Il faut beaucoup aimer la dérision pour apprécier cette parodie de film d'espionnage. En 1966, pour sa première réalisation, Woody Allen réécrit les dialogues d'un film original japonais. Il est en cela précurseur du genre, à la façon de " La Classe américaine" De Michel Hazanavicius, qui lui se plie à cet exercice sur des séquences et non un film entier. Avec " Lily la tigresse" Woody nous propose une Comédie déjantée, un film d'aventure et d'action, sexy, musical et drôle, à mi chemin entre James Bond et Les Tontons, façon Mel Brooks. Les dialogues sont tout aussi excentriques que le scénario qui nous offre bon nombre de scènes délicieusement téléphonées et de cascades honteusement truquées.
Le principe du film : refaire le doublage d’un film japonais avec des dialogues improbables. Pour l’époque (1966), c’est assez novateur et beaucoup se sont inspirés de l’idée après. Il faut aussi noter que c’est le premier film de Woody Allen. Néanmoins, je n’ai pas trouvé le résultat très amusant, c’est assez brouillon, trop improbable à mon goût. Certaines situations m’ont peut-être fait sourire 2 ou 3 fois mais ce n’est pas suffisant, à mon sens, pour donner un sens à ce film qui manque de rythme. J’ai apprécié malgré tout les génériques (originaux) et les apparitions de Woody Allen, notamment en préambule pour présenter le projet.
Sur proposition du producteur Ben Shapiro qui en disposait des droits, Woody Allen – alors comique en pleine ascension – put remonter un film japonais de série B réalisé par Senkichi Taniguchi et en réécrire entièrement les dialogues. En résulte un enchaînement de gags inoffensifs et potaches, pas toujours aboutis, mais dans la plus pure veine du génial cinéaste new-yorkais. Plaisant.
Woody Allen a repris un vrai film japonais de série B et l'a sonorisé avec des dialogues stupides. Autant dire que le résultat ne présente aucun intérêt sur la durée, qu'il est même exaspérant. La démarche était sans doute novatrice à l'époque, mais il aurait été probablement beaucoup plus amusant de voir le film original.
D'abord, remettons les choses dans son contexte : Au début des années 1960 Allen Stewart Königsberg alias Woody Allen est alors un comique, notamment de stand-up, qui rencontre un certain succès. Après avoir écrit et joué dans Quoi de neuf, Pussycat ?, il est remarqué par un producteur qui lui propose de réaliser son premier film mais qui est à l'origine un film d'espionnage japonais dont il a modifié le montage et réécrit les dialogues dans le but d'en faire un film burlesque. Et voilà comment est né What's Up, Tiger Lily? !
Et pour être burlesque, on peut dire que c'est burlesque. Prenant comme base le film de série B japonais International Secret Police : Key of Keys, il modifie énormément l'original à base de nouveaux dialogues et scènes pour nous faire suivre plusieurs malfrats qui recherchent la recette des œufs en salade.
Dès l'excellent générique ouvrant le film, il donne le ton avec des stars qui sont absentes et, régulièrement dans le film, il se moque d'Hollywood et de ses méthodes, donnant lieu à de mémorables scènes (ainsi que deux excellents génériques), par moment commenté par Woody Allen jouant son propre personnage. L'ensemble est totalement barré et notamment dans les dialogues, donnant lieu à de quelques séquences aussi drôles que marquantes. Néanmoins, malgré que ce soit déjà bien barré, c'est dommage que Woody Allen n'aille pas non plus jusqu'au bout de son délire et encore plus loin, notamment dans le scénario en question.
Du coup, sachant qu'il ne va pas non plus jusqu'au bout du délire, l'ensemble est assez mitigé, le film manque de clarté, c'est confus et, malgré ses quelques séquences vraiment drôles What's Up, Tiger Lily souffre de nombreux coups de mou en cours de récit. Du coup c'est dommage, car il y a pas mal de bonnes idées mais assez mal exploitées. À noter aussi l'excellente musique signée des Lovin' Spoonful, qui jouent d'ailleurs dans deux scènes du film.
Woody Allen déclara plus tard que ce fut une expérience calamiteuse et que le film est insipide. Il attaqua même le producteur en justice pour empêcher sa sortie mais retira sa plainte au vu des bonnes critiques. Finalement il avait bien raison, si cette curiosité parfois bien barrée ne manque pas d'idées, elle est tout de même bien trop inégale pour pleinement convaincre. C'est vraiment en 1969 avec Take The Money and Run qu'il réalise son premier vrai film.
Woody Allen avait sans doute raison de ne pas vouloir sortir le film... L'humour est indigent et l'idée du film fait plus penser à un montage potache de lycéens qu'autre chose... A la poursuite d'une recette de salade aux oeufs... Formidable, mais on s'ennuie du début à la fin de ce très court (heureusement!) film.
Premier film de Monsieur Woody Allen, et il est à prendre tel qu'il est, c'est-à-dire un film amateur fait en reconstruction avec une série B japonaise et des plans ajoutés. Bien que tordant à certains moments, on ne pourra pas oublier ces défauts de montage qui importent pourtant beaucoup quant à l'esthétique d'une oeuvre cinématographique. Enfin même si Allen nous fait rire lors de cette interstice où le journaliste lui demande d'apporter quelques précisions sur la trame du film quelque peu incompréhensible, et que celui-ci refuse, on sera quelque peu ennuyé à certains moments. Malgré tout, on reconnaîtra cette envie devenu emblématique chez notre fameux réalisateur qui est de faire rire, encore et encore, de s'amuser en faisant du cinéma. Et il nous le transmet très bien, c'est donc pourquoi on ne peut pas accueillir d'un œil méfiant ce film délirant qui nous permet de passer du bon temps. 12,5/20.
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3,0
Publiée le 27 avril 2013
Première oeuvre de Woody Allen dont aurait finit par oublier l'existence dans les oubliettes de la mèmoire! Baptisè à l'èpoque "un des dix films les plus japonais de l'annèe" par des ètudiants adeptes des Marx Brothers, ce premier essai personnel de "non-sense" cinèmatographique fait la nique, avec dix ans d'avance, à nos situationnistes et à leurs propres versions dètournèes du type "Les filles de Kamarè" ou "La dialectique peut-elle casser des briques ?". Les puristes apprècieront [...] Comme toujours en avance sur son temps, Woody les bat doublement, puisqu'il a choisi comme terrain d'exercice une James-Bonderie japonaise, elle même semi-parodique des films d'espionnage occidentaux en vogue dans ces annèes folles du gadget - et l'on sait que les Japonais ne sont pas en retard sur ce terrain! L'original apparaît en effet, malgrè le dètournement loufoque du dialogue, comme assez croquignolet pour qu'on ait envie de le voir! L'action tellement invraisemblable que Allen refuse de la rèsumer au commentateur dèsemparè, se dèroule dans une floraison de rèfèrences, de private-jokes, de parodies d'un exquis mauvais-goût, qui a raison de toutes les rèticences que l'on pourrait avoir sur ce genre de manipulation. Et, naturellement, l'acteur-rèalisateur apparaît au dèbut, pour nous expliquer comment a pu être rèalisè un film aussi insensè! Une folie...
Bonne idée cependant Woody Allen n'est pas le premier a utilisé le faux doublage sinon peut être pour la comédie. Et justement les dialogues ne sont pas très droles.
Avant de devenir un vrai réalisateur en 1969 avec "Take the money and run", Woody Allen était avant tout comédien, scénariste et humoriste. Le voilà à la tête d'un projet étrange : redoubler tout un nanar japonais avec des dialogues décalés. Le procédé est maintenant célèbre avec "Le Grand Détournement" ou les vidéos de Mozinor. Mais le fait est que Woody Allen ne maîtrise vraiment pas l'exercice. Sans doute s'en est-il rendu compte : il estimait le résultat pitoyable, et il faut bien dire qu'en dehors de quelques dialogues amusants, il avait raison. Comme quoi, il ne faut pas toujours se fier aux débuts d'un artiste pour juger ce dont il est capable... Cela mis à part, encore plus terrible que le film : les sous-titres français de l'édition de Studio Canal. Soit les "traducteurs" étaient dénoués de toute notion d'anglais, soit ils ont voulu jouer les malins, mais toujours est-il que certains dialogues sont entièrement réécris et n'ont strictement rien à voir avec les originaux. Terriblement affligeant et non professionnel.
Moué moué, pas convaincu, la classe américaine ou la dialectique peut-elle casser des briques sont plus jusqu'auboutistes. Se laisse regarder, u très bon interlude au milieu " vous pouvez résumé pour les spectateurs" et une fin/générique très absurde comme ça lui va bien.
Bien avant l'arrivée du net, de Mozinor et des films détournés, Woody Allen tentait l'exercice en refaisant les dialogues d'un obscur film d'espionnage asiatique. Malheureusement, si certaines choses sont bien trouvés, l'ensemble n'est pas à la hauteur de nos espérances.
Revoir le montage et le doublage d'un film de série B pour lui faire raconter une autre histoire... Voila un concept qui relève du génie ! Et seul un génie comme Woody Allen était capable de relever ce genre de défi absurde... Alors amateur (c'est son premier long-métrage) Woody Allen se montre particulièrement inventif a travers cette œuvre décalée et subversive. Idolâtrer un film aussi brouillon et expérimental frôlerait l'hypocrisie, mais, convenons-en, tout cela est exceptionnellement drôle !