La Trilogie Marseillaise de Marcel Pagnol : Marius
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Stephenballade

455 abonnés 1 241 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 2 mai 2016
Personne n’a su conter des histoires provençales comme Marcel Pagnol. De par sa prose, de par son style, de par son vocabulaire, et de par son amour dédié à la région dont il est originaire, l’enfant d’Aubagne ne s’est pas contenté d’être le témoin privilégié des nombreuses tranches de vie qu’il a pu nous offrir. Non. Il nous les a fait vivre comme si nous y étions. Et c’est justement par sa pièce de théâtre "Marius" qu’il s’est fait connaître du grand public en 1929, à seulement 34 ans. Cette œuvre, aux couleurs très locales, s’est voulue profondément sincère et authentique, et c’est ce qu’elle est. Difficile de retranscrire au cinéma toutes les recettes qui ont fait le succès populaire de la pièce de théâtre, jouée déjà par Raimu, Pierre Fresnay, Fernand Charpin, Orane Demazis et tous les autres. Et le pari a non seulement été relevé, mais en plus réussi, sans doute parce que le film a été dirigé par Marcel Pagnol lui-même (aidé pour la mise en scène par Alexandre Korda), mais aussi parce qu’on retrouve toute la troupe ayant interprété la pièce. Je disais donc que l’écrivain/cinéaste avait le don de nous faire vivre ses histoires. C’est donc également vrai pour cette adaptation cinématographique. "Marius" sent bon la Provence, l’iode de la méditerranée, les commerces d'antan, et retranscrit à merveille un pays où il fait bon vivre, loin, très loin de l’agitation de la capitale française à peine évoquée. L’accent marseillais, les expressions qu’on ne trouve nulle part ailleurs, et les personnages irrémédiablement attachants propulsent ce film comme l’un des premiers succès du cinéma parlant français. Car comme l’a dit le critique et historien cinématographique Claude Beylie, "le coup de génie de Pagnol a été de créer des personnages qui existent non seulement le temps d’une pièce ou d’un film, mais au-delà ; des personnages ouverts, dont on voudra connaître les antécédents, prévoir le futur, ce qui suffirait déjà à justifier la nécessité d’une suite". Et c’est ce qui sera fait avec "Fanny", puis "César". Le fait est que "Marius" est une œuvre intemporelle, suscitant un brin de nostalgie plus de 80 ans après. On y retrouve du vocabulaire inusité aujourd’hui (comme "parbleu", "fils de mastroquet", "souliers", ou "imbécile") et des expressions très métaphoriques qui font la carte d’identité du pays marseillais. : "tu étais rouge comme un gratte-cul", "je t’en flanque un coup de pied dans le derrière, que je te fais claquer les dents" et il y en a plein d’autres. Les dialogues sont truculents et bon nombre de scènes inoubliables, comme cette partie de carte dont l’internaute cinéphile Chrischamber86 parle si bien. Et on retrouve aussi les vieilles enseignes telles qu’elles existaient, bien avant que les néons ne viennent inonder les devantures pour jouer un rôle tapageur afin d'attirer la clientèle dans les nombreuses boutiques qui cernent ce qu’on appelle aujourd’hui le vieux port. Mais "Marius" ne serait pas ce qu’il est sans les acteurs, à commencer par Raimu, qui deviendra l’interprète-fétiche de Pagnol. Excellent dans tous les états-d’âme que traverse son personnage, il est également parfait, voire désopilant quand il ne parle pas, comme lorsque César se réveille de la sieste. Résumer sa prestation de la sorte serait infiniment trop court et incomplet, mais il est préférable de découvrir son formidable jeu d’acteur. Pierre Fresnay (Marius) et Orane Demazis (Fanny) sont également touchants. Fernand Charpin (Panisse), Paul Dullac (Escartefigue) et Alida Rouffe (Honorine) finissent de compléter ce tableau de personnages hauts en couleurs. Point de vue plus technique, l’image n’est pas toujours très bonne et la bande son légèrement grésillante. Le film date tout de même de 1931, seulement quatre ans après l’arrivée du cinéma parlant. En fait, ces petits défauts techniques contribuent également au charme suranné de l’œuvre, laquelle commence par un plan paraissant maladroit sur un trois-mâts puisqu’il ne rentre pas entier dans le champ de la caméra, parti de Marius en train de le contempler, avant de revenir sur le rôle-titre ; en fait, c’est pour mieux rendre compte de la taille du vaisseau, en opérant comme si la caméra n’avait pas assez de recul pour l’immortaliser entier sur la pellicule. C’est donc logiquement que je me range du côté de la plupart des internautes cinéphiles pour dire que "Marius" est un classique incontournable plaisant à découvrir ou à redécouvrir, qu’on soit vieux ou moins vieux, et que nous avons hâte de retrouver cet univers dans le(s) film(s) suivant(s), malgré le fait que la mise en scène ait gardé un style assez théâtral.
Critik D
Critik D

175 abonnés 1 103 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 15 mars 2016
Magnifique ! C'est presque le seul mot que je souhaitais employé dans ma critique. Malgré ses quatre-vingt ans passé, le film n'a pas pris une ride autant par sa réalisation que par son scénario. Tiré d'un pièce de théâtre de Marcel Pagnol, il signe ici l'une de ses premières réalisations au cinéma en compagnie d'Alexander Korda. Premier volet de sa trilogie marseillaise, "Marius" nous transporte au cœur du Vieux Port, son animation et ses habitants. On s'intéresse plus particulièrement à quelques personnages, notamment ceux de Marius et Fanny qui vont nous faire vivre une belle romance qui nous fera tenir en haleine pendant trois longs métrages. On s'attache très rapidement aux personnages, à leur histoire et à leur devenir. Sans être féministe, on ne peut que remarquer les conditions des droits des femmes, le paraître davantage que l'être. Et pourtant, je ne pouvais m'empêcher de penser que la jeune Fanny était déjà très novatrice pour l'époque. Quand on parle de ce premier film, on ne peut pas passer à côté de ses répliques et scènes cultes qui hantent encore aujourd'hui nos mémoires. "Marius" est un film qui sent bon le sud, mais qui nous offre également un des plus belles histoires que j'ai pu voir. Si ce n'est pas déjà fait, je vous invite fortement à le découvrir, et de mon côté je remercie les adaptations fidèle de Daniel Auteuil, qui m'auront permis de m’intéresser davantage aux œuvres de Marcel Pagnol et de découvrir sa trilogie marseillaise aujourd'hui.
tuco-ramirez
tuco-ramirez

166 abonnés 1 777 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 31 janvier 2016
Premier grand film français populaire parlant, Marcel Pagnol dû se battre pour imposer sa vision avant gardiste du cinéma parlant… en encaissant les coups des théâtreux jugeant qu’il se fourvoyait et des cinéastes critiquant ce cinéma bavard… alors que le parlant n’avait que 4 ans d’âge. Mais la popularité du film, toujours pas démentie aujourd’hui par des remakes malgré tout de bon niveau (version Auteuil), démontre que la qualité transcende le temps… 85 ans déjà… et que le côté bavard décrié fait contribue à son succès actuel.
Fin négociateur Pagnol obtint l’entière liberté quant au casting et l’adaptation, devant simplement accepter en échange de ne pas mot dire sur les adaptations allemandes et suédoises que le studio produisait en parallèle et auxquelles le studio croyait bien plus que dans cette version hypothéquée par la présence de ce si exigeant (et inconscient) auteur qui imposait des comédiens de théâtre et refusait de raccourcir ses textes. Des versions "réalisées avec de vrais acteurs de cinéma, un vrai treatment (c'est-à-dire que le scénario department avait rendu la pièce méconnaissable), un vrai découpage (c'est-à-dire que la plus longue prise de vues ne dépassait pas trente secondes) et une vraie mise en scène (c'est-à-dire que l’appareil s’était continuellement promené à travers le décor comme s’il tournait autour du pot)" (Marcel Pagnol dans La Cinématurgie de Paris). La Paramount est effrayée par ce film si long (deux heures !) aux dialogues interminables, à même de rebuter des spectateurs qui, ils pensent, ne sont pas prêts à accepter une telle logorrhée verbale. Mais le producteur tient parole et laisse toute latitude à Pagnol quant aux choix artistiques et qui est assuré de superviser le tournage même s’il ne signe pas la mise en scène du film.
Pagnol su aussi s’associer à un professionnel de la mise en scène, Korda. La grande qualité de sa mise en scène a été de recréé en décor naturel l’ambiance de Marseille. La trilogie nous offre quelques beaux moments de cinéma, notamment ses scènes de rue qui préfigurent le néoréalisme (de nombreux cinéastes italiens affirmeront que ce mouvement était déjà tout entier chez Pagnol), c’est la beauté et la profondeur des personnages qui font de cette trilogie le chef d’œuvre que l’on connaît. Tous les rôles sont ainsi fouillés, mis en avant à un moment ou à un autre. Il n’y a jamais de méchants chez Pagnol. Des personnes qui se fourvoient, des inconscients, des qui s’enferrent dans un rôle, oui. Et les personnages les moins défendables ont toujours leur chance, leur histoire.
Et puis ce film renferme de grands moments comiques devenus anthologiques. On pense naturellement à la partie de cartes qui failli ne pas voir le jour. Les longs dialogues, caméra fixe, sont trop loin des standards de l’époque, le cinéma vient juste de commencer à parler. Et puis les improvisions permanentes de Raimu sont d’une drôlerie rarement égalée. Le pris de la pellicule imposait de ne pas tourner 15 fois la même scène et merci pour les perles qui en sont nés. La plus belle à mon goût est celle au Raimu se moque de l’accent alsacien de Fresnay (le seul à feindre l’accent marseillais) autour du mot « mère ».
Donc une belle comédie tournant au mélodrame tout en retenu… Un film à voir et à revoir, revoir, revoir…
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 24 janvier 2016
Formidable jeu d'acteurs et très belle histoire. Je découvre cette trilogie près de 90 ans après sa sortie et je suis complètement sous le charme. Les chefs-d'œuvres sont éternels...
Bertie Quincampoix
Bertie Quincampoix

142 abonnés 2 053 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 24 janvier 2016
Considéré comme l'un des premiers chefs-d'œuvre du cinéma parlant en France, Marius mérite largement son statut de film culte. Premier volet de la trilogie marseillaise de Marcel Pagnol – qui a supervisé le long-métrage tiré de sa pièce de théâtre éponyme – cette comédie dramatique vaut autant pour ses dialogues fabuleux qui sont restés dans les mémoires (« Tu me rends le cœur », « Quand on fera danser les c..., tu ne seras pas à l'orchestre »,..) que pour son extraordinaire jeu d'acteurs : Raimu, Pierre Fresnay, Orane Demazis, Alida Rouffe, Fernand Charpin, Paul Dullac sont simplement géniaux. Véritable symbole culturel de Marseille, il compte parmi ces rares films ayant le privilège de porter en eux l'âme même d'une ville. Cette histoire d'homme déchiré entre ses sentiments amoureux et familiaux et son irrépressible envie d'ailleurs est purement et simplement époustouflante.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 19 janvier 2016
J'ai eu beaucoup de plaisir à revoir dans une version restaurée, rendant les dialogues bien plus audibles et les images bien plus claires que celles des copies 35 mm usées que je possède, ces trois films hors du commun. L'humour, la performance des acteurs, l'ambiance d'une époque disparue à jamais et des répliques d'anthologie qui font que Marcel Pagnol n'a pas volé sa place d'académicien : "Est-ce qu'il navigue Monsieur Panisse ? Non ... Il fabrique des voiles pour que le vent emporte les enfants des autres !" Quand c'est dit par Raimu, cela n'a pas d'équivalent dans le septième art.
Estonius

4 737 abonnés 5 466 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 18 décembre 2015
Ce film reste gravé dans la mémoire du cinéma à cause de deux extraordinaires scènes cultes (les quatre tiers et la partie de cartes) ainsi que pour l'interprétation fabuleuse du rôle de César par Raimu. Mais à y regarder de plus près tout n'est pas si bon que ça, côté interprétation le gros souci c'est Orane Demazis (Madame Pagnol) qui disons le carrément ne sait pas jouer. Il aussi un problème de dialogues, autant ils sont excellents et incisifs quand on reste dans le domaine comique, autant les dialogues sérieux ont du mal à passer, trop longs, manquant de concisions et surtout virant dans le mélo. Enfin le film ne se démarque pas d'un certain moralisme parfois assez lourdingue, certes le personnage de Fanny se veut fort et libre mais se noie dans l'ambiguïté. Un film surestimé ce qui ne veut pas dire qu'il soit mauvais !
jacqueline m
jacqueline m

2 abonnés 22 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 11 janvier 2016
excellent film de pagnol avec des acteurs inoubliables et irremplaçable, de vrais bijoux ,je me lasserais jamais de les regarder,d'abord je suis du midi donc j'adore les dialogues, merci a monsieur pagnol d'avoir réalisé de si beaux films un vrai régal
alf38000
alf38000

17 abonnés 150 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 14 décembre 2020
Impossible de dissocier "Marius" des 2 autres parties de cette grande comédie dramatique provençale qu'est "La trilogie de Marcel Pagnol" tant il est évident qu'une critique séparée des 3 oeuvres n'aurait aucun sens tant les personnages et les situations sont étroitement mêlés.
Les personnages, parlons-en, truculents, exubérants, menteurs jusqu'a la mauvaise foi la plus évidente, et pourtant tellement attachants et sympathiques. Et que penser des acteurs qui incarnent les personnages en question? Raimu évidement, Raimu immense comme à son habitude, Raimu dont l'ombre semble étouffer tous les protagonistes de cette fresque hormis un Charpin au sommet de son art. Sans parler des dialogues et des situations, ah les 4 tiers du Mandarin-citron, la partie de carte et le bateau sous-marin de monsieur Brun, bref tous ces petits moments de vie qui nous mettent des étoiles dans les yeux et qui font de la trilogie de Pagnol un monument du cinema souvent imité mais jamais égalé et ce malgré ses 80 ans d'existence.
PS, faites-vous plaisir, si un jour vous passez sur le vieux port, arrêtez-vous au bar de la marine et commandez un mandarin-citron au barman, vous serez alors gratifié d'un sourire entendu accompagné de l’intemporelle réplique "4 tiers comme d'habitude?"
weihnachtsmann

1 617 abonnés 5 728 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 3 septembre 2024
Un drame sentimental au cœur de Marseille.
Tout est là. La verve de Pagnol, l’amour de Fanny et la résignation de Marius.
Cet épisode est pour lui car c’est bien ce personnage qui change le destin de tous.
Et les personnages autour sont superbes.
 Kurosawa

674 abonnés 1 509 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 12 février 2015
Film culte, le premier d'une trilogie, "Marius" est aussi un film long, trop pour ce qu'il a à dire. Parce qu'il faut bien avouer que son histoire tient sur un ticket de métro et que l'interprétation globale de très bonne qualité et une dizaine d'excellents dialogues ne peuvent tenir en haleine indéfiniment. Trop facile de se reposer sur ses comédiens et sur l'écriture pour compenser l'absence de mise en scène. Alors oui évidemment il y a quelques superbes moments (la partie de carte, la scène finale très émouvante) et on prend un certain plaisir devant la malice de César (Raimu en grande forme) ou la lâcheté de Panisse (Fernand Charpin). Mais l'ensemble reste poussif, avec une narration qui traîne encore plus que l'accent marseillais, ne fonctionnant que par à-coups.
Julien J
Julien J

24 abonnés 133 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 7 septembre 2014
Que superbe film Mr Marcel Pagnol! Un film superbement bien joué une histoire magnifique et un Raimu toujours drôle et émouvant. Un chef d'œuvre de la filmographie française.
MissYURI
MissYURI

26 abonnés 40 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 27 juillet 2014
Mon film !! J'attend une belle rédotion en BR ou DVD. Parfait !
Roub E.

1 306 abonnés 5 373 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 17 juillet 2014
Du pur Pagnol! Dieu (s'il existe?) que c est bon. Avec des dialogues toujours savoureux on a le droit à la gouaille d une troupe d acteur dont le naturel est confondant. De nombreuses scènes sont rentrées au patrimoine français comme la fantastique partie de carte ou l inénarrable Raimu fait preuve d une mauvaise foie fabuleuse (et c est un tricheur qui écrit ). Une somme de talent pareille traverse les âges et continue à toucher son spectateur signe évident d un chef d œuvre.
Akamaru

3 503 abonnés 4 339 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 2 mai 2014
Quatre ans après l'arrivée du parlant sur les écrans,Marcel Pagnol transposait le premier volet de sa trilogie marseillaise,particulièrement bavarde et riche en intrigues sentimentales! Il a participé à rendre le cinéma aussi parlant qu'en mouvement. Tous ses personnages sont truculents,expressifs,avec un accent du Sud immédiatement reconnaissable. Tous vivent avec leurs propres valeurs ancestrales,qui seront le point de départ des drames familiaux à venir. "Marius"(1931)se concentre donc sur un jeune cafetier,qui rêve d'aventures maritimes mais qui est partagé aussi par son amour envers la jolie Fanny,et envers son père César,particulièrement imposant. Pagnol nous fait pénétrer au sein d'un monde pittoresque où les marins et autres quartier-maître se retrouvent dans le café de César,pour des parties de cartes endiablées ou des petits coups de pastis! Raimu dans le rôle du patriarche s'en donne à cœur joie dans les mimiques,tout en faisant passer toute la tendresse d'un père qui veut le meilleur pour son fils. Les dialogues sont finement écrits,et enchevêtrent élégamment les arcs narratifs. Une référence absolue.
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