"Paris, je t'aime" souffre du même défaut que tout les films à sketches, c'est-à-dire l'inégalité. Les sketches de Christopher Doyle, Olivier Assayas, Gus Van Sant, Wes Craven ou encore Gérard Depardieu ne brillent pas par leurs qualités ou leur originalité. Retenons tout-de-même cinq sketches qui surnagent de l'ensemble. L'hilarant "Les Tuileries", réalisé par les frères Coen, met en scène le formidable Steve Buscemi, touriste en visite à Paris et attendant un métro. Ah Paris ! Ses musées, sa Joconde, sa cuisine, ses amoureux, ses enfants mal élevés, ses métros dangereux, ses insultes, ses MST, ses français dont il ne faut surtout pas « croiser le regard »... Si Paris est au départ la ville de rêve pourvue de tout les clichés possible et imaginable, elle devient peu à peu la ville de tous les dangers pour notre pauvre touriste. "Loin du 16e" de Walter Salles et Daniela Thomas s'attarde sur le phénomène des immigrés sud-américains à travers le quotidien d'une jeune femme interprétée par Catalina Sandino Moreno. Vivant dans un petit appartement de banlieue, elle dépose son bébé à la garderie avant l'aube puis prend tout les moyens de transports en commun possibles et imaginables (bus, RER, métro) pour arriver dans l'appartement du 16e arrondissement de ses riches employeurs dont elle garde le bébé. Enfant à qui elle chante la berceuse qu'elle chantait à son propre fils avant de le déposer pour la journée à la garderie. C'est avec une délicatesse et une subtilité bienvenue que nous est présenté la situation difficile de ses exploités de la société. "La Tour Eiffel" de Sylvain Chomet est un sketch original plein de tendresse, de fantaisie et de gaieté. A travers l'histoire de se couple de mimes heureux bien que mis à l'écart car différents, Chomet nous dit avec humour que la vie est dure mais qu'il faut rester positif malgré tout. "Le faubourg Saint-Denis" de Tom Tykwer dissèque en accéléré une relation amoureuse qui se détériore, ou du moins c'est se qu'il semble au début. "Le 14e arrondissement" d'Alexander Payne qui clôture le film prouve le talent de dialoguiste de Payne et est une vraie déclaration d'amour à Paris qui, pour le coup, ne met pas de côté ses défauts mais accepte au contraire la ville telle qu'elle est vraiment. Elle n'est pas parfaite mais on peut tout-de-même y être bien.