Je ne saurai dire pourquoi je m'attendais à un film très étrange avec ce Persona, et c'est le cas, toujours très maîtrisé avec une photographie splendide (il y a quelque chose de très nordique dans cette atmosphère que je ne saurai décrire, le film m'a transporté dans le lieu de son action, sur ces plages avec ce vent froid), les deux actrices sont juste magistrales, mais le meilleur reste dans la mise en scène à la fois grandiose mais aussi expérimentale, refusant l'académisme. Certains passages me faisaient penser à un film presque de la Nouvelle Vague. C'est un très bon film qui sait garder une part de mystère.
Bergman a ce secret de faire se succéder les images les plus incongrues tout en leur assignant la portée la plus métaphysique qui soit. Un art dont seul lui, et quelques autres illustres réalisateurs, possède la clé. Quoiqu'il en soit, Persona, fruit de la psychologie analytique jungienne et du jeu sur les contrastes est d'une subtilité et d'une concision exceptionnelle. Peu de films ont autant expérimentés le champs des possibilités cinématographiques.
Bergman signe ici un film très intimiste reposant sur une relation ambiguë entre deux femmes qui semblent si différentes au départ ( l'une est une actrice reconnue mais qui ne parle plus, l'autre est une jeune infirmière bavarde comme une pie) mais qui au final se rapprochent et paraissent presque identiques. Leurs rapports sont complexes, d'ailleurs le film est complexe et interrogateur. Dès l'introduction étrange et malsaine et jusqu'à la fin, le film nous interroge, nous fascine. Je reprocherais principalement à l'oeuvre d'être parfois bancale et un peu froide même si ceci ne s'applique heureusement pas tout le long du film. A noter la mise en scène soignée de Bergman et un duo d'actrices délicieux. Un très bon film à n'en pas douter mais peu accessible.
Un drame psychologique parfait ! Je tiens d'abord à en poser la contexte : Bergman s'interrogeait sur les fondements de la foi chrétienne à travers une trilogie comprenant A travers le miroir, Les communiants et Le silence. Persona arrive donc juste après et poursuit les ambitions du réalisateur en poussant aux limites les plus extrêmes sa volonté d'investigation du psychisme en biaisant par l'auto-analyse. La deuxième interrogation au centre de ce film est en rapport avec le titre et à la psychologie analytique Jungienne puisque Bergman soulève la question du dispositif même de l'enregistrement cinématographique en tant qu'il capture le visage et la voix de l'autre. Petit point historique : persona est à l'origine le masque que portaient les acteurs de théâtre antique. Jung s'empare du terme pour désigner la façon dont chacun se fond dans une personnalité prédéfinie en rapport à son rôle social. Ainsi notre moi interne n'a aucun mal à se couler dans la persona ce qui va nous amener à nous tenir pour ce que nous sommes aux yeux des autres sans savoir quelle est notre essence intime. Il s'agit donc d'un masque social. Bergman s'inspire énormément du travail de Jung pour réaliser son film. En effet, le film oppose Elizabeth, comédienne qui a réussi socialement et échoué dans sa vie sentimentale, avec la jeune infirmière à la personnalité moins tourmentée. Le long séjour va nous montrer une cure analytique au cours de laquelle ce sera, paradoxalement, l'infirmière qui s'épanchera pendant que sa patiente l'écoutera avec attention. Bergman examine les pouvoirs sensationnels du cinéma sonore comme un instrument d'écoute. Les paroles n'ont plus leur pouvoir puisqu'elles sont supplantées par des expressions, des regards, des mouvements convulsifs, des réflexes d'une actrice muette et tétanisante. Les silences prolongés de Liv Ullmann sont d'ailleurs mis en relief par la démence verbale de Bibi Anderson. Une telle virtuosité analytique n'a jamais été revue dans l'histoire du cinéma. Rajoutons à cela un pré-générique somptueux qui mêlent des visions cauchemardesques avec des mécanismes de projection cinématographique. Un film duquel on ne peut passer outre.
Le film le plus mémorable d'Ingmar Bergman,tout simplement car il y réinvente l'art de la mise en scène,tout en provoquant un trouble déroutant sur la quête d'identité."Persona" n'a rien d'attirant a priori.Une infirmière envahissante,Alma et une actrice mutique,Elizabeth,seules dans une maison sur le littoral.La conversation incessante de l'une trouve le regard compatissant de l'autre.Les 2 femmes s'observent,s'épient,jusqu'à ce qu'Alma commençe à se sentir devenir Elizabeth.Quand la perte de son soi intérieur provoque la schizophrénie.Leur traumatisme concerne leur incapacité au comportement maternel.Bergman brouille encore plus les pistes,bien sûr avec l'obsédant prologue de 6 minutes,assemblage d'images horrifiques et dérangeantes.La pellicule s'embrase,est rembobinée,démontrant le caractère éphémère de l'image.Le ressenti supérieur à la vision.Bibi Andersson,de plus en plus perturbée,et Liv Ullmann,au masque qui se craquèle,sont les 2 faces d'une même pièce.Qu'y a t-il de pire que de ne plus savoir qui on est? Cette oeuvre, inspiratrice des travaux ultérieurs de Lynch,se positionne habilement sur la réversibilité des apparences.Un duel métaphysique entre 2 femmes fragiles.Très psychanalytique,dur à perçer,et franchement glacial,mais le perçer revient à toucher du doigt un héritage incomparable.
Encore une fois je suis ébloui par la qualité des images et la direction d'acteurs, Bibi Anderson et Liv Ulmann magnifiques dans des scènes très subjectives. Pour l'histoire, dans un premier temps ça reste assez cohérent ensuite Bergman brouille les cartes, il en profite au final pour garder quelques as dans la manche ce qui n'aide pas vraiment à la lecture du jeu.
Persona est un film étrange. Après un générique évocateur du sujet du film, Ingmar Bergman nous laisse découvrir deux personnages féminins, sujets de l'oeuvre. Intéressant sur de nombreux points, Persona marque surtout par son ambiance bizarroïde, ayant sans nul doute inspiré David Lynch. La mise en scène est précise (certains plans sont parfaits), les acteurs ultra convaincants, les musiques parfois stressantes (et surprenantes), mais le sujet manque d'interêt. Entendre un seul et même personnage parler pendant plus d'une heure est pour le moins déroutant et surtout fatiguant. On se lasse rapidement, cet effet étant amplifié par les trop nombreux cris et larmes, qui submergent le film et finissent par le noyer. Malgré cela, il est intéressant d'observer la fusion progressive des deux héroïnes. Elles se superposent et finissent par ne devenir qu'une. Folie? Schizophrénie? Aucune réponse, seulement un film déplaisant, brillant uniquement pour la composition de ses plans.
Persona est un Bergman dans ce qu’il peut avoir de plus extrême, à la fois dans la forme et dans le fond. Extrême aussi dans son ambition, démonter les rouages psychologiques de deux personnes, ce huis clos entre deux femmes, dont une volontairement muette, nous fait passer par tous les états d’émotionnels possibles. Très juste dans son analyse de la psychologique, doc, ce film très exigeant reste tout de même destiné à un public averti. Que demande le peuple ? ‘’Ca n’a pas trop vieilli ?’’ Si l’introduction et la fin du film peuvent paraître marquées années 60, le cœur du film n’a pas pris une ride et n’en prendra pas.
un film d'une poésie et d'une esthétique incroyable, aux personnages complexes, qui finiront par se confondre visuellement et interprétant une histoire apparemment simple sur la recherche identitaire de deux femmes/mères.Tourné uniquement avec 4 acteurs (l'infimière et la comédienne, et deux seconds rôles le mari de l'infimière et son médecin chef), le film est élaboré autour d'une mise en scène sobre où chaque mot, chaque son, chaque geste ou expression corporelle (et surtout faciale) a sa place et est mis en relief par les plans. les jeux de lumières et d'obscurités ont également beaucoup d'importance. L'introduction marque de prime abord avec ses scènes qui se succèdent de manière anarchique, les unes sanglantes, les autres dérangeantes (notamment l'égorgement du mouton ou les mains clouées) ou banales, interrompues par des flash de lumières et nous plonge d'ors et déjà dans un voyage onirique et poétique, mais nous fait également pressentir une certaine violence. une fois encore c images ne sont pas introduites par hasard, puisque nous les retrouverons au moment de la césure du film. En conclusion, même si le coté un peu "intello" ou cinéphile averti peut décourager certains d'entre nous ce film vaut plus que la peine d'être vu ne serait ce que pour sa beauté visuelle .
Hallucinant! Le maître suédois Ingmar Begman expose ici deux femmes, en apparence normales mais qui, comme tout être, a des réactions et des pensées au delà de la normalité. Captivant
Un chef d'oeuvre ! On se laisse totalement happer par ses 90 minutes dans ce qui paraît être le subconscient de ces deux femmes remarquablement interprétées par Liv Ullmann et Bibi Andersson. La photographie en noir et blanc est en outre inoubliable et Bergman s'en sert admirablement pour servir l'histoire son film. Le point culminant du film étant le plan où l'on voit le visage de l'infirmière et celui de la patiente se fondre en un seul. De plus, Ingmar Bergman laisse un champ d'interprétation immense au spectateur ce qui la marque d'un très grand metteur en scène.
Bergman au sommet de son art, et c'est peu dire tant le résultat est éblouissant. Pourtant, il y avait craindre quelque peu l'ennui, tant le fait de tenir 90 minutes avec deux actrices paraissait compliqué, qui plus est pour un réalisateur aussi "verbal" que Bergman. Pourtant, c'est au final une gageure tant il y a de quoi être subjugué par ce qui se déroule devant nous. Au-delà d'une technique toujours aussi éblouissante, que ce soit par la lumière et la photographie, on est troublés de bout en bout par ce face à face qui n'en est pas vraiment un, psychologiquement intense et qui sait pourtant se faire d'une incroyable subtilité. Chaque mot semble ainsi pensé, réfléchi, dosé, rendant le "duel" particulièrement troublant, abyssal même dans certaines scènes, rien n'étant d'ailleurs jamais souligné, Bergman préférant au contraire laisser à chacun une certaine liberté dans son interprétation. Tout n'est ainsi jamais tout blanc ou tout noir, simplement poignant, impénétrable, dense... Et que dire de cette éblouissante scène ou Bergman filme le même dialogue deux fois afin de capter au mieux les différentes émotions de ses deux personnages? Mais en parler plus serait trop vous en dévoiler : n'hésitez donc pas à tenter cette inoubliable expérience qu'est "Persona". Un très grand film.
difficile de decrire un film aussi bon,tres bien filmé, percutant a souhait,et emouvant et douloureux ,et par moment magique,je crois que c'est ca en partie le cinéma.et que dire des actrices!la grande classe
Un chef-d'oeuvre, tout simplement. Moi qui adore le cinéma je n'ai pourtant pas une énorme connaissance dans ce domaine malheureusement. C'est récemment que j'ai découvert Ingmar Bergman. On m'en avait dit beaucoup de bien et suite à cela j'ai cherché dans un premier temps "Cris et chuchotements", mais pas facile à trouver en location. Alors j'ai opté pour ce qui se présentait à moi, Persona en dvd. Le début et très intriguant, je ne m'attendais pas à une telle "introduction", j'aime, j'accroche! Les scènes sont tournées avec une telle simplicité, une telle justesseque l'ensemble n'en est que véritablement très beau! Persona est très inovateur également, la fusion des deux personnalités pour au final se retrouver à l'opposé de ce qu'elles sont au départ se fait de façon très sensible, douloureuse et envoutante. Et suite à cela je ne pense pas qu'à l'époque ce film était accessible à tous. Il a beau daté des années 60, il est à hauteur voir supérieur à ce que l'on peut faire de nos jours! Impréssionant!
Réalisé en 1966 par Ingmar Bergman, Persona est un film profondément novateur qui en a inspiré plus d’un et qui reste encore aujourd’hui un chef d’oeuvre incontesté du 7° art. A la fois âpre et douloureux, mais néanmoins envoûtant, il navigue perpétuellement entre rêve et réalité, monde intelligible et monde sensible. Les magnifiques gros plans qui parsèment l’œuvre, la poésie des images et des sons semblent nous raconter les maux d’une femme tiraillée entre ce qu’elle « est » en elle-même et sa présence au monde extérieure. Elle ne se reconnaît pas en ce qu’elle est extérieurement. Le film, doté d’un très fort aspect expérimental, est évidemment à interpréter comme bon nous semble. C’est l’œuvre d’un homme fatigué (Bergman a parlé de ‘thérapie’ pour ce film), à l’image d’Alma qui explose, cognant et griffant, hurlant qu’il y a trop de mots, trop de pensées qui nous traversent. Des mots et des pensées peut-être trop contradictoires, « ce n’est pas cohérent » dit Alma avec frayeur ; de même, la scène dans laquelle les héroïnes répètent le mot « rien » traduisent une peur du néant, de l’irrationalité de la vie. Bergman ajoute à cela de nombreux autres thèmes et motifs, comme le sexe et la mort, ou encore le jeu de l’actrice comme le jeu de l’humain en société, qui, avec en plus deux actrices sublimes et une beauté formelle incroyable, font de Persona un chef d’œuvre complexe, bouleversant, indispensable et unique.