Profitant de la ressortie de ce film oublié du grand R. Aldrich (sortit uniquement dans une version de 1h30 avec uniquement les scènes d'action), j'ai pu découvrir le film maudit par excellence : tête d'affiche luxueuse, propos engagés et visionnaires mais échec total à sa sortie. Et pourtant, c'est une véritable claque, presque un chef d'oeuvre mais en aucun cas un film mineur. Anti-conformiste, sombre, dense, ironique, patriotique et à la philosophie intéressante, ce film est un pamphlet philosophique troublant et d'une puissance évocatrice intacte. Car si le film est un peu cheap et lent, il n'en reste pas moins d'une vitalité incroyable dans ses propos, les débats entre politiciens ou avec les mercenaires se révélant bien plus passionnant, même si on retrouve cette violence froide et graphique propre au cinéma de son auteur. Visuellement, ce n'est pas le meilleur Aldrich mais jamais son propos ne s'était exprimé avec un tel impact, une telle puissance émotionnelle et un mordant intact malgré l'âge. Et comme les acteurs sont tous formidables, c'est un incontournable pour tout cinéphile digne de ce nom. D'autres critiques sur
Amputé d’une heure lors de sa sortie en 1978, ce petit bijou revient dans l’intégralité de son écrin, dans lequel les mœurs politiques sont disséquées par un orfèvre. On oubliera simplement l’ouverture un rien calamiteuse pour mieux comprendre les rouages d’une gouvernance sans scrupule. Quand il n’était pas bon de révéler les dessous de la guerre du Vietnam…
Le cinéma de Robert Aldrich n'a pas perdu de sa force avec les années qui passent. La preuve avec ce film fort dans lequel un ancien général de l'armée américaine s'empare d'un bunker qui contient des missiles nucléaires et menace de lancer les ogives si le Président ne rend pas officiel un document rendant coupable les États-Unis de bien des choses par rapport à la guerre du Vietnam. Aldrich frappe droit là où ça fait mal et utilise le traumatisme de la guerre du Vietnam alors qu'il encore récent pour mieux dénoncer la politique de son pays et de la façon dont il est géré. Ce qui est très fort avec ce film, c'est que l'on comprend aussi bien le général voulant lancer les ogives (Burt Lancaster, parfait en homme vieillissant qui tient encore à certains idéaux) que le Président des États-Unis, coincé en plein dilemme (Charles Durning, trouvant sans doute un de ses meilleurs rôles, aussi complexe que touchant) et malgré tout on sait que cela ne peut que mal finir. Le cinéaste fait une excellente utilisation du split-screen pour montrer la simultanéité des actions ("terroristes", militaires et gouvernementales) et sa mise en scène est aussi efficace que son propos qui fustige les grands pontes de l'administration américaine sans jamais oublier de plonger le spectateur au cœur de son histoire, vraiment prenante. Avec en plus un casting choisi avec subtilité (Richard Widmark en général fasciste, Joseph Cotten en conseiller cynique), cet ultimatum est un vrai régal de cinéma.
Un bon film d'action qui cache un grand film politique. Dans sa version intégrale, « L'ultimatum des 3 mercenaires » est une charge violente contre la politique américaine au Vietnam, mais c'est également une mise en garde contre le danger que fait peser la raison d'état sur la démocratie. Le président des état unis (touchant Charles Durning) n'étant plus qu'un pion que l'on peut sacrifier à loisir sur l'échiquier. Les scènes d'actions, vigoureusement mise en scène, possèdent autant de tension que les négociations qui se déroulent dans les grands bureaux feutrés de la maison blanche. Aldrich utilise habilement le procédé du split screen pour rendre compte de la confusion ambiante. La conclusion n'est pas très optimiste sur l'état de la démocratie américaine, l'histoire lui a en partie donné raison. Dans l'esprit, on peut donc rapprocher ce film de « 7 jours en mai » de John Frankenheimer.
Long et pas fameux, Aldrich se perd dans les détails et film très mal les scènes d'actions qui apparaissent à la limite du ridicule. Le film pouvait être sauvé par un trio d'acteurs Lancaster, Widmark, Durning mais seul le dernier ce donne à fond sur la fin.
Film préféré d'Aldrich. Echec public et critique total. Version complète (presque) introuvable de 145 minutes. Donc film ultra Maudit !!!! Véritable monument de la série B (à budget confortable quand même). Suversif, inventif, haineux face à toute autorité... Musique de Goldsmith étonnante, montage epoustouflant de Michael Luciano (ah les split screen superbes...). Histoire formidable... Casting des vieux de la vieille de Hollywood (Richard Widmark en général fasciste...Magnifique...). Mention spéciale aussi à Charles Durning (ça c'est un président américain de l'ecran...). Ample, iconoclaste, virtuose : bref du Aldrich. Chapeau bas maestro !