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Criticman17
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3,5
Publiée le 10 novembre 2019
Grande intelligence dans la mise en scène. Film qui a inspiré et qui inspire encore. La couleur de l’œuvre en noir et blanc est très beau esthétiquement. Film qui interpelle et qui sublime la vie humaine. Classique d'un grand réalisateur de cinéma.
Quel foisonnement! Bergman interroge les failles et les obscurités de l'inconscient et de la réalité à travers un récit où fantasme, rêve et folie se côtoient de façon indécidable. Une œuvre maîtrisée de bout en bout.
L’austérité morbide du cinéma de Bergman (ou ce que j’en connais) me laisse froid, malgré l’indéniable beauté des images et la précision des plans. Ici s’y ajoute avec plus de force qu’ailleurs une aura de mystère qui donne au film une étrange modernité. Sans doute même un certain avant-gardisme. En même temps, le film est bien de son époque, obsédé par l’indicible et travaillé par des grilles de lecture psychanalytiques qui irriguent cette plongée quasi-expérimentale dans l’inconscient d’une relation torturée entre deux femmes. J’admire la confiance finalement assez rare qui est placée dans les moyens propres au cinéma, mais le résultat ne me parle pas vraiment.
En son temps, Persona a choqué. Maintenant, rien n'a changé. Ce sont des images très crues, ancrées dans les vieilles mémoires, que Bergman va sortir du drame vietnamien des années 60, une abnégation incompréhensible alors puisque qu'elle parle anglais à travers la télévision. C'est en suédois qu'Andersson nous parle en aparté, parlant pour deux en fait puisqu'Ullmann a perdu la parole. Le choc est explosif, car de la guerre à l'érotisme, c'est tout une fresque d'audace par laquelle le réalisateur exorcise une nouvelle fois ses démons (mais sans Von Sydow), unissant deux femmes comme en un yin et yang bellement métaphorisée par les contrastes poignants et leurs vêtements toujours de tons opposés en une photographie magistrale.
C'est tout un poème schizophrénique qui est rédigé entre les deux personæ, de quoi transporter l'âme sans avoir besoin de percer le ciel de l'interprétation. Mais Persona m'a laissé un arrière-goût cendré ; a-t-il brûlé trop fort au feu de ses contrastes ou à la clarté de ses métaphores ? J'ai compris que le film est rarement saisi tout de suite, voire du tout, et j'ai pris mon temps et lu des critiques pour essayer de me former une idée du sous-texte qui fût à la hauteur de l'art graphique. J'y ai failli.
Trop souvent durant le visionnage, j'ai eu à faire l'effort, à me poser consciemment la question "qu'a-t-il voulu dire ?" Si je n'y ai pas répondu, c'est de ma faute d'analyste, mais ce qui ne l'est pas, c'est le fait même que je pus me poser la question, que j'eus la place de la formuler au milieu de ce ballet cinématographique pourtant convaincant. Je suis d'accord pour dire que Persona est un bon film, photographiquement bluffant, textuellement osé, et dont la fausse clarté n'est que le trop joli corollaire de ses contours à l'image. Mais je suis de ceux que l'interprétation, fut-elle libre ou reconnue comme difficile, a laissé dans son sillage, pour le plus grand malheur de mon appréciation globale.
Film difficile à regarder. Son illustration philosophique et psychanalytique m'a littéralement gâché mon plaisir simple de spectateur de cinéma. Film épuré au maximum, il s'efforce de donner une vision cauchemardesque à la théorie du psychiatre Carl Jung qui explique que chaque individu possède en lui un "persona" (personnage du paraître) et un "Alma" (identité enfouie et secrète). De là chaque scène chaque dialogue est minutieusement calqué sur cette théorie. Donc je ne peux pas dire que ce film est chiant et soporifique mais a trop intellectualiser son propos il s'éloigne à mon gout parfois trop du cinema et donc du spectateur que je suis
Ancêtre de Mullohand drive, un drame psychologique fascinant qui explore l’âme humaine à travers la relation troublante et fusionnelle entre une actrice devenue soudainement muette et son infirmière interprétées par deux grandes actrices. Dommage que la fin soit très confuse, certainement voulue par le réal.
Deux actrices fabuleuses, une photo et une lumière extraordinaires, avec un tel accompagnement, il était difficile de se louper pour le réalisateur. Malgré un scénario minimal il réussit à intéresser le spectateur en ajoutant sa contribution : une mise en scène très travaillée.
Persona n'est pas à proprement parlé un film. C'est plutôt une expérience, une invitation au voyage, dans laquelle le réalisateur joue avec son spectateur et où le spectateur se laisse prendre au jeu.
Un objet cinématographique assez fascinant. L’enfant qui était posé sous le linceul met ses lunettes pour voir et le film est sur l’écoute d’un silence imperturbable. Cinéma de l’expérimentation et du cérébral. Comment Bergman filme un cerveau qui réagit aux émotions d’une voix. Surprenant et majestueux stylistiquement.
Œuvre charnière dans la carrière d'Ingmar Bergman dont le cinéaste lui-même dira qu’elle lui a sauvé la vie, atténuant quelque peu son propos par la suite, "Persona" est assurément une œuvre importante qui demeure difficile d'accès notamment par son ouverture autant déroutante qu'incommodante. Il faut tout d'abord resituer le film dans le contexte personnel de son auteur. Au sommet de sa gloire depuis la très forte reconnaissance critique du "Septième sceau" (1957), Bergman s'apprête à tourner un film à gros budget pour la Svensk Filmindustri intitulé "Les Cannibales" quand il tombe brusquement malade, terrassé par une double pneumonie. Son séjour à l'hôpital dans un état de faiblesse extrême déclenche une grave crise existentielle qui débouche sur une remise en cause fondamentale de sa manière d'aborder son art. Sans doute inspiré par les différents courants, notamment français, bousculant le mode narratif aussi bien dans le domaine du roman que dans celui du cinéma, il se décide pour un projet minimaliste avec seulement deux actrices présentes à l'écran. Il rappelle Liv Ullman et Bibi Andersson parties se reposer en Tchécoslovaquie. Elles rejoignent la petite équipe qui embarque pour l'île de Farö où le réalisateur possède une résidence. "Persona" dans le théâtre antique désigne le masque que revêtaient les acteurs. Jung nomme ainsi la "personnalité sociale" de l'individu lui permettant d'organiser son rapport aux autres en opposition à l'alma (subconscient en suédois) où se trouve enfouie sa réelle personnalité. Une persona plus ou moins envahissante notamment chez les acteurs qui ont la possibilité par leur art de se réfugier derrière leurs rôles. La confrontation à son subconscient pour trouver son moi réel et profond peut-être une expérience douloureuse. Selon Jung, le "je" est même quatre : l'ego, la persona, le soi et l'ombre. Les théories du psychiatre controversé sont revenues à la mode au début des années 1960. Elles fascinent Bergman qui en fera le thème central de son film (Alma sera même le prénom de l'infirmière interprétée par Bibi Andersson). Débarrassant son récit de toute scorie narrative, le réalisateur confronte deux femmes dans un lieu clos où patiente (Liv Ullman) et infirmière (Bibi Andersson), elles vont explorer toutes les facettes de leurs personnalités respectives par un jeu de miroir, curieux mélange de sincérité et de perversité, qui les amènera aux limites de la folie. Pour cette expérience autant psychologique que sensorielle, Bergman a choisi la force de contraste du noir et blanc qui lui permet, épaulé par son fidèle chef opérateur Sven Nykvist, d'utiliser un subtil jeu d'ombres et lumières pour tout à la fois magnifier la beauté de ses deux actrices et traduire les tourments intérieurs qui les submergent. Les films de Bergman se ressentent plus qu'ils ne s'expliquent et "Persona" encore plus que les autres qui fit l'effet d'une bombe à sa sortie dans le milieu de la critique intellectuelle. Sans pouvoir être relié à aucun genre cinématographique, "Persona" par la sourde inquiétude qu'il diffuse revêt quelquefois les habits du film fantastique via la vampirisation l'une de l'autre à laquelle se livrent les deux jeunes femmes. Chaque nouvelle vision du film fascinera tout autant qu'elle fournira des éclairages nouveaux sans jamais donner de clef. On dit par exemple que Bergman est tout sauf un cinéaste délivrant un message social. "Persona" analysé jusqu'à présent sous l'angle jungien peut aussi révéler une facette de la domination entre les classes sociales. À coup sûr on ne peut être indifférent à ce chef d'œuvre épuré aux multiples facettes réalisé par le maître suédois au mitan de sa longue et prolifique carrière.
Persona : une théorie de Jung qui consiste à sonder l'inconscient; le masque porté par les acteurs dans le théâtre antique. Ces deux définitions - et par conséquent le titre - annoncent parfaitement ce qu'est le film : un parcours psychanalytique complexe qui réfléchit sur les questions de la faute et du mensonge, de l'être et du paraître, des questionnements sérieux qui nécessitent une attention scrupuleuse de la part du spectateur, afin de tenter de percer quelques-uns des mystères de "Persona". Car si le film est très bavard et délivre les secrets refoulés des deux femmes (le récit de la plage pour l'infirmière; le fils rejeté pour l'actrice), il est aussi fait de zones obscures fascinantes et complexes, plaquées sur le problème de la dualité et de l'identité : si Alma et Elizabeth sont d'abord bien distinctes, comment expliquer leur rapprochement soudain et ce plan qui unit une face de leurs deux visages en un seul ? Vampirisme de l'actrice perverse sur une infirmière qui s'est trop dévoilée, perdition mentale de deux femmes qui ne savent plus qui elles sont ou bien encore mise en scène onirique du cinéaste qui brouille les pistes dans des séquences à la véracité remise en cause ? Les interprétations sont multiples, appuyées de nouveau par la densité sémantique du titre car "Persona", c'est aussi la fausse identité, autrement dit le personnage qui s'annule, qui devient "personne" : Gilles Deleuze avait d'ailleurs dit que le fort usage du gros plan - très souvent employé dans le film - "participe d'une dissolution du personnage" car, en ne voyant plus que le visage, le personnage s'efface à l'instar de toute forme de singularité. Ces questions qui tournent autour du contrôle et de l'acceptation de soi sont universelles, elles nous hantent chaque jour et c'est pour cela que le film est obsédant, parce que le jeu de miroir entre Alma et Elizabeth est aussi le nôtre avec la société, avec ceux qui nous entourent au quotidien. Aussi fort que puisse être le contenu du film, il n'aurait sans doute pas eu la même portée sans une mise en scène aussi radicale et moderne, comme ce prologue kaléidoscopique, apparemment tiré d'un cauchemar de Bergman, qui annonce de façon très abstraite la voie que suivra le film et qui assume une révolution cinématographique, avec notamment ce plan d'un projecteur en route (symbole d'un nouveau cinéma ?) et l'image d'un enfant qui touche le visage d'une femme projeté sur l'écran, représentation d'un cinéaste dont le désir de mettre en forme ses obsessions est criant et sur le point d'inventer un nouveau langage pour le septième Art, fragmentant l'image et rejouant la même scène afin de mieux servir son propos, tortueux mais passionnant. "Persona" est un film hautement réflexif qui réclame une grande patience et qui, si on accepte la force de sa proposition, nous entraîne vers des sommets insoupçonnés, aux côtés des magnifiques et sensuelles Bibi Andersson et Liv Ullmann, un couple éternel pour un film magistral, l'un des plus beaux que j'ai pu voir à ce jour.
Si je sais déjà qu'il me marquera un moment, j'ai quand même eu du mal avec ce film ontologique dont les envolées expérimentales et surréalistes rappellent autant Buñuel que les travaux à venir de David Lynch. Entrecoupant des séquences plus académiques (quoique la construction des scènes brouille les repères sur les personnages et que la photo de Sven Nyqvist s'offre avec mystère et effroi), ces images saccadées et hallucinées sont pourtant les plus proches de la réalité de l'être telle que la définit le film, qui se construit, sur la base de la psychanalyse de Jung, comme une déconstruction de l'illusion d'être soi au-delà de l'image qu'on projette vers les autres. Après m'être enfilé 7 des 8 épisodes de True Detective saison 1, les yeux et l'esprit embrumés par ma petite séance de binge watching, il était d'ailleurs infiniment perturbant de constater que deux œuvres a priori sans grand chose en commun soient tissées sur les mêmes idées nihilistes, sur la même peur de n'être rien. Au final, j'ai quand même un peu de mal avec la façon dont Persona instille cette peur, craquelle le maquillage de ses personnages en les tordant, les redéfinissant sans cesse de façon abrupte et même violente. Voir les deux femmes se déformer et s'invertir ainsi est en accord avec le propos, bien sûr, mais cela en fait un peu trop facilement des éléments abstraits dont les contours sont privés de substance. Voilà ce que ratait Bergman à mon sens ; préserver assez longtemps l'humanité de son/ses héroïne(s) pour donner vraiment à sentir leur douleur quand celle-ci s'extirpe inévitablement de leur être. Trop froid, trop uniquement intellectuel, même si sur ce plan, la construction de Persona ne souffre pas vraiment de contestation.
Un drame captivant qui laisse place à diverses interprétations ; en effet, plusieurs sujets sont abordés explicitement et ouvertement : le mutisme, la culpabilité, la passion amoureuse, le trouble de l'identité... Dans ce film, ingmar Bergman, comme à son habitude, symbolise la mise en scène et la magnifie : un noir et blanc sublime, de belles prises de vue. Deux personnages énigmatiques dont la personnalité est tantôt fragile tantôt ambiguë.
Une oeuvre difficile à juger. La première partie lente et austère se révèle assez ennuyeuse. Tout bascule dans la seconde moitié du film qui devient alors un quasi thriller psychologique teinté de fantastique et reste captivant jusqu'à la fin.Héritier de Bunuel annonciateur de Lynch le film de Bergman malgré son austérité ne laisse pas insensible tant il est semé d'indices que le spectateur devra déchiffré.Il est en outre magnifiquement filmé dans un noir et blanc qui joue avec les contrastes comme rarement vu sans oublier la magnifique prestation de ces deux actrices principales.
"Persona" est une oeuvre difficile d'accès qu'il faut analyser et décortiquer pour comprendre la pensée et la direction de son auteur. Et même comme cela, de nombreuses subtilités nous échappent. On pourrait presque dire que "Persona" est du Lynch avant l'heure. Outre cette intrigue alambiquée, les non-dits, les différentes interprétations possibles, on retrouve certains thèmes chers au cinéaste suédois comme la mort et la souffrance de la vie. Ce n'est pas gaie et le film ne dégage d'ailleurs aucune joie de vivre, bien au contraire. L'ambiance se fait vite étouffante et tendue et plonge le spectateur dans un mal-être et un état d'esprit sombre. Se conjugue à tout cela une mise en scène exceptionnelle d'Ingmar Bergman, donnant son ampleur au long métrage. Du grand art !!!!