Certains films demandent d’avoir une certaine maturité pour pouvoir pleinement les apprécier. Le Chat est de ceux-là ! En effet, son rythme lent et ses thématiques sur l’usure du couple et sur la métamorphose progressive de l’amour en haine risquent de peu parler à un jeune public. Malgré de nombreux flashbacks (la majorité du film en est d’ailleurs un), la réalisation de Pierre Granier-Deferre est très sèche et évite toute fioriture, le tout porté par la musique lancinante et empreinte de tristesse de Philippe Sarde et par le décor apocalyptique d’un Courbevoie en plein chantier pour devenir la Défense. C’était donc une gageure de rendre prenant un film dans lequel les deux personnages principaux se parlent peu. Heureusement, le cinéaste bénéficie pour cela de deux légendes du cinéma français et il fallait vraiment des comédiens de la trempe d'un Gabin et d'une Signoret (auxquels on peut associer une Annie Cordy qui livre également une belle performance d’actrice) pour que l’ensemble tienne de bout en bout sans être ennuyeux et le transformer en un duel au sommet, ce qu'est cette œuvre désespérée mais très forte.
C'est un drame existentiel incroyable. C'est une bagarre d'un vieux couple terrible. Simone Signoret et Jean Gabin; ils sont tellement forts qu'ils créent un chef d'oeuvre. Après il reste difficile à regarder ce film, ces emmeulages perpétuelles et continuelles, et en plus sur le fond, d'une crise sociale terrible. La ville de Puteaux, l'ancien Puteaux et ses cabanons de banlieue qui disparait afin de laisser la place au nouveau monde, ce nouveau monde rempli de tours d'ivoire. Après il reste difficile à regarder, il est même démoralisant.
Une sorte de Roméo et Juliette arrivés à la soixantaine. Ce film est lent et très triste ! Un vieux couple qui n'arrive plus à s'aimer mais ne pouvant tout de même se passer l'un de l'autre. Il y a beaucoup de réalité là dedans. Un coup de poing dans le cœur 3,6/5
On dit toujours dans on s'aimera à la vie jusqu'à la mort . Mais des fois on se met avec le temps , la lassitude à se détester . Tel est devenu l'étouffant rituel de Julien ' Gabin ' et clémence ' Signoret . Lui ne l'aime plus elle se morfondre dans l'alcool . Et au milieu il a notre pépère un beau chat tigré qui veut que de l'attention et il en ait devenu l'unique copain de Julien et la jalousie va alors frapper jusqu'au pire . Et alors ce couple ne va plus se parler dans cette endroit lugubre , dans cette banlieue glauque et la maison qui est au point de disparaître comme se couple bousillé par la haine. Et pourtant..... Granier Deferre réalise là un film choc emporté par un duo Gabin signoret magnifique. Bravo
Ce film nous montre un contre exemple de la manière idéale de vieillir. Donne matière à réflexion. A mon avis, "le chat" pourrait gagner en intensité s'il durait une demie heure de moins.
« Le chat » de Pierre Granier-Deferre est sorti en 1971 et il fallait bien ces 2 « monstres » du cinéma que sont Jean Gabin et Simone Signoret, pour porter à l’écran avec une grande finesse et justesse toute la force/les rancœurs de cet amour usé mais pour lequel « il faut aller jusqu’au bout ». Le rôle de Jean Gabin, ancien typographe, est peut-être plus facile car il reste « glacial » alors que Simone Signoret, ancienne trapéziste blessée à la hanche suite à une chute, conserve un soupçon d’amour pour son mari (ou sa vie passée ?). Elle est pathétique lorsqu’elle suit dans la rue et le square son mari après la mort de ce petit chat qui est venu cristalliser la haine de ce vieux couple sans enfant et sans espoir. Il y a 3 flash-backs peut être inutiles sauf celui montrant la petite impasse avant que les maisons avoisinantes ne soient détruites pour bâtir des tours HLM. Je ne sais si cette notion est présente dans le roman éponyme de Georges Simenon mais elle apporte du pathos dans la destruction lente de ce couple. A noter la présence d’Annie Cordy en patronne d’un hôtel de passe et qui est finalement la seule amie – au sens premier du terme – de Jean Gabin. Un film d’une grande nostalgie et d’une infinie tristesse dans lequel les regards et les silences sont essentiels. Un film hélas intemporel !
Une magnifique confrontation entre 2 monstres du cinéma français, Simone Signoret et Jean Gabin. Grâce à une histoire en toute simplicité, le réalisateur met parfaitement en avant le talent de ses 2 acteurs, formidables dans le rôle de ce couple qui se détruit peu à peu comme sont démolis les immeubles de leur quartier. La réalisation plutôt bien pensée permet au spectateur d'être le témoin intime de ce drame en huis clos opposant 2 fortes personnalités qui, même s'il souffre de quelques longueurs, est captivant du début à la fin.
Un couple détruit dans une ville détruite. Elle rêve de cirque malgré sa jambe boîteuse, elle l'aime toujours. Lui ne l'aime plus et rêve tout simplement de "respirer", loin d'elle, car "il a changé, voilà tout". Il s'occupe encore de son chat, mais c'est tout. Sur ce scénario intéressant, il était obligatoire d'avoir une bonne interprétation pour ne pas sombrer dans l'invraisemblance. Résultat? Simone Signoret fiche les larmes aux yeux tant son personnage est désespérément touchant, mal dans sa peau, trahi; et le personnage joué par Gabin inspire le dégoût à cause de son indifférence face au désespoir de sa femme. Les dialogues, les expressions faciales des acteurs, leur intonations,... TOUT semble plus vrai que nature et c'est ce qui en fait un film exceptionnel et l'un des plus émouvant que j'ai vu jusqu'à maintenant. Du vrai, et du très grand cinéma français! Indispensable.
Des Ours d'Or et d'Argent bien mérités pour Signoret et Gabin, duo mythique. Ce qui est sûr, c'est que de nos jours on ne voit plus des films d'un réalisme à ce point saisissant...
Duel domestique en huis-clos entre deux monstres sacrés, Jean Gabin et Simone Signoret, incarnant un vieux couple qui ne s’aime plus, comme tant d’autres, qui s’acharnent à cohabiter par crainte du changement, de la solitude, de briser les mœurs de leur génération, et surtout de l’épouvantable certitude qu’il n’existe réellement plus rien. Alcool, accidents de la vie, jalousie, nostalgie d’une jeunesse perdue, chacun finit par voir l’autre comme le principal artisan de sa propre défaite, démultipliant par là le cercle vicieux de l’amertume stupide et la méchanceté inutile, toujours reconduit par l’inertie rancunière. Cette adaptation de 1970 du roman de Georges Simenon tourne autour d’un chat innocent, celui du mari, dont il s’est attaché tout en s’en servant comme objet de dévalorisation envers son épouse qui, si elle l’apprécie bien, laisse sa haine et son dépit se focaliser sur l’intention de liquider la pauvre bête. A l’instar de leur vieux quartier pavillonnaire populaire en voie de démolition définitive dans l’actuelle zone de la Défense, ce couple agonisant conscient que tout leur fiche le camp nous embarque dans un croustillant, cruel et ridicule conflit, amenant pourtant au drame. Ce pathétique portrait est dédié à la douleur mal gérée de la vieillesse, des relations mortes, des chants de cygne que la fierté mal placée transforme en chantages et en malveillances, mais qui paradoxalement ne perd jamais cette indéfinissable passion qui s’apparente à l’amour.
simenon aura eu droit à de grandes adaptations de son oeuvre, pour preuves: "mr hire", "le président" et bien d'autres dont "le chat" qui rend parfaitement à l'écran l'ambiance glauque du bouquin (haine réciproque dans un vieux couple sur fond de démolition des maisons alentours). film passionnant malgré le peu de dialogues et l'intrigue minimaliste. affrontement éloquent entre gabin et signoret, qui, précisons-le pour l'anecdote, étaient politiquement, idéologiquement et intellectuellemnt aux antipodes l'un de l'autre!
Signoret/Gabin, un face-à-face de légende pour un sommet du drame psychologique. Où comment un vieux couple en arrive à se déchirer littéralement à cause d'une jalousie maladive que la femme porte au chat de son époux...entre autres. Un film passionnant, poignant, remarquable, un des plus grands rôles de ces deux acteurs exceptionnels.