Pour une fois,Georges Lautner s'était éloigné de la comédie policière décalée pour un vrai polar pur et dur,dans la lignée de ceux qui ont fleuri dans les années 70 en France."Mort d'un pourri"(1977)marque aussi une parenthèse dans la carrière d'Alain Delon,avec un rôle plus nuancé,d'homme lambda,qui va au bout de ses convictions en voulant venger un ami lâchement assassiné.De constraction très classique,ce polar jette d'intéressants pavés dans la mare,en dénonçant certains scandales politiques concernant les plus prestigieux entrepreneurs.Corruption,chantage,menaces, intimidations,pots de vin.Tous les moyens sont bons pour sauvegarder leur pouvoir et leur impunité.Le scénario de Michel Audiard,est fouilli mais bien développé,et étrangement,il est avare d'expressions mémorables.La musique de Philippe Sarde donne une tonalité mélancolique,voire fataliste au film.Le casting est au diapason du sujet traité(Ornella Muti,Stéphane Audran,Jean Bouise,Michel Aumont,Klaus Kinski,Mireille Darc).Malgré tout,rien ne le démarque des étalons du genre.Il est trop long,et marqué par une pesante solennité.Mais il se regarde avec un intérêt non démenti.
"Les seuls qui vont trinquer, ce sont les saumons" (Audiard). Cette réplique qui vient clôturer "Mort d'un pourri", illustre la méforme du Maître. Pas très inspiré le père Audiard. Les dialogues sont désespérément insipides. Seules les deux dernières minutes se détachent du reste, et encore, c'est pour entendre un tissu de conneries pseudo-philosophiques à base de "Vous êtes un con, pas le dernier, avant vous il y a eu Savonarole". Il aurait été profitable tout de même d'ouvrir un livre d'histoire. Grosse déception donc du côté des dialogues. Le reste ne vaut guère mieux. Un scénario tortueux et soporifique, qui finit par lasser. Des cascades concentrées sur la dernière demi-heure. Une réalisation sans saveur, à l'exception du passage avec la vue subjective. En clair, un mauvais policier qui ne se détache en rien de la galaxie polar des années 70, à des années lumières par exemple du "Cercle rouge" de Melville.
Mort d'un pourri est à la fois une énième retrouvaille entre Delon et Ronet (qui comme à son habitude ne peut s'empêcher d'aller cueillir les chrysanthème dans ce duo) et entre Lautner et Audiard. Au final un film un peu long, qui aurait mérité de nombreuses coupes, mais aussi un régal tant les dialogues sont ciselés et bien interprétés. Ne parlons pas du casting, qui pour l'époque, a du faire pas mal de bruit. Reste le scénario, franchement plaisant qui n'est d'ailleurs pas sans rappelé des évènements s'étant déroulés par la suite ( affaire Elf, Dumas, fregate de taiwan, etc... ) et ne faisant qu'accréditer ce scénario mêlant politique, secret à garder et pognon. Restera dans les annales la trop courte scène finale de conclusion, certes un peu moralisatrice mais tellement juste... Et oui, dans cette histoire et dans la vie, il n'y a que les saumons qui trinquent !
Un véritable chef d'oeuvre, l'un des meilleurs (sinon le meilleur film) de Lautner, suspence terrifiant, entretenu par une palette d'acteurs talentueux, l'un des meilleurs rôles de Delon, avec Ornella Mutti fascinante. On nous ouvre les yeux sur un aspect particulièrement sordide de la politique et de la corruption, ainsi que des chantages qui en découlent. On est tenu en haleine tout le long. La conclusion de Delon est criante de vérité, il termine par : "les seuls qui vont vraiment trinquer, ce sont les saumons ! " ma cotation est bridée par un nombre maxi de 4 étoiles, personnellement j'irais jusqu'à 10 !!!! Un film réellemnent fabuleux .
Avec Flic ou Voyou, et le Pacha, Mort d’un pourri est mon film préféré de George Lautner, alors au sommet de son art (avec Michel Audiard aux dialogues, biensûr). Sans doute parce que ces trois films ont une facture plus dramatique, plus tragique, et plus réaliste que les autres films de Lautner. Mort d’un pourri est un thriller excellemment bien écrit, très rythmé, et bien mis en scène. Certaines répliques sont des petits bijoux de cynisme. Audiard s’en donne à cœur joie lorsqu'il nous dépeint des politiciens/hauts fonctionnaires plus corrompus les uns que les autres. Je crois qu’en la matière, mon acteur préféré reste Julien Guiomar. Il n’avait pas son pareil pour jouer les grosses ordures. Alain Delon est impeccable, et son personnage me fait penser à celui qu’il incarnera quelques années plus tard dans un autre excellent thriller : Trois hommes à abattre de Jacques Deray.
Film policier sur fond de politique de facture très classique. Ce nouveau film de Lautner avec sa grande expérience est soigné que ce soit niveau acteurs ou au niveau du scénario (Audiard) ou de la musique (Sarde).
"Mort d'un pourri" raconte l'histoire de Xavier Maréchal (Alain Delon), un homme qui est poursuivi par des tueurs après avoir récupéré un dossier compromettant. Ce long-métrage de Georges Lautner est un très bon thriller politique, à une époque où le genre était à son apogée, en France comme aux USA. Le scénario est vraiment riche et complexe et l’excellence des dialogues rappelle que ce dialoguiste hors-pair qu’était Michel Audiard a laissé un grand vide après sa mort, au milieu des années 80. Outre une mise en scène alerte et soignée signée Lautner, dont "Mort d’un pourri" peut être considéré comme son meilleur film "sérieux", l’autre force de ce long-métrage est le casting. Delon y trouve un rôle fort, loin de ceux des flics violents qu’il va jouer souvent par la suite. C’est d’ailleurs presque le rôle d’un monsieur-tout-le-monde qui est embarqué malgré lui dans une gigantesque machination. Delon a d’ailleurs été nommé au césar du meilleur acteur, mais est reparti broucouille, comme l’année précédente. Il faut dire que Galabru dans "Le Juge et l’assassin" et Rochefort dans "Le Crabe-tambour" étaient on-ne-peut-plus méritants. Face à lui, on retrouve une pléthore d’acteurs et d’actrices talentueux : Ornella Muti (toute jeune et déjà très belle, avec un délicieux accent italien), Mireille Darc (en amante effacée), Stéphane Audran (en épouse délaissée), Maurice Ronet (marquant ses retrouvailles avec Delon après "Plein soleil" et "La Piscine"), Michel Aumont et Jean Bouise (le flic borné et le flic compréhensif), Daniel Ceccaldi (parfait dans le rôle d’une belle pourriture), Klaus Kinski (peu présent mais très marquant, à l’instar de son monologue final, d’un cynisme absolu)…
Mort d'un pourri est l'adaptation du roman de Jean Laborde alias Raf Vallet, le second adapté par Lautner après Le Pacha en 1968. Il retrouve, par la même occasion, son complice Michel Audiard 10 ans après ce même Pacha. Ici, il abandonne le film policier parodique comme Les Tontons Flingueurs, Les Barbouzes ou Ne nous fâchons pas pour se consacrer au polar noir et dénué d'humour. Le film est produit par Alain Delon le magnifique, grande star de l'époque. Il faut le voir sortir d'un gros carambolage toujours bien coiffé et le costard impeccable. Pour le reste, le film reste assez crédible et édifiant. Un député en tue un autre qui consignait dans un cahier les pots-de-vins donnés aux hommes politiques corrompus. A partir de là, le premier demandera de l'aide à un vieil ami qui sera pris dans l'engrenage. Le tout est assez pessimiste et désabusé. Le titre est bien trouvé et on pourrait même jusqu'à aller à qualifier de pourri tous les hommes politiques mais aussi les flics et les industriels car corrompus jusqu'à l'os. Les dialogues de Audiard ne sont plus comme ceux des années 60 mais plus cyniques et désenchantés : "Certains élus du peuple vont connaître une petite traversée du désert, au pas de course, rassure-toi. Quand ils reviendront, ils se seront fait le masque républicain, comme les vieilles putes se font retendre les fesses", "Objectivement est une locution foireuse dont je n'ai que foutre", "Attends ! Tiens écoute, on sonne à la porte. Je te rappelle - Ne raccroche pas ! Si j'entends des coups de feu, je ne mettrai qu'un couvert". Une collaboration Lautner-Audiard intéressante qui dépeint bien le climat politique de l'époque, Giscard est au pouvoir depuis 2-3 ans. Un peu dur à suivre mais toujours plaisant à voir pour les dialogues, la noirceur, les seconds rôles dont un grand nombre sont déjà morts et surtout Alain Delon.
Un film sombre et intéressant, auquel il manque un je ne sais quoi pour le rendre véritablement captivant. La mise en scène est classique mais efficace et les scènes d'action plutôt bonnes. Les interprétations sont globalement réussies, notamment celles de Kinski, de Guiomar, de Bouisse et bien sur d'Alain Delon. Ce dernier m'a cependant parfois donné l'impression de réciter quelques tirades très "écrites" quand il prend de la hauteur et se veut philosophique (voir la discussion finale avec le commissaire Moreau, notamment). Le scénario est en soi très bon, mais les rebondissements sont mal agencés, mal mis en scène, et l'ensemble un peu bordélique. J'ai trouvé le film quand même très prévisible, assez peu inventif. Les motivations du personnage qu'incarne Delon m'ont paru floues et l'acteur pas vraiment à fond dans son rôle. Deux étoiles pour moi, donc.
c'était le temps de l'affaire Boulin, entre autres. Le trio audiard, lautner et delon tourne à plein gaz. L'histoire est captivante, le monologue de kinski est désormais cultissime. Un des meilleurs polars des années 70. Un des meilleurs films d'alain delon.
Trop alambigué, "Mort d'un pourri" peine à retenir l'intérêt du spectateur pendant ses deux heures de durée. Mais c'est un bon polar, fort bien servi par de grands interprètes. Et un des rares bons films de Lautner... ce qui signifie déjà beaucoup!
Casting 4 étoiles pour un film plus politico-policier à l'ambiance lourde et pesante très biemise en place. Un film sans concession qui place la magouille politicienne au-devant de la scène. Le défaut est du à un scénario un peu fouillis que le spectateur a bien du mal à comprendre et/ou à suivre.