Pour son réalisateur Mahamat Haroun, Abouna est une manière de "raconter le Tchad qui manque d'image" à travers de multiples détails de la vie quotidienne comme l'eau coupée ou l'écoute de Radio France Internationale.
Comme le père de Tahir et Amine dans Abouna, de nombreux hommes disparaissent sans laisser de traces au Tchad. "Le phénomène se développe de plus en plus au Tchad", raconte Mahamat Haroun, "tous les matins, des communiqués, des avis de recherche sont passé à la radio et à la télévision nationale par des femmes dont les maris sont partis sont laisser de traces".
Afin de donner une couleur pastel à son film, Mahamat Haroun a travaillé avec Kader Badaoui, peintre et calligraphe, "pour que le film coule comme un fleuve en une tonalité et une harmonie fortes".
Abouna a été présenté au Festival de Cannes 2002 dans la Quinzaine des Réalisteurs.