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Frédéric Le Mouël
24 abonnés
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3,0
Publiée le 5 juillet 2013
Les 4 fils de Katie Elder ne sont pas très crédibles dans leur désir de venger une mère qu'ils ont délaissée. Et le film dans son ensemble manque de densité et de tension, y compris dans les scènes d'action. Mais il y a la musique d'Elmer Bernstein, superbe, et John Wayne, toujours charismatique, même s'il se contente ici de faire le job.
Cette avant-dernière collaboration entre John Wayne et Henry Hathaway se présente comme un pur western de divertissement. En 1965, alors que le western classique américain tire ses dernières cartouches, le Duke souhaite montrer à ses admirateurs qu’il est encore là pour défendre le genre. Plus que cela, il veut aussi montrer, après avoir vaincu un premier cancer l’année précédente, qu’il est en pleine forme. On comprend mieux, dès lors, les principales maladresses du film. Entièrement centré sur sa vedette, qui se fait désirer une dizaine de minutes, il est le seul personnage qui a une réelle épaisseur dans cette histoire. Si Dean Martin a quelques ambiguïtés à défendre, les autres en sont réduits à de simples clichés caricaturaux. C’est dommage car le méchant de service manque, du coup, de subtilité, le personnage féminin est sacrifié, tout comme quelques personnages secondaires dont on pouvait attendre davantage. Classique à souhait, l’intrigue se déroule sans surprise et aurait sûrement mérité d’être plus tortueuse. On apprécie cependant cette variation sur la rédemption autour de cette Katie Elder omniprésente alors qu’on ne la voit jamais. Femme de bien, à sa mort, elle oblige ses fils à se remettre en question pour accomplir une vengeance qui ne s’apparente pas à un simple règlement de compte. Il y a une certaine intelligence dans cette idée, mais il est dommage que le scénario hésite entre deux directions. Durant plus d’une heure, on a droit à un film plutôt décontracté voire amusant, avant de basculer dans un ton plus noir et dramatique dans sa dernière partie. L’articulation entre ces deux tons est plutôt maladroite, Hathaway ne parvenant pas ici à se montrer à la hauteur d’un Hawks ou d’un Ford dans ce type de mariage. Il faut enfin attendre le dernier tiers du film pour voir un peu d’action, ce qui peut être une faiblesse dans un western de de type. Ces quelques réserves étant émises, on se retrouve avec un western, certes mineur dans la carrière de son réalisateur et de sa vedette principale, mais tout à fait divertissant avec quelques scènes parfaitement maîtrisées (celle du guet-apens notamment). Les décors sont splendides et la musique d’Elmer Bernstein rappelle celle qu’il avait composée pour « Les Sept mercenaires ». On est loin de ce chef-d’œuvre ici mais le spectacle est au rendez-vous.
Il manque à Henry Hathaway un « je ne sais quoi » pour faire par partie de la cour des grands du western à l’instar de John Ford, Anthony Mann ou Sergio Leone. « Les quatre fils de Katie Elder » est un western assez classique dont la principale originalité est l’écart d’âge entre le frère aîné des Elder (John Wayne) et le benjamin (Michael Anderson Jr.), un ado « tête-à-claque » comme le cinéma en produit régulièrement. « The sons of Katie Elder » est une histoire de quête de vérité et de vengeance avec en toile de fond l’abnégation et le silence d’une mère délaissée par ses enfants. On évacue le côté psychanalytique de la chose et le sentiment de culpabilité inhérent. Le film alterne quelques bonnes scènes d’action et des dialogues intenses entre les personnages : j’ai bien aimé la scène où Martha Hyer qui parle de manière métaphorique du Texas. Henry Hathaway tourne en 1965 un énième western U.S. sans surprise, alors que de l’autre côté de l’Atlantique, Sergio Leone révolutionne le genre…, cherchez l’erreur.
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De loin pas le meilleur film de John Wayne mais ça fait plaisir de le retrouver au côté de Dean Martin. L'intrigue est assez basique mais sort quand même des sentiers battus (John Wayne qui veut toujours revenir ou rester pour prouver sa bonne foi et celle de siens). Et la relation qui unit les 4 frères vaut le détour. Un western moyen mais plaisant.
Dans la droite lignée de sa filmographie c'est un western extrêmement classique et plutôt efficace que nous propose ici Hathaway. La seule innovation dans l'approche repose sur les personnages principaux qu'on va suivre: une brochette de 4 frères réunis à l'occasion de l'enterrement leur mère (qu'ils n'ont pas vu depuis plusieurs années) et qui vont tenter d'éclaircir les circonstances entourant sa mort, celle de leur père ainsi que la perte de leur ranch familial. Cette fratrie à laquelle on peine à croire dans un premier temps (John Wayne ayant au moins 30 ans de plus que son plus jeune frère), prend peu à peu forme et consistance à travers de nombreuses scènes dans la première partie du film centree sur leur relation. La mise en scène joue alors en permanence sur les effets de symétrie et les plans larges pour muer ses 4 personnalités (complémentaires mais jamais idéalisées), unies par un but commun, en l'incarnation même de la famille américaine. Cette construction assez originale fonctionne bien et on a plaisir à voir ces hommes évoluer. Là où le bât blesse c'est durant la seconde partie où l'on ressent clairement les rails scénaristiques du western qui se mettent en place avec toutes les cases à cocher: quiproquo judiciaire à l'encontre des héros, fusillade datée au bord d'une rivière, blessure/mort d'un allié de John Wayne qui revient animé d'une vengeance légitimée pour son duel final avant une conclusion en 1 minute chrono. La formule est connue et relativement efficace à défaut d'être surprenante, jusque dans la réalisation qui ne décolle jamais vraiment . On retiendra bien davantage les thèmes musicaux toujours aussi marquants de Bernstein qui réinjecte de la tension et de l'énergie dans cette seconde moitié moins passionnante. En conclusion, "Les 4 fils de Katie Elder" est un western très conventionnel et plutôt réussi dont l'appréciation dépendra essentiellement de l'appétence du spectateur pour le genre.