois, ce masque colle tellement à la peau qu’il devient notre visage.
C'est l'histoire d'une double crise d'identité. D'abord celle d'Elisabet, l'actrice, qui, dans une dialectique indépassable de la vérité et du mensonge, se mure dans le silence. Ensuite celle d'Alma, l'infirmière, qui éprouve pour Elisabet un mélange d'admiration et d'amour, s'identifie à elle jusqu'à se considérer comme son double, se confie à elle jusqu'à se découvrir perçue comme un objet d'étude, jusqu'à se sentir dépossédée d'elle-même. Entre réalité et fantasme, désir et frustration, fusion et opposition, Ingmar Bergman noue et dénoue une intimité féminine de manière impressionnante : sensuelle, troublante, cruelle, puissante. Le fond, nourri par d'abondants dialogues, est très intense et très riche, tout empreint de concepts issus de la psychanalyse jungienne : le concept de persona, désignant la figure extérieure, le masque social, qui donne son titre au film ; le concept d'alma, désignant l'âme intérieure, le subconscient, qui donne son nom à l'un des personnages. Le récit est une illustration incarnée du conflit entre persona et alma, source de souffrances, selon Jung. Une illustration incarnée par deux des actrices fétiches du réalisateur suédois, Bibi Andersson et Liv Ullmann, excellentes, dans un rapport de force qui évolue. Une illustration qui essème en réflexions souvent profondes et cinglantes (dont Bergman a le secret) sur le métier d'acteur, le désir féminin, la maternité... On ne va pas dire que c'est plaisant, mais c'est incontestablement brillant. La forme du film, quant à elle, joue sur plusieurs registres. Le début surprend et déroute par sa veine expérimentale, son assemblage hétéroclite de scènes et de vignettes, façon surréaliste. La suite est d'une grande épure en matière de décors et de mouvements de caméra, mais d'une sophistication superbe dans le travail du noir et blanc, dans la composition de certains plans et dans les jeux graphiques sur les visages des protagonistes, fascinants.
Persona est un film marquant, mais aussi difficile à apprécier pleinement. J’ai été impressionné par la mise en scène très épurée et par la force des images, qui restent en tête longtemps après. Les actrices sont incroyables et portent le film avec une intensité rare.
Mais en même temps, j’ai trouvé que l’approche trop intellectuelle m’a parfois coupé du plaisir de spectateur. Le film semble vouloir plus illustrer une théorie que raconter une histoire. Résultat, il y a des passages fascinants, mais aussi des moments où j’ai décroché.
Au final, c’est une expérience unique, intrigante, mais qui m’a laissé partagé. Pas un mauvais film, loin de là, mais pas non plus une œuvre dans laquelle je me suis senti pleinement embarqué.
Mais en même temps, j’ai trouvé que l’approche trop intellectuelle m’a parfois coupé du plaisir de spectateur. Le film semble vouloir plus illustrer une théorie que raconter une histoire. Résultat, il y a des passages fascinants, mais aussi des moments où j’ai décroché.
Au final, c’est une expérience unique, intrigante, mais qui m’a laissé partagé. Pas un mauvais film, loin de là, mais pas non plus une œuvre dans laquelle je me suis senti pleinement embarqué.
Le montage introductif frénétique, mêlant pénis en érection (!), projecteur, exécution animale, ou images dérangeantes de corps, rappelle le cinéma expérimental des années 1920. La suite s'assagit (un peu) avec une intrigue dramatique. Une infirmière, Alma, est chargée de veiller sur Elisabet, une actrice qui a mystérieusement choisi de rester mutique (tout en continuant à réagir ou écrire).
"Persona" a beau être relativement court (1h24), c'est un film très dense, à tous les niveaux. Très cruel et noir sur le fond, très chargé en thématiques psychologiques ou philosophiques. Il a d'ailleurs été décortiqué par moult analystes, au point d'être surnommé "le Mont Everest de l'analyse filmique" !
L'historien du cinéma Peter Cowie a par ailleurs déclaré "tout ce que l'on peut raconter à propos de "Persona" peut être contredit, le contraire sera vrai aussi"... Vous l'aurez compris, loin de moi l'ambition d'encapsuler toute l'idéologie du film dans cette humble critique. Ni même la prétention d'avoir tout saisi.
Tout juste me risquerai-je à dire que "Persona" évoque pêle-mêle le sexe, la maternité, l'individualité, et l'identité (entre autres). Alma parle, Elisabet écoute et analyse plus qu'elle ne le laisse paraître. Les deux femmes se ressemblent, voire sont complémentaires. Finalement, l'une a-t-elle absorbée l'autre, tel un vampire ? Sont-elles en réalité deux aspects d'une même personne ? L'actrice représentant la persona, soit le masque, de l'infirmière ? Les embryons et pistes et les interprétations pleuvent.
Le tout porté par deux superbes actrices, et par une photographie noir et blanc absolument magnifique. Jouant sur les gros plans de visages contrastés, le décalage avec cet environnement marin ouvert qui n'a en fait rien d'apaisant. Et des trouvailles visuelles expérimentales, outre l'intro frappadingue. Quelques incursions en cours de métrage, des superpositions étranges sur la fin, ou un même monologue montré à deux reprises, de deux points de vue.
"Persona" est donc une œuvre immensément riche, et marquante visuellement. Qui a indéniablement inspiré d'autres cinéastes. David Lynch étant le plus évident, mais loin d'être le seul.
"Persona" a beau être relativement court (1h24), c'est un film très dense, à tous les niveaux. Très cruel et noir sur le fond, très chargé en thématiques psychologiques ou philosophiques. Il a d'ailleurs été décortiqué par moult analystes, au point d'être surnommé "le Mont Everest de l'analyse filmique" !
L'historien du cinéma Peter Cowie a par ailleurs déclaré "tout ce que l'on peut raconter à propos de "Persona" peut être contredit, le contraire sera vrai aussi"... Vous l'aurez compris, loin de moi l'ambition d'encapsuler toute l'idéologie du film dans cette humble critique. Ni même la prétention d'avoir tout saisi.
Tout juste me risquerai-je à dire que "Persona" évoque pêle-mêle le sexe, la maternité, l'individualité, et l'identité (entre autres). Alma parle, Elisabet écoute et analyse plus qu'elle ne le laisse paraître. Les deux femmes se ressemblent, voire sont complémentaires. Finalement, l'une a-t-elle absorbée l'autre, tel un vampire ? Sont-elles en réalité deux aspects d'une même personne ? L'actrice représentant la persona, soit le masque, de l'infirmière ? Les embryons et pistes et les interprétations pleuvent.
Le tout porté par deux superbes actrices, et par une photographie noir et blanc absolument magnifique. Jouant sur les gros plans de visages contrastés, le décalage avec cet environnement marin ouvert qui n'a en fait rien d'apaisant. Et des trouvailles visuelles expérimentales, outre l'intro frappadingue. Quelques incursions en cours de métrage, des superpositions étranges sur la fin, ou un même monologue montré à deux reprises, de deux points de vue.
"Persona" est donc une œuvre immensément riche, et marquante visuellement. Qui a indéniablement inspiré d'autres cinéastes. David Lynch étant le plus évident, mais loin d'être le seul.
J'ai trouvé ça très chiant en toute honnêteté. Si c'était pas le grand et l'immense Ingmar Bergman, qui forcément ne fait que des chefs d'oeuvre, tout le monde trouverait ça chiant d'ailleurs.
C'est comme être face à une toile abstraite et se trouver béat d'admiration devant qqch qui n'a pas de sens ni de fil conducteur. Ca ne dure qu'1h20 et pourtant ça en paraît 3...
C'est comme être face à une toile abstraite et se trouver béat d'admiration devant qqch qui n'a pas de sens ni de fil conducteur. Ca ne dure qu'1h20 et pourtant ça en paraît 3...
Sans doute aujourd'hui un des titres du cinéaste suédois les plus côtés au sein de la critique. Si l'aspect formel est formidable de créativité, les analyses des thématiques abordées dans " persona " donnent souvent lieu à des discours explicatifs pas toujours très clairs.
Cinéaste intimiste s'il en est, il faut ( selon moi) profiter des travaux biographiques, des témoignages de son entourage familial surtout diffusés après sa mort pour tenter de voir un peu plus clair dans le contenu de certains titres ( dont celui-ci).
Rappelons que Bergman avait arrêté au bout de trois ou quatre séances une psychothérapie " par crainte de perdre ses sources d'inspiration, s'il parvenait à régler ses problèmes intérieurs".
" Persona" fait partie des nombreux opus bergmaniens, qu'on pourrait peut-être classer sous le titre générique inspiré du roman de Mishima " confession d'un masque".
Bergman avance codé, masqué au travers de sa filmographie ( parfois même certains personnages féminins ne sont peut-être que des figures dissimulées de l'auteur lui-même).
Ici, Bergman reprend un moment de la vie du personnage de Monika ( réalisé en 1953) qui abandonnait et rejetait son enfant.
Dans " persona" c'est une comédienne qui devient aphasique après une représentation ou elle incarne le personnage de Electre ( fille qui veut venger son père tué par sa mère et son beau-père en les éliminant avec l'aide de son frère).
C'est ce rôle qui vraisemblablement lui fait toucher du doigt ce qu'elle est personnellement. Quelqu'un de traversé par des passions tristes et funestes.
Le fait que Elisabet Vogler devienne aphasique lors de son interprétation de Electre n'est pas choisi par hasard et fait sans doute référence au Jungien " complexe d'Electre" ( pendant de la théorie freudienne du complexe d'Œdipe pour les garçons).
On connaît le rapport très compliqué, voire défaillant que Bergman aura avec sa descendance de neuf enfants ( les témoignages sont suffisamment variés, nombreux et convergents).
Il est vraisemblable que c'est de cette culpabilité dont témoigne le cinéaste par l'intermédiaire de ses deux personnages féminins qui se sont débarrassés ( avortement) ou rejettent leur enfant.
C'est ( selon moi) ce défaut d'amour pour leur progéniture dont ces deux femmes ont manifesté et qui est vraisemblablement la source de leur malaise ( et le premier sujet de " persona" qui est une sorte d'illustration du refoulé )
On notera l'apparition à l'écran ( dans un rêve -expression de l'inconscient du sujet) un extrait d'un film muet ( premier film réalisé adolescent par le cinéaste) , une photo célèbre du ghetto de Varsovie ( témoignage - peut-être - de la culpabilité du cinéaste vis à vis de la sympathie qu'il dit avoir éprouvé pour le IIIem Reich jusqu'en 1946 ) une photo du suicide par le feu d'un bonze au Vietnam ( 1965), alors que les usa soutenait le régime de Diem dont la répression envers les bouddhistes était sévère...
Cinéaste intimiste s'il en est, il faut ( selon moi) profiter des travaux biographiques, des témoignages de son entourage familial surtout diffusés après sa mort pour tenter de voir un peu plus clair dans le contenu de certains titres ( dont celui-ci).
Rappelons que Bergman avait arrêté au bout de trois ou quatre séances une psychothérapie " par crainte de perdre ses sources d'inspiration, s'il parvenait à régler ses problèmes intérieurs".
" Persona" fait partie des nombreux opus bergmaniens, qu'on pourrait peut-être classer sous le titre générique inspiré du roman de Mishima " confession d'un masque".
Bergman avance codé, masqué au travers de sa filmographie ( parfois même certains personnages féminins ne sont peut-être que des figures dissimulées de l'auteur lui-même).
Ici, Bergman reprend un moment de la vie du personnage de Monika ( réalisé en 1953) qui abandonnait et rejetait son enfant.
Dans " persona" c'est une comédienne qui devient aphasique après une représentation ou elle incarne le personnage de Electre ( fille qui veut venger son père tué par sa mère et son beau-père en les éliminant avec l'aide de son frère).
C'est ce rôle qui vraisemblablement lui fait toucher du doigt ce qu'elle est personnellement. Quelqu'un de traversé par des passions tristes et funestes.
Le fait que Elisabet Vogler devienne aphasique lors de son interprétation de Electre n'est pas choisi par hasard et fait sans doute référence au Jungien " complexe d'Electre" ( pendant de la théorie freudienne du complexe d'Œdipe pour les garçons).
On connaît le rapport très compliqué, voire défaillant que Bergman aura avec sa descendance de neuf enfants ( les témoignages sont suffisamment variés, nombreux et convergents).
Il est vraisemblable que c'est de cette culpabilité dont témoigne le cinéaste par l'intermédiaire de ses deux personnages féminins qui se sont débarrassés ( avortement) ou rejettent leur enfant.
C'est ( selon moi) ce défaut d'amour pour leur progéniture dont ces deux femmes ont manifesté et qui est vraisemblablement la source de leur malaise ( et le premier sujet de " persona" qui est une sorte d'illustration du refoulé )
On notera l'apparition à l'écran ( dans un rêve -expression de l'inconscient du sujet) un extrait d'un film muet ( premier film réalisé adolescent par le cinéaste) , une photo célèbre du ghetto de Varsovie ( témoignage - peut-être - de la culpabilité du cinéaste vis à vis de la sympathie qu'il dit avoir éprouvé pour le IIIem Reich jusqu'en 1946 ) une photo du suicide par le feu d'un bonze au Vietnam ( 1965), alors que les usa soutenait le régime de Diem dont la répression envers les bouddhistes était sévère...
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