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Bruno François-Boucher
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5,0
Publiée le 26 mars 2015
Persona est un film incroyable, assez difficile d'approche il faut le dire, surtout la première fois quand on est très jeune, mais qui recèle des questionnements rarement atteints dans l'histoire du cinéma. La relation entre les deux femmes comme deux facettes d'une même personnalité qui s'affrontent est directement inspirée par le travail de Jung sur la « persona », masque social, image, créée par le moi, et qui peut finir par usurper l'identité réelle de l'individu. Les recherches que fit Bergman au théâtre influencèrent également directement le film. Il est intéressant de remarquer que Bergman, frappé par la ressemblance entre Liv Ullmann et Bibi Andersson, écrivit le scénario à partir de cette constatation. La photo en noir et blanc de Sven Nykvist est remarquable et le générique un modèle du genre. Bergman y détruit toute convention, allant jusqu'à faire se casser la pellicule dans l'appareil, ce qui en dit long sur sa réflexion sur le 7ème art et sur les perspectives ouvertes à partir de ce film. Nombre de créateurs, et pas les moindres, s'y engouffrèrent par la suite.
Un classique parmi les classiques... Bergman mélange ici histoire de vampires, schizophrénie, exutoire psychanalytique et histoire d'amour pour nous livre un film intense, maîtrisé, et frôlant parfois le cinéma expérimental. Un bon cru, captivant !
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Mon premier Bergman... Il est vrai que le mec savait se servir d'une caméra, la photo est magnifique, les cadrages sont très justes, côté plastique, rien à reprocher, le prologue est superbe ! Le soucis, c'est le scénario, je connais la génèse de celui ci, Bergman l'aurait écrit sur un lit d'hôpital en seulement deux semaines, ça force le respect. Toujours est-il qu'on est à la limite de l'expérimental, j'ai eu beaucoup de mal à comprendre, c'est très froid, très neutre, on se surprend à admirer plus la mise en scène que le propos du film. Cependant, le réalisateur suédois n'est pas considéré comme l'un des meilleurs cinéastes pour rien, il y a d'énormes qualités dans ce film, mais il fait partie de ces oeuvres que je suis content d'avoir vu car elles m'ont clairement apporté quelque chose dans ma façon de voir le cinéma, elles n'en restent pas moins assez hermétiques et difficiles d'accès. Persona reste un bon film, qui m'a donné envie de découvrir la filmographie de Bergman, et rien que pour ça je l'apprécie !
Mon avis final ? Moyen, neutre, je ne sais pas. Beaucoup à dire mais pas grand chose à en tirer. Pas nécessairement mauvais. Persona, ce genre de film d'auteur que l'on regarde alors qu'il y a peu à voir, que l'on ne comprend pas, et dont il n'y a en réalité rien à comprendre, aucune explication. C'est extrêmement frustrant. Non, ce film n'est pas mauvais. Il est court, on ne perd donc pas son temps, ouf ! Bergman use d'un style complètement épuré. L'image est vide, les décors d'un gris-blanc uni glaçant et sans émotion. Sur l'image, il n'y a donc strictement rien à voir, à moins d'y trouver une analyse abstraite digne de l'art contemporain que personne n'aime. Peut-on se contenter d'un bon scénario ? Absolument pas. C'est un film au sujet métaphysique, psychologique, paraissant hautain de par sa subjectivité et l'incompréhension qui en résulte. Ce film, on le regarde, on essaye de suivre ce qui se passe, on est intrigué, on veut comprendre. Mais malheureusement, il se termine, comme ça, sans qu'on n'ait vraiment avancé. Quelques explications à la fin sur la personnalité de Elisabet, qui arrivent d'ailleurs comme un cheveu sur la soupe, mais absolument rien sur ce qui a été vu et qui a pu nous paraître curieux, étonnant. Mais alors, sur quoi se reposer pour apprécier ce film ? Pour trouver une raison de voir ce film, il faut jouer les cinéaste analystes en observant scrupuleusement le montage et la réalisation, le rapport entre les plans et les dialogues, entre l'image et le son, la musique, discrète voire presque inexistante mais pourtant ajustée avec minutie. J'aurais envie de dire que cette manière de faire pourrait trouver meilleur refuge dans un scénario adapté à un public un peu plus large. On cite souvent Lynch pour comparer, et ce n'est pas sans raison. J'ai eu l'impression, par moment, de retomber dans l'incroyable et fascinant bordel de Mulholland Drive.
L'œuvre de Bergman peut paraitre très difficile d'accès de par ses sujets abscons, la plupart du temps nébuleux.
Le film Persona peut s'étiqueter quant à lui dans la catégorie de film psychologique, voir même métaphysique. Les métaphores ne se cachent jamais bien loin. Dès le début du film on trouve une scène où un jeune garçons, dans un hôpital, subjugué par l'image géante d'un visage féminin. Cette scène ne posera pas de souci de compréhension à un spectateur averti, et connaissant un peu l'auteur Suèdois, qui comprendra que Bergman pointe ici du doigts l'importance de la figure maternelle dans notre psychologie. On notera d'ailleurs l'absence de l'homme, oui le vrai le bonhomme, qui en tant que gentleman (une fois n'est pas coutume ) laisse la beauté féminine menée le film...Tout est un peu comme ça dans la mise en scène de Bergman, ce qui donne un ton intéressant, avec des angles originaux, et uniques. Un plan restera gravé dans ma mémoire pour la situation dans laquelle il m'a mis : Pendant que les 2 actrices lorgnent in-amoureusement le spectateur en brisant avec fracas le 4em mur, j'ai eu le sang qui s'est glaçé d'un coup. Vrrrrr ! J'en ai encore des frissons.
Le sujet est des plus intéressant. Est-on tous sain d'esprit ? Quels événements nous pousseraient au mutisme, au rejet de soi ? Le tourment nous guette, et il se transmet.
Une intro aux images dures (mouton égorgé, main transpercée par un clou), un générique aux images subliminales, un enfant s'éveille et on entre dans le vif du sujet par ce 1er décor extrêmement froid de cette chambre de clinique où la superbe Liv Ullmann nous interprète ce personnage pour le moins originale d'une actrice qui va soudainement sombrer dans le mutisme en pleine représentation. Ne souffrant d'aucune pathologie physique ou mentale on découvre rapidement le 2ème et dernier décor de ce film, une maison en bord de mer où la patiente va se ressourcer en compagnie de sa jeune infirmière. S'ouvre un très long monologue de la professionnelle si heureuse de pouvoir parler à quelqu'un qui ne fait qu'écouter qu'elle va finir par confier ses péchés passés. C'est vraiment une drôle d'histoire et une drôle de relation que nous propose là Bergman mais quelle mise en scène! Quelle brillante interprétation de ces immenses actrices! Et comme toujours quelle magnifique lumière dans ce noir et blanc parfaitement photographié par le génial Sven Nykvist! Un scénario et des dialogues bigrement intelligents. Le fin est un peu déroutante notamment avec cette incroyable scène répétée par deux fois pour voir de chaque point de vu superposant les visages pour montrer l'osmose entre ces deux femmes. Du Bergman comme j’aime où on sent qu’il laisse libre court à son imagination pour nous montrer un cinéma différent et diablement enivrant…
Un écran blanc, un son de sonneries, un compte à rebours allant de 10 à 7, une femme, un squelette, la mort, le diable, une araignée, un mouton, un arbre ou encore un gamin posant sa main sur un écran où l’on voit le visage d’une femme… Et commence « Persona ». Sorti au milieu des années 1960, ce film de Bergman nous fait suivre une actrice de théâtre qui se retrouve brusquement muette et qui va être envoyé par sa clinique au bord de la mer en compagnie d’une jeune infirmière pour s’y reposer.
Le réalisateur suédois nous livre un face à face entre ces deux femmes dur et éprouvant, marqué par deux personnages forts, ambigus et mystérieux, notamment cette infirmière qui va d’abord se confier énormément, s’attacher à ce personnage muet et se sentir libéré avant d’entrer dans une crise existentielle avec cette star qui ne parle pas mais qui l’écoute et écrit. Bergman sonde l’âme humaine et instaure une atmosphère de plus en plus trouble, intense voire malsaine par moment, il laisse le spectateur interpréter les images et les dialogues. L’écriture est excellente et surtout les dialogues. Chaque phrase sonne juste sans que ce ne soit jamais lourd (notamment lors de la scène où le dialogue est lu deux fois mais le suédois capte les différentes émotions des deux personnages).
Bergman est toujours dans le vrai et capte au mieux les sentiments/émotions/expressions des personnages. Techniquement c’est superbe que ce soit au niveau de ses cadres, de ses plans, des jeux d’ombres et de lumières ou bien évidemment de la magnifique photo en noir et blanc.
Ce face à face est magistralement interprété par deux actrices, Liv Ullmann dans le rôle de la star et la superbe Bibi Andersson dans celui de l’infirmière, qui donnent vies à leurs personnages et permettent de nous immerger dans l’histoire.
Décidément, en sept films vus d’Ingmar Bergman, je n’ai jamais été déçu et celui-là se place parmi les meilleurs. Un drame intense, dur, captivant, marquant, superbement mis en scène et interprété.
Un film à revoir. Je trouve le style de Ingmar Bergman très moderne bien que ce soit en noir et blanc. Il a inspiré de nombreux réalisateurs tels que David Lynch, Mulholland Drive à quelques caractéristiques de Persona. duel féminin, jeux de rôles, fiction ou réalité.
Film à part entière dans la grande carrière du cinéaste, Persona a quelque chose qui nous frappe et ne peut pas nous laisser insensible. Véritable réflexion sur le cinéma et l’être humain, Bergman, dès son introduction trouble, choque, nous laisse pensif. Mais pas le temps de réfléchir à cette 1ère séquence, car une fois l’histoire commencée tout va se mettre en place : ces deux femmes, Bibi Anderson l’infirmière et Liv Ullmann l’actrice de théâtre devenue muette, vont se retrouver dans un cadre paradisiaque, l’île de Faro, avec le réalisateur suédois aux manettes. A partir des travaux, basés sur le psychanalyste Jung, Bergman va travailler son film en mettant en avant l’inconscient, la dualité représenté par une mise en scène où son montage, sa musique, ses décors coïncident parfaitement avec son sujet. Mais même si l’histoire semble simple, cerner ce film demandera sans doute plus d’un visionnage, comme moi. La place du cinéma a, évidemment, son importance particulière car c’est une pellicule qui, en quelque sorte, ouvre le film puis le ferme. Il joue beaucoup des interdits: déchirure de l’écran, regard caméra, entre autre, et des effets : fondus, effets de flou, répétition. Souvent analysé, commenté, il est un des piliers du cinéma suédois et celui de Bergman, une œuvre à part qui mérite toute notre attention, d’une part, par sa somptueuse photographie et d’autre part, par le talent indéniable de ces deux grandes actrices qui frappe par leur justesse et la richesse de ce qu’elle peuvent renvoyer par la parole pour l’une et le regard pour l’autre. A redécouvrir dans sa magnifique édition restaurée.
J'en sors avec le sentiment qu'au bout de la première vision, le film n'a pas livré tous ses secrets. Un récit passionnant sur le rapport à l'autre, dans lequel la fascination et l'animosité interagissent comme des forces physiques, heurtant les personnages, les modelant au plus profond d'eux-mêmes.
Personna est un film sensible, qui se regarde plusieurs fois et à chaque visionnage la complexité de la relation entre les deux femmes nous apparait nouvelle, remplis de mystère. BERGMAN fait parti de ces réalisateurs qui savent travailler un scénario pour s'éloigner du consensuel, et arrive à faire un film qui ne subi le temps. Le début est forcement marquant avec l'enchaînement d'images choc et l'arrivé de cet enfant qui regarde l'écran, alors même que l'histoire se destine à un public averti. C'est un film psychologique, qui peut souffrir de longueur, notamment avec la scène en échos sur la disparition du bébé, mais le cadrage très personnalisé permet au spectateur un minimum amateur de se laisser porter par la complexité des plans. Les décors épurés, notamment à l'hôpital, augmentent le travail et son impact fait sur la photo'. ULLMANN porte à merveille son rôle, pas simple, puisqu'il se résume presque à un tête à tête avec la caméra (elle est très jolie avec ses lunettes). Les dialogues sont de bonnes qualités, et on ne peut qu'être marqué par l'érotisme de l'accouplement à la plage.
Peut-on réellement juger ce film quand on est ni psychologue, ni spécialiste de Bergman ou ni un cinéphile de haut-vol avec une très grande capacité d'analyse ?
Ça commence par un générique très expérimental, une sorte de pèle-mêle de toutes les peurs et misères humaines, on a la guerre, une crucifixion, une araignée en gros plan (sympathiques bébêtes), et surtout un pénis en image subliminale. Ça commençait bien. Enfin que je dis ça commençait, le reste n'est pas mal non plus. Je pense qu'il n'y a pas grand chose à reprocher au film d'un point de vue plastique, c'est magnifique tout simplement, que ce soit au niveau de la photo ou de la mise en scène. Même si on adhère pas, on peut au moins lui reconnaître ça, le film n'a pas rien pour lui. Ce qui est bien c'est de voir à quel point Bergman fait ce qu'il veut, refuse les conventions et nous propose un film très épuré, avec quasiment deux personnages uniques (dont l'un mutique), très bien interprétés (on est pas dans la performance quoi), en réussissant à nous intéresser et à dire des trucs. Le thème du film c'est l'identité, les personnages se perdent au fur et à mesure, la dominante devient dominée, les identités se troublent au détour d'un gros plan très bien pensé. Et si le film m'a plu, c'est parce que le centre du film c'est la relation entre les deux femmes, et qu'elle est bien écrite, avec des scènes longues qui durent, un truc que j'aime toujours voir au cinéma. J'ai particulièrement retenu la scène où Alma confie à sa patiente ses ébats érotiques. C'est presque plus excitant que de le voir. Et je suis toujours fasciné par les femmes au cinéma (quand elles sont bien filmées (ba oui, j'ai pas changé depuis quelques jours)) alors un film avec deux femmes qui ont une relation très... je ne sais pas comment la qualifier, tordue ? Ambiguë ? Pas claire ? Mouais, un peu de tout ça. C'est un film vraiment intéressant, très bien fichu, je me suis pas ennuyé une seconde (en plus).
Il est étrange de voir que David Lynch n'ait jamais, à ma connaissance, cité Persona (et à moindre échelle le film suivant de Bergman, L'heure du Loup) dans ses influences sur son travail au cours de ses différents entretiens. En effet, ce film comporte énormément d'éléments que l'on retrouvera de près ou de loin dans Mulholland Drive ou Lost Highway, deux des incontestables chefs-d’œuvre du réalisateur d'Elephant Man. En même temps, celui-ci n'a, par exemple, jamais cité Kiss Me Deadly de Robert Aldrich, et pourtant là encore l'ascendant est assez flagrant. L'ami Lynch aime certainement, à l'image de ses films, être nébuleux et tordu dans ses déclarations et ses intentions.
Bref, assez disserté sur le cinéaste américain pour se concentrer sur cette œuvre culte et formellement impeccabe d'Ingmar Bergman. L'immense maître suédois, figure de proue du cinéma d'auteur complexe et métaphysique, signe là un huis-clos étrange et fascinant où une charismatique actrice soudain frappée de mutisme et sa jeune infirmière aussi naïve que bavarde se retrouvent seules dans une maison au bord de la mer pour la convalescence de la première nommée. Progressivement, la complicité entre les deux femmes va se transformer en une attirance physique, puis faire un violent tête-à-queue pour se transformer en une sorte de face-à-face psychologique où les valeurs seront inversées. Tout ira alors progressivement vers la confusion la plus totale, et le violent trouble de l'identité et de la personnalité ressenti par les deux personnages n'en sera qu'accentué. Le spectateur aussi est déboussolé, tout autant qu'intrigué. Cela justifie mes propos donnés en préambule : on voit bien là les similitudes avec le futur travail de Lynch.
Extrêmement minimaliste dans ses décors et sa photographie, ultra-soignée dans ses choix de cadrage et de mise en scène, Persona a également tout du film expérimental, en témoigne sa brillante introduction complètement hallucinante et hallucinée, où, mêlant en même temps de brèves images horrifiques et enfantines, crues et légères, Bergman se laisse aller à des dérives visuelles nées un peu plus tôt dans son esprit tortueux au cours d'un glauque séjour à l’hôpital. En même temps, et comme il le fait très souvent, celui-ci met son travail en abyme, et ne cesse de nous rappeler que nous regardons un film. Les actrices, tout comme lui, abattent sans cesse le quatrième mur, brouillent les pistes entre réalité et fiction. Liv Ullmann, comédienne fétiche du cinéaste suédois, et son quasi-double à l'écran, l'excellente Bibi Andersson, donnent pleinement corps à ce rude combat psychologique entre ces deux femmes à la fois si proches et si opposées.
Persona marque de plus un tournant important dans la filmographie de Bergman dont la carrière commençait à s'essouffler dans les années 60 et dont les œuvres étaient de plus en plus critiquées. Avec ce film abstrait, viscéral et très sombre, à l'ambiance quasi-surnaturelle, il réalise un incroyable coup de maître empreint de folie artistique et de liberté créative qui marquera des générations entières de cinéphiles et de cinéastes.
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