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Sid Nitrik
74 abonnés
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3,5
Publiée le 26 septembre 2013
Certainement pas la meilleure adaptation d'un bouquin au cinéma mais la vision de l'oeuvre de Zola par Jean Renoir reste à la fois simple et fidèle. Deux acteurs fantastiques, Jean Gabin et Simone Simon, un contexte parfaitement retranscrit et des scènes particulièrement bien filmées. Manque quand même un cran supplémentaire de folie au personnage de Gabin qui est un peu plus édulcoré que dans le livre, mais bon, il l'incarne tellement bien qu'on ne fera pas trop la fine bouche. De l'adaptation très correcte.
Grand film français, le plus beau de Renoir avec ''French Cancan''. C’est rare de voir à ce point un réalisateur se mettre au service d’un auteur tant et si bien que si je ne connaissais pas Zola, le ton et les propos du film m’auraient beaucoup gênés, jusqu’à sortir indisposé de la salle de projection. Je suis admiratif devant la mise en scène qui s’adapte impeccablement aux 3 personnages tragiques (à titres divers) que sont Lantier, Roubaud et Séverine. La fatalité presque maladive de chacun se retrouve dans les nombreuses séquences de la gare du Havre la nuit, dans le tunnel qui accède à la ville et dans les divers huis-clos ( logements exigus des cheminots, salle à manger commune, cabane de chantier sous la pluie) plus tristes les uns que les autres. Certains plans sont d’une grande beauté, principalement ceux dans lesquelles Simone Simon intervient. Elle tient ici le rôle de sa vie et probablement jamais elle ne sera égalée en Séverine tant sa personnalité est particulière. Gabin jeune est excellent bien que je le préfère chez Carné ou chez Gremillon, il fait exactement ce que souhaite Renoir. Ledoux a un comportement physique un peu excessif par moment, acteur plus âgé sa personnalité l’emporte, le Roubaud du roman est plus crédible. ---------------------------------------------------------------------------------------------
Jean Renoir adapte magistralement le célèbre roman d'Emile Zola et signe un grand classique du cinéma français... Jean Gabin est comme toujours excellent !
Le récit d’Emile Zola datant de la fin du 19ème siècle a beau avoir été transposé pendant l’entre-deux guerres, le fatalisme qui le caractérisait est parfaitement transcrit dans le film de Jean Renoir. Le lien entre l’homme et la machine, en l’occurrence entre le cheminot qu’incarne avec vigueur Jean Gabin et sa locomotive, est magnifiquement mis en scène dès la mémorable scène d’ouverture de ce grand classique du courant poético-réaliste de l’époque. Son scénario digne d’un grand film noir hollywoodien est avant tout celui d’une passion amoureuse qui tourne rapidement au drame, tant la passion va, comme souvent, se muer en une folie autodestructrice. Le couple formé par Jean Gabin et Simone Simon est magnifiquement bien interprété et certaines de leurs scènes, grâce à la splendide photographie en noir et blanc, sont tout simplement devenues mythiques.
Vu il y a longtemps, trouvé médiocre, enfin vu hier soir à sa juste valeur. Si l'on attendait Renoir au tournant, et si le choix du roman est un peu convenu (rêver d'Une page d'amour ou de La joie de vivre mis en scène par Renoir!), il démontre une grande aisance dans l'adaptation et un choix d'acteurs plus heureux que dans Nana, tourné 12 ans auparavant. Certes on ne retrouve pas l'aspect monomaniaque du roman où tout le monde (sauf Cabuche?) était un peu dérangé. Renoir a l'heureuse idée de procéder en demi-teinte tout en offrant à Carette l'un de ses meilleurs rôles, toutes périodes confondues. La scène du bal de la SNCF ("Le p'tit coeur de Ninon"), celles de la fin, tout le début également, charment le spectateur. Quant à Gabin, très à l'aise dans ce naturalisme glauque, il est époustouflant de naturel. Renoir en Cabuche apporte un bémol, cependant- le rôle n'était pas pour lui et pourtant il n'aurait pas pu en interpréter un autre. Meilleur que La grande illusion et La Marseillaise et un poil en dessous de La règle du jeu.
Renoir signe avec "La Bête humaine" une adaptation réussie du roman de Zola, qui manque cependant de rythme et d'originalité. Jean Gabin est quant à lui peu convaincant...
des très beaux plans notamment lors des séquences ferroviaires embarquées,une approche naturaliste qui n'est pas sans poésie, de bons seconds rôles (mention spéciale à Fernand Ledoux débonnaire et inquiétant à la fois)mais adapter la bête humaine, roman entremêlant plusieurs destins et particulièrement riche en un film d'une heure quarante fait que l'histoire perd toute son ampleur et devient plate . Les scènes de folie tombent notamment à plat ,faute de développements nécessaires pour expliquer et contextualiser cette folie. A vouloir traiter tout le roman ,Jean Renoir ne fait que le survoler et le mettre en image Dommage.
Inspiré de l’œuvre de Zola, un mélodrame tragique sur le bonheur impossible d'un cheminot rongé par des pulsions incontrôlables, interprété par un Gabin iconique perché sur sa locomotive.
Un bon petit film populaire signé Jean Renoir, à partir du roman d'Emile Zola. Renoir est toujours dans sa logique de nous montrer le "petit peuple" et ça marche. On est dans un milieu populaire, celui des cheminots. L'histoire se situe durant la période industrielle de la France. On retrouve cet aspect populaire dans les dialogues notamment, dans les façons de s'exprimer. Ce n'est pas le film que j'ai préféré de Renoir, mais ça reste un super film.
(VIDEO) Rien à dire formellement : photographie, mise en scène, montage. Il y a seulement que rien ne m'intéresse dans ce film où les personnages me sont complètement étrangers.
Grâce à une mise en scène parfaite, des acteurs talentueux, cette adaptation du roman d'Emile Zola, est une grande réussite, captivant et prenant de bout en bout.
Libre adaptation du roman d'Emile Zola, «La Bête Humaine» de Jean Renoir est assurément l'une de ses plus grandes réussites. On y retrouve des acteurs excellents, Simone Simon, Jean Gabin et Fernand Ledoux, composant un trio tragique que la mort n'épargnera pas. Il faut dire que dès le début la mort est présente à l'écran, avec l'assassinat par Roubaud (Ledoux) d'un proche de Séverine (sa femme, jouée par Simone Simon) qui abusait d'elle. Seulement sur les lieux du crime se trouvait Lantier (Gabin), il fermera les yeux pour épargner Séverine, mais sera inexorablement attiré par elle, amoureux fou. Car Lantier est malade, il a des pulsions meurtrières qui se réveillent au contact des femmes et qui causeront sa perte, traumatisé qu'il sera d'avoir tué l'être qu'il aimait. «La Bête Humaine» est donc un film où la violence des sentiments et des passions n'a d'égale que le poids de l'immuable destinée des personnages : la fatalité écrase tout le film, les espoirs sont rapidement balayés tout comme les moments de bonheur. Jean Renoir est ici plus pessimiste que jamais, même s'il évite le piège du misérabilisme, ses héros se battant contre leur inévitable fin avec le plus grand des courage et une dignité exemplaire sans toutefois parvenir à triompher de leur sort funeste. «La Bête Humaine» est aussi une réussite esthétique, et ce dès la scène d'ouverture où nous parcourons la ligne Paris-Le Havre à bord de la locomotive de Lantier, traversant paysages industialisés et ouvrages de fer sublimés par une caméra virtuose. La photographie est elle aussi remarquable, tout comme le montage ou la mise en scène, d'une grande modernité. Bref, un des sommets de la filmographie de Jean Renoir, à ne pas manquer! [3/4] http://artetpoiesis.blogspot.fr/
Je vais finir par croire que j'aime le cinéma de Renoir alors que ce n'était pas gagné à la base, n'ayant pas forcément adoré la Grande Illusion qui est réputé pour être un de ses chef d'oeuvre. Mais bon la règle du jeu et partie de campagne m'avaient fait changer d'avis (enfin pas que je déteste la grande illusion, loin de là). S'il y a une chose que j'aime dans le courant du réalisme poétique, c'est les dialogues, c'est du véritable pain béni, c'est des dialogues savoureux, et puis il s'en dégage une grande tendresse je trouve, prononcé avec la voix mélancolique de Gabin, c'est juste génial. Je me pose juste une question concernant ce film, pourquoi Simone Simon (quel nom bizarre) a t'elle des sourcils aussi laids ? elle a des yeux magnifiques, mais ses deux traits qui lui servent de sourcils je trouve ça juste hideux. Enfin, passons. Le film en lui même est vraiment bon, j'ai été transporté par cette belle histoire (enfin belle, je me comprends). Et si je devais faire un compliment au film c'est qu'il donne envie de lire Zola. Déjà l'idée de base est géniale, surtout joué par Gabin, un type dont les aïeux furent alcooliques sent que ça déteint sur lui même s'il ne boit pas (d'ailleurs c'est montré au début par une citation de Zola), et Gabin le fait merveilleusement bien. On sent que sa folie latente peut resurgir à n'importe quel instant. Et pourtant on s'attache à lui, parce qu'il a un coeur gros comme ça, qu'il est amoureux... Ce qui est bien c'est que l'histoire d'amour prenne le dessus sur l'intrigue policière et ça donne lieu à des scènes que je trouve merveilleuse au milieu du film. Après la fin traîne peut-être un chouilla en longueur ce qui m'a déçu, mais le milieu est vraiment splendide. Enfin le film est vraiment bon, il arrive à créer une atmosphère de gare ferroviaire, et grâce à sa scène d'introduction nous immerge dans le boulot d'un conducteur de train, il fallait le faire. Il y a un très beau noir et blanc qui vient éclairer de manière sublime Simon et Gabin, et puis malgré tout on sent rien que dans l'image, le jeu des acteurs que cette histoire d'amour ne peut pas durer, que quelque chose cloche. Je suis juste un peu déçu des 20 dernières minutes.