J’ai commencé par voir le remake gonflé aux effets spéciaux avant de me replonger dans la version de Robert Aldrich. Je n’ai rien perdu au change. La version d’Aldrich bien mieux lotie au niveau du casting apporte une dimension humaine plus développée qui la rend plus probable et pour le coup plus captivante, même si elle est moins spectaculaire. Une fois de plus la démonstration est faite que même pour des films d’actions les effets spéciaux peuvent affadir le propos qu’ils sont sensés transcender. Comme le disait Gabin « c’est chouette les acteurs ! C’est bat les acteurs ! » . Avec Aldrich à la manoeuvre pour un round d’essai avant « Les douze salopards », on se dit qu’il avait rudement raison. Il faut noter la prestation très convaincante de Hardy Kruger. Je ne parle pas de James Stewart dont le talent est depuis longtemps reconnu. Attention le film avec Dennis Quaid se laissait tout de même voir sans déplaisir.
En allemand avec Hardy Krüger, superbe, en couleurs, je crois que c’était en 1965. Le remake n’est rien à côté du film originel, c’est surtout l’acteur phare qui surprend. D’abord aussi intéressant que s’il vivait vraiment l’aventure. En fait son idée d’échapper au désert avec ses compagnons se révèle être une folie, quand on découvre que l’homme est bien ingénieur, mais dans une fabrique de jouets, des avions en miniature, télécommandés. L’espoir a fait place à la moquerie et la déception creuse encore plus le sentiment de détresse. Si j’ai ce soir pensé à ce film, c’est que j’étais moi-même dans un situation comme celle où l’on n’a plus que deux cartouches pour faire démarrer le bimoteur rafistolé: C'était le 13 décembre 2012, il gelait, la nuit allait bientôt tomber. Dans ma petite voiture, alors que je devais me rendre en urgence à la Mairie, la batterie déchargée, qui me lâchait depuis quelques jours, ne pouvait "répondre" qu'une fois quand j'aurais mis le contact! Il me fallait doser la pression du pied sur la pédale des gaz au quart de tour. Par beau temps je n'aurais pas hésité à partir avec ma moto, mais par ce froid glacial j'aurais perdu un temps fou pour me changer. On comprendra qu'au moment où je tournais la clé de contact, la scène du film me revint, lorsque le moteur de l'"avion" venait de tourner un court instant, presque assez pour le chauffer. La dernière dans la main du pilote signifiait la vie, à condition qu'elle lance cette dernière fois, pour l'ultime essai, le moteur et ses hélices. Il faut voir ce film dans sa version originale. Certes, le remake, pour qui n'a pas vu la version de 1965, peut donner satisfaction, faute de mieux (faute de grives on mange des merles...) Un autre film m'a touché, celui de Lawrence d'Arabie, avec une scène de prince du désert sur son chameau, refusant l'eau de son puits à un bédouin assoiffé, qu'il tue d'un coup de fusil, d'une seule balle, à une centaine de mètres. Simon S.
Une merveille. L’un des meilleurs films d’aventure de toute l’histoire du cinéma. Ce film est vraiment génial de part sa splendeur, son intelligence et son ingéniosité.
Réalisé en 1965, "Le Vol du Phénix" est aujourd'hui l'un des films les plus célèbres de Robert Aldrich malgré l'echec qu'il rencontra à l'époque. Le film se présente comme une sorte de vaste huis-clos en plein désert africain dans lequel douze hommes (prémices des futurs "Douze Salopards" ?) accidentés vont devoir s'unir pour la construction d'un nouvel appareil. Malgré une éventuelle reflexion sur la survie humaine, l'oeuvre se présente avant tout comme un pur divertissement avec une bonne dose d'humour incluse comme dans beaucoup d'autres films du cinéaste. Tout cela se suit sans ennuis même si le parfum de la commande plane ; les acteurs ne font pas grand bruit par manque de présence et la mise en scène est parfois plate ce qui rend le film non mémorable. De plus c'est à mon gout excessivement long et ultra prévisible. Heureusement que le scénario est suffisamment correct nottamment pour la diversité des personnages principaux et les bons petits rebondissement ça et là pour que l'on y reste accroché jusqu'au bout.
Nettement meilleur que son piteux remake, le film de Robert Aldrich bénéficie du savoir faire de son réalisateur qui sait jouer avec les clichés sans que cela ne plombe le long-metrage. La survie de ce petit groupe d'homme dans le desert reste ,même après bien des années, un spectacle efficace et eprouvant avec en plus un casting de qualité comprenant le grand James Stewart ( à la VF assez horrible), Richard Attenborough ou encore Hardy Krüger.
Un assez bon film d'aventures qui nous raconte une histoire extraordinaire, celle d'hommes dont l'avion s'est crashé en plein milieu du désert et qui vont refaire un autre avion pour éviter de mourir. Ce film pose les bases du film de survie et par là même, du "survival" (avec le nombre de protagonistes qui diminuent peu à peu), sous-genre du film d'horreur. Avec son imposant casting et un scénario solide, le film nous décrie la survie des ses hommes mais montrent surtout (trop ?) l'impact psychologique sur les hommes, notamment sur le pilote (J. Stewart, solide et torturé), négligeant quelque peu le côté aventure. Assez peu de rythme donc, les travaux étant assez peu développés. Mise en scène solide et efficace de R. Aldrich, servi par des acteurs épatants de bout en bout. On est bien tenu en haleine tout de même, curieux de voir le sort réservé à ses hommes. D'autres critiques sur
J'ai été prise dans le film j'avais soif, froid,chaud! on a qu'une envie que l'avion décolle.Oui bien sûr on veut que tous s'en sortent mais pour ma part je voulais surtout que cet avion décolle pour prouver que Heinrich avait raison dès le début na! Bon sinon ce film conserve quelques petites faiblesse mais il reste quand même savoureux à regarder!
Il est bien entendu évident que ce film n'est en rien le plus personnel d'Aldrich, et vise surtout le divertissement de bon qualité. Pourtant, sous ses airs de grosse production calibré, "Le Vol du Phoenix" demeure un film d'un réel intérêt. Alors il est vrai que les personnages sont pour le moins stéréotypés, mais l'ensemble sonne réellement juste, et tous ces personnages sont au final assez complémentaires, et nous donnent envie de croire à l'ensemble. De plus, l'atmosphère est bien rendue, et le huit-clos se fait réellement intense par moment, grâce notamment à des dialogues plutot solides. Ajoutez à cela un casting particulièrement bien garni, et vous aurez au final droit à un très bon moment de cinéma, avec son lot de suspense et de plaisir. C'est plus qu'on n'en demandait!