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Steeve mazzucotelli
47 critiques
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5,0
Publiée le 14 avril 2026
Drame se déroulant dans le Japon féodal, avec des acteurs et une ambiance envoutants, une esthétique sublime, pleine de couleurs vives et contrastées, des scènes de batailles prenantes, et une fin profonde qui nous fait réfléchir sur la vie et la nature humaine et nous fait vite oublier les quelques longueurs. Puissant, sombre, épique, Kurozawa signe ici un chef d'oeuvre du septième art.
Regardez jusqu’où la jalousie peut nous mener. Voilà ce que le film veut nous dire. Ici, Kurosawa arrive avec une justesse folle à nous faire comprendre comment, en faisant un choix, tout peut basculer et l’escalade de violence peut tendre vers l’infini… enfin ici jusqu’au dernier survivant. En parlant de violence, je ne comprends pas comment c’est possible de faire un film aussi calme et aussi violent à la fois. Ce mec est trop fort.
Ce qui m’amène au rôle du père, le « monseigneur », qui est tellement bien écrit et mis en scène qu’on jongle entre deux sentiments : l’attachement et la peur de sa folie. La peur de sa folie parce qu’outre son apparence plus que glaçante, derrière il y a une folie ici très réussie et qui ne tombe pas dans les clichés. Mais aussi l’attachement, car on s’attache à lui, on a de la peine ; c’est horrible de se faire trahir par ses fils tour après tour, en qui on avait pourtant tant d’espoir.
Dans la manière de filmer, Kurosawa se met toujours très loin du sujet. Peut-être ne veut-il pas qu’on s’immisce dans les relations de cette famille énormément déchirée. Comme s’il voulait que l’on reste simple spectateur.
Et l’image mon dieu mon dieu mon dieu, tout est jolie et tout est réussi.
Et j’aime aussi beaucoup le rôle qu’à le ciel dans l’histoire, c’est comme un personnage à part entière qui nous annonce du changement, j’aime beaucoup.
Et cette musique, cette flûte qui ne fait qu’augmenter la tristesse et la compassion que l’on peut avoir pour les personnages.
Et la scène de post-combat… j’ai rarement vu une scène aussi poignante, enfin que dis-je, JE N’AI JAMAIS vu une scène aussi poignante.
Bref, comme vous avez pu comprendre, j’ai plus qu’apprécié ce film : je l’ai aimé…
Kurosawa se sert de sa maitrise de l'image parfaite pour nous offrir une vision du Japon féodal, tourmenté par les liens du sang. Le film se paye le luxe de décrire notre propre société. Achetez l'édition double dvd.
« Ran » semble être l’aboutissement du film « Kagemusha ». Kurosawa maintient sa volonté d’honorer le theatre No et la culture traditionnelle japonaise mais propose des plans moins statiques et réintègre un cinéma plus occidental. Il fusionne dans Ran le meilleur des 2 cultures. D’abord par la thématique directement inspirée du « Roi Lear » de Skakespeare mais traitée comme une variation culturelle japonaise, y intégrant une mythologie et une symbolique nippone. Ensuite par le jeu des acteurs parfois fluide, parfois ritualisé. « Ran » est très esthétique et nous propose une succession de magnifiques peintures naturelles oú évoluent les touches de couleurs vives arborées par les soldats des différents clans qui s’affrontent. À cela s’ajoutent les mouvements infinis des figurants en costume de guerrier comme un flot incessant de flux et reflux. Les budgets conséquents y sont pour quelque chose. Les scènes de charges de l’infanterie avec la cavalerie en arrière plan et le travail des cascadeurs tombant de leur monture sont remarquables. Les costumes sont tous, très beaux. Personnellement j’ai un faible pour dame Kaede, personnage clef, interprétée par Mirko Harada. Pour La scène de la rencontre avec le frère de Sue dans la cabane qui n’est pas sans nous rappeler la culture Manga qui déferlera en France et la scène de catatonie de Ichimonji entouré du feu et de flèches, ou encore celle de la femme renard décrite par Kurogane. Bref je suis fan.
C'est beau, c'est puissant, c'est du Kurosawa. A mon avis, à ne voir qu'en VO sous-titrée parce que le son particulier de la langue japonaise parlée sans remuer les lèves (comme il se doit chez les seniors) donne une coloration particulièrement puissante (que le doublage ôte malheureusement).
Ran, comme toute les films de Kurosawa ne laisse pas insensible. Autrement que les épopées tel les sept samurais ou des uvres humanistes plus sociétales comme Barberousse, Ran nous dépeint la vision du monde de ce génie du cinéma à sa manière. Lhomme est ainsi ! Mauvais, cruel, mais il pleure de ses actes, il pleure de ses fils qui suivent son chemin. Lorsquil retrouve la raison, il choisit pourtant la folie pour se préserver de cette tragédie. La réalisation de Ran est encore une fois digne de lart de Kurosawa. Le jeu théâtral se ressent fortement peut être pour faire référence à Shakespeare. Un chef duvre une fois de plus
Incroyable film, très long mais poétique et vraiment captivant. Je conseil vivement. Je ne sais pas quoi dire d'autre pour que ça fasse 100 caractères...