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3,5
Publiée le 3 avril 2023
Une oeuvre mèconnue qui s'inspire d'un fait authentique, celui d'un mandrin provençal dont le plus grand crime est d'avoir aimè le peuple! Un homme qui suit son propre destin comme les routes que nous traversons dans de très beaux dècors naturels entre Brignoles et Ollioules! Nous sommes entourès ici d'une bande de gredins et les parages ne sont très pas sûrs pour aller cueillir des champignons! La dètresse et la rage y grondent dans un midi sans dessus-dessous! La France que nous parcourons est un vrai volcan, n'attendez pas qu'il s'èteigne pour le dècouvrir! D'autant plus que ce "Gaspard de Besse" (1935) est un film rarement diffusè à la tèlèvision sauf bien èvidemment au Cinèma de minuit! Raimu (èblouissant comme toujours) èclipse clairement Antonin Berval dans le rôle titre! Avec de grands moments d'acteur : la lutte contre les caramels, Samplan qui se grime en moine, son agonie! Du « vieux » cinèma français d'avant guerre mais du très bon avec un Carlo Rim qui savait dècidèment tout faire (scènariste, dialoguiste, parolier...).
Mérite un coup d’œil pour la performance de Raimu et parce qu'il s'agit d'un film rare. Ceci dit, la mise en scène est d'une mollesse redoutable, tout comme l'interprétation de ce pauvre Berval, mangé tout cru par le futur boulanger de Pagnol. Ce dernier est, du reste, particulièrement gaillard dans les scènes de déguisement (il campe notamment un moine plus vrai que nature !). Le casting, très méridional également, mérite le détour, l'incontournable Milly Mathis en tête dans un rôle qui sied à sa pétulance.
Gaspard et son ami Samplan (Raimu) sont deux forgerons en proie aux iniquités du temps (celui de Louis XVI), à l'avidité d'un usurier et aux crimes des autorités. C'est une entrée en matière un peu longue et discursive (dialogué par Carlo Rim) qui permet à Raimu un couplet un rien convenu sur les pauvres qui sont exploités et une harangue pré-révolutionnaire à peine en avance. Il faut donc un certain temps avant que les deux compères prennent les armes et se constituent bandits de grands chemins, à la façon de Mandrin, leur modèle, qui détroussait les riches pour le profit des pauvres. On peut mesurer à ce moment la pauvreté de la réalisation et le filme souffre pour l'essentiel de l'incapacité d'André Hugon de mettre en scène une aventure et un film d'action. A la tête de sa bande armée, Gaspard de Besse attaque les diligences, affronte les soldats et ça n'a rien d'un grand spectacle. Le cinéaste ne s'embarrasse d'aucune finesse et donne dans le raccourci narratif sans élégance pour raconter cette histoire inspirée d'un drame authentique à l'accent provençal. Dans le rôle-titre, Antonin Berval fait un héros et joli cœur vieillot et peu convaincant ; il partage la vedette avec Raimu, qui fait du Raimu avec sa grosse voix et son regard solennel qui fixe le lointain, et qui est préposé aux quelques notes d'humour. Les autres personnages sont très rustiques pour ne pas dire simplistes au dernier degré.
La réalisation laisse une impression de bâclé, ou alors que Hugon s’est fait bouffer par la personnalité de Raimu. Le scénario – avec l’inutile et inévitable idylle romantique et quelques effets comiques appuyés « Les bandits c’est comme les curés, ça ne se marie pas » – retrace, d’après le roman de Jean Aicard, la courte vie de ce Robin des Bois provençal, roué à Aix en 1724 à 24 ans.