L'instrument qui fait perdre la tête... Le tandem Gabin/Delon est efficace sur cette intéressante réflexion contre les tares de la justice et contre la peine capitale. Il manque peut-être un peu d'émotion. Mais l'ambiance est tout de même bien retranscrit, surtout au moment du procès et de la scène de fin (à la fois percutante et qui reste dans votre esprit).
Un film auquel je suis encore tout retourné malgré que je l'ai vu hier soir sur Arte!!! Réalisé par José Giovanni, auteur et cinéaste qui connait bien le milieu carcéral et le banditisme (je crois meme qu'il a fait de la prison, pas sur!!!), produit par Alain Delon, qui s'offre un nouveau tandem avec un acteur qui était son mentor dans les années 60 avec des films mémorables comme "Le clan des Siciliens" d'Henri Verneuil, le grand Jean Gabin. Gabin, qui est le narrateur du film, incarne un éducateur pénitencier qui demande au tribunal de relacher un ancien braqueur de banques pour bonne conduite (Alain Delon) avec avis favorables des juges. L'ancien prisonnier se range, vit un amour paisible avec sa compagne et travaille dans une usine avec l'aide de l'éducateur. Mais le passé le rattrape avec une police qui lui colle aux fesses dans ces moindres gestes, la disparition de sa compagne dans un accident de voiture et une nouvelle compagne qui travaille dans une banque que guette la police d'un oeil suspect qui ne va pas arranger les choses et mettre une pression sur l'ancien détenu pourtant sage... Rien que pour la fin magistrale qui me laisse sans voix, je mets à "Deux hommes dans la ville" de José Giovanni 4 etoiles. Un film que je découvre aussi grace à un membre d'Allociné qui adore ce film (Léo68, si tu me lis (rire)), un trés bon film dramatique des années 70, peut etre injustement méconnu, qui mérite le coup d'oeil. Le duo Jean Gabin/ Alain Delon est excellent, ajouté à de trés bons seconds roles comme Michel Bouquet, Victor Lanoux et une apparition de Gérard Depardieu. Un chef d'oeuvre d'autrefois, du grand cinéma d'époque Français!!
Superbe film de José Giovanni avec un Jean Gabin en fin de carrière mais toujours très efficace..Sa relation amicale limite paternelle avec Alain Delon est superbe..On sent bien les personnages..et les secondaires sont aussi très bien comme Victor Lanoux , Bernard Giraudeau , Michel Bouquet en flic haineux et même une petite apparition de voyou de Gérard Depardieu..A découvrir..
Empêché de se réinserer à cause d'un policier psycho-rigide et harceleur (Michel Bouquet, dans un second rôle mémorable) l'ex-truand Gino Strabliggi devenu honnête travailleur, tel que nous le présente José Giovanni, est poussé à bout spoiler: jusqu'à commettre l'irréparable . On la connait par coeur cette histoire tragique où le cinéaste prend fait et cause pour un voyou sur le chemin du rachat -l'éducateur joué par Jean Gabin y veille - contre l'institution policière et judiciaire implacable. La musique de Philippe Sarde, le regard désespéré d'Alain Delon spoiler: au moment de se présenter à l'échafaud sont gravés dans nos mémoires. Moment d'émotion intense. José Giovanni, comme le réalisateur André Cayatte avant lui ("Nous sommes tous des assassins"), fustige la société répressive et plus loin la peine capitale. On connait la bienveillance de Giovanni à l'égard des voyous. Aussi, si la dénonciation est fondée, la dramaturgie et l'intrigue sont moins satisfaisantes au sens où leur partialité et leur caractère trop démonstratif introduisent un manichéisme si peu convaincant qu'il finit par desservir le propos du cinéaste. Ce manque de finesse est symbolisé par la composition monolithique de Jean Gabin, le porte-parole de Giovanni dans le film.
« Deux hommes dans la ville » est une analyse peu flatteuse du système judiciaire français, une réflexion convenue sur la difficulté de la réinsertion et un plaidoyer contre la peine de mort. Le tout est assez caricatural et le scénario peu développé. Les interprétations sont cependant excellentes : Gabin et Delon campent assez bien leur personnage respectif, mais aussi Michel Bouquet, incroyablement vicieux dans le rôle de policier soupçonneux et cynique. Les intentions sont tout à fait louables mais elles sont plombées par les bons sentiments. L’approche est naïve, peut être est-elle le reflet de cette époque ? Ne boudons pas notre plaisir, ce film a le mérite de nous permettre de revoir deux monstres sacrés du cinéma, même si Gabin semble un tantinet fatigué.
Un très grand film signé José Giovanni. C’est intense, humain, poignant, émouvant et bouleversant à la fin. Le compositeur du film Philippe Sarde signe une très belle musique. Avec de bons sujets dans le film comme le système judiciaire, sur la difficulté de tout réinsertion et de la société. Avec deux grands acteurs au casting : Alain Delon qui est excellent dans le rôle de Gino et Jean Gabin dans le rôle de l’éducateur, leur duo à l’écran marche à merveille. Avec de bons seconds rôles comme : Michel Bouquet qui assure très bien son rôle du commissaire borné qui harcèle Gino, Victor Lanoux, Mimsy Farmer, Bernard Giraudeau, Cécile Vassort et avec une apparition de Gérard Depardieu.
Un sujet fort et déconcertant pour plusieurs raisons à l'époque. Tout semble graviter autour de Gabin tandis que Delon, ou son personnage tout du moins, insupportable désamorce constamment le propos. D'un intérêt peu évident.
Gabin, Delon : magistraux. Acteurs mythiques que l'on ne se lassent de revoir. Le film a un peu vieilli, mais reste très fort de par sa thématique et la fin ne peut laisser indifférent.
Un policier tendre et mélancolique, une amitié entre un ancien grand bandit sorti de taule (Delon) et un éducateur droit dans ses bottes (l'ami Gabin). Au départ, j'avais quelques à priori car je ne suis pas un grand fan de ces films au casting trop séduisant, façon Blockbuster français où l'on place deux grosses têtes d'affiche et on se dit, de toutes ça ne peut pas être mauvais. Enfin c'est une très bonne surprise, le scénario est net et sans bavure. Les dialogues sont décapants, le thriller devient haletant et on ne sait quelle position adoptée.
Mention spéciale à M.Bouquet, en inspecteur qui ne démord jamais, il est tout bonnement géniale.
Si Deux hommes dans la ville peut trouver une connivence historique, c'est grâce à l'une des plus grandes réformes de notre Vème République. Effectivement, le 9 octobre 1981 est voté la loi abolissant la peine de mort en France. Or, le film de José Giovanni, ancien condamné à mort, est sortie sur les écrans en 1973. Ce combat qui remonte à l'esprit des Lumières, démontre l'incompréhension haïssable d'une mentalité où vit le cinéaste. C'est, d'une certaine manière, la peinture d'une société aveuglée. En effet, quoi de plus horrible qu'une machine qui légitime le fait que tel ou tel individu n'a, ou n'a pas, le droit de continuer à vivre, sous peine de porter atteinte à la cité dans lequel il vit ? Cette pensée, à la limite du totalitarisme, intellectuellement insupportable, est le combat du réalisateur, que ce soit dans sa vie d'être humain ou dans son oeuvre artistique. Dès lors, pourquoi ne pas glorifier entièrement cette dénonciation pourtant si symbolique ? La raison est simple. Deux hommes dans la ville est la caricature sans subtilité d'un sujet qui mérite bien plus qu'un statut de simple pamphlet. Alain Delon, au nom de Gino Strabliggi, est un ancien truand. Germain Cazeneuve, interprété par Jean Gabin, un éducateur pour les délinquants. Sans ambiguïté, on découvre facilement que ce dernier croit sincèrement à la réintégration des anciens prisonniers. Mais Michel Bouquet en Commissaire Goitreau y incarne l'antithèse. Il n'y a pas plus antipathique. Le schéma n'est donc pas compliqué. D'un côté, il y a très bons, de l'autre, les pires ordures que l'on puisse imaginer. Il se dessine forcément un cliché qui lui est dommageable. En comparaison, c'est comme si l'on confrontait Le Dernier Jour d'un condamné de Victor Hugo à l'Étranger d'Albert Camus. L'un est d'une subtilité réfléchie, l'autre plus caricatural, et de ce fait, moins profond. Par conséquent, José Giovanni nous invite à un discours naïf. On a vu plus convaincant au cinéma. Attachant, c'est tout.
Quand on voit les noms de Jean Gabin et Alain Delon orner une affiche portant le titre de "Deux hommes dans la ville", on s’attend à un bon polar des années 70 comme les français et les italiens savaient les faire à l’époque. Oui et non. Oui parce qu’on a bien l’aspect policier, et non parce que cet aspect amène principalement une dimension dramatique. Un savant mélange des deux concepts. En fait, cette nouvelle association Gabin/Delon est assez éloignée des précédentes ("Mélodie en sous-sol" et "Le clan des Siciliens") de par son sujet, car ce dernier est ici plus ciblé, plus engagé, avec une prise de position du réalisateur-scénariste contre la peine de mort. Chacun ses idées, les uns les ayant par pure conviction, les autres parce qu’ils ont de vraies raisons (il suffit d’une seule). Et apparemment, José Giovanni fait partie de ceux qui ont une vraie raison (allez jeter un œil sur les anecdotes de tournage et sur le site Wikipédia), une raison qui marque le point de départ cinglant de son film avec une narration en voix off opérée sous la voix savoureusement grave de Jean Gabin. Le sujet porté à l’écran est profond, traité avec une juste et néanmoins remarquable sobriété dans la réalisation. Mais résumer la qualité de ce film au duo en tête d’affiche et au seul réalisateur serait injuste. D’abord parce que certaines répliques font penser au génialissime Michel Audiard, notamment lors de la confrontation de l’éducateur avec l’administration pénitentiaire ; certes ce n’est pas du Michel Audiard, bien que les dialogues de Daniel Boulanger soient bien écrits, mais on sent bien l’influence audiaresque dès lors que Gabin prend la parole. Ensuite parce que Michel Goitreau fait un beau commissaire de police spoiler: particulièrement (trop ?) tenace , premier emblème de la justice spoiler: qui va être montré du doigt pour son zèle exagéré du simple fait qu’il ne croit nullement à la rédemption des truands . Et pour finir parce que nous avons la présence de seconds couteaux, comme Bernard Giraudeau, Victor Lanoux qui fait un truand bien convaincant et qu’on repèrerait à des dizaines de mètres à la ronde, et enfin Gérard Depardieu qui va nous offrir un sacré face à face avec Alain Delon, comme si ces deux comédiens savaient qu’ils allaient se mener mutuellement une concurrence rude et acharnée dans les années à venir. Un affrontement par le biais de regards digne des plus grandes scènes d’affrontements que le septième art ait pu nous offrir. Mais déjà, quelle présence de Depardieu ! En plus d’accompagner efficacement l’histoire, la musique de Philippe Sarde embellit le propos et le rend plus politiquement correct. "Deux hommes dans la ville", c’est une accusation portée sur certaines facettes du système judiciaire, c’est une dénonciation sur la fragilité des limites de ce même système et sur les partis pris spoiler: (entre l’obsession viscérale du commissaire et les jurés qui s’endorment en plein procès…) . Et là où "Deux hommes dans la ville" est remarquable, outre le réquisitoire contre la peine capitale, c’est qu’il réussit la prouesse à nous faire prendre en sympathie le truand spoiler: repenti (on a tellement peu d’occasions de voir Delon sourire) et à détester le commissairespoiler: , tellement qu’on se surprend à penser que l’officier n’a eu que ce qu’il méritait . Et c’est sans aucune euphorie, avec l’esprit grave, que nous ressortons de ce film au parfum de scandale soigneusement (pour ne pas dire honteusement) "caché".
Un superbe film avec un casting tout ce qu'il y a de plus alléchant : le tandem de stars Gabin-Delon, (ce sera du reste la dernière fois que les acteurs joueront ensemble) et le dernier grand succès de Gabin avec près de 2,5 millions d'entrées en salles ! Delon a dû rentrer dans ses fonds puisqu'il est également producteur de ce film. Michel Bouquet est lui aussi captivant dans son rôle de flic cynique, méchant et borné, comme Jacques Monod en procureur sarcastique et impitoyable, comme certains seconds rôles : Victor Lanoux méconnaissable, Robert Castel, et deux débutants à l'époque qui font leurs premières armes au cinéma : Giraudeau et Depardieu. José Giovanni (mort en Suisse à 80 ans en 2004), le réalisateur, a su aussi s'appuyer sur un scénario simple (beaucoup devraient en prendre de la graine) mais qui fait mouche : dans une des répliques de Gabin figure cette citation : "les écrits restent, et les fonctionnaires passent". Giovanni a été réellement un mauvais garçon et avant sa rédemption avait été condamné lui-même à la peine de mort : il avait pu sauver sa tête en obtenant la grâce présidentielle, et c'est le sujet controversé en 1973 de la peine capitale qui est évoquée ici. Dans le rôle du condamné à mort qui vit ses derniers instants, Delon est sublime ! Je viens de revoir ce film sur une bande restaurée par Pathé : puisse-t-elle rester le vestige de ce passé où les chances de réinsertion des détenus étaient bien minces, et du temps de la guillotine dont les jeunes auront peine à croire qu'elle ait pu exister. willycopresto
José Giovanni, ancien prisonnier condamné à mort (puis gracié et libéré), signe ici un film engagé dans une France pompidolienne qui attendra encore 8 ans pour abolir la peine capitale. Dans le contexte actuel, la charge paraît maladroite et manichéenne, mais à sa sortie en 1973, "Deux hommes dans la ville" avait marqué les esprits, d'autant que son propos est renforcé par le casting prestigieux et catalogué "conservateur" (Gabin et Delon notamment). D'ailleurs la distribution est le principal atout du film, Giovanni parvenant à réunir la fine fleur du cinéma français des seventies : outre les deux têtes d'affiche, on retrouve en effet Michel Bouquet, Victor Lanoux, Gérard Depardieu, Bernard Giraudeau ainsi qu'une collection de "gueules" de l'époque dans les moindres seconds rôles. En revanche, Mimsy Farmer ne s'illustre guère dans l'un des rares rôles féminins de ce film d'hommes. De manière générale, la réalisation de Giovanni semble assez approximative, parfois brouillonne, limitée par les contraintes techniques de l'époque et le souci de mettre en valeur Alain Delon, producteur du film. On se consolera avec l'une des dernières prestations du monstre sacré Jean Gabin, toujours convaincant, et avec quelques scènes marquantes (notamment la dernière) qui jalonnent un récit assez linéaire et peu passionnant.
Un film d'acteur indniablement où la fatigue de Gabin va si bien pour ce genre de film. Bien sur, le message délivré n'est pas absent d'une certaine épaisseur moralisante. Mais Giovanni n'en fait jamais trop dans ce sens. Il reste seulement quelques imperfections à la fluidité de certains passages, notamment l'arrivée à Montpellier. Reste un final, à partir de "l'harcélement" du flic qui est franchement haletant.