Avis : Network, main basse sur la télévision - Page 8
Network, main basse sur la télévision
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Un visiteur
5,0
Publiée le 1 juin 2007
Quand Network sortit en France en 1977, le spectateur découvrit avec stupéfaction les coulisses de la télévision américaine, terrifiante Gorgone inféodée à l'indice d'écoute, aux annonceurs publicitaires, se vautrant dans la démagogie la plus éhontée, toujours en quête de sensationnel, jetant à pleines pelletées de la poudre aux yeux. En sortant de la salle, le même spectateur, tout remué par ce constat percutant, pouvait se consoler en se disant qu'un océan le séparait de de ce monstre sans âme qu'était l'étrange lucarne américaine. Trois décennies plus tard, dire que Network était un film visionnaire serait bien en deça de la vérité, d'autant que notre télévision nationale s'est américanisée : dictature de l'audimat, cascades de spots publicitaires, chaînes privées, jeux stupides, strass et paillettes...L'Amérique vue par ses réalisateurs les plus grinçants fait peur à voir; quand elle est charcutée sans anesthésie par un cinéaste comme Sidney Lumet ça fait carrément mal (Un Après-midi de Chien, Serpico, 12 Hommes en colère...) Celui-ci a connu et vécu "l'âge d'or" du direct et assisté à la mercantilisation du petit écran, à son emprise par des conglomérats et au développement de l'information-spectacle. Network est la réponse à ces phénomènes : un film aux outrances calculées, mêlant brillament polémique et nostalgie, réalisme et envolées lyriques, politique-fiction et faits-divers.
Le film, par sa critique acerbe des médias, s'impose comme un film visionnaire grâce à la pertinence des idées. Seulement, ce film a aujourd'hui vieilli et sa critique est peu subtil et le film a tendance à être répétitif.
C'est un superbe film sur le pouvoir des médias...On crée un show et on perd le contrôle...Alors on passé au suivant. Les acteurs sont bon et l'histoire tient la route.
Un pamphlet virulent, visionnaire contre un nouveau Dieu: l'Argent, érigé en maître d'un système médiatique ultra-libérale et capitaliste. Le côté théâtrale est l'un des meilleurs atouts mais aussi le principal défaut du film.
Une fiction de cinéma, qui tire à vue sur sa plus grande rivale, la Télévision. Dés la première scène le ton est donné, Howard Beale, journaliste en manque d'audience, envisage le fait de se suicider à l'antenne. "Une audience de 50 minimum" lui répond son ami. Nous allons assister à un film sans concession d'un cynisme rare - se dit on. "Network" ne nous déçoit pas, en tout cas pas totalement. Bien que le rythme général soit assez lent, la peinture dressée du monde de la télé ainsi que de l'ultralibéralisme, qui y règne est remarquable. La fin spoiler: est une réussite (le héros, qui meurt, ça a de la gueule !) . En une phrase : Un film original et subversif à ne pas rater !
Sidney Lumet était résolument visionnaire. Sublimée par une mise en scène impeccable et un sens du dialogue éprouvé, la télévision qu'il stigmatise renvoie inexorablement à celle d'aujourd'hui. Une télévision gouvernée par l'audimat et le sensationnel qui se duplique à elle-même. La tirade en prime time du présentateur vedette est symptomatique du pouvoir redoutable du petit écran, dont provient "la seule vérité de toute une génération". Une force insidieuse et abrutissante qui soustrait tout jugement critique. De ce point de vue, Network est parfaitement incontournable.
Un présentateur vedette devenu prophète à travers des millions d’écrans de télévision. Il prononce des discours radicaux sur la société et la fameuse “matrice” dans laquelle nous vivons aujourd’hui, et supplie les gens de se révolter. Mais les dirigeants de la chaîne qui l’a lancé commencent à voir d’un mauvais œil sa popularité grandissante… La confrontation entre la cupidité et l’intégrité. Une satire brillante, en avance sur son temps. (Les dialogues sont exceptionnels.)
Premier media intrusif, bien avant les smartphones, la television, dû à la psychologie immuable du sujet humain qu'elle touche, aura eu le mérite d'éclairer quelques visionnaires sur les dérives téléologiques du média et leurs conséquences.
L'intérêt apparait surtout lorsqu'on met en relief l'oeuvre par rapport à son contexte, 40 ans auparavant.
C'est pas pour rien qu'il va bientôt y avoir un remake.<br/><br/> Ce film ne peut pas être plus d'actualité. Il en est même quasi prophétique tant ce que l'on y voit est d'actualité (alors qu'il a 30 ans !!).<br/><br/> Il décrit une société de consommation complètement pourrie par les différentes corporations et aggrégats de compagnies multinationales. Une société où ne sommes plus que des objets ayant pour seul rôle de suivre religieusement les codes dictés par la télévision sans même nous en rendre compte.<br/><br/> Le film montre aussi une facette des puissants lobby qui dirigent ce monde. Les personnes qui tirent les ficelles ne sont pas forcément celles que l'on croit et les enjeux nous dépassent. Ainsi il y a une référence à la puissance économique saoudienne qui est là encore d'actualité (voir Fahrenheit 9/11 pour s'en convaincre). <br/><br/> Bref, ce film culte nous amène à réfléchir sur notre condition et sur notre société moderne. Il est à voir absolument !!!
Sorti en 1977, ce pamphlet cinématographique signé Sidney Lumet tirait à boulet rouge sur l'émergence de la télévision spectacle, qui allait progressivement remplacer la télévision à papa et son journalisme épris de déontologie. Désormais, tout n'est qu'affaire de course à l'audience pour capter du temps de cerveau disponible et booster les revenus publicitaires. Et pour assurer de belles audiences, quoi de mieux que de cultiver la colère et le populisme tous les soirs devant l'écran. Ce scénario nous rappellera inévitablement un certain système médiatique actuel. En cela le film frappait très juste. Porté par une Faye Dunaway en forme olympique, cette œuvre filmée à la manière d'une émission de télévision, froide et sans affect, pèche un tantinet de par son aspect théorique et métaphorique, manquant parfois de chair. Il n'en demeure pas moins que son aspect prémonitoire est impressionnant.
En 1976, cette intrusion de Sidney Lumet dans l'univers des médias télévisés américains a pu paraitre bien étrange et excessive pour le spectateur français peu au fait, avec ses trois chaines publiques d'alors, des questions d'audimat. Aujourd'hui, le pamphlet de Lumet prend tout son sens. Le cinéaste n'en est pas à fustiger la télé-poubelle mais il dénonce brutalement le mercantilisme triomphant des network qui les conduit à transformer l'information télévisée en shows populistes. Il décrit un milieu et des professionnels impitoyables, dominés par la logique d'un capitalisme aliénant. Aux vieux singes de l'info, Lumet oppose de jeunes loups suspendus à l'audience et à la satisfaction de l'actionnaire. C'est ainsi que le présentateur en déclin Howard Beale, dépressif et subitement mystique, est maintenu à l'antenne parce que ses interventions en forme sermons connaissent un succès d'audience inattendu. L'abandon de toute considération déontologique, la transformation du journaliste en évangéliste et son pouvoir sur un grand public complaisant et influençable sont ici quelques manifestations d'une télé à la dérive. Film alarmiste au style direct et au verbe violent, "Network" peut paraitre un peu démonstratif et édifiant dans la mesure où, de nos jours, le fonctionnement des chaines et les mœurs télévisuelles n'ont plus beaucoup de mystère.
Une nouvelle découverte cinématographique grâce à Arte. Un rare film qui décortique les mécanismes pernicieux des télévisions commerciales courant après l'audimat, la recherche du profit mais aussi le contrôle de l'opinion publique par leurs actionnaires. Le fond, très intéressant mais pas toujours bien digeste, aurait tout de même mérité d'être un peu plus court.
Un film qui respire les années 70, et pourtant encore si moderne. Politique spectacle et culture du clash se substituent au devoir d'information, tout n'est plus que divertissement. Dans une industrie où seul le niveau d'audience compte, les personnages finissent par devenir des produits médiatiques eux aussi. En témoigne Diana, qui n'envisage les émotions qu'à travers un potentiel de programmation.