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calliphilus
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5,0
Publiée le 7 avril 2014
J’admets qu’il est difficile de rentrer dans le monde de Bresson. De Beethoven, on retient le « boum-boum-boum-boum » de la 5° symphonie mais bien peu connaissent l’ariette de sa 32° sonate ou les derniers quatuors en particulier la grande fugue. Dans ces dernières œuvres, le musicien fait preuve d’une modernité telle qu’il faudra attendre Debussy, Bartók et Webern pour entendre une musique qui ose bousculer les habitudes des mélomanes. Les guides de haute montagne ne méprisent pas les promeneurs qui se contentent de sentiers gentiment balisés. Voir du Bresson, écouter les quatuors de Beethoven ou ceux de Webern c’est accéder à l’Himalaya. Pour certains c’est « chiant », pour d’autres c’est enthousiasmant. Il faut visionner plusieurs fois « au hasard balthazar » pour en déceler les richesses mais aussi pour comprendre le scénario. Ce dernier est-il la faiblesse du film ? Lorsque Bresson adapte du Bernanos, il joue sur du velours tant la pensée de l’écrivain est limpide. Lorsqu’il écrit lui-même le scénario, l’histoire devient plus obscure. Qu’a fait le père de Marie pour susciter l’opprobre des habitants du village ? La réponse semble être dans les mots de l’avare qui recueille Marie à la fin du film. On notera la similitude de cette scène avec Mouchette. 2 filles trempées sous la pluie (tout un symbole) recueillies par 2 pêcheurs, un avare d’un coté, un ivrogne de l’autre. Et ces deux libidineux profitent de la situation. Avec Balthazar, on est plus proche de Dostoïevski que de l’écrivain français. Pour le reste, si l’on veut bien partager le postulat de Bresson sur le cinéma, force est de constater qu’il est un maitre de l’art cinématographique : pas de pléonasme, pas de redondance, pas d’emphase ni d’esthétisme ampoulé, pas de dialogue inutile, l’image en mouvement suffit. Il applique à la lettre la règle du classicisme français édictée par Boileau : « ajoutez quelque fois et souvent effacez ». Cet art à l’opposé de la surabondance démonstrative des anglo-saxons peut rebuter tant l’œil de l’amateur est habitué à des traits grossièrement appuyés. Il séduit les peuples raffinés comme le peuple Japonais (voyez Kurosawa) ou mystique comme le peuple Russe (voyez Tarkovski et Lounguine). Quant aux français, ils restent partagés comme en témoignent les critiques.
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1,0
Publiée le 8 juin 2021
Même certains des pires films jamais réalisés que j'ai vu ont une certaine forme d'investissement dans les personnages et l'histoire mais ici il n'y en a pas. Je ne peux pas nommer un seul personnage auquel je me suis réellement intéressé ou dont le bien-être m'a paru important. Marie je ne me soucie pas d'elle. Arnold je ne connaissais même pas son nom jusqu'à ce qu'il soit sur le point de mourir. Gerard c'est le pire Balthazar il n'est pas même établi comme un personnage vraiment pertinent jusqu'à environ 50 minutes puis il retombe dans l'obscurité jusqu'à ce qu'il apparaisse à la fin. Pour être tout à fait honnête si le nom de Balthazar n'était pas dans le titre je n'aurais pas su qu'il est censé être un personnage important dans le film. Le temps d'écran consacré à l'âne en tant que personnage clé d'une scène est de deux ou trois minutes maximum. En fin de compte je ne sais pas pourquoi ce film est considéré comme un chef-d'œuvre. Encore une fois il a le potentiel d'être un grand film mais presque tous ses éléments ont été réalisés de manière médiocre...
Vous comprendrez très vite que l’âne, bête innocente, passe au milieu des hommes sans les comprendre mais en ayant pitié de leur condition d’humains. Mais vous ne comprendrez pas grand chose aux dialogues vu que la moitié du film est muette. Au final c’est quand l’âne parle que l’on comprend le mieux. Car là il faut se taire et éviter les bavardages sans queue ni tête des personnages. Fastidieux.
Un drame austère d’une immense mélancolie qui dépeint la cruauté humaine sous l'oeil innocent d'un âne martyr, terni par un scénario manquant de fluidité.
Selon Jerzy Skolimowski, Robert Bresson est LE cinéaste qui a su conter avec efficacité une histoire sur un animal avec « Au Hasard Balthazar ». Le cinéaste-acteur polonais a même ajouté qu’il avait pleuré pour ce film. « EO », dernier film de Jerzy Skolimowski serait-il d’inspiration Bressonnienne ?
Avec « Pickpoket », ce « Au hasard Bathazar » a failli me faire pleurer d’ennui. Seules les séquences avec Balthazar m’ont sorti de ma torpeur… et encore. Après « Mouchette » qui semblait porter tous les maux de l’humanité, je présente « Balthazar » un âne chargé de toute l’inhumanité de l’homme. Bresson s’amuse avec les symboles. Ses métaphores sont aussi chargées que les sacs transportés par Balthazar. L’histoire contée par Bresson m’est aussi pénible que les brimades endurées par Balthazar.
Certes, Bresson n’est pas donné à tout le monde mais je crois en avoir compris sa quintessence : sa charge religieuse, le mal qui s’empare de l’homme ou la facilité avec laquelle l’homme (ou la femme) tombe dans le péché ; une démarche artistique austère, très épurée, qui semble aller à l’essentielle avec une direction d’acteur très discutable en ce qui me concerne.
Marie (Anna Wiasemski ) n’est pas un prénom pris au hasard. Sa connotation est religieuse, Marie est la seule à bien traiter Balthazar qui traverse sa vie comme Jésus-Christ qui trimballe sa croix.
Concernant mon podium, « Au Hasard Balthazar » peut se targuer d’éviter à « Pickpocket » la dernière place. Pour l’heure, j’en ai fini de mon expérience avec Bresson. Et je lui préfère de loin le film qu’il rejette : « Les dames du Bois de Boulogne », devant « Journal d’un curé de campagne ». Au regret.
Le titre aurait pu être "les malheurs d'un âne", le pauvre Balthazar ne faisant que subir des propriétaires successifs violences et brimades. Si Bresson le chrétien voulait nous réconcilier avec la bonté de l'espèce humaine, c'est loin d'être gagné! Ce film n'est pas si long qu'il peut paraître à certains, et de mon point de vue relève plus d'une composition intellectuelle, avec quelques passages poétiques, et peine à provoquer l'émotion du spectateur; même le personnage de Marie, s'effiloche au fil du récit et n'apportera la rédemption attendue. Arrivé sans avis préconçue, je repars avec une impression mitigée, comparable à celle ressentie face à certaines œuvres portées aux nues de l'art moderne, dont on ne sait pas si la qualificatif de chef-d'œuvre survivra l'épreuve du temps, en se disant: voilà un travail indéniable d'images et de sons, mais au bout du bout, il va m'en rester quoi? Avec Fortuna, le jeune Germinal Roaux délivre ce mois-ci un film plus convaincant dans un genre "bressonien". GE1 - septembre 2018
Exercice de style « Au hasard Balthazar » est essentiellement ennuyeux. Décrivant la vie d’un âne au travers des vices d’une galerie de personnages envieux et par conséquent mesquins, Robert Bresson, l’humaniste catholique, n’est pas loin de la misanthropie athée d’un Duvivier, mais version light faute de force véritable dans la mise en scène. Toute référence sociale est curieusement absente, alors que les années soixante marquent le triomphe de la consommation à tout va dont le cinéaste dénonce la symbolique des objets (mobylettes, transistor,..) mais sans leur futilité comme l’avait fait le génial Jacques Tati huit ans plus tôt (« Mon Oncle », 1958). Débute aussi le malaise paysan avec l’exode rural, conséquence les concentrations pour développer l’agriculture extensive réclamée par les premières chaînes de grandes surfaces alimentaires. Ce sujet est éludé au profit d’un retour hypothétique vers la terre d’un instituteur, peu touché par la vocation (elle existait car c’était encore un métier respecté à cette époque), habité d’un orgueil démesuré, au service d’un ego du même calibre. Il tétanise sa fille, mi sainte mi putain, dont l’existence en ligne brisée, sans réflexion psychologique aucune, peine à intéresser. Reste une belle photographie de Ghislain Cloquet, une bande son travaillée et un choix musical pertinent, en particulier la sonate de Schubert accompagnant une fin magnifique, seul grand moment de cinéma de ces 95 minutes. Ils sont la preuve du travail soigné de Bresson. Mais il a aussi les partis pris. Une lenteur exaspérante, des dialogues qui sonnent faux car les acteurs, Anne Wiazemsky en tête, récitant la plupart du temps, désincarnent leurs émotions. Seul l’âne est excellent.
C’est je crois à ce jour le moyen le plus original, inédit et pertinent que le cinéma ait trouvé pour parler de la société du moment. Nous sommes en 1966, De Gaulle au pouvoir, Pompidou à ses côtés et un âne pour refléter le monde tel qu’il va. Bresson le dépeint très sombre à travers les manigances des hommes bêtes et méchants qui s’attribuent la bête et puis l’abandonnent. Le message est très clair, mais le réalisateur l’explicite encore d’avantage autour de son personnage principal Marie, qui de l’enfance à l’âge adulte passe pareillement par la main des hommes et leur comportement cynique. Le tableau est égayé d’un petit refrain doucereux qui ne cesse d’accompagner les tribulations de Balthazar. A noter dans le rôle de Marie , Anne Wiazemsky, la petite fille de François Mauriac repérée par Robert Bresson à l’âge de 18 ans. Après « Au hasard Balthazar » elle rencontre Jean-Luc Godard, devient son égérie puis son épouse. Pour en savoir plus : lheuredelasortie.com
Sorti en 1966, ce film porté aux nues lors de sa sortie par les futurs cinéastes de la Nouvelle vague propose de suivre l’évolution de plusieurs habitants d’un village à travers les yeux tantôt malicieux tantôt tristes d’un âne, Balthazar, véritable fil rouge du récit. Le long-métrage, qui distille de très belles séquences accompagnées par une musique entêtante de Schubert (sonate pour piano numéro 20), dresse ainsi un portrait pas toujours très glorieux de l’esprit et des comportements humains. Cette œuvre cérébrale, relativement complexe et au langage cinématographique novateur pour l’époque est néanmoins à réserver aux cinéphiles avertis.
Au hasard Balthazar est un film extrêmement simple mais c’est ce qui fait sa richesse. Peu de personnages, peu de décors, peu d’actions, pas de couleur, une musique, un âne. Ne reste ainsi que l’essentiel.
je n ai pas pu malheureusement finir le visionnage de ce film de bresson.le film est tres dur,choquant etant moi memme un amoureux des betes je n ai pas supporte de voir un ane se faire torturer durant 1 heure et demi. tous les personnages sont mauvais ou lache il n ya pas une once d humanite dans dans ce film
Il paraît que c’est le meilleur film de Robert Bresson. Et bien que devaient être les autres ? Une incitation à la déprime ? Dans ce film rien n’est à garder sauf le pauvre âne
J'avais plutôt aimé Pickpocket de Bresson et j'ai apprécié "Au hasard Baltazar". D'ailleurs quelques plans sont communs aux deux films, où la camera est au coeur et au plus proche de l'action. Bresson arrive à donner une emotion forte même à travers un âne, car l'âne de ce film à quelque chose de magique grace à la réalisation de Bresson. Seul petit bémol que j'ai pu trouver, quelques fois le jeu d'acteur est limite et frolle même l'amateursime mais cela reste rare et négligeable à coté de la beauté du film.