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3,5
Publiée le 1 septembre 2026
Vivre suit un fonctionnaire vieillissant confronté au vide de son quotidien et à l’urgence de redonner du sens à son existence. J’ai trouvé le film profondément humaniste et très riche dans ses thèmes, même si je n’ai pas été aussi bouleversé que je l’espérais.
Avec ce drame contemporain situé dans le Japon d’après-guerre, loin de ses grands films de samouraïs, Akira Kurosawa observe une société marquée par la bureaucratie, les habitudes et l’usure du quotidien. Porté par la très belle interprétation de Takashi Shimura, Vivre s’appréhende moins comme un récit spectaculaire que comme une réflexion intime sur le temps, la dignité et ce que l’on fait du temps qu’il reste.
Le film parle de la mort, mais surtout de ce qu’elle révèle d’une vie presque absente. Kurosawa interroge ce que signifie réellement vivre lorsque l’existence s’est réduite au travail, au silence et aux regrets. Il oppose ainsi les plaisirs immédiats à quelque chose de plus profond : vivre pleinement ne consiste pas seulement à profiter, mais à donner un sens à son existence, notamment par un geste concret tourné vers les autres.
Cette réflexion rejoint une critique très forte de la bureaucratie. L’administration apparaît comme une machine capable de produire du mouvement sans véritable action, où chacun suit les procédures pour éviter toute responsabilité. La seconde partie interroge aussi ce qu’il reste d’un individu après sa disparition et montre combien une prise de conscience peut être fragile : comprendre qu’il faudrait changer ne suffit pas toujours à résister à l’inertie collective.
J’ai particulièrement aimé l’équilibre que le film trouve entre l’intime et le social, ainsi que cette émotion progressive qui gagne en force au fil du récit. Dans cette sobriété, Vivre parvient à faire émerger quelque chose de profondément humain et universel à partir d’une existence ordinaire, ce qui explique aussi pourquoi son propos reste aussi actuel.
Toutefois, je m’attendais peut-être trop à découvrir un chef-d’œuvre bouleversant, et je n’ai pas été touché autant que je l’espérais. La grande sobriété émotionnelle et le rythme très posé ont parfois créé une distance avec moi. La mise en scène est précise et maîtrisée, mais elle ne m’a pas particulièrement impressionné formellement, et j’ai trouvé l’interrogation centrale exposée de manière assez frontale dès le départ.
Au final, je comprends facilement pourquoi Vivre est considéré comme une œuvre majeure de Kurosawa. J’en admire le propos et la manière dont il transforme une existence ordinaire en réflexion universelle sur ce qui donne de la valeur à une vie, même si sa retenue m’a laissé davantage dans l’admiration que dans le bouleversement.
Satire de l’administration kafkaïenne inefficace où les employés indifférents les uns aux autres se montrent surtout intéressés par l'avancement ou se contentent de fainéantise, le récit illustre aussi avec lucidité l’incapacité réflexive de ceux qui ne comprennent leurs erreurs, l’inanité de leur existence, leur mesquinerie que lorsqu’il est trop tard, ayant opté pour le déni durant toutes ces vaines années… Ainsi l'exprime (procédé facile) une voix off raillant le héros: il a essayé de vivre, il a même essayé de travailler! Or, les choix de réalisation, de registre, de caractère empêchent toute émotion voire tout attrait: jeu outrancier agaçant de Takashi Shimura; ambition élégiaque entre dialogues pathétiques du mourant geignard et méchant fils ingrat que le père aimait tant qu’il s’est sacrifié; face-à-face explicatifs avec nouvel ami ou jeune subalterne pour faire passer bien clairement la morale; musique dramatique appuyée. Heureusement que la jeune salariée (avec laquelle le vieillard se montre insupportable, malsain, gluant) vient rappeler cette évidence que l’enfant n’est pas responsable des - mauvais - choix des parents, relevant le niveau des femmes frappées par une misogynie assumée (vénales, aguicheuses, légères) mais cela ne suffit pas à contre-balancer la sensation d'une intrigue interminable, tant par les errances de la première partie que le projet en analepse de la seconde, et par la mièvrerie indigeste de la symbolique de la trajectoire du protagoniste. Assommant!
Construit en deux parties, le film montre les derniers mois de Watanabe, chef d’un service municipal, archétype du fonctionnaire dont l’unique succès de sa vie consiste à ne pas avoir pris de jours de congés durant trente ans de bons et loyaux services. La première partie se concentre sur sa réaction lorsqu’il apprend son diagnostic. C’est alors qu’il se rend compte être passé à côté de sa vie et décide de tout rattraper en quelques jours. La seconde, constituée de flash-back retraçant la lutte du protagoniste pour mener à bien son premier et ultime projet, élève le sujet en intégrant Watanabe dans son milieu naturel : son travail et ses collègues. En effet, pour montrer à quel point Watanabe est un employé municipal insipide (« La momie » surnom donné par l’une de ses jeunes collègues) il faut aussi montrer à quel point le système administratif est pesant, lourd, répétitif et rébarbatif. Afin de montrer à quel point l’élan, l’ardeur de Watanabe à mener à bien son projet est insolite, il faut aussi montrer la rigidité des autres directeurs de service municipaux, leurs respects inaltérables du protocole et aussi leurs hypocrisies à la fois devant les administrés, entre eux et envers eux-mêmes. Si cette construction du film rend la narration fluide, cependant l’émotion pointe malheureusement difficilement.
C'est une œuvre géniale sous tous ses aspects. Chaque séquence est nécessaire au propos. Le rythme lent de la première partie permet de ressentir la démarche de cet homme qui conquiert sa dignité au seuil de sa vie. Ce film démontre qu'une véritable oeuvre ne peut qu'être universelle dans le temps et dans l'espace.
Ce film de Kurosawa est une réflexion sur le sens de la vie. Il permet de suivre le parcours du personnage principal qui entre en dépression en apprenant qu'il a un cancer et plus que quelques mois à vivre. On y découvre des universels.
Un film qui a près de 100 ans et dont le message reste encore d'une grande force aujourd'hui. L'administration kafkaïenne, le désir de vivre, l'envie de laisser une trace ... Par ailleurs si on regarde la façon de filmer de Kurosawa en 1950 avec celles des films européennes de la même époque, on peut dire que Kuro avait une énorme avance.
Un des plus beaux films du maître ! L'histoire de ce gratte papier qui en apprenant qu'il va mourir se réveille essaye de vivre mais va surtout essayer de faire quelque chose de bien pour la communauté.
Sspoiler: on fils ne lui parle plus et veut son argent, ses collègues le méprisent.
Mais il a trouvé la force d'agir à travers la jeune fille au lapin. La scène de l'enterrement est superbe, ses collègues se rangent d'abord à l'avis de l'adjoint, le parc n'est pas Watanabe, mais un homme se dresse pour dire que c'est faux, c'est lui qui a fait le parc malgré toutes difficultés.
Puis, chacun se remémore un détail du projet, et tous les gens du quartier viennent prier, son entêtement à passer les barrières administratives, toutes les barrières malgré la mafia. La scène où le chantier commence et on voit son visage illuminé, par dieu ? Très belle scène. Puis ses collègues commencent à réaliser le genre d'homme qu’il était à la fin et sous l'ivresse décident de changer.
spoiler: Des mois plus tard, quelque chose d'injuste arrive et ses collègues n'ont rien changé sauf l'homme qui défendait Watanabe le premier qui regarde
La scène de fin avec la balançoire est superbe ou Watanabe chante sous la neige son œuvre accomplie, il n'a plus peur de la mort plus il n'a plus le temps pour des ennemis.
Tout est ici en subtilité, on pourrait souhaiter que les gens s'exclament que c'est un saint homme, mais rien de ça, pas de sentiments faciles ici.
Une lourde charge contre la société administrative et encore des années 50.
Vivre est un film très touchant sur la vie. Cette œuvre nous fait prendre conscience de profiter de l'instant présent. C'est une maladie incurable un cancer bien avancé qui bouscule la vie de Mr Kanji Watanabe qui sur ce qui lui reste à vivre décide de faire du bien. Ce film transmet un message fort sur la vie en nous interrogeant sur nous même et notre propre vie. Que laissera t-on dans notre monde ? Comment changer son quotidien et le quotidien des proches pour ne pas le regretter plus tard ? Ce film est à voir et revoir tellement la réalisation de Kurosawa est excellente et tellement on en sort plus humain et plus grandit.
Film poignant. Un fonctionnaire âgé dont on découvre un cancer de l'estomac prend soudainement conscience que sa vie a été bâtie sur des renoncements. Faut-il accepter son sort ? Est-il encore temps de faire quelque chose ? Les interprétations sont toutes excellentes, même si le réalisateur s'est un peu trop appuyé selon moi sur les grands yeux expressifs de Takashi Shimura. La longueur du film et son rythme lent ne sont pas pleinement justifiés et peuvent rebuter. Mais ces quelques critiques n'ont pas gâché l'intérêt que j'ai éprouvé en suivant le parcours de ce fonctionnaire au soir de sa vie. Le réalisateur profite de cette trame pour questionner les spectateurs sur des sujets essentiels. Qu'est-ce qui est vraiment important dans la vie ? Toucher un salaire et être bien noté par ses supérieurs suffit-il pour s'accomplir ? L'administration japonaise n'est pas épargnée. Mais quand on sait que le Japon de l'ère Meiji a pris pour modèle l'administration française, il faut se garder de se moquer ! Les scènes où l'on voit les fonctionnaires réunis suite au décès de Mr Watanabe sont irrésistibles. D'abord fidèles au maire adjoint jusqu'à la caricature, ils deviennent, l'alcool aidant, révolutionnaires d'un soir après avoir reconnu le rôle essentiel de Mr Watanabe dans la naissance du parc pour enfants. Kurosawa fait de son pessimisme sur la nature humaine des scènes hilarantes où le malaise n'est pas absent. Quel talent !
Je n'en reviens pas de ce que je viens de voir. Je ne comprends pas pourquoi c'est culte, le film est d'un ennui mortel du début à la fin, on voit juste un vieux dépressif. Super...
Avec "Vivre", Akira Kurosawa signe un film profond sur le sens de la vie et l'absurdité de notre quotidien/société. Un film dure aussi puisqu'il touche la maladie et la fin de vie.
Tout cela, Kurosawa le met en scène dans un magnifique noir et blanc, avec une écriture subtile à la fois humaniste et cynique. Le cinéaste japonais possède un talent indéniable. J'ai toutefois ressenti de nombreuses longueurs durant le visionnement de ce long métrage notamment vers la fin.
Loin d'être mon Kurosawa préféré mais "Vivre" reste, à raison, une oeuvre importante dans sa filmographie.
Une oeuvre peu rythmée, ponctuée d'énormes longueurs et qui a assez vieillie. Après certains personnages sont originaux et bien écrits, arrivant bien à retranscrire les caractères du domaine. Et la critique de la bureaucratie, du fonctionnariat et de l'aliénation au travail à travers la perte de temps ou à l'accumulation de taches sans buts s'avère plutôt efficace et est toujours d'actualité.
C'est pas que ce film est mauvais car Objectivement Vivre est un Chef d'œuvre mais personnellement je n'ai pas beaucoup apprécié oui le film est beau mais sa première partie est beaucoup trop lente avec un personnage qui pleure beaucoup trop et s'acharne sur son sort la deuxième partie est bien plus intéressante mais elle reste quand même lente et parfois ennuyeuse.
Un film adapté d'un livre. Kurosawa nous montre par sa réalisation, l importance de la vie ! Grâce à sa mise en scène et la performance incroyable de l acteur principal, le personnage Watanabe nous est montré triste mélancolique et seul. Ce point là est très réussi ; on a de la peine au fur et à mesure du film. Cependant, j ai trouvé que la fin du film s eternisait... le film est quand même long sur sa fin et c est dommage car sans cette fin rallongé, j aurai pu augmenté ma note !
Néanmoins, c est un film très réussi dans son ensemble ! Beau film !
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4,0
Publiée le 16 septembre 2022
Oeuvre d'inspiration critique selon Akira Kurosawa le magnifique dont le thème principal est bel et bien la dèchèance physique! Un thème que sublime le maître nippon, dèjà au sommet de son art! La construction de l'histoire est admirable et l'utilisation du flashback l'est tout autant! Takashi Shimura est bouleversant en modeste employè atteint d'un cancer incurable qui cherche une raison à sa vie, en tout cas à revivre et à rèespèrer par la construction d'un parc de jeux pour enfants! Un acteur comme lui peut même être considèrè comme une sorte de synthèse vivante de l'oeuvre de Kurosawa! En transposant ce dèsarroi d'une sociètè de tout un pays sur un individu, le cinèaste signe un grand film sur la misère morale et humaine, dans l'optique du nèoralisme, transposè èvidemment au Japon! C'est à la fois beau et dèchirant! Dègainez le portefeuille car "Vivre" (1952) ne coûte que 1,23€ sur Amazon! On croit rêver...