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Catherine Corsini aux côtés d’Agnès Varda, Jeanne Moreau, Nelly Kaplan, Diane Kurys, Anne Fontaine, Nicole Garcia, Patricia Mazuy, Julie Delpy, Rebecca Zlotowski ou plus récemment Coralie Fargeat fait partie des réalisatrices françaises qui avec quelques autres impriment depuis une quarantaine d’années leur singularité féminine sur les écrans. Une singularité empreinte d’un sens de la nuance qui s’il accompagne la dénonciation d’une misogynie ancestrale aux conséquences parfois encore palpables ne verse pas pour autant dans la misandrie. Le féminisme passé le nécessaire coup de force des débuts pour se faire entendre, devant peut-être pour aboutir à un résultat réellement positif, éviter de se vivre comme une revanche. Une revanche appelant souvent à une autre revanche probablement synonyme d’un regrettable pas en arrière.
Après avoir échoué au concours de l’IDHEC, Catherine Corsini dont la détermination est sans faille finit par se frayer un chemin jusqu’à une première réalisation faisant suite à celle de trois courts-métrages. Ce sera donc en 1988 « Poker » dont la jeune femme écrit elle-même le scénario original à partir de son expérience de joueuse de poker aguerrie. Pour l’occasion elle collabore avec Caroline Cellier, formidable actrice qui malgré un accès fréquent aux premiers rôles n’aura pas eu au cinéma la carrière que son talent laissait espérer. Après « Poker » qui sera un échec commercial, sa carrière tant au cinéma qu’à la télévision ou au théâtre se mettra doucement en veilleuse pour quasiment se clore passé l’an 2000.
« Poker » légèrement teinté de références au film noir américain dont Corsini est une adepte, brosse le portrait d’une femme indépendante addicte au jeu dans le Paris des années 1980. Guide touristique le jour, Hélène entrée dans la quarantaine hante une grande partie de ses nuits les salles de jeu clandestines. Un monde essentiellement masculin dans lequel Hélène a bien du mal à se faire admettre. La caméra de Catherine Corsini ne quitte pratiquement jamais cette femme au caractère bien trempé qui semble malgré tout un peu en déshérence sentimentale, à la recherche d’un second souffle qui passera fatalement par l’abandon de cette passion devenant rapidement toxique en poussant les joueurs compulsifs dans des impasses en premier lieu financières.
spoiler: Hélène en est arrivée à ce stade, qui vient de sortir dangereusement de sa zone de confort face à un créancier (Jacques Mathou) peu enclin à patienter. Une courte nuit pour trouver une grosse somme d’argent qu’elle vient de perdre après avoir cheminé dans des couloirs souterrains glauques la menant dans un tripot lui aussi peu reluisant. S’ensuit une déambulation dans les quartiers nord de Paris où Hélène croise les personnes animant les lieux de plaisirs avec lesquelles au fil du temps une amitié s’est scellée.
Un exercice de style dont la réalisatrice encore inexpérimentée se saisit sans fard avec acuité mais aussi sensibilité, montrant avec une réelle tendresse ces travailleurs de la nuit aux conditions de travail souvent précaires jamais plaintifs et souvent encore jeunes que le manque de sommeil répété précipite avant l’heure dans les petites meurtrissures de l’âge.
Un joueur invétéré (Pierre Arditi) va tendre la main à Hélène, sans doute touché par sa beauté mais aussi par sa dignité à masquer l’angoisse qui la mine. En parfaite osmose avec sa réalisatrice, Caroline Cellier se livre sans détour offrant à voir une sensualité à fleur de peau mais aussi une fatigue tenace qui embrume son regard suggérant un profond malaise enfoui derrière une volonté farouche de faire face. Sans doute l’intrigue aurait pu être plus charpentée et consistante pour satisfaire davantage le public mais la volonté d’une Catherine Corsini elle aussi dotée d’un caractère bien trempé au service d’une ambition artistique affirmée, était sans doute de diffuser l’atmosphère d’un milieu et d’une ville qu’elle connait bien. Avec le temps qui est passé son film a pris la valeur d’un témoignage précieux sur une époque révolue permettant à Caroline Cellier, aujourd’hui disparue, d’y tenir un de ses meilleurs rôles.
Après avoir échoué au concours de l’IDHEC, Catherine Corsini dont la détermination est sans faille finit par se frayer un chemin jusqu’à une première réalisation faisant suite à celle de trois courts-métrages. Ce sera donc en 1988 « Poker » dont la jeune femme écrit elle-même le scénario original à partir de son expérience de joueuse de poker aguerrie. Pour l’occasion elle collabore avec Caroline Cellier, formidable actrice qui malgré un accès fréquent aux premiers rôles n’aura pas eu au cinéma la carrière que son talent laissait espérer. Après « Poker » qui sera un échec commercial, sa carrière tant au cinéma qu’à la télévision ou au théâtre se mettra doucement en veilleuse pour quasiment se clore passé l’an 2000.
« Poker » légèrement teinté de références au film noir américain dont Corsini est une adepte, brosse le portrait d’une femme indépendante addicte au jeu dans le Paris des années 1980. Guide touristique le jour, Hélène entrée dans la quarantaine hante une grande partie de ses nuits les salles de jeu clandestines. Un monde essentiellement masculin dans lequel Hélène a bien du mal à se faire admettre. La caméra de Catherine Corsini ne quitte pratiquement jamais cette femme au caractère bien trempé qui semble malgré tout un peu en déshérence sentimentale, à la recherche d’un second souffle qui passera fatalement par l’abandon de cette passion devenant rapidement toxique en poussant les joueurs compulsifs dans des impasses en premier lieu financières.
spoiler: Hélène en est arrivée à ce stade, qui vient de sortir dangereusement de sa zone de confort face à un créancier (Jacques Mathou) peu enclin à patienter. Une courte nuit pour trouver une grosse somme d’argent qu’elle vient de perdre après avoir cheminé dans des couloirs souterrains glauques la menant dans un tripot lui aussi peu reluisant. S’ensuit une déambulation dans les quartiers nord de Paris où Hélène croise les personnes animant les lieux de plaisirs avec lesquelles au fil du temps une amitié s’est scellée.
Un exercice de style dont la réalisatrice encore inexpérimentée se saisit sans fard avec acuité mais aussi sensibilité, montrant avec une réelle tendresse ces travailleurs de la nuit aux conditions de travail souvent précaires jamais plaintifs et souvent encore jeunes que le manque de sommeil répété précipite avant l’heure dans les petites meurtrissures de l’âge.
Un joueur invétéré (Pierre Arditi) va tendre la main à Hélène, sans doute touché par sa beauté mais aussi par sa dignité à masquer l’angoisse qui la mine. En parfaite osmose avec sa réalisatrice, Caroline Cellier se livre sans détour offrant à voir une sensualité à fleur de peau mais aussi une fatigue tenace qui embrume son regard suggérant un profond malaise enfoui derrière une volonté farouche de faire face. Sans doute l’intrigue aurait pu être plus charpentée et consistante pour satisfaire davantage le public mais la volonté d’une Catherine Corsini elle aussi dotée d’un caractère bien trempé au service d’une ambition artistique affirmée, était sans doute de diffuser l’atmosphère d’un milieu et d’une ville qu’elle connait bien. Avec le temps qui est passé son film a pris la valeur d’un témoignage précieux sur une époque révolue permettant à Caroline Cellier, aujourd’hui disparue, d’y tenir un de ses meilleurs rôles.
1° main: parole. 2° main: coucher. Dernière main: tapis. Et tout le monde au lit...sans un sous. Le prémisse du poker tour.
Hèlène, le personnage principal de "Poker", vous le dira que la chance ça ne se mendit pas, ça se provoque! Cinq briques, c'est pas le bout du monde mais quand même [...] Pros, amateurs, banquiers, commerçants, petits bourgeois, paumès de la nuit parisienne...des joueurs quoi! Premier long-mètrage de Catherine Corsini où le poker est roi! En accro au jeu, Caroline Cellier (c'est sa passion et elle le paiera chère) sait nous convaincre face à Pierre Arditi qui se prend pour Bogart! Une actrice qui tourne peu mais qui tourne bien! Mais surtout qui fait intelligemment son numèro de fanatique de poker qui mèlange la vie et le jeu en contribuant beaucoup à sauver le film d'un total ennui! Arditi, lui, est chaussè par Berluti! Plus sèrieusement, son rôle n'a rien à voir avec l'èchec, mais avec un espoir sans illusions! Bonne ambiance du monde interlope de la nuit, bonne B.O à coup de saxo et beau travelling sur le Quai Jemmapes entre Cellier et Arditi! Quant à Jacques Mathou, il incarne un boss (limite souteneur) sans envergure à qui Cellier doit des ronds! A (re)dècouvrir...
Heureusement pour ce film qu’il avait la (trop)rare Caroline Cellier en tête d’affiche car pour quasiment tout le reste c’est assez catastrophique. Les dialogues en premier lieux sont calamiteux, souvent risibles. Du coup le film est rarement crédible dans ce qu’il montre, je n’ai pas cru à la description de la nuit parisienne à cette époque. Les personnages masculins sont assez ridicules et tous peinent franchement à faire les méchants. Reste la Bo jazzy qui réussit (un peu) à faire tenir un film qui paraît bien long pour à peine une heure et demie.
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