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Tupois Blagueur
75 abonnés
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2,5
Publiée le 29 mai 2015
Les films sur la seconde guerre mondiale sont légions, pourtant rares sont ceux qui traitent de l'exode des français du nord vers le sud pendant l'occupation nazie. "Les Egarés" est de ceux-là et nous propose de suivre les pérégrinations d'une jeune mère institutrice qui, avec ses deux enfants, tente de fuir vers le sud à travers la campagne. Après avoir survécu à l'attaque d'un avion allemand, ils rencontrent un jeune homme débrouillard et illettré. Ensemble ils vont tenter de survivre et apprendre à se connaître. Si le traitement du scénario reste standard et peu surprenant, le fait de situer la plupart du pitch dans un lieu à l'écart, hors du temps et en pleine nature, crée une sorte d'étrange proximité d'une part entre les personnages eux-mêmes et d'autre part entre ceux-ci et le spectateur. Côté interprétation on a déjà vu mieux, mais Gaspard Ulliel s'en sort comme un chef et réussit à faire passer des émotions, et en dépit d'un rythme assez lent et de répliques parfois agaçantes, le long-métrage se suit avec un certain intérêt. Pas exceptionnel mais regardable.
Pas le meilleur Téchiné, peut-être parce que cette histoire ne lui est pas suffisamment personnelle, ou parce qu'il n'arrive pas à se l'approprier. C'est dommage car le scénario ne manque pas d'intérêt mais le souffle du drame qui se noue ne passe pas réellement. Béart en est en grande patrie responsable : elle ne parvient pas à habiter son personnage et semble rester, comme nous, un témoin des évènements qui bouleversent sa famille, même lors de la scène qui l'unit brièvement à l'énigmatique Yvan. Reste la mise en scène de Téchiné, ample et délicate, qui justifie la vision du film.
Loupé en salle à sa sortie, je suis enchantée de la découverte en 2008 grâce au dvd (que je vous recommande aussi pour l'explication énergique de l'auteur du livre, Gilles Perrrault, favorable aux modifications que demande l'adaptation au cinéma). L'action démarre assez lentement mais avec ce réalisme qui flanque la terreur, sans scènes trop effroyables toutefois, la petite fille, son pouce et sa litanie rassurent. Et plus l'action se déroule, plus on a peur de nouvelles violences... Réussite picturale totale dans cette campagne ensoleillée, avec ces bains et le linge sur le fil. Jeu parfait des acteurs. Dialogues intelligents, cette instit répond aux gosses sans complaisance, pète-sec par moments... Lucide mais animale comme on l'est sans les chichis de la civilisation. Au chapitre sexuel (qui a tant froissé les Cannois), Ivan ébloui par la féminité se réfugie dans la seule pratique qu'il connaisse afin d'éviter aussi une maternité peut-être ! Enfin, le dénouement et le mensonge maternel signent le retour à la vie réglementée : là aussi, le dvd est utile pour l'interview commune de Téchiné avec le jeune Gaspard Ulliel, jeune homme bien en vie et très prometteur, je regrette son absence du grand écran depuis !
Les égarés (rediffusé le 22 avril 2015 sur Arte) Je trouve que c'est un bien beau film : une jeune veuve et ses deux enfants suivent un exode vers le sud pendant la dernière guerre. Survient une attaque aérienne qui laissent éperdus nos trois fuyards qui se croient à l'abri dans leur auto ! Heureusement, un ado leur indique la seule issue pour sauver leur peau : la forêt à travers champs (voir l'affiche) ! Au bout du chemin, ils squattent dans une maison désertée de ses occupants. Heureusement, l'ado connaît les méthodes de survie et la petite famille semble retrouver un peu de sérénité. Ce n'est pas vraiment une histoire de guerre mais plutôt un film sensuel en période trouble où on essaie de trouver de nouveaux repères, ou repaires. Une oeuvre qu' Emmanuelle Béart porte toute seule sur les épaules avec le grand talent qu'on lui connaît, et beaucoup de naturel dans le rôle de cette mère qui doit à la fois être autoritaire tout en restant femme. Bien sûr, il faut beaucoup de sensibilité pour apprécier ce film et entrer dans le jeu. C'est peut-être la raison du désamour du public quant au nombre d'entrées en salles ? willycopresto
Avant d'être une histoire sur la Seconde Guerre Mondiale, "Les Egarés" est avant tout une histoire humaine, sur ce petit groupe de personnes qui vont chercher refuge dans une maison abandonnée. Le jeune homme mystérieux va nouer des relations avec les différents membres de la famille, entre le fils qui l'admire, mais ce n'est pas réciproque, la fille qui veut ses enfants, et la mère, envoûté par cet inconnu bien plus jeune (mais ça ne nous choque pas plus que ça). Tout le mystère autour de cet inconnu est assez peu poussé finalement, car on se moque éperdument de l'endroit d'où il vient. On préfère le voir agir de façon autonome et mature, prenant conscience de l'urgence contrairement à la mère. La rencontre avec les soldats est bien amenée, et ne tourne pas le film en tragédie, comme j'en ai eu peur quand je les ai vus arriver. Les interprétations sont plutôt bonnes, même si Emmanuelle Béart est la même dans tous ses films. A voir pour sa jolie et originale histoire.
Moyen, un huit clos sur fond de guerre ou celle-ci est bien loin en fin de compte. Une romance au goût de lenteur, improbable et une fin bien trop rapide. Un film à la façon d'un chapitre d'un livre. Bof, bof !!!
Malgré le manque de crédibilité des rôles et de l'histoire, je suis mystérieusement resté scotché au film jusqu'à la fin, c'est le seul mérite du film. Mais la fin arrive brutalement, avec l'heure du bilan... Béart ne s'est pas foulée et nous a fait du Béart, et ça ne colle pas avec son rôle et décrédibilise le personnage complètement. Le jeu des enfants est meilleur, agréable, mais pas toujours parfait et leurs personnages ne sont pas plus crédibles. Il n'y a pas de cohérence entre les personnages non plus, on se demande donc pourquoi il sont là ensembles. Et ce scénario qui parait alléchant au premier abord a été finalement un piège pour ces acteurs, mais aussi pour les spectateurs. Alors qu'il s'agit d'un thème sensible, la scène d'amour entre ce jeune garçon et cette mère de famille se devait d'être sans reproche et c'est un mauvais porno. Attention! Ce film ne sert à rien et peut dégoûter du film français.
Un film de commande pour Téchiné qui n’a pas pour autant bâclé le film. L’histoire est assez simple mais est servit par un duo touchant, Ulliel/Béart sans parler de l’excellent prestation de Grégoire Leprince Ringuet. Le seul reproche que je puisse faire et l’académisme que conserve Téchiné qui n’est pas très original au niveau de la mise en forme. J’ai beaucoup aimé les quelques intermèdes archives. C’est vraiment un genre cinématographique que j’aime, ce genre ou l’on film le destin de monsieur ou madame tout-le-monde (ou presque-tout-le-monde).
Un film qui doit peut être plus au talent des acteurs, peu nombreux, qu'à la richesse du scénario, qui est parfois un peu trop prévisible. Le titre est bien trouvé, les personnages se cherchant, se sentant perdus dans leurs sentiments. Une histoire qui évoque aussi le passage à l'age adulte.
Avec finesse et subtilité, André Téchiné décrit un bonheur paradoxal, fugace, en période troublée. C'est un retour aux sources et à une certaine forme d'innocence, effaçant les différences de classes sociales, d'âge, de culture. Il y a là une idée du paradis perdu, dont le contrepoint final, triste et tragique retour à la réalité, est d'autant plus bouleversant. C'est aussi un très beau portrait de femme, sévère, perdue, dont le désir se réveille au contact d'un ado rebelle. Quelques moments gracieux, beaucoup d'émotion.
Auteur un jour, auteur toujours. Voir de la force dans Les Egarés, cest attribuer à Téchiné une histoire quil ne raconte pas, cest saluer un jeu dacteur maladroit, cest savoir davance que celui qui le fait ne peut pas nous tromper. Il serait temps de se libérer de ces idées reçues, et dexpliquer à cet « auteur » quil se noie dans son auto-satisfaction.
Egaré, il nous a, Téchiné avec son histoire des plus plates qu'elle soit. Le récit ne dit rien, ne sous-entend rien, ne visualise rien. Bien mou est ce film, qui en duperait plus d'un. Oh non pas moi, ni même ma compagne, restée juste pour le beau Gaspard et sa nonchalance.
Encore un film sur la débâcle de juin 1940, sauf que dans celui-ci il ne se passe rien et que l'on s'ennuie du début à la fin. Quant au personnage masculin principal, Yvan, il n'est absolument pas crédible : il est évadé d'une maison de correction, est analphabète mais s'exprime mieux qu'un bachelier de l'époque.
Une chronique sobre mais peu palpitante et trop artificielle qui aborde la guerre à travers le repli d’une famille fuyant l’exode de 1940 dans une maison abandonnée, portée néanmoins par un bon casting.