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Ricco92
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4,5
Publiée le 30 août 2025
"Il n’y a rien de moi dans ce film (…) ; je l’ai tourné pour montrer que pouvais être un aussi bon réalisateur que n’importe qui d’autre" : voici comment Orson Welles évoquait Le Criminel dans ces entretiens avec André Bazin. En effet, tourné pour regagner la confiance d’Hollywood après une suite d’échecs commerciaux, ce film est beaucoup plus classique que ses précédents que ce soit dans son esthétique (pas de courte focale) ou dans son récit. Celui-ci, auquel Welles ne toucha d’ailleurs pas et qui fut en partie écrit par John Huston, est un polar teinté d’espionnage traditionnel sur une thématique d’actualité maintes fois traitée à Hollywood (la chasse aux nazis) présentant certaines facilités mais suffisamment bien construit pour être prenant du début à la fin. Cette histoire permet d’ailleurs une première dans le cinéma de fiction américain : montrer des images d’archives des camps d’extermination. En outre, celle-ci est portée par une rencontre au sommet entre deux pointures : Orson Welles et Edward G. Robinson (auxquels il faut ajouter Loretta Young). Le résultat n’est donc pas aussi innovant et mémorable que les autres films du cinéaste mais, contrairement à ce que dit ce dernier, il reste un excellent film de facture classique (sous forte influence expressionniste) qui est toujours aussi prenant 80 ans après sa réalisation.
Un super polar signé peu de temps après la seconde guerre mondiale en 1946, traitant le nazisme, par un Orson Welles inspiré devant et derrière la caméra! Film teinté d'un sacrée virtuosité sur certains plans dans la mise en scène qui fait un peu penser au cinéma d'Alfred Hitchcock, "Le criminel" se veut aussi comme un film policier psychologique ou les trois interprètes principaux ont leurs parts dans l'histoire. Le détective à la recherche d'un Nazi sous fausse identité qui a commis des actes inhumaines dans les camps de concentration pendant le guerre, qui a un ancien camarade Allemand qui va le voir, le reconnaître, puis le tuer en cachant le cadavre de peur de se faire démasquer, c'est un homme sur le point de se marier mais au fil de l'enquête et des révélations, sa femme ne sait plus où s'en donner la tête. Du très bon cinéma, un scénario captivant, une dernière partie vertigineuse, mais surtout les trois comédiens principaux qui doivent beaucoup dans la réussite de ce long métrage, le très souvent excellent Édward G. Robinson, la bouleversante Loretta Young et le génial Orson Welles. Une œuvre que je conseille vivement.
Sertie de l'élégante voire virtuose mise en scène d'Orson Welles, aussi irréprochable derrière que devant cette caméra, cette traque au nazi oscille entre suspense policier et thriller psychologique sans temps mort ni élément superflu, présentant (de façon assez admirable!) des protagonistes sensés, pragmatiques, mesurés (hormis celle qui peine à affronter la honte de son erreur de jugement) jusque dans le caractère roublard du gérant de bar. Bien que quelques événements puissent sembler fort opportuns, l'intrigue propose une enquête solide, menée par un toujours excellent Edward G. Robinson, dans une ambiance nerveuse que renforce la musique. Le réalisateur a bien, comme il le désirait, prouvé sa maîtrise aux studios hollywoodiens!
Des longueurs au démarrage mais l'histoire devient intéressante au fil de la progression. Il y a un sujet osé pour l'époque et un fait historique, une injustice qu'il faut connaître 3,3/5
Les interprétations sont bonnes mais le film pâtît de plusieurs défauts. Le personnage de Mary Rankin, interprété par Loretta Young, est manichéen, pour ne pas dire misogyne. Elle ne fait que subir les événements du tout début jusqu'à la toute fin. Heureusement qu'on n'ose plus écrire des personnages féminins aussi fades de nos jours ! Certains éléments sont exploités maladroitement, comme le chien Red. Quand l'inspecteur Wilson se fait presque fendre le crâne au début du film, il se relève, son chapeau toujours vissé sur la tête ! Enfin, l'ensemble est lent, voire pesant. Conséquence, tout se devine aisément et se produit presque au ralenti. Une petite déception, pour moi.
Considéré par son réalisateur Orson Welles comme son moins bon film « Le Criminel » apparait en effet malgré son sujet décevant autant dans le fond que sur la forme. Portant prometteur dans son début en racontant la traque d’un criminel de guerre nazi vivant dissimulé dans une petite communauté américaine, le récit s’englue dans un suspense psychologique longuet dont on ne retrouve que dans de trop rares plans le talent du cinéaste. Même l’interprétation, très filiforme n’est pas à la hauteur de ce qui restera une œuvre mineure du réalisateur.
Un film noir impressionnant de maîtrise formelle qui flirte avec l'expressionnisme allemand tout en ayant des thèmes tout à fait américain. Il est révélateur des talents multiples d'Orson Welles,même s'il s'agissait pour lui d'une oeuvre mineure. Wilson,un inspecteur chargé de traquer les criminels de guerre nazi en rêlache l'un d'entre eux ,Meineke, pour qu'il le mène à son chef,Kindler,dissimulé dans une petite ville de province sous l'apparence d'un homme à la probité irréprochable. Edward G. Robinson est génial dans le rôle du détective,qui lui va comme un gant,à traquer tous les petits détails le menant à sa proie. Orson Welles est tout aussi génial en nazi aux pulsions destructrices et à la crispation non feinte. "Le Criminel"(1946) ne rêlache pas son étreinte,en manipulant les ombres et lumières,le noir et le blanc,l'odieux et le magnanime. Le final dans l'horloge déréglée est extraordinaire,et vaut mieux qu'un long discours. Un classique trop boudé.
Pas inoubliable s'agissant d'un film réalisé par Orson Welles. Le scénario ne réserve que peu de surprises et n'évite pas toujours la caricature. Nonobstant, le récit est rehaussé par les idées de mise en scène du cinéaste et l'attention apportée à l'image. En effet, le noir et blanc est splendide tout comme l'utilisation de la lumière et les fameuses contre-plongées, chères au réalisateur. L'interprétation est également de qualité, notamment grâce à l'immense Edward G. Robinson.
Un film noir très plaisant, avec pour toile de fond la traque des nazis au lendemain de la 2e Guerre mondiale. Le scénario est plutôt convenu, mais la photographie est remarquable. Orson Welles est aussi très bon en psychopathe duplice.
Le scénario est du grand n'importe quoi. spoiler: La facilité de Wilson à s'intégrer à la famille du criminel, à mettre dans le coup Noah, Loretta Young qui accepte de défendre son mari alors qu'elle sait qu'il a tué son chien et un homme...c'est trop ! . Wells surjoue abominablement à coup de sourcils froncés et de yeux écarquillés. Seule la photographie à coups d'ombre et de lumière permet de le reconnaître. Car le reste ne vaut vraiment pas grand chose...y compris l'obsession des horloges.
Louable tentative de Welles juste après la guerre de dénoncer la fuite de certains dignitaires nazis sur le sol américain. Welles jugeait ce film comme son plus mauvais , on peut moins sévère même si le manichéisme des personnages est poussé à l’extrême - la palme revenant à Welles lui-même qui roule des yeux bovins pour bien montrer qu’il est le méchant qui se cache derrière le gentil professeur. Robinson est comme toujours parfait. Au final si on ne s’ennuie pas, on peut regretter que le scénario dont on dit qu’il est de John Huston ne s’embarrasse pas de préjugés pour nous amener trop souvent sans explication sur les dénouements dramatiques qu’il veut mettre en valeur. Mineur malgré tout dans l’œuvre du géant qu’était Welles.
" the stranger" ( le criminel ) 1946, réalisé juste après guerre, fait partie de ces titres qui traiteront de la fuite des criminels de guerre nazis.
Souvent regardé de haut ( certes au milieu d'une filmographie de premier ordre), cet opus de O.Welles vaut pourtant ( selon moi) beaucoup mieux que ce que l'on en a dit.
Superbement filmé et interprété (Welles ne se donne pas le beau rôle), le personnage qu'il incarne n'est pas sans faire penser à celui du " troisième homme" chef d'œuvre de Carol Reed.
Les scènes dans le clocher font penser à certaines de " Vertigo" de A.Hitchkock réalisé une décennie plus tard.
On peut aussi dire quelque mots de la très élégante Loretta Young dont la carrière pourtant étoffée ne la conduira pas suffisamment devant les caméras de réalisateurs prestigieux.
On lui prête parfois une ressemblance ( au plan des traits surtout ) avec Joan Crawford, ce qui souligne son potentiel exceptionnel.
Mais surtout sa profonde relation amoureuse largement médiatisée avec Spencer Tracy ( avant la longue histoire plus connue qu'il aura avec K.Hepburn) a fait, à son époque, les choux gras des tabloïds.
Malgré un rythme et une narration étranges, notamment au début du film, et une musique un peu trop appuyée, je suis rentré petit à petit dans ce thriller psychologique qui bénéfice d'un cadre sympathique (la bourgade de campagne) et qui utilise les éléments à sa disposition pour créer une tension certaine. C'est également l'occasion de profiter de l'interprétation d'Orson Welles dans une histoire que l'on suppose assez osée pour l'époque : The Stranger est d'une certaine manière l’ancêtre des thrillers d'aujourd'hui, avec de bonnes idées, et un final au couteau qui m'a agréablement surpris.
Considéré par lui-même comme étant son film le moins abouti, "Le Criminel" n'en reste pas moins une œuvre très efficace aux mécanismes percutants. On y retrouve ainsi un récit qui met en scène un détective à la recherche de criminels de guerres allemands dans une Amérique provinciale standard. Fort bien construit, le scénario se verra même nommé aux Oscars grâce à un rythme très agréable mais aussi en raison de rebondissements souvent intéressants. Les comédiens forment quant à eux le second atout du film. Composé d'un trio exploité finement et sagement, le cœur du drame se joue avec distinction sous la caméra d'un Orson Welles décidé à prouver qu'il peut, lui-aussi, offrir un divertissement à Hollywood. On y retrouve tout d'abord un inspiré et extrêmement convaincant Edward G. Robinson qui réussit une fois encore à imposer une dimension très imposante à son personnage. Face à lui se dresseront successivement un Orson Welles dans toute sa grandeur et une belle et touchante Loretta Young. Forgeant des échanges et des tours de passe passe ingénieux et revigorants, Welles se détourne de son originalité habituelle pour nous servir un long-métrage plus "conventionnel" mais haut combien réussi.
J’ai lu après le visionnage du film que Orson Welles avait déclaré : Il n’y a rien de moi dans « Le criminel ». En effet je me suis demandé pendant (presque) toute sa projection comment cela pouvait être réalisé par le génial auteur de « Citizen Kane » ou de « La soif du mal », pour ne citer que ceux-là. Il ne s’agit en effet que d’un polar banal, sans idée de mise scène, au scénario bancal, toutefois primé en 1946, probablement pour sa référence à la Shoa et à la traque des anciens nazis. Seule la dernière scène sort de l’ordinaire et peut rester dans les mémoires.