Plongée dans un bidonville romain avec vue sur la coupole de Saint-Pierre. Une comédie italienne féroce, pamphlet impitoyable d'une cruelle drôlerie sur l’Italie pauvre des bidonvilles.
On entre de plain-pied dans le bidonville où vit entassée la famille de Giaciento, dans cet univers de crasse et de vulgarité abjecte qui caractérise le quart-monde vu par Ettore Scola et introduit son pamphlet féroce. Car cette Cour des Miracles à l'italienne, reléguée à la périphérie de Rome pour y former une société totalement marginale, n'est pas, conformément à la tradition satirique italienne, seulement comique ou grotesque. Que signifie l'oeuvre de Scola sinon que l'exclusion sociale et la pauvreté, coupablement admises par la société, ramènent les hommes à leurs plus bas instincts? La déliquescence des liens familiaux, l'avidité, l'insalubrité, si férocement caricaturées ici, sont les conséquences inéluctables de la misère qui conduisent à l'indignité. Cette dimension implicite du film ne l'empêche pas d'être bouffon. Des personnages affreux, sales et méchants s'étripent devant la caméra voyeuse du cinéaste. A leur tête, Giaciento fait figure de patriarche shakespearien, prêt à sombrer dans la folie destructrice, que sa famille veut dépouiller, non pas de son trône mais du petit magot qu'il détient hargneusement. La satire est extrême et le jeu de massacre irrésistible. Tout ici baigne dans la dérision, l'outrance et le sordide: la cupidité, la sexualité, le sens galvaudé de la paternité et de la famille en général prennent des proportions terriblement, cruellement comiques. Cependant, le dernier plan, navrant et implacablespoiler: -cette enfant triste devenue au bout du film une adolescente enceinte- nous ramène à la triste réalité des laissés pour compte et des infortunés.
Aux antipodes des cartes postales romaines et des valeurs traditionnelles catholiques omniprésentes en Italie, cette peinture de la misère humaine nous fait atteindre un haut sommet de l’humour noir. Avec son idée de mêler un humour corrosif à son conte familial, Ettore Scola transforme en effet cette excellente comédie en un bijou d'originalité. Tous les personnages y sont des caricatures grossières des habitants des bidonvilles, un milieu qui ne fut jusque là jamais observé par un réalisateur d’un point de vue aussi provocateur. L’ensemble des vices propres à la nature humaine sont ici traité avec un cynisme jouissif que l’on suppose inspiré des films de Pasolini. Ce chef d’œuvre d’incorrection et de vulgarité fera naitre chez le spectateur un rire jaune paradoxalement accompagné d’un sentiment de pitié devant cette image insalubre que la mise scène, légitimement récompensée à Cannes, va rendre difficilement supportable.
Ce film est une épreuve tant sa laideur est appuyée. Des personnages affreux, des scènes sordides, des gros plans en pagaille assez dégoutants. C’est assez abject et une utilisation du vocabulaire exécrable. C’est une peinture assez piteuse de la condition humaine. On a quand même le droit à une petite scène romantique qui ne dure que 2 minutes qui rend le héro humain parmi les hommes mais on quitte vite ce monde pour retourner comme le dit la nouvelle femme « chez les sauvages ». Assez dérangeant quand même.
Ce film est insupportable de crasse et de cynisme... aucun détail y compris scatologique ne nous est épargné... J'ai souffert le martyre pendant tout le film...
Sordide. Pourquoi tirer à boulet rouge sur les turpitudes des pauvres qui n'en peuvent mais. Un moyen pour rassurer les plus favorisés que ils ne sont pas les seuls à avoir des comportements immoraux. Je n'ai pas plus attendre la fin du film qui part ailleurs manquent totalement de scénario et il y a une mise en scène tout à fait désordonné. J'y allais confiant en Ettore Scola en souvenir d'une journée particulière. Je suis très surpris de l'enthousiasme de la critique suiveur comme à l'habitude.
Quelle déception … Ce métrage italien visiblement culte de Ettore Scola porte parfaitement son titre au propre comme au figuré. On y suit les pérégrinations ignobles d’une famille de souillons, banlieusards de Rome, vivant dans un bidonville. Rien n’est ragoûtant ici, c’est voulu vous me direz, m’enfin quel en est l’intérêt du coup ? Car ce n’est pas drôle du tout, ou si peu, c’est laid tant au niveau de l’image que du son ou encore des mœurs, et puis rien ni personne n’est attachant. Ça ne joue pourtant plutôt pas mal dans l’ensemble et l’on comprend aisément la critique généralisée que cherche le réalisateur mais c’est d’un ennui ! On est « choqué » certes mais cette quasi parodie ne va nulle part et de toutes façons on n’y croit jamais vraiment. Je suis personnellement resté tout à fait hermétique au genre et ne suis pas prêt de revoir cette étrange pellicule qui laisse un vilain goût après ses deux heures.
Affreux,sale et méchant, voila trois très bons adjectifs qui qualifient le film,par un manque cruel au niveau du scénario,on est prêts a dormir dessus.Pitoyable.
Une farce amusante et très grinçante dont laquelle il n'y pas un personnage pour racheter l'autre tant ils ont l'esprit mal tourné. C'est caricatural mais dans un certain sens jouissif à voir, Nino Manfredi est extra dedans et le film est accompagné d'une picaresque B.O..
Film qui a fait parler de lui à sa sortie, "Affreux, sales et méchants" permet une nouvelle fois à Ettore Scola de critiquer la société italienne et de livrer, à travers ce portrait d'une famille détestable, une vision d'ensemble de ce qu'il pense être la société qu'il observe. Le message est loin d'être subtil mais c'est ce qui fait la force du film, décrivant des gens qui sont veules, sales, cupides et pour qui le sexe et la violence sont les seuls moyens d'expression valables. Pas très reluisant, le constat est pourtant acerbe et donne l'occasion au réalisateur de mettre en scène une farce cynique dans laquelle un patriarche garde férocement le million de lires qu'il a touché depuis son accident du travail, s'attirant les ennuis de sa propre famille. Aucun personnage n'est à sauver dans le film et ils sont tous condamnés à finir leur vie dans le taudis où ils l'ont commencé. Si le propos est très fort, la mise en scène l'est beaucoup moins et manque de rythme, pâtissant déjà de quelques longueurs inutiles. Mais la galerie de "gueules" que Scola a déniché pour son film est un régal.
Un film de beauf qui parle de beauf de la manière la plus beauf qu'il soit. Cette description simple correspond bien à ce qu’est "Affreux, sales et méchants". Pendant la quasi totalité du film, on voit une famille s'engueuler, baiser, s'engueuler encore pour re... enfin bref.... Pas un grand interêt culturel ou intellectuel si ce n’est un réconfort moral en se disant que l'on ne sent pas si mal chez soi. Si Ettore Scola souhaitait passer un quelconque message, celui-ci ne transparait pas et un documentaire aurait surement été plus utile et approprié.
Tout en se montrant caustique et cynique, Ettore Scola dépeint magnifiquement les conditions de vie dans les bidonvilles romains et en profite pour les dénoncer. Il ne se prive surtout pas de se moquer de la société toute entière ainsi que de la bêtise humaine. C'est féroce, cruel et impitoyable. Mais aussi franchement hilarant. En fait, on pourrait utiliser le titre éponyme du film pour le qualifier : affreux, sale et méchant! Pour ma part, j'ajouterai jouissif et génial.