Deadly Blessing est une bien curieuse production de genre qui utilise les codes de l’épouvante non pour effrayer le spectateur mais pour représenter la tension gouvernant les rapports entre la communauté hittite et les autres, à savoir un jeune couple formé d’un ancien Hittite spoiler: ayant été banni et d’une femme ainsi que d’une mère vivant avec sa fille peintre. En cela, l’horreur apparaît souvent comme une question de point de vue, spoiler: à l’instar du tracteur mécanique qui s’anime dans la grange soit parce qu’il est possédé soit parce qu’il concentre toute la modernité dont ne veulent pas les dogmatiques . Wes Craven prend le soin, pour la plupart des séquences, d’installer un public : spoiler: les fils Schmidt et Gluntz s’introduisent dans l’exploitation agricole de leurs voisins, William grimpe aux arbres ou se cache derrière les fenêtres pour observer la maison et les femmes qui s’y activent, John ne cesse d’épier la belle Vicky au grand désespoir de sa promise… Le personnage joué par Sharon Stone subit des visions durant lesquelles elle est autant active que passive, soumise à l’imagination terrifiante d’une force supérieure attenante à la ferme ; sa caractérisation complexe nourrit les accusations de Démon répétée ad nauseam par les Hittites . Le film s’amuse par sa mise en scène à figurer de prime abord le spoiler: statut victimaire des non-croyants et l’autoritarisme aveugle des fidèles pour mieux, à terme, renverser cette axiologie et revenir aux fondements de la lutte contre le Mal . Pied-de-nez astucieux dont se souviendra Sam Raimi pour la clausule de Drag me to Hell (2009). Une œuvre originale et intelligente qui investit une communauté religieuse jusqu’alors méconnue du cinéma de divertissement quatre ans avant Witness (Peter Weir, 1985) et ses Amish.
Film de Wes Craven sorti en 1981, que j'ai mis pas mal de temps à voir, est finalement très bon ! Effectivement, j'ai mis du temps à me lancer dedans car il est déjà assez mal noté, à la fois par la critique presse et publique mais également car, si j’apprécie beaucoup le réalisateur, je ne suis pas fan de ses premiers films, en particulier de "La Dernière maison sur la gauche" et de "La Colline a des yeux" dont je préfère les remakes. Ici, on reste en plus un peu dans le même délire que le dernier cité puisque l'on y suit trois jeunes femmes habitant dans une ferme isolée de tout ayant pour seuls voisins des Amish, enfin des Hittites. Et il se passe des choses étranges ! À mis chemin entre le slasher et le folk horror, Craven réalise en réalité un film assez original, qui répond aux codes des deux genres précédemment cités mais en y incorporant d'autres petites touches, le faisant sortir du lot. Pour le côté slasher, on y retrouve un peu de "Vendredi 13" mais également des touches de giallo (je pense notamment à la scène dans la Mustang avec la lame qui brille etc.) et le côté folk horror fait un peu penser aux "Enfants du Maïs", pourtant sorti après (ce dernier ayant donc peut-être repris certains éléments du film de Craven mais en même temps, il est très fidèle à la nouvelle de Stephen King, sortie quant à elle à la fin des années 70) mais dont on retrouve la même ambiance pesante, ce côté désertique, ce côté cultes et puis le thème musical y ressemblant beaucoup. On retrouve également des prémisses des "Griffes de la Nuit", Craven y abordant déjà, d'ailleurs avec d'excellentes scènes, le thèmes des rêves, ou plutôt des cauchemars, et en réalisant déjà ce plan qui deviendra mythique, celui de la baignoire ; le serpent passant entre les jambes de l'héroïne laissera ensuite sa place à la main gantée de Freddy dans "Les Griffes de la Nuit", toutes deux paraboles du viol ou en tout cas d'une sexualité masculine agressive. Mais le réalisateur y aborde également la peur de l'autre, le monde moderne face à un monde passéiste et met en parallèle les peurs de chacun, ce qui donne donc un truc finalement pas si bête et méchant que ça. Et puis en dehors de tout ça, même si les meurtres se font rares, le film est rythmé par son ambiance, excellente et oppressante. Concernant les acteurs, tout le monde joue bien (même Ernest Borgnine, pourtant nominé aux Razzie Awards) et nous retiendrons bien-sûr Sharon Stone car elle a les meilleures scènes (encore une fois, celles des rêves et celle de la grange) et puis c'est tout simplement la seule qui fera carrière. "La Ferme de la Terreur" n'est donc pas le meilleur film du réalisateur mais reste bien trop sous-côté !
Film d'horreur surprenant, sincèrement au bout de 15-20 minutes je me suis dis "allez encore un truc bien débile avec des meurtres à la chaine et des persos insignifiants", et bien pas tant que ça ... Disons que ça met un certain temps à démarrer mais ensuite l'histoire se met en place de manière correcte et certaines scènes sont vraiment très efficaces, rien que celle du serpent dans la baignoire (un plan en particulier rappelle celui des "Griffes de la Nuit") qui est super stressante ou du rêve du personnage de Sharon Stone (déjà exceptionnellement belle) avec l’araignée, même si d’autres sont franchement bêtes il faut bien l’avouer. Mais on n’a pas affaire à un navet je suis désolé (je dis ça pour la moyenne qui est quand même pas mal faible), le scénario se tient un minimum pour échapper à l’ennui, de plus il se dégage un vrai mystère quasi indescriptible au delà de l’enjeu principal qui joue sur les plates-bandes du slasher, d'ailleurs à un moment je trouvais ça dommage que le film ne soit pas plus axé fantastique, puis arrive le final qui m'a cloué sur place, il est juste génial, et la dernière réplique en voix off nous laisse avec une certaine fascination. Meilleur que "La Colline à des Yeux".
Wes Craven sait se faire efficace dans le genre terreur horrifique simple mais directe. Au début des années 80 il est le réalisateur sulfureux de "La dernière maison sur la gauche" et de "La colline à des yeux", deux films chocs pour l'époque. Avec "La ferme de la terreur", il réalise un film nettement moins violent et se réclamant davantage du thriller. L'héritage d'Hitchcock sur le cinéma de genre n'est plus à prouver en 1980 que ce soit sur les films de De Palma, les giallo italiens, et surtout à cette époque sur le slasher. Wes Craven met donc en scène son slasher sous influence et réussit son coup. L'identité du tueur reste mystérieuse jusqu'au bout, les demoiselles sont en détresse comme il se doit, une survivante se dresse contre le tueur, les victimes sont tuées grâce à diverses armes blanches... Le parfait film de genre qui se démarque en plaçant l'intrigue au sein d'une communauté religieuse rarement vue au cinéma. Mineur, mais plaisant.
Après deux films cultes ("La dernière maison sur la gauche" et "La colline a des yeux"), Wes Craven réalise "La Ferme de la Terreur". Un film qui ne paie pas de mine mais qui mérite néanmoins le détour ne serait-ce que pour ce suspens bien maintenu du début à la fin ou pour les débuts de la magnifique Sharon Stone au cinéma. Peut-être pas assez ambitieux, cette oeuvre aurait aussi mérité un final plus travaillé.
Je m'attendais à une médiocre série B mais finalement j'ai été plutôt étonné. Ce petit film regorge de scènes effrayantes (notamment une araignée qui tombe dans la bouche, ou un serpent dans la baignoire...) et on peut voir Sharon Stone dans son tout premier rôle au cinéma (eh oui elle a commencée dans ce genre...). L'histoire se situe dans une ferme isolée américaine, une confrontation entre des voisins qui vivent à l'ancienne et des jeunes citadines venues réconforter leur copine en période de deuil. Mais en fait il y a aussi une étrange fille et sa mère qui squatte les lieux. Si l'intrigue est loin d'être exceptionnelle, et une fin un peu bâclée, le film se regarde avec plaisir, déjà parce qu'on trouve l'excellent Michael Berryman (même si on le voit pas des masses) qui, rien qu'avec sa tronche, participe à la création du malaise. Le film ne m'a pas ennuyé bien que certains clichés et des dialogues médiocres fleurissent par-ci par-là. C'est donc un petit film d'horreur sans prétention pour se faire quelques frayeurs.
Après nous avoir emmené dans LA DERNIÈRE MAISON SUR LA GAUCHE et du côté de LA COLLINE A DES YEUX, Wes Craven campe cette fois son intrigue à la ferme au milieu de nul part, où un jeune couple fraîchement installé et ayant pour voisins les Hittites (des décroissants fanatiques en quelque sorte) vont être les victimes comme beaucoup d’autres de massacres sanglants... LA FERME DE LA TERREUR manque tout d'abord de contenu et aussi de relief, les races scènes d'horreur sont pour la plupart risibles et décevantes. Celle avec le serpent dans le bain se révèle être l'une des meilleures. Mais nous sommes bien loin de la perversité de ’La dernière maison sur la gauche’ et de ses œuvres futures comme FREDDY ou SCREAM, où le suspense et l‘horreur y sont d‘une toute autre qualité. Si le scénario laisse à désirer, que le rythme est mou et le final plutôt grand-guignolesque, le film se regarde néanmoins et en guise de consolation la présence de la toute jeune Sharon Stone, qui fait son petit effet. L'ensemble est tout de même bien décevant !
Si ses deux premiers films (‘La dernière maison sur la gauche’ et ‘La colline a des yeux’) sont aujourd’hui auréolés d’un statut de film-culte, Wes Craven n’en restait pas moins, en 1980, un réalisateur à la marge, dont le travail n’était même pas considéré à proprement parler comme du véritable cinéma, tout au plus comme un moyen de gagner de l’argent en flattant les bas-instincts d’une jeunesse forcément déviante. Par rapport à ses débuts, Craven ne change d’ailleurs que très légèrement son fusil d’épaule, en injectant un soupçon de surnaturel dans le scénario puisque les crimes qui ensanglantent la région rurale du Texas où se déroule ‘La ferme de la terreur’ sont mis sur le compte d’un incube par les intégristes religieux du coin. A l’image, le résultat n’est guère effrayant : il est certain que la grammaire du film d’horreur des années 80 ne fonctionne plus réellement à quatre décennies d’intervalle mais ce n’est pas l’unique raison de ce faible pouvoir horrifique. Outre le fait que personne ne pourra prétendre qu’il s’agit là d’un des sommets de la filmographie de Craven, on peut déceler dans ‘La ferme de la terreur’ les prémices de la volonté d’évolution qui conduirait son réalisateur à devenir l’un des plus célèbres représentants du cinéma de genre des deux décennies suivantes, notamment un scénario qui s’aventure au-delà de la simple notion de survie face à un prédateur et des personnages notoirement plus approfondis, toutes proportions gardées évidemment : il est difficile de faire reposer tout l’intérêt du film sur son scénario simpliste aujourd’hui qu’on n’éprouve plus le moindre frisson d’angoisse vis-à-vis de sa notion complètement kitsch de la terreur ! Ce qui frappe aujourd’hui encore lorsqu’on regarde les versions originales de ‘La colline a des yeux’ ou de ‘La dernière maison sur la gauche’, c’est leur violence frontale, leur radicalité, leur intransigeance : ce sont d'authentiques “Video nasties” des années 70, qui dérangent et qui inquiètent, dont l’impact est inversement proportionnel à leurs maigres moyens. Avec comme principales attractions une toute jeune Sharon Stone et la tronche de gobelin toujours aussi extraordinaire de Michael Berryman, ‘La ferme de la terreur’ est plus policé, plus soigné, déjà un peu ancré dans ce mélange d’effets sanglants et de dédramatisation ludique qui caractérisera l’ordinaire des films d’horreur tout au long des années 80. On peut y observer en filigrane de nombreux éléments qui annoncent déjà ‘Les Griffes de la nuit’ et même ‘Scream’, dont ‘La ferme de la terreur’ serait dès lors le lointain et très imparfait brouillon.
Pas passionnant, beaucoup de longueurs, le film a malgré tout un contexte original et arrive à nous surprendre, bien que la fin soit prévisible. À réserver aux fans du maître Craven.
Sympathique mais pas exceptionel. La ferme de la terreur fait se confronter une espèce de sècte contre des jeunes ( et très belles ) "greluches" . On peut appeler ça un choc des civilisations, même si le terme n'est pas exact. En bref, un petit film d'horreur plutot réussi mais loin d'être un classique du genre.
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2,5
Publiée le 25 janvier 2009
Wes Craven construit son rècit d'èpouvante autour d'une secte de fanatiques dont le voisinage connaît une sèrie de crimes atroces! Le cinèaste laisse jusqu'au bout planer le doute sur l'origine rèelle de cette vague de violence et livre quelques scènes d'horreur pure, avec serpent dans la baignoire et araignèe tombant dans la bouche de l'amie libèrèe de l'hèroïne, en proie à des cauchemars repoussants! Celle-ci est campèe par la ravissante Sharon Stone qui trouve ici son premier vrai rôle à l'ècran! Un film d'horreur de petite envergure qui se laisse voir tout de même avec un certain plaisir...
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1,5
Publiée le 27 mai 2021
La Ferme de la terreur tombe à plat même avec la barre fixée pour les films d'horreur des années 80. On a droit à tous les trucs et clichés que le genre a à offrir. Ernest Borgnine était particulièrement ennuyeux dans le rôle du fanatique religieux exagéré. Il faut absolument une belle jeune femme pour détourner l'attention de l'absurdité de l'intrigue. Il y a trop de contradictions dans cette histoire et de moments carrément stupides pour que j'apprécie ce film. J'attends beaucoup mieux de Wes Craven mais ce film n'atteint même pas la catégorie des bons essais. Le meilleur jeu d'acteur ici a été fait par le tracteur et les araignées...
Pas un chef d'oeuvre mais un sujet actuel ou une secte, une communauté de ruraux et de rurbains (des bobos ?) grimacants et assez malveillants ont tendance à vouloir enfermer dans une sorte de zoo humain les sujets qui dépassent ou dont la tête ne leur revient pas après les avoi convenablement isolés, dont la pauvre Sharon:Inquiétant, réaliste il faut bien dire qu'on se laisse parfois attraper par une intrigue plus qu'étrange. Comme quoi la campagne...
Du 100% Wes Craven !! une ambiance stressante et musique tous aussi prenante dans le style The Omen(la malediction) j ai bien aimé la séquence de l heroine qui prend son bain séquence d ailleurs repris 4 ans plus tard dans Les griffes de la nuit en 1985! On remarquera aussi les debuts de Sharon Stone qui deviendra la star que l on connais maintenant.
Bof, bof. A part la révélation sur Faith, et quelques rares passages légèrement angoissants, on ne peut pas dire que ce film réveille les foules. Reste toutefois un final qui peut laisser perplexe, Linda Hart qui s'en sort pas mal et une Sharon Stone toute jeunette qui a du, manifestement, prendre des cours de comédie depuis. Et une fois de plus, nos amis traducteurs s'étaient encore fendus d'un titre à la con.