Certains films précédents de Jean Renoir ("La Marseillaise", "La vie est à nous", financés par le PCF ou la CGT) n'étant pas dépourvus d'accents "gauchistes", je m'attendais à trouver dans l'adaptation du drame ouvrier de Zola une approche conforme à l'esprit Front Populaire de l'époque. Quoique le travail du cheminot constitue dans le film de Renoir une toile de fond sociale omniprésente et déterminante, le cinéaste concentre essetiellement son récit sur la dimension humaine des personnages plutôt que sur leur condition sociale. De fait, le drame qui se joue entre le chef de gare (...cocu, en effet, mais surtout jaloux), sa femme (un garce, dirait-on) et le cheminot Lantier (l'amant) s'appuie sur des figures sobres et sincères. Le cas de conscience de Lantier ou inversement l'absence de scrupules de Roubaud introduit la portée dramatique et psychologique du film. Au coeur de l'intrigue, le décor n'est pas neutre et donne un étonnant relief au drame. Les monstres de métal, bruyants et fumant, que sont les locomotives expriment de façon symbolique l'implacable destin et le pesant cadre d'existence auxquels sont soumis les personnages.
Autrement plus réussi que La Chienne, mauvais théâtre, voici un grand Renoir, grand par la photo, les cadrages, les éclairages et le poids de la fatalité et des pulsions qu'il décrit. Gabin est géant, Carette excellent, seul curieusement Jean Renoir, lui même, joue aussi mal que Georges Flamand dans La Chienne ! Il n'a pu être, comme Eastwood, grand réalisateur et bon acteur.
La bete humaine, merveilleusement adaptée par renoir l immense cinéaste. Film en noir et blanc, de toute beauté, mâtinée de plan époustouflant, on est pas déçu. Jean gabin joue à merveille cette homme juchée sur sa locomotive, en quête d amour mais qui a un problème que je ne dévoilerai pas qui l empeche de s accomplir, mais peut-être un événement dramatique va l l'aider à avoir un avenir.
Le film vaut surtout d'être regardé pour son encrage dans l'histoire. Voir comment était le quotidien des cheminots de Paris dans les années 30 est le plus grand intérêt de cette romance policière. Parce que niveau jeu d'acteurs et éclairages c'est quand même très daté...
La Bête Humaine est adapté de l’œuvre éponyme d’Emile Zola que je n’ai pas lu, il m’est donc difficile de critiquer l’adaptation. En revanche le film en lui-même m’a un peu déçu. Tout d’abord les performances sont assez inégales. Simone Simon me paraît très médiocre dans un grand nombre de scènes et Gabin ne brille pas autant que chez Marcel Carné à la même époque. Du côté des seconds rôles c’est plutôt moyen à part Fernand Ledoux qui est excellent dans le rôle du chef de gare aussi gentil que violent et Julien Carette qui joue le collègue de Gabin et qui amène la seul touche humoristique d’un film plutôt déprimant par son sujet. L’histoire de La Bête Humaine c’est l’histoire de 3 personnes qui ont des pulsions meurtrières et des tendances dépressives (surtout les rôles de Gabin et Ledoux) ce qui est un sujet quand même moderne pour l’époque du film. Mais on a l’impression que le film se perd un peu, restant trop longtemps sur certaines choses, pas assez sur d’autres… en outre l’ensemble n’a pas vraiment de rythme. Joseph Kosma en fait beaucoup trop du côté de la musique qui semble complètement à côté de la plaque et qui est en plus souvent mal placée. La mise en scène de Renoir est intéressante (notamment les plans du train en marche) mais on regrette aussi une petite sur utilisation de gros plans aux visages éclairés qui finissent par ne plus avoir d’effet. La Bête Humaine m’a donc plutôt déçu même si l’ensemble se tient et qu’on a le droit à de bonnes choses comme la très belle fin du film où pour la musique de Kosma finit quand même par servir.
Transposé dans la France de l entre deux guerres, l adaptation de l œuvre de Zola par Renoir conserve l aspect naturaliste de l auteur. En effet les personnages sont scrutés analysés, présentés avec le moins possible d artifices. De ce point de vue les scènes où Lantier (Gabin) conduit sa locomotive sont vraiment saisissantes et d une beauté brute impressionnante. On a vraiment l impression de voir un hybride homme machine tellement les deux semblent fusionner. A ses côtés Fernand Ledoux est saisissant en mari délaissé qui perd tout ses repères en même temps que son amour et Simone Simon en manipulatrice insaisissable et difficile à cerner. Le seul défaut que je trouve à ce film c est la manière de jouer de certains acteurs un peu vieillotte mais qui était le standard à l époque. En tout cas près de 80 ans après le film a gardé toute sa beauté.
Ce classique est « inspiré », comme indiqué au générique, par le grand roman de Zola, dont il ne possède ni le souffle, ni l’ampleur. Pourtant la première scène est prometteuse : la façon de filmer le fonctionnement de la locomotive, certainement très impressionnante à l’époque de la sortie du film, transmet des sensations de puissance, de danger et de force inarrêtable, qui semblent annonciatrices du drame qui va suivre. Et la mise en scène de Renoir donne à certaines séquences beauté et solennité. Mais le scénario laisse à désirer, et aucun lien n’est établi entre les pulsions meurtrières de Lantier et le déroulement des évènements racontés. Ainsi la place laissée au hasard laisse au film un goût de fait divers plus qu’un goût de tragédie.
J'essaie d'être la plus objective possible : si le spectateur n'a pas lu le roman de Zola, le film est très bon. Mais voilà, étant fan de cet auteur depuis toujours, je n'ai tout simplement pas trouvé que Renoir avait exploité la puissance de ce livre à son maximum. Certains personnages secondaires sont trop importants pour les supprimer ainsi et je pense que la folie de Lantier est bien plus subtile dans le livre. Ou alors, autant se détacher plus du livre si l'on veut supprimer des parties. Mais là, le film veut trop coller tout en étant trop lacunaires. Ceci dit, on regarde toujours le film avec un grand plaisir, et il vaut largement ces trois étoiles, mais le grand Zola joue en sa défaveur...
Nous voici devant un drame, un vrai, avec des morts, de mort violente en plus! Donc, on ne rit pas ici. Jean Gabin, même si ce n'est pas son premier film est encore tout jeune et déjà très bon. Mais celle qui transcende ce film, qui subjugue par son talent et sa beauté fatale (c'est le cas de le dire ici), c'est Simone Simon. Une beauté diabolique ou divine, peu importe! Mais son charme est fou...et en noir et blanc. On ne sait donc pas la couleur de ses yeux, mais ils sont splendides. Le scénario : c'est du Zola! Il faut pouvoir admettre que l'hérédité est tellement forte que même les vices passent d'une génération à l'autre. C'est son leitmotiv (à Zola) pour toute son œuvre des Rougon-Macquart. Si on y croit pas, c'est un peu plus dur de rentrer dans le film, mais on y arrive. Le scénario est donc assez simple mais très bien rendu, même en l'absence des longues descriptions à la Zola. Ah! Pour les amateurs de chemin de fer et tout ce qui s'y rapporte : ce film est un excellent témoignage de l'ambiance de la SNCF de l'époque. Pour les amateurs de drame, de Gabin, de rail et de films d'entre deux-guerres.
Renoir n'est pas un grand réalisateur pour rien. Quand on lui a proposé d'adapter à l'écran un des romans d’Émile Zola, il ne s'est pas contenté de le respecter à la lettre. Le réalisateur a laissé de côté les sous-intrigues pour se concentrer sur le cœur du scénario, lui laissant ainsi plus de libertés (celle de transposer l'histoire dans les années 1930 par exemple). Cette épuration permet au film de conserver une certaine simplicité, de ne pas alourdir le récit en l'étalant sur plusieurs heures... Renoir fait correspondre la mise en scène à cette idée, elle ne s'autorise que peu d'effets et reste la plupart du temps posée, donnant une représentation quasi objective des personnages (sans doute pour correspondre à la démarche naturaliste de l'auteur du roman). Cette simplicité se retrouve aussi dans la musique, qui s'inscrit entièrement dans le registre du drame (voire du mélodrame) mais qui n'appuie pas trop sur les événements et les émotions. Elle prend même quelques sonorités triomphantes à certains moments, notamment lors de la scène de l'arrivée à la gare du Havre. Mais c'est véritablement les personnages qui portent l'histoire. Je pense que Renoir le sait et fait par modestie un grand salut à Zola lors de l'ouverture. Tous les protagonistes sont, d'une manière ou d'une autre, mesquins, malhonnêtes ou égoïstes, ce qui, à partir du moment où ils commettent une faute, les plonge dans une spirale de vice et de crime qui mène à leur perte. Seul Jacques Lantier subit indirectement le poids de ses actions. Chaque acteur livre une prestation correcte, et remarquable au niveau de la diction. Ils ont su retranscrire le parler de la classe ouvrière sans tomber dans la caricature, un écueil bien difficile à éviter. Jean Renoir a donc su extraire le cœur du roman et l'a remodelé à sa manière, réalisant un drame à la fois beau et personnel. Le film se chargera de convaincre les plus dubitatifs à l'aide d'une très belle scène finale qui multiplie les métaphores pour magnifier l'action.
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4,0
Publiée le 12 mai 2021
La Bête Humaine (1938) de Jean Renoir met en scène Jean Gabin et Simone Simon dans une adaptation du roman d'Emile Zola. Le film de Renoir fait partie d'une série qui suit une famille. Lantier (Gabin) souffre d'une maladie héréditaire peut-être un dysfonctionnement chimique et il est sujet à des crises de violence. Il tombe amoureux de la belle et enfantine Sevarin (Simon) qui avec son mari tue son amant. Lantier en est témoin et Sevarin veut qu'il l'aide à tuer son mari. Cette histoire sombre magnifiquement tournée est traversée par le symbolisme du chemin de fer car Lantier est un ingénieur ferroviaire. Gabin est formidable dans le rôle du tragique Lanier et Simone Simon est efficace dans celui de la femme. J'aime beaucoup Jean Renoir La Grande Illusion et La Règle du Jeu sont deux de mes films préférés c'est un conteur magistral et un observateur curieux de l'âme humaine...
Pour ce film, Jean Renoir ne peut rien se reprocher, cette adaptation quelque peu libre est formidablement mise en scène, ce que je retiendrais toujours c'est la photographie lorsque le train roule à travers les paysages. Outre la mise en scène et la photographie, l'interprétation est excellente, Gabin, Simone Simon et Fernand Ledoux notamment qui forment un magestueux trio dansant avec la mort.
Ce film est sublime!J'ai eu de la chance de pouvoir le redécouvrir en salle et ca vaut vraiment le déplacement! L'histoire est magnifique,tout comme les acteur même si Gabin dans un rôle d'amoureux transi,ca fait bizzare!Plus habitué à ses rôles de voyous j'ai eu du mal à adhérer à ce personnage
Le monde du rail magnifiquement décrit par Zola et non moins magnifiquement trancrit par Jean Renoir, avec une photo superbe soulignée par un bruitage convaincant et une odeur du tabac omniprésente… Le scénario avec l’atavisme tragique de Jacques Lantier, fils « posthume » de Gervaise, est fidèle mais moins convaincant. La distribution est excellente et la direction d’acteurs sans faille que ce soit celle de Gabin, de Simone Simon, de Fernand Ledoux, et plus encore du mécanicien Julien Carette.