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carbone144
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4,0
Publiée le 25 août 2024
Difficile de tenir une critique de ce film aux contrastes si particuliers. Il est captivant et étonnant, notamment parce qu'il est particulièrement froid dans son style et dans sa narration, tout en baignant dans la chaleur d'un environnement ancien, chaud et coloré. Poignant aussi. Plus on avance, plus on se demande ce qu'on peut bien être en train de vivre là et om ça va nous mener. Les interprétations, les visages, les costumes et les décors sont excellents. A connaître.
Lacombe Lucien, c'est l'histoire du pauvre gars un peu simplet qui rêve de passer à la postérité pendant les années de guerre, voulant oeuvrer dans la résistance mais se trouvant malgré lui, collabo et amoureux d'une juive. Louis Malle affectionne cette période de l'histoire et nous délivre avec justesse et émotion des moments de vie de cette époque troublée. Le jeune acteur incarnant Lucien est remarquable. Il décédera un an plus tard dans un accident.
On ne peut s’empêcher de penser à ce que Lacombe Lucien serait devenu s’il avait pu s’engager dans la résistance (on lui refuse à cause de son jeune âge). S’il avait mis autant de zèle qu’au sein de la Gestapo, nul doute qu’il aurait été un maquisard valeureux et efficace. On m’objectera que le jeune homme est de nature violente, ce que la scène introductive avec l’oiseau semble suggérer, qu’il aurait fait un piètre résistant. Il me semble au contraire que c’est au contact de la Gestapo que Lucien commence à dévier moralement : abus d’autorité, spoliation, chantage et harcèlement auprès de la famille juive… et même viol. Ce n’est pas que Lucien soit particulièrement violent – c’est un gars de la campagne un peu rustre qui chasse davantage pour subsister que pour le plaisir. En fait, il est surtout particulièrement immature, comme l’atteste la scène lors de laquelle il préfère tirer sur un lapin surgi de nulle part tandis que ses collègues de la Gestapo sont pris pour cibles par des maquisards. Et c’est peut-être là que Louis Malle prend parti, malgré l’apparente neutralité qui se dégage de l’enchaînement des évènements (c’est par un concours de circonstances que Lucien s’engage dans la Gestapo), et qui sera plus tard confirmé par la réalisation du célèbre "Au revoir les enfants" (1987). Si son personnage principal se montre aussi froid, cruel même, jusqu’à provoquer le malaise chez le spectateur, c’est qu’il n’a pas « choisi » le bon camp : le camp des justes. La torture, l’antisémitisme, la délation, le vol… ont fait du simple et fruste Lucien un être abject, un futur paria que le rachat final ne suffira pas à sauver. Il eut sans doute fait un bon résistant, donc un héros ; mais le hasard a voulu qu’il se soit engagé du mauvais côté. Faute de maturité, d’esprit critique, peut-être faute d’études (c’est en dénonçant involontairement son ancien instituteur qu’il intègre la Gestapo), Lucien n’a jamais mesuré les conséquences de ses actes. Il ressemble sans nul doute à beaucoup d’autres hommes, encore aujourd’hui, qui n’ont jamais pris le temps de penser. De là, la destinée de Lacombe Lucien a de quoi donner le vertige : de futur paria à héros de la résistance, c’est à un pas près (celui qu’il décide de faire pour simplement regarder une belle voiture descendre dans un hôtel) que sa vie prendra le noir chemin de l’indignité. Et la noirceur de ce chemin, Louis Malle ne manque pas de le montrer.
Pour une raison qui m'échappe Louis Malle a confié le rôle principal à un non comédien. Or, ce rôle est des plus complexe, et le manque de maîtrise de l'interprète se fait ressentir. Ce dernier ne parvient pas à donner suffisamment d'ampleur au personnage. En outre, certains passages auraient gagné à être plus court. La dernière partie du film est tout de même de qualité.
Sur un rythme lancinant et avec une économie de mots et de gestes, Louis Malle filme le parcours d'un salaud de circonstance, soulignant que la collaboration ne fut pas qu'une affaire de conviction mais aussi d'opportunisme irréfléchi pour certains, avides de pouvoir et de reconnaissance. Clairement polémique et sans complaisance réelle, il offre à travers le regard et la figure du jeune Pierre Blaise un discours froid et cruel sur ces événements, dont la dimension émotionnelle n'est pas très perceptible mais où le malaise subsistera longtemps.
De l'idée dans le thème, je n'ai pas accroché au casting du film. Le jeune de la campagne, chassant et découvrant les femmes, la politique mais sans être engagé côté opinions. C'est assez lent tout juste correct malgré le côté subversif. J'ai cru que le jeune était joué par Michel Galabru. Il y a un petit air 2,8/5
Et on appelle ça un chef d'oeuvre?! C'est l'histoire d'un jeune, apparemment désœuvré, qui s'ennuie à la campagne et qui décide peut-être malgré lui, de rentrer dans la collaboration pour exister. Bon, le décor est planté. Moi je vois surtout au fil de l'histoire, un gars niais, immature au possible, carrément bête, hyper vulnérable, et limite "araignée au plafond" mais quel intérêt ce genre de film ?? Des gugus comme ça il y en a eu des tas pendant la guerre et encore aujourd'hui. Je l'avais enregistré et j'ai souvent utilisé l'avance rapide. Moi je n'ai pas accroché, ennuyeux, peu d'émotion réelle, une étoile pour le jeu des acteurs, ça ne mérite pas plus, film inutile.
Un film sur la collaboration qui ne va pas au bout de sa démarche dénonciatrice en multipliant les invraisemblances dans la deuxième partie du film. Il y a du bon et du très folklorique dans ce film qui se veut historique. Ce qui tient la route : La dérive du jeune est crédible et bien amenée. Elle est cohérente avec une certaine prédisposition à la violence et au sadisme du personnage principal qui apparaît dès les premières minutes. Un réel travail de reconstitution historique a été effectué: le lieu de travail de la Gestapo est des plus fiable , le conflit entre les collaborateurs et les résistants l'est tout autant ; embuscades et crimes de part et d'autre. La violence est partout ! Pour ce qui est du casting, l'acteur principal s'en sort pas si mal bien que certaines lignes de dialogue tiennent plus de la récitation que d'autre chose. La photogénie est glaciale et je me demande s' il jouait mal ou si il se laissait aller à l ' improvisation. L'acteur incarnant le rôle du père juif livre une prestation remarquable: un jeu sobre et intense sans aucun pathos. Ce qui déraille : Je n'ai pas très bien compris pourquoi mais Louis Malle veut à tout prix humaniser au maximum son collabo. Quoi de mieux que de le faire tomber amoureux d'une juive? Lorsque l' on connaît le degré d'antisémitisme dans la Gestapo ( et dans la société française dans les années 40 en général ) à l'époque , on se pince au point de s'arracher le bras. Je veux bien croire que ce pauvre Oui-Oui Lacombe a vu de la lumière et qu'il est entré chez les collaborateurs mais quand même ! Une famille de juifs vit en se cachant à peine à deux pas de la Gestapo. Tranquillou, pépère, en 1944 ! Pratiquement pas de stress : oh ben non, pourquoi faire ? C' est crédible ça ? Et le jeune collabo vient par la suite régulièrement squatter dans cette famille, et un autre collabo vient y amener la mère de ce très cher Lucien pour qu'elle y voit son fils. C'est un poil étonnant quand on sait, petit détail sans guère d' importance visiblement, que la Gestapo française a pris part à la chasse aux juifs. La cohabitation juifs / Gestapo française: un nouveau concept ? On part dans le délire total, dans l'historiquement aberrant ! Louis Malle avait sans doute de bonnes intentions mais son sens de l' Histoire défie les lois de la gravité. C'est d' un ridicule achevé ...
Chef d'œuvre historique parce qu'il montre bien comme l'engagement dans la résistance ou dans la collaboration tenait beaucoup aux circonstances. La série "Un village français" va plus tard développer ce point de vue.
Je suis fan de Louis Malle. Le seul avec Chabrol parmi la soi disant nouvelle vague qui ne fasse pas du « psychologisme » facile….. La neutralité effroyable du conteur nous donne une idée de qui ont pu être les français collaborateurs. Ou de quoi dépend le fait de devenir un heros ou un traitre.La galerie de portraits de ces derniers est saisissante. Le jeune acteur est prodigieux de naturel. Quelle carriére aurait il eu sans son décès aprés le film.
Louis Malle brosse courageusement -c'est-à-dire à l'encontre du manichéisme qui caractérise souvent l'Occupation puis les épurateurs de toutes sortes- le portrait d'un jeune homme ayant rejoint, en ces derniers temps de la guerre, et tout à fait par hasard, des auxiliaires français de la police allemande. Le cinéaste prend le parti de la neutralité -pas du tout dans le jugement vindicatif de l'après-guerre. Il ne défend ni n'accable Lucien dont il montre bien à quel point la personnalité fruste, intellectuellement et affectivement, détermine le choix, ou plutôt le non-choix, du jeune homme. Louis Malle ne relate-t-il pas qu'avant de se laissé seduire par le pouvoir de quelques minables collabos, Lucien l'immature s'était timidement proposé d"intégrer le maquis?
Le cas de Lucien Lacombe n'est pas celui de l'engagement dogmatique. Malle dessine le caractère psychologique d'un jeune homme taciturne et solitaire qui se découvre une raison d'exister. D'une sobriété exemplaire, tournant le dos aux idées passionnelles de la période et à une mise en scène spectaculaire, le récit s'appuie sur une reconstitution très juste de l'époque et se partage entre le rôle de collabo insignifiant de Lucien et l'etrange relation que celui-ci noue avec une famille juive. Convaincant sur un plan humain, le film l'est moins en revanche sur celui de la mise en scène, dont la lenteur, notamment dans les nombreuses scènes spoiler: chez le vieux couturier juif , occasionne des longueurs. Et, en dépit de la gravité du sujet, on se prend à s'ennuyer parfois dans un film où, par moments, le portrait du collabo s'efface sous celui plus général d'un jeune homme complexe.
Sorti en 1974, Lacombe Lucien est un film passionnant à bien des égards, qui relate l’histoire d’un jeune homme de 17 ans issu d’un milieu rural dans le sud-ouest de la France pendant la Seconde guerre mondiale. Par une succession de hasards et un concours de circonstances, il va se rapprocher de la Gestapo française et sombrer dans la collaboration. Co-scénarisé par Patrick Modiano, le long-métrage est une plongée fascinante au cœur d’une période chaotique, qui dépeint l’alliance d’une petite mafia locale avec les idéologues les plus nauséabonds afin de tirer profit d’une situation trouble. En dressant un portrait peu reluisant de la France des années 40, Louis Malle déviait de l’histoire officielle qui fantasmait un pays largement gagné par la résistance. Le film fit l’objet d’une telle polémique que le cinéaste français, échaudé, s’exila aux États-Unis pour poursuivre sa carrière. Porté par le génial Pierre Blaise, un acteur non-professionnel, le film est aussi une exploration d’un personnage à l’histoire familiale complexe, perdu dans les vicissitudes de l’histoire. Une passionnante réflexion sur les aléas de la vie et le poids des événements historiques sur nos destins individuels.
Le film a le défaut d'être particulièrement laborieux dans son déroulement. C'est certainement voulu par son réalisateur qui voulait montrer comment la progression s'opère par paliers chez ce jeune pour devenir collabo. Avec cela, le film est très bien filmé mais ne m'a pas intéressé plus que ça car j'ai trouvé ce jeune acteur assez moyen.
Contre toute attente, Louis Malle se livre enfin au cinéma. La politique qui certes est toujours en toile de fond, se détache peu a peu du traitement et finit par disparaître complètement, ce qui lui a valu de nombreuses critiques d'une partie de son public qui ne s'est pas senti réconfortés dans ses idéologies verticales. Ici, Malle s'est laissé aller au doute, à l'ambiguïté, à la profondeur. On sent qu'il a cherché à comprendre, qu'il a creusé, pour aboutir à nu devant la nature humaine. C'est bien le propos de cette tragédie : la nature humaine. Les liens sociaux sont gérés par les rapports de force, le sentiment du rejet ou plutôt le ressentiment victimaire est à la racine du mécanisme de violence, l'amour est enfant de bohème, qui n'a jamais connu de loi, physique ou morale. Le film nous place face à la complexité du comportement humain, en nous faisant ressentir pendant 2h15, des émotions diamétralement opposées. C'est ce qui bouleverse, et c'est ce qui en fait un grand film. Le péché principal cependant concerne sa mise en scène. Elle ne répond pas aux grandes oppositions du récit, ni ne sublime les propos narratifs, ni ne raconte d'avantage que ce qui est dit. C'est très dommage, car ce film eut été un véritable chef d'oeuvre. PS: C'est peut-être le seul film issue de la nouvelle vague qui s'affranchit de la morale.
Un jeune homme qui travaille comme personnel d'entretien dans un hospice situé dans le Lot, entre après le débarquement de normandie, dans la Gestapo plus particulièrement, dans l'équivalent local du groupe de " la carlingue" parisienne de la rue Lauriston. Réalisé de manière classique avec un acteur non professionnel comme vedette, le film fut à son époque l'objet d'une polémique, largement relayée dans les médias, qui eut pour conséquence à moyen terme, le départ de Louis Malle aux Usa. Malle y réalisa d'ailleurs quelques films remarquables ( Atlantic city obtint le Lion d'or au festival de Venise) . Il reviendra en France quelques années plus tard en mettant en scène "au revoir les enfants " qui est finalement une sorte de réponse indirecte à "Lacombe Lucien". Néanmoins, malgré les explications du metteur en scène, la participation de Patrick Modiano ( futur prix nobel de littérature) à l'écriture du scénario et la contribution historique d'un doctorant en histoire de l'université de Toulouse, on ne peut nier que le personnage principal interroge. Lorsqu'on voit le film, on ne peut s'empêcher de trouver des côtés sympathiques au personnage, c'est ce point clef qui sera reproché au film. Louis Malle s'en expliquera d'ailleurs de façon discutable( à mes yeux). Il n'en reste pas moins vrai, que le film mérite vraiment d'être vu. Certes, au plan cinématographique, ce n'est pas le meilleur de son réalisateur, mais son ambiguïté est telle qu'il mérite d'être connu. Notons que malgré sa durée (140 mns) il ne souffre d'aucune rupture de rythme. Pour la petite histoire, Pierre Blaise, acteur non professionnel et bûcheron à la ville, décèdera dans un accident de voiture deux ans plus tard.