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Jipis
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3,0
Publiée le 7 juin 2012
"On ne peut pas toujours être une machine, on a besoin parfois de se divulguer comme être humain"
Avant d’entamer sa dernière mission Alec Leamas agent secret au bout du rouleau traine la savate dans les rues d’un Londres sombre et pluvieux.
Amer, frigide, Titubant, l’œil glauque, sa violence verbale et physique envers ses contemporains n’est peut-être qu’une couverture afin de produire de dernières étincelles professionnelles dans une ultime chorégraphie avant de s’endormir usé par les aspects procéduriers de son métier.
L’espion qui venait du froid lourdement critiqué pour sa lenteur lors de sa sortie mérite certainement une seconde vision. Ces images interminablement lentes donnent à cette œuvre étrange le statut de film d’auteur.
L’intérêt pénètre avec de grandes difficultés cette configuration logistique d’espions statiques, automatisés par une mission inlassablement répétée. Une écoute intensive de propos maussades altère davantage le contenu de cette besogne cinématographique obscure.
Une lassitude entretenue de manière royale par une récurrence en boucle.
L’œuvre possède une valeur c’est sur mais notre entendement n’est pas à la hauteur de telles exigences. Le passionnant contexte de guerre froide n’est ici qu’une toile de fond. Elle cède le pas devant le choix douteux d’un conversationnel trop abondant argumentant le besoin d’en finir devant ce bourdonnement verbal sans fin.
Quelques scènes d'un faux procès illumine un peu les bornes de cette mécanique complexe dont les rouages nécessitent un livret explicatif d'accompagnement.
Ce n'est pas un film d'espionnage avec des gadgets high-tech et des types "espion jet-seteur". Richard Burton incarne un alcoolique désabusé et pessimiste. Le scénario est assez bien et complexe mais je n'ai pas été passionné énormément par ce film.
Rarement vu un film aussi inintéressant. Tout est froid comme l'indique si bien le titre. Richard Burton, lui, est carrément de glace et indéniablement antipathique au point d'incarner l'archétype du héros avec lequel "classe et décontraction" ne rime pas. Posez ce protagoniste tête-à-claque dans un récit aussi mal écrit qu'inutilement compliqué et vous vous retrouverez face au plus qu'ennuyant L'Espion qui venait du froid, dont le seul argument justifiant sa fadeur au tendance neurasthénique et hypocondriaque, est de raconter l'espionnage comme il l'était vraiment. Quitte à faire dans le réalisme, ayez au moins la courtoisie d'écrire des dialogues recherchés et déclamés avec crédibilité que de ne se contenter que du strict minimum essentiel à la progression et la compréhension de l'histoire, dans la froideur la plus totale.
Archétype du film d'espionnage glacial, avec peinture hyperréaliste de la guerre froide surgelée ! l'interprétation de Richard Burton est fascinante et transporte dans le monde des espions alcooliques, misérables et angoissés ! le meilleur film du genre, dont le scénario est presque compréhensible, ce qui est rare (CF "La taupe").
Ce n’est pas et de loin la meilleure adaptation d’un roman de John Le Carré . Le réalisateur en rajoute tellement pour mieux disséquer, sinon faire comprendre, la situation de part et d’autre du rideau de fer, quand un espion se doit d’éliminer un autre espion. Un espion à la peine et qui peine, comme le spectateur, a retrouver le fil de ses recherches sur un scénario brouillon . Il ne me parait pas s’identifier au roman, mais le retranscrit un peu à l’aveugle. Ce qui procure des situations alambiquées dans lesquelles Richard Burton ne parait pas au mieux de sa forme. L’œil plus que mauvais, il en rajoute dans le taciturne et la suspicion. AVIS BONUS Une très bel entretien avec Frédéric Albert Levy, fort instructif, tout autant que sa façon de décrypter la scène de l’épicerie . Pour en savoir plus : lheuredelasortie.com
LA TAUPE. Vive l'age de glace. John Le Carré et ses romans d'espionnage n'arrive toujours pas à m'emballer. Trop complexe, à l'ambiance froide et tortueuse, je reste frigorifié sur la guerre froide. Richard Burton aurait du partager sa bibine.
Premier film tiré d’un roman de John Carré, L’espion qui venait du froid pose les bases du style propre de cet auteur britannique spécialisé dans les récits d’espionnage dont le réalisme a pour but premier de contrecarrer le mythe du super-agent secret incarné par James Bond. Le traitement du métier d’espion comme étant fait de manipulations parfois perverses et de jeux d’infiltrations mais aussi de longues négociations dans des espaces clos assez oppressants est donc déjà très présent, tout comme la complexité de l’intrigue que l’on reprochera à beaucoup des adaptions suivantes de Le Carré. Le peu d’action et le scénario tordu sont donc les deux caractéristiques de ce film auquel Martin Ritt apporte une mise en scène qui, comme l’annonce le titre, est très froide mais surtout par le recours à un Burt Reynolds taillé pour le rôle. Malheureusement, ce récit, une fois porté à l’écran, est embarrassé de terribles longueurs, du fait justement de ses dialogues étirés et de cette intrigue retors dont les rebondissements sont noyés dans le flot de paroles, le rythme ne reprenant que dans le dernier quart d’heure avec une scène de procès d’une intensité implacable.
Un film d'espionnage plus axé sur les personnages, sur la psychologie, sur les dialogues que sur l'action elle-même et ce n'est pas toujours une réussite. On s'ennuie beaucoup devant cette histoire un peu alambiquée, qui a un meilleur rendu en livre. L'action étant au second plan, le rythme est très lent et pas mal de scènes résonnent par leurs silences, leurs longueurs. Une résonnance qui fait du bruit et qui détourne notre attention !!
Peut-on réellement parler d'un film d'espionnage ? Je serais tenté de dire non. Tout simplement car on n'y retrouve pas une intrigue brumeuse comme c'était le cas des films de ce genre à cette époque. Il serait à mon avis plus juste de parler d'un film sur l'espionnage. Sincèrement, j'aurais aimé le noter mieux que ça. Mais je ne vois pas comment je pourrais m'y prendre. Car si j'ai beaucoup aimé la première partie du film, (donnant sa signification au "who came in from the cold) j'ai nettement moins apprécié la deuxième. Lente, longue et plutôt... glaciale. S'il n'y avait pas eu ce dernier segment, entre procès et final plutôt chouette émotionnellement, j'aurais abaissé la note d'un cran. Il m'a toujours été plus facile de me rappeler de ces derniers instants, des performances de Richard Burton et de la délicieuse Clair Bloom et de la mise en scène impeccable de Martin Ritt.
L'histoire inventée par le romancier britannique John Le Carré, s'avère complexe et un peu surprenante au début. Progressivement, tout s'articule et prend sens quand on commence à comprendre le plan sous-jacent. Ceci dit, la fin ne me semble pas vraiment crédible mais c'est un détail car cela reste un très bon film d'espionnage, une référence même. Ce type d'espionnage, très peu glamour, s'approche certainement plus de la vérité que nombre de films de type James Bond. A noter que Richard Burton qui joue le rôle principal de l'espion Alec Leamas a eu les mêmes problèmes d'alcoolisme dans la vie, que le personnage qu'il joue, on peut supposer que c'est juste un hasard.
Bien que très cohérente avec le propos, jouant des angles de caméra, des jeux de regards, des choix de plans, la réalisation souligne à l'envi la noirceur d'une atmosphère à la pesante chape de plomb. Image démystifiée des espions, prêts à diverses compromissions pour atteindre leurs cibles, marionnettistes désabusés ou froidement pragmatiques, l'histoire s'amuse avec des représentations trompeuses, montrant à la fois que la vérité s'habille de mensonges et que le danger est d'abord moral ou psychologique pour ces (anti-)héros dont Richard Burton à l'aura toujours vivace en interprète un spécimen morose, taiseux, blasé - en dépit de sa relation (cliché!) avec la jeune femme idéaliste qui succombe au mystérieux homme antipathique plus âgé... Même si ses manipulations politiques ou diplomatiques se révèlent intellectuellement plaisantes (jusqu'au délectable procès), l'intrigue se permet quelques audaces à la vraisemblance douteuse et des étirements dispensables. Amer.
Un vrai film d'espionnage, oui, mais qui date de près de 60 ans, et il a donc pris un petit coup de vieux. Je pensais avoir déjà vu des oeuvres de M. Ritt mais apparemment non après avoir relu sa filmographie. Ce film d'espionnage, qui met en scène le flamboyant R. Burton, est une représentation d'une certaine forme de fiction de la guerre froide et du renseignement de l'époque, que Le Carré a su retranscrire dans son roman. C'est froid, cintré et dépourvu d'action, avec une intrigue plutôt complexe mais qui ne perd pas totalement le spectateur sauf peut-être à la fin où le rebondissement final nous laisse un peu perplexe.
Un bon film d espionnage, comme son titre l indique , il se situe principalement durant la guerre froide, époque foisonnant pour ce type d histoire. Difficile de suivre au début, on s y perd un peu mais globalement le scénario est tenu. De plus c est une adaptation d un roman de john le carré, beaucoup d œuvre seront par la suite adapté mais pas avec la même réussite.
Ambiance "guerre froide" à souhait et à volonté, ambiance typique du "vrai" film d'espionnage en circonvolutions quelque peu alambiquées et superbe prestation de Richard Burton, un acteur d'une présence et d'une rare intensité.
Film froid donc et en même temps d'une aridité certaine au niveau de son histoire que l'on parvient à comprendre in extremis à la toute fin, une fin qui fait preuve d'ailleurs d'un machiavélisme éhonté pour ne pas dire totalement abusé...
Or donc, il ne faut pas piquer du nez -ce qui s'avère parfois difficile devant ce film-tortue (on dirait qu'il rampe pour aller pondre...- car si vous piquez, c'est foutu et vous n'aurez rien entravé. C'est tiré d'un John Le Carré, ceci expliquant cela.
Ce film est l’adaptation d’un maître du genre de l’espionnage, John Le Carré. Ici les espions n’ont pas de gadgets et il n’y pas d’hémoglobine, ce qui n’est pas pour me déplaire, bien au contraire. Le film s’attache à la psychologie des agents qui naviguent un peu à l’aveugle. Mais à force de pousser la psychologie, on n’arrive plus à comprendre qui est qui, et c’est un peu dommage. Richard Burton joue son rôle d’agent désabusé à la perfection.