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GéDéon
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3,0
Publiée le 1 avril 2024
En 1992, Spike Lee s’attaque à la biographie de Malcolm X, un des plus vifs défenseurs des droits de l'homme afro-américain. On imagine la fascination du réalisateur pour cet individu très engagé, ce qui le conduit d’ailleurs à proposer un film extrêmement long (plus de trois heures). De ses origines de petit voyou à son statut d’idéologue extrémiste en passant par sa conversion à un islamisme radical, l’histoire retrace tous les évènements majeurs de sa vie. On peut toutefois regretter que le récit n’aborde pas davantage le contexte socio-politique de l’époque et reste trop centré sur la personnalité de Malcolm X. Dans le rôle de ce dernier, Denzel Washington livre une prestation habitée marquée par une étonnante ressemblance physique avec le héros. Bref, un portrait intéressant mais insuffisamment captivant.
Un monument! De la personnalité controversée de Malcom X, Spike Lee dresse un portrait fascinant rarement le cheminement d'un homme dans ses colères, ses doutes, ses erreurs, ses actions ... a été filmé de cette manière. La reconstitution des différentes époques de sa vie est criante de vérité que cela soit dans la musique, les costumes ou l'environnement. Denzel Washington est véritablement habité par son rôle. Une véritable œuvre d'art qui permet de mieux comprendre l'histoire de l’Amérique et les tensions internes qu'elle a traversée.
Voici l'un des (rares?) bons films de Spike Lee. Washington est élégant et relativement convaincant dans ce rôle. La réalisation est soignée, mais moins que dans d'autres films du même Lee (la 25e heure not.). Le scénario est solide, constant dans l'efficacité, et fondé sur un travail de recherche historique. Pourtant, l'oeuvre ne parvient pas à se départir d'un traitement convenu. On sent le remugle d'une "objectivité artificielle". Le metteur en scène garde une trop grande distance dans le traitement d'un personnage qui invitait à plus d'engagement. Mais cette distanciation n'est pas pour autant objective, j'y reviendrai après. Spike L. ne parvient ni à se rapprocher de la vérité historique, ni à créer la singularité d'une approche artistique. On obtient donc un film captivant, mais sans aspérités. Le Malcolm X joué par Washington est lisse, trop lisse, alors que le véritable ne l'était pas. Dans le film, le constraste entre la bonhomie du personnage privé et la virulence de l'homme public; jurant elle-même avec le physique accort de l'acteur, suscite un malaise. "El-Hajj Malik El-Shabazz" était un homme violent (=> extrait d'un des derniers discours : "Il y aura des cocktails Molotov ce mois-ci, des grenades à main le mois prochain, et autre chose le mois suivant"). Cela ne ressort pas vraiment du film. Spike Lee, a donc, ce que je sous-entendais plus haut, un parti pris indéniable, même s'il est discret. Dans d'autres films ledit Lee se montre plus audacieux, à des moments où cela n'est ni utile ni payant. Ici on aurait aimé qu'il le soit, et ce n'est pas le cas! Il est probablement difficile de se positionner sur un personnage aussi controversé, surtout quand on fait soi-même partie de la communauté noire américaine.
Un film au vitriol signé Spike Lee. La force du réalisateur noir américain réside dans sa capacité de montrer plus que de démontrer. C'est aussi ce qui fait la force de ce "Malcom X". Son film s'attache à ne rien enjoliver du personnage du très controversé leader noir des "Black Muslin". Avant que d'être ce qu'il représentait, Malcom X était avant tout homme, avec ses forces et ses faiblesses, sa naïveté et sa cruauté parfois. Jamais Spike Lee ne cherche à manipuler le spectateur. Son film brille par son honnêteté intellectuelle. Le résultat de cette impartialité est puissant, une vague qui emporte tout sur son passage. Denzel Washington, dans la peau de Malcom X, signe là son meilleur rôle. Un très beau film.
Spike Lee raconte la vie de Malcolm X pendant 3h21. Le film comporte tout de même deux/trois longueurs mais comme la majorité des biopics il commet quelques erreurs. La mise en scène est en revanche excellente et certains moments sont vraiment très bien filmés (le pèlerinage à la Mecque, la fin du film). Denzel Washington campe à merveille le rôle de Malcolm X d'ailleurs. Spike Lee filme les moments les plus importants de la vie de Malcolm X mais je trouve tout de même que son enfance n'est pas assez traitée
Malcolm X est un biopic assez intéressant. Je savais peu de chose du personnage complexe et controversé et ce film a été très instructif (à supposer que ce qui y est dit est vrai). Son histoire est intéressante à suivre que ce soit ses début dans le banditisme, sa révélation en prison ou encore ses renoncements quelques temps avant sa mort. Denzel Washington est très bon (et la ressemblance avec le vrai Malcolm Little est frappante), il porte aisément le film sur ses épaules. Les autres acteurs m'ont paru bons également. Le film a en revanche tendance à être long (plus de trois heures) et inévitablement, on s'ennuie par moment. Au-delà de ça, c'est un bon biopic.
Denzel Washington démontre qu'il peut jouer dans tous les registres possibles en passant du thriller (L'Affaire Pélican, Le témoin du mal...) au film politique. Spike Lee fait vivre un film émouvant, réaliste et magistralement interprété par des acteurs (secondaires !!) hors normes : Angela Basset, Matt Dillon, Christopher Plummer... Un film superbe, grandiose, à revoir impérativement !
Malcolm X est l'une des personnalités les plus controversées du XXème siècle, de par son engagement contre l'oppression des Afro-Américains et de ses opinions politiques, qui s’apparentent fortement à la suprématie noire. Heureusement Spike Lee est là pour nous dire que tout n'est pas si simple et qu'il est bien difficile de résumer ses convictions en quelques lignes. Bien évidemment le film n'est pas neutre, mais le réalisateur fait l'effort de brosser un portrait objectif de l'homme politique et ne donne son avis qu'à la fin. La première partie du film, avant le passage en prison, est assez longue, mais elle permet d'avoir une vision d'ensemble de l'évolution du personnage principal. Le voir sombrer dans les excès et le banditisme pour renaître par la suite à travers l'Islam, cela a quelque chose de beau. De plus, le parallèle entre la religion qui le libère de la prison et les enseignements de Elijah Muhammad qui l'enferme dans le communautarisme noir est extrêmement intelligent. C'est d'ailleurs sa femme qui lui fera la remarque lorsqu'elle remarquera qu'il voue une confiance aveugle à son mentor et qu'il ne peut concevoir une trahison. Spike Lee va dans le sens contraire des biopics habituels et laisse de côté les longs plans séquences pour privilégier une mise en scène plus inventive, en particulier pendant le passage en prison et lors des changements de scènes. Il dirige ses acteurs avec brio, il n'y en a pas un en dessous des autres. Denzel Washington crève l'écran encore plus que d'habitude et s'approprie réellement l'identité de Malcolm X. Une nomination aux Oscars largement méritée (et une défaite injuste si vous voulez mon avis). Le réalisateur a compris toute la complexité de son personnage et a su la retranscrire, et à la fin du long-métrage, que l'on approuve ou pas les idées de Malcolm X, on comprend sa manière de penser. Malgré la toute fin qui en fait un peu trop, on a là une biographie mille fois plus efficace que Selma, le film mielleux et larmoyant sorti en début d'année.
Qui d'autres que Spike Lee pouvait réaliser un biopic sur l'un des plus grand leader de la lutte afro-américaine ? C'était un choix évident, tout comme le fait de choisir Denzel Washington pour incarner le rôle titre. De la part de l'auteur de "Clockers" ou encore "la 25ème heure", on aurait pu s'attendre à une vision faussement idéalisée du personnage. Il n'en est rien. Spike Lee dessine le portrait d'un homme en perpétuel mouvement, dévoré par des conflits intérieurs et une colère qui le consumera jusqu'au bout. En se concentrant sur les moments clefs qui jalonnent la vie du personnage, sans le juger, ni le déifier, Spike Lee décrit comment l’adhésion à une cause peut transformer un homme. Puis il démontre comment un homme, dans une époque chahutée par les remises en question de son propre système, devient un rouage gênant en raison de sa résistance face aux figures établies de la lutte et de l'oppression. L'un des meilleurs films de Spike Lee, et un Denzel Washington extraordinaire, déjà bourré de son talent et son charisme si singulier.
« Le rêve américain connais pas, nous vivons chaque jour , le cauchemar américain ! » Retour sur le parcours et la vie de Malcolm X sous la caméra de Spike Lee. Projet qui lui tenait à coeur, il décide de prendre son temps et de cerner la plupart des côtés de Malcolm X, enfance, jeunesse, adulte, évolution ou encore engagement à travers un portrait politiquement et socialement engagé et un minimum romancé bien évidemment (comme tout biopic d'ailleurs).
Il insiste d'abord énormément sur l’époque où Malcolm Little n’était pas encore Malcolm X, ses jeunes années à une époque où c’était très communautaire, ses premiers amours (notamment une blanche), ses liaisons avec la mafia, son «rapport » avec le racisme, parfois en flash-back notamment vis-à-vis de son père qui résista souvent face au ku-klux-klan. Puis il s’attarde à ses années « prison » et surtout ses liens avec la religion et plus particulièrement au contact d'Elijah Muhammad, une sorte de gourou président dirigeant d'une organisation islamique où il va devenir de plus en plus radical voulant clairement séparant les blancs et les noirs avant de se rendre compte de ce qu'est cette "organisation" et de se concentrer sur de vrais problèmes. En même temps, Spike Lee s'attarde sur le portrait psychologique de cet homme. Malheureusement son portrait est parfois trop parti pris (que ce soit au niveau du racisme pro-noir ou de la religion) et manque de recul vis à vis de ca. A l'image de la fin, il semble totalement fasciné et parfois trop par Malcolm X. D'ailleurs on notera quelques longueurs lors de certaines scènes où il est trop fasciné par le personnage et la religion, notamment durant le pèlerinage de Malcolm X. C'est dommage ce manque de recul, car à côté de ca, il est convaincant techniquement ainsi que la belle mise en scène, la narration est fluide et il arrive à rendre certains scènes vraiment marquant et mémorable (notamment au dancing). Les choix d'acteurs sont impeccables et notamment Denzel Washington qui campe à merveille Malcolm X.
Bref, dans l'ensemble un bon film plutôt captivant et intéréssant, mais un manque de recul préjudiciable.
Un biopic littéralement impressionnant, au sens où celui-ci s'imprime, s'intègre en nous comme un mémoire historique. A un moment donné le spectateur oublierait presque qu'il regarde un film tant la reconstitution s'avère magistrale et immersive. Malcolm X commence tel un roman naturaliste au coeur du Boston des années 40, se poursuit tel une quête initiatique sur l'acceptation de soi pour ensuite bifurquer vers le film politique-fiction puis finalement s'achever tel une tragédie grecque. Denzel Washington incarne le héros titulaire du joint de Spike Lee avec une conviction détonante, aux côtés du réalisateur jouant les petites frappes amicales. Il se dégage de ce film-fleuve un calme extraordinairement inattendu quand on considère la réputation sulfureuse du leader de la cause Black Muslim. C'est bien simple : les 3 heures 15 de Malcolm X passent comme un rien. Peu ou prou de réelle violence dans cette fresque majestueuse et pénétrante, peuplée d'air jazzy et de conversations constructives et nuancées, de remises en question et d'idéaux logiques. Si le mot "confiance" n'est visiblement jamais prononcé par les divers personnages il est à lire entre les lignes de ce grand traité pacifiste qui - sous des dehors extrémistes - cache un formidable message de tolérance. Preuve que les spectateurs décrétant le racisme anti-blanc de Malcolm se trompent sans nul doutes... Un mille-feuilles.
Bio illustrative qui manipule les clichés avec bonheur et naïveté. 3h, c'est long mais on ne résiste pas à Denzel Washington et au talent de Spike Lee pour nous convaincre de la justesse de son projet. Pas révolutionnaire mais plutôt efficace et sommes toutes plaisant.