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Henrico
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4,0
Publiée le 9 septembre 2020
Un film à voir pour la truculence de ses textes (voix-off mais aussi les répliques !!), la qualité de la mise en scène d’Alain Corneau, et surtout pour la perfection des prestations d'acteurs. Il est à regretter, cependant que le scénario s'inspire d'un roman qui présente une image exagérément caricaturale de la société nippone. Il est aussi regrettable que presque tous les critiques professionnels n'ont pas tari d'éloges sur le jeu de Testud sans mentionner une seule fois le jeu époustouflant des seconds rôles japonais. Faut-il voir une petite trace de chauvinisme dans cet oubli?
Un pensum long et répétitif, hautement prévisible, (l'héroine fini dans les WC !) qui caricature la culture d'entreprise la plus caricaturale ! Une sorte d'antithèse des Vacances de Mr Hulot ! ici c'est le calvaire de Sylvie Testut ! Les images moches et banales ne montrent qu'un décor de bureaux façon série TV ultra fauchée, ça engendre un ennui poli !
Le moins que l'on puisse dire c'est que l'adaptation est très fidèle au livre éponyme d'Amélie Nothomb, livre que j'avais lu une semaine avant de voir le film. En effet, hormis une scène sur la transpiration des occidentaux vue par les japonais et les problèmes de Mademoiselle Mori, toujours célibataire après l'âge fatidique où toute japonaise doit être mariée, rien ne manque dans le film. Comme toujours dans le cas des adaptations de livre, on s'était imaginé des choses en lisant le livre et quand on voit la scène filmée, on est un peu déçu. En effet, les colères et la corpulence du sous-directeur de Yumimoto étaient plus importantes dans mon imagination que dans le film d'Alain Corneau. Hormis cet aspect « adaptation du livre », j'ai passé un bon moment à suivre les aventures d'Amélie dans ce film car l'histoire est vraiment très intéressante : cette vision, toute en exagération, par une occidentale de la culture japonaise ne peut que nous faire rire et nous surprendre. Deux petites remarques techniques sur le film pour finir : -> pendant la scène des photocopies, la pendule murale n'a pas l'air de fonctionner de manière très cohérente (de longs moments bloquée à la même heure puis elle avance) -> quand Amélie arrive sur son lieu de travail, on voit d'autres femmes dans le bureau "open space" de son étage. Or, dans le livre, il est bien spécifié que seules deux femmes - Amélie et Mademoiselle Mori - travaillent à cet étage et donc partagent les toilettes des femmes.
On entre dans le film un peu à reculons: découvrir le Japon sous le seul angle de l'entrepreneuriat a de quoi rebuter, il n'y a pour ainsi dire aucune scène hors des bureaux. Et puis, pas à pas, on finit par suivre ce parcours singulier, si bien servi par Sylvie Testud qui offre un contraste marqué avec ses partenaires de jeu. Ce choc de civilisation en business class réserve quelques moments de drôlerie et une réflexion sur le sens de l'honneur nippon et l'incompréhension entre les cultures. Pas forcément inoubliable (surtout côté réalisation, un comble avec Alain Corneau), néanmoins ça passe le temps et nous offre une fine étude de caractère.
Stupeur et tremblements, allez voir sur Youtube la description qu'en fait Amélie Nothomb. Je suis né en Belgique, j'ai sensiblement le même âge qu'Amélie Nothomb, et j'ai été bercé par ses romans. J'ai quitté ce pays pour la Méditerranée à vingt ans et c'est pour ça que je suis un peu ignare culturellement ( cinéma, littérature). Eh oui, on ne trouve pas tous ces "produits" ici, et c'est dommage pour moi ! C'est par hasard que j'ai decouvert le film d'Alain Corneau dont j'avais vu quelques films ( Police python 357, Le Choix des armes, Fort Saganne etc... ) J'ai suivi des liens sur le Web parce que j'aime beaucoup Sylvie Testud. Agréablement surpris, le film est fidèle aux romans d'Amélie. C'est passionnant, on ne peut décrocher, on veut en savoir plus ( comme dans le livre ). On pourrait croire qu'Amélie est masochiste, maïs s'adapter à une autre culture ne peut se faire qu'en acceptant les règles même extrémes de cette culture, ailleurs ça s'appelle "intégration", même si les règles sont moins féroces, le mécanisme philosophique est identique, on doit accepter "l'autre" aussi different soit-t-il, que cela nous fasse souffrir ou non ! À un moment un peu de Ryuichi Sakamoto dans la B.O. et des images du film Furyo, superbe. Je m'excuse de le noter si tard, je vous ai dit pourquoi, chef-d'oeuvre, donc cinq étoiles.
Dégringolade, humiliation mais pas déshonneur. La petite belge tient tête contre l’acharnement du système C’est truffé d’humour de phrases brillantes: « Dire que j’avais été assez sotte pour faire des études supérieures alors que ma cervelle s’épanouissait dans la stupidité répétitrice » mais c’est aussi un constat amer. Amélie Nothomb disait qu’elle avait eu tant de joie à revenir chez elle mais l’acceptation est-elle possible dans ce milieu dur et aussi hiérarchisé. Le film est excellent avec une ST parfaite dans le rôle.
Pour ceux et celles qui, comme moi, ont le Japon dans la peau et, plus particulièrement, les relations entre l'Orient l'Occident comme sujet d'étude permanent, ne passez pas à côté de ce bijou. Tout est pur dans ce film. Il n'y a quasiment rien à jeter. Peut-être la faiblesse des rares effets spéciaux ? Mais passons, l'essentiel n'est pas là. Par les yeux d'Amélie, le spectateur découvre ce Japon mythique et mystérieux, avec ses codes, sa complexité, son imperméabilité aux valeur occidentales. Ce film lève (un peu) le voile sur cette civilisation humaine qui, par bien des côtés, est la plus étrange et étrangère aux Occidentaux. On y découvre les relations humaines dans le cade du travail, la concurrence féroce, le culte des apparences, l'absolu impératif de dissimuler les sentiments (surtout ne rien montrer chez les Nippons !), la hiérarchie militaire et tranchante qui agit sans cesse comme le gardien des traditions et de l'exécution de l'ordre venu d'en haut. Et on assiste à la descente rapide aux enfers de cette jeune femme Belge, au travers des yeux de laquelle tout le film est tourné, jeune débutante pourtant versée dans la compréhension de la langue et du puzzle social japonais mais qui, par choix, décide de ne pas accepter l'ordre établi, de le bousculer en jouant de sa nature d'Occidentale, alors qu'elle aurait pu plus sagement s'effacer comme le voulait le code sociétal japonais. Cerise sur le gâteau : la présence éblouissante, renversante et sidérante de beauté, de grâce, de retenue et d'énigme de Kaori Tsuji, sans doute l'une des femmes les plus belles sur Terre.
adaptation qui m'a semblée fidèle du roman autobiographique d'Amélie Nothomb sur la confrontation d'une stagiaire belge à la culture japonaise au sein d'une grande entreprise. Un peu déroutant pour un occidental, mais le film excellemment porté par Sylvie Testud et l'actrice japonaise qui interprètent les deux rôles principaux finit par captiver
Ce film est génial pour montrer tout ce qui nous sépare de la mentalité japonaise au travail ! Sylvie Testut à bien mérité son césar de meilleure actrice. Elle joue avec subtilité sa descente aux enfers dans un mélange d'humour et de masochisme. Elle traduit sans doute la fascination toute faite d'amour et de haine d' Amélie Nothomb pour la civilisation japonaise. Capable du plus grand raffinement dans la cérémonie du thé et de la plus abjecte cruauté durant ses guerres. Le raffinement de la beauté de Melle Fubuki Mori face à la plus grossière brutalité du vice-président Mogochi.
Un peu barré le film est à l’image de l’auteur du roman autobiographique qui a inspiré le film. La réalisation un peu brute manque un peu d’originalité en optant pour une majeure partie en voix off comme si on nous récitait les pages du livre éponyme. Bon choix avec Sylvie Testud qui porte très bien à l’écran le personnage lunaire, suffisamment déconnecté du monde réel pour supporter la situation.
Il y a parfois des petits bijoux inattendus ... et ce film est un exemple merveilleux des films à petit budget, simples sans être simpliste, mais qui réussissent à vous surprendre et à vous charmer. Le scénario est excellent, les acteurs sont bons ( Sylvie Testud est top !) et l'inventivité de la mise en scène - certes modeste - est plaisante : ce cruel cauchemar devient un une sorte de rêve satirique croustillant d'humour pince-sans-rire. J'ai beaucoup aimé.
On retrouve l'esprit du roman ce qui n'était pas forcément évident. Le film est littéralement porté par Sylvie Testud qui livre une prestation exceptionnelle, avec une pointe d'humour et de détachement et beaucoup de naturel. La relation très ambiguë entre Amélie et Mademoiselle Mori est remarquablement montrée. Le point faible réside dans la post synchronisation des acteurs japonais qui connait parfois de légères défaillances. Jolie bande son puisque ce sont les variations Goldberg.
Un film ennuyeux — mais pas seulement. Il est profondément orientaliste. Sous couvert de "dénoncer" les normes patriarcales et les traditions japonaises à travers une approche autobiographique, le film ne fait en réalité que construire le personnage d’une « femme occidentale libérée et rationnelle », en opposition à une représentation ultra-caricaturale des « hommes japonais oppressifs, sexistes et irrationnels » d’un côté, et des « femmes japonaises soumises, non émancipées » qui vont jusqu’à saboter la soi-disant "résistance" de l’héroïne — la femme occidentale. Le pire est sans doute le discours fétichisant qui ouvre et clôt le film : « Le Japon, ce pays merveilleux de la beauté extrême ». La beauté du personnage féminin y est elle-même fétichisée — ses lèvres, ses yeux, son corps filmés comme des objets d’admiration exotique et érotisée. Une comparaison, du point de vue sociologique, pourrait être faite entre cette représentation des femmes asiatiques et celle des « femmes voilées », tant les deux figures servent de support à la projection d’un imaginaire occidental de domination et de "libération".