Claude Autant-Lara réussissait bien les critiques sociales, et plutôt mal les comédies romantiques et fantastiques, comme ici. Nombreux, les personnages, incarnés par des acteurs très estimés, s’agitent beaucoup, et l’on finit par trouver le temps long, d’autant plus qu’il n’y a aucune scène d’extérieurs, et qu’on est gêné par les âges respectifs des comédiens : Odette Joyeux incarne une jeune fille qui fête son seizième anniversaire (l’actrice avait trente-deux ans, et cela se voit), François Périer est censé avoir seize ans (il en avait vingt-sept), et Jean Desailly, dix-sept (il en avait vingt-six). La photographie est bonne, mais parvient mal à dissimuler que tous les décors sont des maquettes ou des caches.
Finalement, le meilleur est fourni par les grands acteurs plus âgés, Pierre Larquey, Gabrielle Fontan, Julien Carette, Paul Demange, et Jacques Tati dans le rôle du fantôme, qui ne dit pas un mot et déambule dans tout cela en surimpression, ce qui finit par lasser un peu. Il avait alors trente-sept ans, et ne fera ses débuts de réalisateur que l’année suivante.