Un classique de 1933 revisité par Peter "Seigneur des Anneaux" Jackson. Pas n'importe qui, donc. Et ce "King Kong" 2005 est un très grand film. Long, certes, mais voit-on le temps passer ? Non. C'est une des qualités du cinéaste : faire un long film sans une once d'ennui. Il nous l'a prouvé avec sa trilogie de Tolkien, Peter Jackson arrive à créer un rythme parfait, même dans les scènes plus intimistes. Et surtout, il n'y a aucune longueur. Un film de 3h sans baisses de rythme, ce n'est pas courant. Celui-ci est même au-dessus. Il n'est pas assez long je trouve et surprise c'est son seul gros défaut ! Jackson ne privilégie pas assez à mon avis la partie aventurière et dangereuse de son film, censée être la plus tendue et intéressante. Le bestiaire de l'île a droit à son apparition mais pas plus. Dommage. Ceci dit, même la première partie du voyage et la fin du film sont archi-réussies. Pleines d'humour, et une reconstitution parfaite donne un charme incroyable à l'oeuvre, vrai hommage de l'époque des années folles avant la guerre. "King Kong" est un film épique, impressionnant de maîtrise et de beauté. Si le film avait duré une bonne demi-heure de plus, il aurait hisser le niveau d'émotion au plus haut point. Mais comme ça, c'est déjà époustouflant, la rencontre et la relation entre la belle et la bête est touchante de tendresse brutale et de poésie cachée. Du grand art. Un art qui atteint un sommet dans la scène de patinage sur glace à la fin du film. Mais à toute cette beauté, rajoutez aussi une tendance du film à se faire une place en tant que "Jurassic Park" naturel, première allusion à Spielberg. Trois tyrannosaures, des raptors, des diplodocus, mais aussi des indigènes dégoûtants, des chauve-souris géantes et des insectes excessivement grands. Il ne fait pas bon d'habiter l'île du crâne où la survie moyenne d'un homme est de deux jours caché et deux heures en liberté. Un site touristique peu recommandable mais cinématographiquement riche et débordant d'imagination. Comme le film. Bref, un chef d'oeuvre, ou quasiment car je regrette que la galerie de personnages ne soit pas assez approfondie. Mais ça reste du spectacle haut de gamme, sans aucun doute. Le pauvre Kong nous l'a prouvé. Mais ne t'inquiète pas ami gorille, le vent va tourné ce mercredi 10 août 2011...