En brossant le tableau d'une pauvre favela brésilienne baptisée non sans ironie la «Cité de Dieu», Fernando Meirelles fait mieux que bien des réalisateurs actuels pour ce qui est de réaliser un film authentique, passionnant et survolté. S'il s'inscrit dans l'esthétique à la mode (caméra portée, montage nerveux, photographie saturée, narration disloquée) qu'il maîtrise parfaitement, Meirelles se distingue des autres par une excellente direction d'acteur, un scénario génial, et surtout une vision non racoleuse de la misère et de la violence. Un des protagonistes l'affirme : vivre honnêtement ne rapporte rien, autant choisir la voie du crime. Et c'est la seule issue que s'imaginent les gosses désoeuvrés pour réussir dans la vie. «La Cité de Dieu» est l'histoire de pauvres gamins dont les destinées s'entremêlent toute au long de leur courte existence, marquée par l'amitié et la trahison, et surtout par la violence. Quand elle débute rien ne l'arrête, l'escalade est sans limite et un meurtre en entraîne des dizaines d'autres. Dans ces bidonvilles il n'y a pas de loi, celui qui règne est celui qui a tué tous ses adversaires, avant que vienne se venger un enfant humilié puis oublié, prenant ainsi sa place, dans un infernal cercle vicieux. Malgré cette vie misérable et meurtrie, quelques uns espèrent pouvoir s'en échapper et choisissent de s'évader dans leurs rêves, l'art ou les drogues hallucinogènes. Certains en paient le prix fort, beaucoup se heurtent aux désillusions, mais d'autres à l'image du narrateur Fusée, photographe passionné, parviennent à réaliser leurs souhaits. Sans concessions, «La Cité de Dieu» est un long métrage plus que réussi, attachant et intense, qui plus est parsemé de plans magnifiques et d'une B.O. excellente! [1/4] http://artetpoiesis.blogspot.fr/