Le lyrisme du film est gauche et pompier, appuyé par une musique pénible. Kevin Costner ne retrouve pas cette cohérence qui faisait la grande force de Danse Avec Les Loups. C'est même le contraire, ici à une scène réussie succède une autre ratée avec une régularité metronomique. On y trouve des scènes de tensions prenantes assorties l'instant d'après de scènes aux dialogues démonstratifs et lourds .Les personnages sont eux trop manichéens .Cela finit par sortir le spectateur de ce film qui possède tout de même quelques qualités, une réflexion sur la violence du monde,sur le mode de vie nomade, des paysages somptueux et la magnifique Annette Benning époustouflante de beauté.
Kevin Costner avait surpris tout le monde en passant derrière la caméra pour réaliser le sublime western qu’est Danse avec les loups. Open Range marquait le retour de l’acteur-réalisateur au genre. Hélas, la réussite est loin d’être aussi grande. D’un point de vue de la réalisation, Costner fait toujours preuve d’un certain talent en mettant en valeur les sublimes décors de la nature américaine et en signant une bonne fusillade finale (même si on est surpris par le nombre de balles tirées par les armes des protagonistes sans qu’ils semblent les recharger et par le nombre de mortsspoiler: , alors que les personnages avaient annoncé que Baxter n’aurait envoyé que 8 hommes ). Hélas, l’ensemble est trop lent et très bavard : il tire trop en longueur notamment en ce qui concerne l’histoire d’amour. Cela est d’autant plus regrettable que ce scénario possède de bonnes idéesspoiler: à l’image de la réplique de Boss évoquant la fille de Baxter alors qu’il vient de le tuer (il est rare que soit rappelé dans un film hollywoodien que les méchants possèdent aussi des familles attachées à eux) . Open Range est donc un western esthétiquement beau et possédant des aspects intéressants mais qui est trop mou pour réellement passionner.
J’avais adoré Danse avec les loups, ici c’est l’ennui total. Il ne se passe pratiquement rien les 3/4 du film, et le sujet, des gentils fermiers face à des méchants shérif et de gros éleveurs locaux est vu et archi revu. Seule une photo magnifique rattrape un peu l’ensemble, ainsi que les acteurs, mais c’est très insuffisant. Ces notes dithyrambiques sont tout de même étonnantes.
Très bon western que je n'avais pas encore vu, étonnant de ma part. Toujours de Costner, en deçà de Danse Avec Les Loups qui restera sa référence, à voir avec son épopée Horizon si l'on nous laisse le voir.
Un très bon western, bien servi par le duo Kevin Costner et Robert Duvall. Sur un scénario assez classique, le film nous entraîne aux côtés de ces cow boys qui décident de ne pas se laisser intimider par le despote local. Filmé dans de magnifiques décors, il nous restitue à merveille l'ambiance de l'époque et nous offre quelques très belles scènes d'action.
Scénario basique et prévisible mais c'est un bon western où l'accent est mis sur la vie et la personnalités des personnages. Les acteurs sont vraiment bons, bonne Bo et bons paysages
J’ai revisionné ce film récemment et globalement, c’est un western bien maîtrisé, mais sans surprise majeure. Le réalisateur et acteur principal, Kevin Costner, met en place une ambiance classique du Far West : paysages beaux, personnages avec un passé lourd, conflit frontal avec un puissant propriétaire foncier. On apprécie la qualité de la mise en scène, la belle photographie, et la cohérence de l’univers. Les acteurs sont solides, notamment Robert Duvall dans le rôle du vieux cow-boy Boss. En revanche, le film souffre d’un rythme parfois lent et d’un manque de renouvellement par rapport à d’autres westerns plus audacieux. Les scènes d’action sont efficaces mais peu nombreuses, ce qui peut laisser l’impression d’attente avant que l’intrigue ne s’emballe vraiment. Le scénario ne surprend pas énormément, et les retournements sont assez prévisibles. Pour un spectateur habitué au genre, cela reste agréable mais sans émerveillement. En résumé C'est un solide film de genre, bien fait, mais pas incontournable.
Treize ans avant "Open Range", Kevin Costner fut celui qui redonna pour un court instant ses lettres de noblesse au western avec "Danse avec les loups" (1991) qui proposait une autre lecture de la conquête de l'Ouest à travers l'assimilation complète d'un soldat de l'armée nordiste par une troupe d'indiens "pawnes". Profondément humaniste et pacifique, le film unanimement reconnu par la critique fit un triomphe à la cérémonie des Oscars de 1992. Il fut couronné et Kevin Costner avec lui pour sa première réalisation, fait unique dans l'histoire des Oscars. Par la suite, certains choix d'acteurs de Costner qui se soldèrent par des échecs cuisants ("Wyatt Earp" de Lawrence Kasdan en 1994, "Waterworld" de Kevin Reynolds en 1995, "Tin cup" de Ron Shelton en 1995) et sa seconde réalisation "Postman" en 1997 qui se révéla être un gouffre financier, contribuèrent à quelque peu marginaliser l'ex-petit prince d'Hollywood. C'est donc en outsider qu'il entreprend "Open Range " en 2003. Tiré d'un roman de Lauran Pain (The Open Range Men), "Open Range", comme l'indique son titre (libre pâturage), traite de l'affrontement entre les cowboys traditionnels, adeptes de la libre transhumance et les riches propriétaires terriens qui se sont constitué progressivement d'immenses territoires, ceints de barbelés. Le sujet est un des thèmes récurrents du western ("La loi de la prairie" de Robert Wise en 1956, "Le souffle de la violence" de Rudolph Maté en 1955 ), mais Costner choisit de le traiter sans y ajouter moult histoires annexes qui le distrairait de son propos principal qui est de s'appuyer sur la routine de quatre hommes au travail pour dresser le portrait d'une communauté condamnée à court terme à la sédentarisation. spoiler: Le bain de sang final par lequel s'achèvera la lutte contre un riche propriétaire (Michael Gambon) régnant en despote sur un village fera en effet comprendre à Boss Spearman (Robert Duvall) et à Charley Waite (Kevin Costner) que leur mode de vie, désormais source de violence, ne s'accorde plus avec la transformation économique et sociale du vaste territoire conquis par leurs aînés. Si comme Sam Peckinpah, Kevin Costner semble nostalgique d'un Ouest qui n'était en réalité que de transition, il n'en tire pas la même amertume que le réalisateur de "La horde sauvage" (1970), offrant des perspectives à ses personnages. L'amour de la sœur du médecin du village jouée par une Anette Benning toujours aussi belle et touchante pour Waite ou la perspective de la reprise d'un saloon pour Spearman. D'un rythme lent et contemplatif, "Open Range" prend le temps d'installer ses personnages afin de faire partager au spectateur via la splendeur des paysages remarquablement filmés, ce qui les attache à une vie dont la rudesse n'a d'équivalent que la liberté qu'elle leur procure. Sans faire un triomphe, le film trouvera son public et se fera une place dans le panthéon des westerns humanistes. Pourtant Costner n'est pas repassé depuis derrière une caméra et sa carrière d'acteur n'a pas réellement redécollé. Un des mystères de Hollywood.
Kevin Costner sait croquer le portrait d’une communauté marginale au contact d’une autre communauté majoritaire dont il montre les excès et les failles : les quatre éleveurs itinérants, déclinaison offerte au mythe du cowboy, incarnent l’esprit pionnier par leur refus de s’attacher à une terre et par leur volonté de reconduire sans cesse leur voyage qui équivaut à la découverte et au domptage d’un espace jusqu’alors étranger ; ils révèlent, par contraste, l’abus de pouvoir et le règne de la peur inhérents à l’installation terrienne des colons. Il n’est pas anodin qu’au début du film, Boss Spearman soit qualifié de « vrai cowboy » lorsqu’il ramène avec lui plusieurs chevaux sauvages, allégorie de cet art de vivre incompatible avec l’enracinement. Le cinéma de Costner a toujours interrogé la tension gouvernant la relation entre l’établissement (d’une famille, d’une ville, d’une société) et le mouvement nécessaire à l’exercice de la liberté ; à ce titre, son précédent long métrage représentait un vagabond sous les traits d’un facteur (The Postman, 1997). L’originalité d’Open Range tient alors au passage progressif de la condition précaire d’éleveur itinérant depuis le terrain de la concrétude d’un métier vers celui de la parole : la caractérisation taiseuse et bourrue des protagonistes se heurte au déliement des langues et des cœurs suivant l’adage qu’il vaut mieux « dire les choses plutôt que de les enfouir », dixit Sue Barlow. C’est tout une imagerie stéréotypée qui vole aussitôt en éclats, déjouant nos attentes de spectateurs connaisseurs des codes du western : spoiler: l’épouse du docteur est en réalité sa sœur, le jeune Hispanique que l’on considérait comme mort revient à la vie, le mentor âgé, gardien d’une tradition, rêve d’ouvrir son propre saloon… La parole libère autant qu’un mode de vie nomade incapable, seul, de lutter contre ses démons intérieurs ; elle mène paradoxalement à « savoir bien regarder » par la synesthésie de deux sens, la vue et l’ouïe. Au service d’un éloge de la civilité, leçon moraliste incarnée et prêchée par Sperman. Un très beau film, magnifiquement photographié et interprété.
Les grands espaces, la musique inspirée de Michael Kamen, le sujet éternel de la lutte des petits poucets face à l'ogre: tout concourt avec Open Range à voir Kevin Costner marcher dans les pas de John Ford ou Howard Hawks, ce qu'il fait avec un certain panache. Dans ses grandes lignes, l'histoire est cousue de fil blanc, mais l'on se retrouve un peu dans la veine de Danse Avec les Loups, moins épique et peut-être un peu plus amer. Et puis, le duo formé avec Robert Duvall est impeccable d'un bout à l'autre, alors ne pas bouder son plaisir.
L'histoire tourne autour de l'animosité d'un propriétaire terrien, complice avec le shérif, envers ceux qui font paître leur troupeau dans ce qui est considéré comme la vaine pâture ou pâture libre. Les paysages sont verdoyants et bien filmés seulement le scénario ne réserve pas de très grandes surprises. Ce western classique avec sa vengeance et sa fusillade organisée intègre aussi une idylle un peu tirée par les cheveux. A conseiller aux amateurs du genre et à ceux qui aiment voir Costner (Charley) à l'écran.
Le temps d'un western, Kevin Costner retrouve toute sa créativité, loin de la colonie de mauvais films empreints de bon sentiments ou versés dans le manichéisme bon teint que l'acteur-réalisateur de "Danse avec les loups" accepta dans un grand élan de naïveté... Cette fois-ci, Costner renoue avec l'inspiration, sans doute poussé par l'excellent casting qui l'accompagne dans son entreprise (Robert Duvall et Anette Bening en tête) et signe une œuvre forte, parfois naïve hélas, mais courageuse et admirablement tournée dans une facture des plus classiques. Un très bon western.
Un bon western réalisé par Kevin Costner, à tendance humaniste. Le film est vraiment lent, c'est une ambiance, mais bizarrement on ne s'ennuie pas. La lenteur sans les longueurs.
Western taiseux et viril, à l'image de son auteur, "Open Range" arbore un classicisme à l'ancienne, en adéquation avec le code d'honneur de ses personnages confrontés à la disparition d'un monde, libre et sauvage, en pleine mutation. L'intrigue ne surprendra personne et les grands espaces de l'ouest se chargeront, non sans une belle nostalgie, d'engloutir les personnages dans l'inconscient cinématographique collectif auquel ils appartiennent d'emblée, le film s'inscrivant dans une tradition historique qui le transporte autant qu'il en fixe les limites. Il faudra être sensible au charisme généreux des acteurs et au classicisme tout américain qui convoque son lot de vieux classiques du cinéma en un bel hommage, un peu figé donc, mais d'une belle élégance!