Le Diable probablement
Note moyenne
3,1
108 notes En savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné

22 critiques spectateurs

5
4 critiques
4
8 critiques
3
3 critiques
2
3 critiques
1
4 critiques
0
0 critique
Trier par :
Les plus utiles Les plus récentes Membres avec le plus de critiques Membres avec le plus d'abonnés
Arthur Debussy
Arthur Debussy

189 abonnés 772 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 23 avril 2017
Ça y est, je peux le dire maintenant, le cinéma de Robert Bresson m'a enfin complètement conquis. Non pas que je le sous-estimais ou que je l'aie eu en horreur, mais si certains de ses films («Mouchette», «Le Procès de Jeanne d'Arc») m'avaient touché au plus haut point, je gardais une distance respectueuse quoique guère passionnée envers son art. Maintenant je réalise avec «Le Diable Probablement», peut-être même pas l'un de ses tous meilleurs films d'ailleurs, ce qui en fait la force et l'intérêt. Existe-t-il cinéaste plus exigeant et plus seul, sans prédécesseur ni héritier particulier, dans toute l'histoire du cinéma? Alors bien sûr ses adeptes sont nombreux, avec au premier chef Andreï Tarkovski dont Bresson était le cinéaste préféré. Mais personne n'a jamais poursuivi dans cette voie si particulière, cette façon de faire qui n'appartient qu'à lui. Donner au 7e art ses lettres de noblesse en lui conférant une pureté absolue, en cette idée repose tout le cinéma de Bresson : comment employer le cinématographe sans faire du « théâtre filmé » ou de la « littérature filmée », comment l'expurger de toutes ses scories, de la fausseté du jeu dramatique... L'une de ses réponses a été le refus d'un jeu de la part de ses acteurs, ou plutôt "modèles", et ce qui à première vue constitue le principal défaut de son art se révèle à la longue l'un de ses points forts. Car Bresson frappe directement au coeur, ses longs métrages ne s'embarrassent pas des convenances mais nous touchent au plus profond de notre être, comme un poète délivrant une vérité insoutenable. Et «Le Diable Probablement» est de ses oeuvres qui nous bouleversent par leur lucidité et leur honnêteté : qu'avons nous fait de notre monde, de notre vie? Plus que jamais ce film est d'actualité, et révèle une fois de plus l'importance que joue l'art dans une époque où la réflexion est quasiment absente dans bien des domaines. Sans compter une fois encore la grâce de la mise en scène dépouillée du cinéaste. À voir impérativement! [4/4] http://artetpoiesis.blogspot.fr/
DenbroughX
DenbroughX

62 abonnés 314 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 29 août 2011
Un film d'un pessimiste ambiant très troublant et inquiétant. Le film s'amuse à instaurer un rythme lent et silencieux tout au long du film, sans doute pour y symbolisé une gravité et un malheur qu'il ne parvient jamais a véritablement expliquer. Tout semble trop survolé, trop baclé pour que le spectateur accroche vraiment à l'histoire et à ses personnages, tous plus anarchistes l'un des autres. Dommage, car le film avait une réél ambition et offrait quelques plans et idée de mise en scène très interessante, ainsi qu'un sujet des plus passionnants et intriguants. Seulement, le film nous intrigue, mais pas par sa profondeur de scénario ni par ses dialogues, qui se veulent révolutionnaires et d'une inqualilfiable dépressions, mais qui ne sont qu'au final plutôt fade et instaure un faux rythme, dans lequel l'ennui nous prend bien assez tôt. Une oeuvre fustrante donc, qui avait des ambitions et des thèmes sans doute trop importants et trop grand pour le réalisateur, qui passe à coté et qui pourtant s'appelle Robert Bresson. On aurait pu croire à du Bergman pour la reflexion auquelle s'adonne le film, évoquant le plus fréquement la déchéance d'un monde, le chaos, la violence, la pollution, la religion, la folie, la mort.. Mais malgré la volonté et le savoir-faire de Bresson, son film passe à coté par fautes de nombreuses invraisemblances et incompréhensions.
anonyme
Un visiteur
1,0
Publiée le 7 juillet 2011
En dehors du volet écologie encore rare pour l'époque, le cinéma de Bresson n'évolue plus et se dégrade au niveau des interprètres à chi***
gimliamideselfes

3 433 abonnés 4 013 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 11 novembre 2010
Le film m'a plus fait pensé à un Godard moyennement inspiré qu'à un autre film de Bresson, c'est pas mauvais, les dialogues sont sympas, mais ça oscille entre le très bon et le moyen selon les scènes, on a des très belles séquences où Charles doit choisir entre deux filles ou des discussions politiques intéressantes et d'autre où c'est pas folichon folichon. C'est le premier Bresson que je vois en couleur, ça m'a assez perturbé. à noter que le titre est magnifique.
max6m
max6m

78 abonnés 180 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 5 août 2009
"Ce qui m'a poussé à faire cette œuvre, c'est le gâchis qu'on fait de tout. C'est cette civilisation de masse où bientôt l'individu n'existera plus. Cette agitation folle. Cette immense entreprise de démolition où nous périrons par où nous avons cru vivre. C'est aussi la stupéfiante indifférence des gens sauf de certains jeunes plus lucides". Bresson, 1977. Aujourd’hui, l’agitation folle, l’entreprise de démolition, la stupéfiante indifférence, n’ont jamais été autant d’actualité. Le suicide de notre civilisation n’a jamais été aussi proche. Quand Bresson décide de se dresser contre la société industrielle, l’aliénation de l’homme qu’elle engendre par la perte de toute conscience morale, cela donne un chef d’œuvre d’une noirceur et d’un pessimisme sans équivalent, qui imprègne durablement nos consciences endormies. Le propos n’est pas nouveau, simplement oublié, par facilité, et ce que Bresson voyait comme une crise générationnelle s’est dramatiquement aggravée, se transformant en une véritable crise de civilisation, voire une crise anthropologique. La crise de sens que traverse Charles, matérialisée par le conflit qui oppose son monde intérieur à la réalité physique du monde qui l’entoure -monde qu’on pourrait appeler, à la suite d’Ivan Illich, "l’Absurdistan"- n’est plus la crise d’une adolescence bourgeoise, mais bien la crise de toute notre civilisation occidentale. "La croissance? La croissance de quoi? Du bonheur? Par la carte de crédit?" dira Charles à son psychanalyste. Combien juste est cette réflexion, et combien nous ne sommes même plus capables de nous la poser, tant la société a éclaté, fragmenté et piétiné nos rêves d'émancipation. On va devoir se reposer ces questions rapidement: espérons qu'il ne sera pas trop tard. "Le diable probablement", ou quand Bresson met son immense talent au service d'un riche propos. Un film d'une incroyable force (exprimée avec les moyens les plus sobres), qui, lorsqu'il s'achève, nous laisse définitivement bouleversés.
Nelly M.
Nelly M.

114 abonnés 525 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 22 juin 2009
Je trouve le fond palpitant dans sa lucidité désespérée, et on était encore qu'en 1976, l'environnement déjà bien saccagé, mais tout est relatif, hein ?... La forme est d'une austérité, d'un académisme, franchement pénible en 2009... On a par moments une folle envie de déclarer que le courage est peut-être de vivre "vaille que vaille" comme le chantait si bien Barbara dans son "mal de vivre", oui c'est peut-être ça puisqu'il s'avère si difficile de convaincre ceux qui se disent "après moi le déluge", hum... Rien à redire côté technique, des fulgurances, on en apprend de belles. Les plans fixes dans la pénombre peuvent être accélérés sous peine de décrocher d'ici le dénouement, tellement sombre qu'on reste dubitatif quant à la victime !
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 29 septembre 2006
Robert Bresson au sommet de son art : épuré, humble, poétique (" Ne cours pas après la poésie. Elle pénètre toute seule par les jointures (ellipses)" (Robert Bresson, Notes sur le cinématographe). A mon sens, l'un des dix plus beaux films de l'histoire du cinéma.
Les meilleurs films de tous les temps
  • Meilleurs films
  • Meilleurs films selon la presse