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SyZe
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2,0
Publiée le 12 février 2012
Bientôt daté de 20 ans, le film a perdu de son impact visuel, sans doute principal attrait à sa sortie. Malgré l'interprétation d'Harvey Keitel, son personnage m'a laissé indifférent, non pas qu'il soit fade, mais sa condition et son destin ne fait naître aucune empathie. Partant de là on aura guère d'intérêt à suivre une histoire qui préfère un développement lent au privilège d'une ambiance réussie. A voir pour sa culture cinématographique principalement.
Bad Lieutemant raconte la rédemption d’un pourri. Alcoolique, cocaïnomane, pervers, amoral et joueur invétéré, lié à la mafia par des dettes de jeux, il se lance dans l’enquête du viol d’une bonne sœur dans un couvent de Harlem avec comme seule motivation de toucher la récompense pour effacer ses dettes de jeux. D’un récit glauque, parfois à la limite du nauséeux, Ferrara prend le parti d’une mise en image réaliste donnant ainsi plus de crédibilité aux scènes chocs. L’interprétation est excellente, et Harvey Keitel dans le rôle de cet homme torturé à la recherche d’une impossible absolution, est au sommet. Le meilleur film de Ferrara.
Le point fort de ce film reste tout au long le personnage qu'incarne Harvey Keitel. En effet, ce flic pourri jusqu'à l'os, dealer, arnaqueur, et drogué est représenté avec brio sous son aspect le plus crasseux et décadent. Cette personnalité, il l'a tellement endossée durant sa carrière que sa raison en a pris un coup. Il ne sait quoi faire lorsqu'il a des ennuis qu'il est obligé de crier, de manière à extérioriser cette incompréhension et cette lutte à l'intérieur de lui. Mais sinon le film s'arrête là. On retiendra à côté une mise en scène saccadée, des scènes à mourir d'ennui (je pense particulièrement à celle dans le bar où on suit pendant un long moment un match de Baseball à la télé). On dirait que toute l'énergie niveau scénario a été mise dans le protagoniste en dépit du reste qui nous paraît peu aboutis. 13/20 donc...
"Bad Lieutenant" a le charme des productions hollywoodiennes des années 80, même si le film date du début des années 90. Un vrai policier en somme, sur fond dramatique, puisqu'on suit la descente aux enfers d'un flic accroc à la drogue et au sexe. Sa quête de justice n'est pas tant dictée par le sens de la morale que par l'instinct de survie, et le besoin d'argent. Harvey Keitel est touchant, incroyable de sincérité, prouvant qu'il fait partie des plus grands.
Abel Ferrara décrit la déchéance d'un homme dans une société qui, gangrenée par le vice, l'absorbe à petit feu. "Bad Lieutenant" est traversé par les thèmes chrétiens que sont le péché, le pardon et la rédemption, ce qui n'est pas sans rappeler "Who's that knocking at my door", un des premiers films dans lequel Harvey Keitel apparaissait. Sur la forme, le long-métrage de Ferrara ressemble beaucoup à du Scorsese, puisqu'on y trouve un parfum et une trame similaires à ceux de "Taxi Driver". L'acteur est en tout cas époustouflant, se fondant dans son rôle à la perfection et faisant émerger une agressivité permanente autant qu'une perte de ses repères. Qu'il se drogue ou abuse de ses pouvoirs – magnifique scène de la masturbation devant deux jeunes femmes contraintes –, il ne parvient en vérité qu'à n'exercer le mal sur lui-même. Sortant de ses gonds au volant, se disputant avec une nonne qu'il ne comprend pas, gémissant seul dans le noir, ce lieutenant semble être le reflet parfait d'un monde urbain dépossédé de ses valeurs et qu'il ne peut reconquérir que par le sacrifice de ses a priori. Beau, poignant et électrique...
La longue descente au enfer de ce Lieutenant vraiment « bad ». Un polar extrêmement glauque, noir et malsain mais ultra réaliste. Harvey Keitel signe, une fois de plus, une prestation excellente.
Excellentissime Harvey Keitel dans cette descente aux enfers de ce flic qui n'a plus rien à perdre, pourri jusqu'à la moelle, drogué, limite pervers qui va tout perdre, le peu de choses qui lui restait et qui va tenter de ce repentir, de se racheter a dieu, vainement... Une réalisation crasseuse, brute qui nous plonge complètement dans la peau de ce personnage malsain mais attachant, qui nous fait ressentir sa faiblesse fasse à la drogue, à la vie, sa tristesse... Un film qui prend aux tripes et qui se doit d'être vu par tout cinéphile qui se respecte.
Après avoir magnifié Christopher Walken en parrain de la drogue new-yorkais, Abel Ferrara retrouve un autre acteur de légende : Harvey Keitel en flic pourri jusqu’à la moelle, entouré de quelques seconds rôles furtifs au rang desquels on retrouve deux interprètes de King of New-York, Victor Argo, acteur fétiche de Scorsese depuis ses débuts tout comme Keitel, et Paul Calderon.
La caméra de Ferrara, en mouvements saccadés, en gros plans décentrés, en longs plans séquences, jouant des ombres et de la lumière tamisée, rend parfaitement bien l’aspect poisseux de l’anti-héros et parvient à matérialiser sa détresse abyssale, sa folie et ses délires schizophrènes.
Drogues et trafic de drogues, vol, sexe voyeuriste et plutôt crado, alcool, paris clandestins sur le baseball, sont les ingrédients de la rapide descente aux enfers du Lieutenant, dont le nom reste inconnu. Dans cette débauche de crasse, Abel Ferrara laisse ainsi son personnage en roue libre, à la façon d’un Pasolini ou d’un Scorsese, jusqu’à la rencontre avec le pardon et une ultime rédemption désespérée.
Un film hyperréaliste et trash qui laisse des traces, une leçon de cinéma.
Outre l'excellente prestation de Harvey Keitel, ce film illustre bien le fait qu'un flic est un homme comme tout le monde et que l'on met entre ses mains un pouvoir lui permettant d'obtenir ce qu'il veut de ses concitoyens. En effet, les gens s'écrasent devant les policiers. De plus, il y a une formidable réflexion sur le "pardon". Peut-on et doit-on pardonner? On aurait presque envie de devenir chrétien à la fin du film!
Ce film était peut-être culte et choquant pour son époque de sortie, mais il a bien perdu de sa classe ! A part un assez bon Harvey Keitel et quelques scènes légèrement violentes, rien de bien exceptionnel, on s'ennuie un peu beaucoup dans un film sans âme et sans surprises.
C’est le vrai mélodrame New yorkais par excellence : Drogue, violence et religion au programme. Très troublant et pervers, mais très efficace et intéressant. Je le déconseille aux moins de 16 ans. 4/5
Bad Lieutenant se distingue par ses scènes particulièrement trash, souvent liées a la prise de drogue. Tres bonne performance de l'acteur principal... et une ambiance bien glauque, vous êtes prévenu !
Comme souvent avec ferrara , un univers d'une grande noirceur composé de paumés , de marginaux, de toxicos , enfin bref d'une faune pas possible dont le personnage de keitel, en quête de rédemption, fait évidemment parti. On peut cependant lui préfèrer king of new york , le véritable chef d'oeuvre de ferrara.